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Retraite anticipée : Qu’est-ce qui fait courir les enseignants ?

Publié le 23/11/2016, par dans Non classé.

La majorité des pensions de retraite des enseignants n’atteignent pas 50 000 DA, certaines sont à peine de 30 000 DA et ne permettent pas dans la plupart des cas à leur détenteur de subvenir à ses besoins.
A la retraite, certains enseignants se dirigent vers le secteur privé pour y exercer encore plusieurs années. Une possibilité pour ces « jeunes retraités» d’avoir un rentrée d’argent supplémentaire pour renforcer leur budget en exerçant le même métier, mais dans d’autres conditions. Pour les parties qui sont pour la suppression de la retraite anticipée dans le cadre de la révision du code du travail, cet argument est idéal face à chaque revendication du corps enseignant à maintenir la possibilité de départ à la retraite après 32 ans de service.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous nous dirigeons vers les établissements privés. Nos pensions suffisent à peine à couvrir les besoins élémentaires de nos familles. Il faut encore trimer plusieurs années supplémentaires pour pouvoir affronter dans la dignité la multitude des frais qui alourdissent nos charges», explique une enseignante à la retraite depuis quelques mois et qui est à la recherche d’un poste dans une école privée à la périphérie est d’Alger.

Cette femme d’une cinquantaine d’années, qui a exercé dans l’enseignement moyen, a plus de 32 ans de service. « C’est un métier que j’adore, mais qui m’a épuisée», lance-t-elle, en guise d’introduction à « l’argumentaire» de sa demande de retraite anticipée et son intention d’aller vers le secteur privé pour y gagner de quoi arrondir ses fins de mois. « J’ai été enseignante durant toute ma vie, je ne sais réellement pas faire autre chose. C’est le seul métier que je continuerai à exercer afin de ramasser un peu plus d’argent pour affronter les frais quotidiens, mes enfants ayant toujours besoin de mon soutien.»

N’ayant jamais bénéficié de logement, de nombreux ménages comptent toujours sur leurs parents pour les aider à réaliser cet objectif. D’autres enseignants à la retraite sont contraints de travailler pour subvenir aux besoins élémentaires des leurs, car étant la seule source de financement dans le ménage. « Mes enfants sont encore à ma charge, l’un est universitaire et deux autres sont encore au lycée. Je n’ai pas le choix que de retrousser mes manches et de chercher un boulot qui puisse m’aider», explique un père de famille, ex-enseignant à la recherche d’un poste dans une école privée.

La majorité des pensions de retraite touchées par les enseignants n’atteignent pas 50 000 DA, certaines sont à 30 000 DA et ne permettent pas, dans la plupart des cas, à leur détenteur de subvenir à ses besoins. « Au moment où des retraités du monde entier profitent de cet âge-là pour voyager et se permettre des loisirs, nous sommes appelés à travailler ailleurs pour ne pas tendre la main», déplore un enseignant interrogé devant un lycée à Alger-Centre.

Cet enseignant formateur en fin de carrière nous énumère la liste des charges qu’il affronte au quotidien et « avec l’inflation galopante, 50 000 DA ne feront pas de moi un riche», ironise-t-il. « Mais combien d’enseignants peuvent encore exercer après leur départ à la retraite ?» s’interroge M. Amoura, président du Satef, qui estime que le nombre de ceux qui se dirigent vers le privé est « infime» par rapport au nombre de sortants malades et affaiblis par les contraintes de ce métier et qui ne profitent même pas de cette période de leur vie.

Selon des chiffes officiels (datant de septembre dernier) 40 000 enseignants ont déposé leur demande de départ à la retraite anticipée. Ces chiffres pourraient doubler à la fin de l’année, ultimatum fixé pour pouvoir bénéficier encore de cette disposition. La revendication brandie depuis quelques semaines par tous les syndicats du secteur de l’éducation lève le voile sur la paupérisation d’une partie des effectifs de la Fonction publique, qui sont en grève cyclique depuis hier pour défendre cet « acquis» et protester contre les dispositions de la loi de finances 2017 qui « menace encore davantage le pouvoir d’achat des ménages».
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