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Scandales en cascade : Le pouvoir pris dans l’engrenage de la corruption

Publié le 07/04/2016, par dans Non classé.

Ça fuite de partout et ça prend l’eau de toutes parts. L’équipe au pouvoir a beau colmater les brèches, elle ne parvient plus à contenir l’ampleur des dégâts. Un scandale en chasse un autre.
L’effet du retour provoquant de Chakib Khelil, qui devait sceller définitivement les scandales de corruption qui ont ébranlé le système Bouteflika, s’est vite estompé. Le mur national construit par Amar Saadani et ses acolytes dans un chaos indescriptible pour mieux protéger la coupole s’est effondré sous les coups d’autres scandales qui mettent en cause des hommes du premier cercle présidentiel. A commencer par celui qui est devenu le paria du régime bouteflikien, Chakib Khelil, que même le plus saint des saints du pays ne lui serait d’aucun salut.

De toute évidence, aux yeux des Algériens, l’ami d’enfance de Bouteflika, qui a régné dix ans durant sur le poumon de l’économie du pays, est un homme qui symbolise la déchéance nationale. A peine ressorti de l’ombre, il est grillé par les projecteurs de nouveaux scandales. Pour le réhabiliter, la propagande officielle a « essuyé le couteau» sur les habits de l’ex-patron des Services spéciaux, le général Toufik.

Une opération, faut-il le dire, qui a eu des effets au moins sur une partie de l’opinion tant le DRS était pendant un quart de siècle le diable qui faisait régner la terreur. Cependant, cette fois-ci, le scandale vient de loin. D’abord des Panama Papers qui mettent en cause l’ancien ministre de l’Energie et ses hommes de main, Farid Bedjaoui et Rédha Hemch.

Mais pas seulement. Au même moment, une autre affaire éclabousserait Chakib Khelil, celle de l’Unaoil. Ajouté à cela le scandale Sonatrach-Saipem qui n’est pas fini, même si Alger s’emploie à le clore. Il est à se demander si le retour de Khelil au pays n’est pas lié justement à l’évolution de ce dossier au niveau de la justice de Milan. Maryland n’est plus une contrée sûre pour « le meilleur ministre de l’histoire de l’Algérie». Son rapatriement serait très probablement une opération visant à le mettre à l’abri d’éventuelles poursuites en Italie, voire aux Etats-Unis, où des enquêtes sont en cours sur les soupçons de corruption dans l’attribution de marchés pétroliers.

Le second épisode de la chronique des scandales touche un autre homme-clé du dispositif de Bouteflika version quatrième mandat. L’actuel ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb. Cité dans le scandale planétaire Panama Papers, il devient un élément encombrant dans le gouvernement Bouteflika. Directeur de com’ pendant la présidentielle de 2014, il est désormais celui qui écorne l’image du régime qui sombre dans l’abîme.

S’il estime qu’il n’a pas enfreint la réglementation en créant une société offshore, il a par ailleurs commis une faute politique et éthique grave. Lui qui se targue de défendre l’industrie nationale en menant la guerre à un entrepreneur – Issad Rebrab, créateur de richesse et d’emplois est dont l’essentiel de son investissement est basé en Algérie – révèle, à la faveur des Panama Papers sa préférence extranationale. Hasard du calendrier, au moment où il est cité dans ce hold-up planétaire, Rabrab est élu personnalité par un magazine italien.

Moralement, Abdessalem Bouchouareb devrait tirer les conclusions qui s’imposent en démissionnant du gouvernement. Va-t-il le faire ? Bouteflika se séparera-t-il de lui ? Rien n’est moins sûr. Le chef de l’Etat ne réagit jamais sous la pression, attendra-t-il le futur remaniement ? Mais le mal est déjà fait. Une démission ou un limogeage ne suffiront plus pour redorer le blason d’un système de pouvoir régenté par la répression et la corruption, qui sont le visage hideux de la classe dirigeante qu’aucun « mur» ne pourrait dissimuler.

Rares sont les secteurs ou ministères qui échappent à cette logique de prédation et du brigandage. Elle est devenue la règle. Elle est devenue surtout une menace sérieuse pour la sécurité nationale. C’est le marqueur du règne de Bouteflika depuis 1999. La mémoire nationale ne peut en retenir que les « exploits» Khalifa, BRC, Sonatrach, autouroute Est-Ouest et toutes les autres affaires qui rythment la chronique nationale.

A l’absence de légitimité s’ajoutent ces pratiques de népotisme de type maffieux qui prennent le pas sur les institutions de plus en plus souillées. Et c’est l’Etat qui s’efface ; il est à terre, écrasé par un pouvoir conquérant qui échappe à tout contrôle. Cela prépare des lendemains incertains.

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