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Salaires des joueurs : Une facture salée

Publié le 15/11/2016, par dans Non classé.

Les salaires des joueurs professionnels en Algérie sont une insulte pour le citoyen qui n’arrive pas à joindre les deux bouts et qui va devoir faire face à une situation encore plus difficile au cours des prochains mois et années.
Les chiffres donnent le tournis. Pour la saison 2016-2017, l’effectif total des joueurs des clubs de Ligue 1 est de 343 joueurs. La masse salariale mensuelle est de 471 540 millions de dinars, c’est-à-dire 47 milliards et 154 millions de centimes. De quoi assurer les salaires de milliers de travailleurs d’entreprises publiques et privées. La facture du football professionnel est très lourde. Elle est sans commune mesure avec ce qu’il produit. Pratiquement rien.

C’est un gouffre sans fin avec des appétits sans limite. Le salaire moyen est de 2,214 600 millions de dinars, ce qui représente 123 fois le Salaire national minimum garanti (SMIG). Ce qui équivaut à 10 ans de travail d’un employé au bas de l’échelle salariale. Ce que ce dernier perçoit en 30 ans de service, le footballeur professionnel au salaire moyen de 2 millions de dinars l’a en 3 mois. Ce n’est pas tout. Sur les 343 joueurs professionnels de Ligue 1, il y a 22 footballeurs dont le salaire est de 3 millions et plus de dinars par mois. Cette catégorie représente 6% des 343 joueurs pros. Leur salaire fait 166 fois le SNMG. Deux salaires d’un joueur appointé à 3 millions de dinars/mois couvrent 33 ans de travail d’un modeste salarié.

Ces chiffres, que beaucoup mettent en doute, n’englobent pas les primes, la prise en charge (soins, déplacements, hébergement, restauration…), ainsi que d’autres avantages qui gonflent la facture. Le salaire en euros, au cours officiel, d’un joueur qui émarge à 2 millions de dinars, est de l’ordre de 18 470 euros. Pour celui qui a un salaire de 3 millions de dinars, c’est 25 000 euros par mois. Le chapitre des salaires est en constante évolution. Le football professionnel ne semble ni concerné ni touché par la crise économique qui frappe de plein fouet l’Algérie. Les clubs déficitaires sur toute la ligne continuent de distribuer des salaires faramineux qui défient tout entendement.

Comment est-il possible pour des clubs qui ne vivent pas du produit de leur activité de continuer à arroser des joueurs avec l’argent qu’ils ne gagnent pas grâce à leur activité ? Les instances du football, Fédération et Ligue de football professionnel, n’assument pas totalement leurs responsabilités vis-à-vis des clubs professionnels institués en Sociétés par actions (SPA) régies par le code de commerce et maintenus en vie au mépris de toutes les règles du vrai professionnalisme.

Un club, qui plus est société par actions, endetté, en faillite avec un bilan négatif sur le plan financier, ne doit en aucune raison être autorisé à participer à un championnat réservé exclusivement aux clubs professionnels. Dans sa configuration actuelle, son fonctionnement et ses bilans, le football professionnel en Algérie n’a aucune chance de survivre au retrait de ses initiateurs. Lancé dans le précipitation, sans une véritable étude de faisabilité, il s’est révélé être une véritable fumisterie qui a entraîné derrière elle l’ensemble du football algérien. Le football amateur a été lâché, il s’est dramatiquement appauvri. Son destin compromis au profit d’un professionnalisme de façade est sans avenir.
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