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Saadani organise sa rentrée après son retour

Publié le 29/09/2016, par dans Non classé.

Après une absence remarquée pendant tout l’été, Amar Saadani compte faire une rentrée fracassante.
Amar Saadani, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), fera sa rentrée politique dimanche prochain à l’occasion de la réunion du bureau politique à laquelle il vient de convier la presse. Porté disparu des radars durant un été qui a chevauché sur quelques jours de l’automne, certains le disaient à Paris où il possède un pied-à-terre à Neuilly, d’autres l’annonçaient à Londres pour un séjour british.

Le virevoltant secrétaire général de l’ex-parti unique est bel et bien rentré au pays après un séjour outremer qui a dû lui éviter bien des tracas. D’abord l’angoisse et le stress que pouvait occasionner la pétition initiée au sein de son parti et demandant son départ du poste de secrétaire général, puis l’initiative des 14 anciens moudjahidine, dont Zohra Drif, qui ont appelé à sa destitution.

Dans leur lettre publiée dans la presse en juillet dernier, les 14 personnalités, des acteurs importants de la Guerre de Libération nationale, revendiquent « au nom de tout ce qui les a menés sur les chemins de la liberté, sous la bannière du FLN, le départ immédiat et inconditionnel de Saadani et sa bande, afin de le restituer dans les formes démocratiques, sans immixtion extérieure, à ses militants sincères et dévoués, des hommes de conviction qui incarnent une aspiration partagée».

Ils accusent les dirigeants actuels du FLN d’avoir « pénétré le corps même de ce parti pour le vider de sa substance vitale et l’infecter au point d’en faire un instrument de réalisation de leur inavouable business». Les griefs sont graves et le fait qu’ils soient portés par ceux-là mêmes qui ont fait le FLN, libérateur du pays, donne toute l’étendue de la perversion d’un sigle qu’ils préfèrent enfin voir au musée.

Amar Saadani n’avait pas réagi à partir de son séjour doré auprès de sa progéniture, loin du spleen d’Alger, des retombées de la crise économique et de la galère qu’elle induit pour les ménages algériens. Le secrétaire général du FLN va certainement répondre à ses détracteurs, dans son style et avec ses arguments, comme il l’a déjà fait pour « le groupe des 19» — dont faisaient partie plusieurs anciens moudjahidine et pas des moindres — qui demandait audience au chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, qu’il pense être pris en otage. Amar Saadani a dû préparer sa riposte et choisir les éléments de langage qu’on lui a toujours connus pour s’attaquer avec véhémence à ceux qui le mettent en cause ou critiquent les tenants du pouvoir dans le pays.

Si le secrétaire général du FLN entend bien faire sa rentrée de manière fracassante, comme le laissent entendre ses proches, en fustigeant ceux qui veulent son départ — c’est toujours d’actualité — il est cependant trop tard pour réagir au président de l’Association française des victimes du terrorisme qui, en présence du chef de l’Etat français, François Hollande, qualifiait le 19 septembre l’attentat du FLN contre le Milk Bar à Alger en 1956 d' »acte terroriste». Amar Saadani n’avait pas jugé utile de défendre l’honneur du « FLN de guerre» ; il le fera certainement pour celui de la prédation.

Mais face à ce flux d’attaques contre les symboles de la Révolution, il n’y a pas que le silence du FLN qui pèse, celui des organisations affiliées à ce que l’on appelle « la famille révolutionnaire» est assourdissant. « J’ai attendu la réaction du gouvernement, celle du ministre des Moudjahidine, celle de l’Organisation nationale des moudjahidine et surtout la réaction du FLN, qui prétend continuer le combat mené par le FLN historique (…).

Mais à l’évidence, la direction actuelle du FLN a complètement rompu et dévié ce pourquoi le FLN a été créé : l’indépendance nationale», pestait la moudjahida Zohra Drif-Bitat lors d’un point de presse tenu à Alger. « Je me disais que c’était bien trop grave pour que l’Etat le passe sous silence. Je crois qu’on n’a pas vécu une humiliation plus grande que celle-là même durant l’occupation. Le silence est très grave, il viole les principes de la Constitution qui obligent l’Etat à défendre la Guerre de Libération», soutenait-elle. Que répondra alors le secrétaire général de l’ex-parti unique ? On le saura dimanche.
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