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Scruter la planète et défier Einstein

Publié le 21/04/2016, par dans Non classé.

La mission doit aussi permettre de réagir plus rapidement en cas d’inondations ou de séismes.
L’un va surveiller la Terre grâce à un radar, l’autre entend défier un principe de la théorie d’Einstein : deux satellites seront lancés vendredi par une fusée russe Soyouz depuis la Guyane française pour accomplir des missions ambitieuses pour l’Europe. Le décollage du lanceur depuis le Centre spatial guyanais (CSG) est prévu à 18h02 heure de Kourou (21h02 GMT). La mission doit durer quatre heures. Soyouz est chargé de mettre sur orbite le satellite européen Sentinel-1B, frère jumeau de Sentinel-1A lancé il y a deux ans. Il est réalisé sous la maîtrise d’œuvre de Thales Alenia Space Italie.

La mission Sentinel-1 consiste en une paire de satellites (1-A et 1-B) équipés chacun d’un radar sophistiqué, produit par Airbus Defence and Space, et capable de fournir des images de la surface de la Terre de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques. Les données de Sentinel-1A ont déjà commencé à être exploitées. Au-dessus des mers et des océans, le satellite fournit des images pour dresser des cartes des glaces ou détecter d’éventuels déversements d’hydrocarbures.

Au-dessus des terres, il permet d’observer l’utilisation des sols et de surveiller les glissements de terrain. La mission doit aussi permettre de réagir plus rapidement en cas d’inondations ou de séismes. Une fois que Sentinel-1B aura été placé sur l’orbite visée à une altitude d’environ 686 km, il scrutera chaque zone de la Terre tous les six jours.

Cette mission fait partie de l’ambitieux programme Copernicus de l’Union européenne pour la surveillance de l’environnement. Il comprend plusieurs types de satellites Sentinel appelés à fonctionner par paires. L’Union européenne et l’Agence spatiale européenne (ESA) ont alloué quelque 5 milliards d’euros au financement de la famille des Sentinel et aux lancements des satellites sur une durée de 20 ans. Soyouz est également chargé d’expédier dans l’espace un microsatellite français, Microscope, qui espère trouver une brèche dans la théorie de la relativité générale élaborée par Albert Einstein il y a un siècle.

Microscope (Micro satellite à traînée compensée pour l’observation du principe d’équivalence) est chargé de tester dans le vide et dans l’espace l’universalité de la chute libre, avec une précision 100 fois meilleure que sur la Terre. Le satellite veut vérifier le principe d' »équivalence» entre gravitation et accélération sur lequel Albert Einstein a bâti sa théorie. Il va étudier le mouvement relatif de deux corps en réalisant une chute libre la plus parfaite possible. Sur Terre, le principe d’équivalence a été vérifié avec un degré de précision relative de l’ordre de la 13e décimale.

Microscope entend aller jusqu’à la 15e décimale, soit le rapport de la masse d’une mouche minuscule posée sur le pont d’un supertanker de 500 000 tonnes. « Si Microscope trouve une violation du principe d’équivalence, cela sera un moment très important dans l’évolution de la physique», relève le physicien français Thibault Damour. « On saura que la théorie de la relativité d’Einstein n’est pas une description complète de la gravitation, qu’il y a de nouvelles forces qui contribuent à celle-ci».
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