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Réponse à l’article d’Arezki Aït-Larbi intitulé : «Menaces sur la Kabylie, ne pas céder à la peur…»

Publié le 19/06/2018, par dans Non classé.

Nécessaire débat

L’appel de Ferhat Mhenni à « mettre sur pied un corps de contrainte» et « une organisation de sécurité» a provoqué un choc au sein de l’opinion. Il est perçu comme une grave dérive, une dangereuse aventure qui risque de propulser la région dans l’irréparable. En Kabylie, cet appel a essuyé un rejet massif. Toute la région s’inquiète.
Dans sa tribune publiée dans El Watan, Arezki Aït-Larbi — figure militante de premier plan — a profondément analysé les risques du « projet» défendu par « l’exilé» parisien. Prônant une option sécessionniste, Ferhat Mhenni répond à son ancien compagnon de lutte. Pas sur le fond. Mais il explicite bien le fond de sa pensée, en réaffirmant son appel à mettre en place « un corps de contrainte» qui serait secret. Une sorte de milice clandestine dont la principale mission est de « faire respecter l’autorité et les décisions du GPK (gouvernement provisoire de Kabylie)». Ce faisant, Ferhat Mhenni quitte désormais le terrain politique.

Il veut mettre en veilleuse les questions des libertés, de démocratie et de la pluralité des opinions. Pire encore, il s’apprête à rompre avec la lutte pacifique pour préparer le terrain de la violence. Le danger est réel et la situation interpelle tout le monde. Elle appelle les élites politiques, intellectuelles, les acteurs de la société civile à s’emparer du débat, à reprendre l’initiative politique et citoyenne pour solidifier les libertés dans la région. C’est le meilleur moyen de la préserver de la dérive annoncée. Le débat doit se poursuivre dans la sérénité, la diversité et le respect de toutes les opinions. Et c’est dans cet esprit qu’El Watan a décidé de publier la réponse de Ferhat Mhenni…

Cher ami

Quelles que soient les vicissitudes du temps, les malentendus ou les divergences d’opinion, les coups de griffes ou les coups de poignard dans le dos, les procès d’intention ou autres indélicatesses dont souvent me gratifient d’anciens compagnons de lutte, j’ai pour constance de garder mon amitié à toute personne, comme toi, ayant partagé une plage de ma relative longue vie de militant.

Dans le dernier papier que tu me dédies, à la fois comme dénonciation et comme supplique, tu t’adonnes à ton sport favori, la désinformation et la manipulation de l’opinion. En convoquant pêle-mêle BHL, le Makhzen, les USA, le CRIF, la France et Israël, par allusion, tu uses de poncifs du pouvoir algérien dont je te croyais sincèrement loin.

A jeter un regard distrait sur le titre de ton article : « Menaces sur la Kabylie, ne pas céder à la peur…», n’importe quel lecteur comprendrait que le danger que tu pointes du doigt ne viendrait ni des terroristes islamistes, ni du pouvoir algérien mais de moi. As-tu mesuré la gravité de ta cécité ? Rends-en toi compte par toi-même !

Qui a tué 130 Kabyles au Printemps noir (2001-2003) ? Qui occupe militairement la Kabylie ? Qui permet aux terroristes islamistes, venus d’ailleurs, de se déplacer en toute sécurité malgré les barrages militaires et paramilitaires qui jalonnent nos routes et qui sont si efficaces lorsqu’il s’agit d’empêcher des manifestants kabyles du 20 Avril ou de Yennayer d’arriver sur les lieux du départ des marches ?

Qui rackette nos commerçants au grand jour par le fisc et la corruption ? Qui brûle nos forêts chaque été et qui interdit aux citoyens d’éteindre les feux quand ils s’approchent de leurs maisons, si ce n’est des militaires algériens ?

Qui empêche le développement économique de la Kabylie destinée désormais à n’accueillir que des prisons ? Qui opère des kidnappings de nos entrepreneurs et qui ordonne à la police coloniale de ne pas en rechercher les coupables ? Qui tente de dépersonnaliser nos enfants à travers des écoles, des mosquées et des médias salafisés ? Qui bastonne nos enfants dans la rue ? Qui surveille les Kabyles tels des sauvages ?

Ce n’est pas que dans le titre de ton texte que tu me fais endosser cette menace. Tu emboîtes le pas à Saïd Sadi qui, pour dissuader les Kabyles d’adhérer au MAK et au projet d’indépendance de la Kabylie, leur prédit des lendemains apocalyptiques. « Attention, ça va être un charnier ! ça va être une guerre civile, ça va être un bain de sang !»

Tu écris la même chose en avançant que l’Anavad « s’essouffle» à provoquer cette guerre civile qui va lui « donner quelque légitimité internationale, à défaut d’avoir le consentement du peuple kabyle» qu’il prétendrait représenter.

Cette accusation est infondée, mensongère, grossière et paradoxale. Tout le monde sait qu’une organisation « essoufflée» ne présente aucun danger pour ses adversaires. Or, le MAK est la sève de la Kabylie profonde, il est la Kabylie même, aussi bien expressive que silencieuse. Et s’il travaillait réellement à provoquer une guerre civile, il l’aurait déjà déclenchée. S’il ne l’a pas fait, ce n’est pas faute de moyens, de savoir-faire ou par essoufflement mais par choix stratégique d’une voie pacifique pour l’indépendance du peuple kabyle.

Le MAK est le dernier espoir de voir le jour de liberté se lever sur la Kabylie. En le traitant de menace sur le peuple kabyle, ton écrit participe, peut-être inconsciemment, de la même politique de diabolisation que le pouvoir algérien tente de mener contre la seule force kabyle capable de fortifier la résistance que, pourtant, tu appelles de tous tes vœux contre ses assauts assassins.

Là où tu as tout faux, c’est quand tu m’invites « à mesurer l’ampleur du chaos qui menace la Kabylie», et dont je risquerais d’être « le vecteur consentant». Tu ajoutes : « Accepteras-tu de voir chaque village, chaque quartier, chaque rue, devenir le terrain d’affrontements fratricides ?»

Quels affrontements fratricides ? Nous ne sommes pas le FLN contre le MNA. Je tiens à t’en rassurer. Le MAK est une organisation pétrie des valeurs les plus nobles. Lui prêter des desseins qu’il n’a pas est simplement insensé, pour rester correct. Le MAK est à la fois la paix, la liberté, le droit et la justice auxquels la Kabylie aspire et je ne permettrai à personne de donner de lui l’image d’une menace sur ce qu’il entend défendre.

Je t’interdis aussi de t’en prendre aux membres Lire la suite

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