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« Sans intégration, c’est une industrie qui est vouée à péricliter »

Publié le 06/11/2017, par dans Non classé.

S’exprimant hier à l’émission « L’invité de la rédaction» de la Chaîne3 de la radio nationale, Adel Bensaci a beaucoup insisté sur la maîtrise de l’intégration et de la sous-traitance, qui sont « le fer de lance du développement industriel».
« Sans l’intégration on ne pourra pas être rentable à terme et c’est une industrie qui est vouée à péricliter», a-t-il mis en garde. L’intervenant rappelle à ce titre que « l’industrie automobile est une industrie qui se nourrit de volumes et que si on est là pour uniquement satisfaire le besoin national, on n’y arrivera pas». Et pour ce faire, « il faut absolument avoir une stratégie à l’export si l’on veut atteindre ces volumes qui vont permettre au marché d’être attrayant et aux équipementiers de venir s’installer», a-t-il préconisé.

Chiffrant à environ 8 milliards de dollars la dépendance en pièces de rechange vis-à-vis de l’étranger, l’invité de la radio considère que la création d’un tissu de sous-traitants en Algérie pourrait la diminuer de moitié. S’il tient à rappeler que

« l’industrie automobile vient de commencer», Adel Bensaci trouve néanmoins « anormal» qu' »on n’ait aucune visibilité, ni vision stratégique de ce que va ou veut être la sous-traitance en Algérie». Il relève à ce propos que les autorités algériennes n’ont pas été contactées par les constructeurs pour dire « voilà où nous voulons aller et est-ce que vous en êtes capables», et à ce titre, faire des présélections des entreprises sous-traitantes devant devenir des partenaires potentiels. Pour M. Bensaci, la réalité est que l’Algérie ne possède pas d’équipementiers, ni de sous-traitants et qu’elle n’a, à cet égard, « aucune vision» sur cette question.

L’invité de la Chaîne 3 demande au gouvernement « de joindre le geste à la parole» au sujet de son engagement à encourager la sous-traitance industrielle, regrettant le fait que le rythme des actions entreprises à ce jour est trop lent et demande à être accéléré. « Nous avons à peu près 900 entreprises spécialisées dans la sous-traitance dont 10% des PME, ce qui est faible par rapport à la moyenne régionale de nos voisins qui est de 20% à l’est et de 28% à l’ouest», a-t-il observé. Face à cette situation, il propose d’aller dans le sens d’imposer aux fournisseurs d’équipements « certaines mesures qui peuvent être prises rapidement, notamment en parts de compensation industrielle». « Il faut que l’Algérie soit à même de réclamer dans tous les cahiers des charges des mesures de compensations industrielles telles l’intégration de pièces à l’export et celle de la sous-traitance industrielle avec le partenaire local», a-t-il expliqué.

Citant des « voisins de l’est» qui, indique-t-il, ont réussi à créer un pôle aéronautique sur la base de ce principe, l’invité note qu’il n’est « pas normal» que l’Algérie investisse des « sommes colossales» pour acquérir, par exemple, des avions de transport, sans pour cela bénéficier de ces compensations industrielles, d’autant, dit-il, que celles-ci sont incluses dans les prix d’acquisitions de ces appareils au titre du « donnant-donnant». M.Adel Bensaci invite les constructeurs automobiles à faire venir leurs équipementiers et sous-traitants pour trouver des partenaires locaux, parmi les 300 à 500 sous-traitants de la SNVI par exemple, afin de pérenniser l’activité de la sous-traitance en Algérie. « Pour atteindre un taux de plus de 40%, c’est possible, mais je pense que chacun doit faire montre d’une volonté pour y arriver. Il faut déjà cibler le potentiel. Les constructeurs sont la locomotive dans l’industrie et c’est à eux d’organiser leurs équipementiers et leurs sous-traitants pour pouvoir répondre à leurs exigences», estime t il

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