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Repentance : Décodage des déclarations d’intention

Publié le 08/07/2017, par dans Non classé.

A deux jours d’intervalle, les présidents algérien et français se sont exprimés sur la reconnaissance des dégâts coloniaux. Lecture de texte.
Notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France. Le partenariat d’exception gagnera en sérénité et en élan dans une reconnaissance des vérités de l’histoire.» Après ces propos du président Abdelaziz Bouteflika pour la Fête nationale du 5 Juillet, estimant que la France doit faire un pas vers la reconnaissance de ce qu’elle a commis durant la colonisation, des commentaires ici et là annoncent attendre une réponse du président Emmanuel Macron face à cette demande de la plus haute autorité algérienne.

Sauf que le président français, lors de son discours devant les parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat réunis en congrès le 3 juillet dernier, deux jours auparavant, avait déjà balisé le terrain et que, peut-être, le président algérien ne faisait que répondre à son homologue de l’Elysée. En effet, Macron avait déclaré, au cours d’un long discours d’une heure trente à Versailles : « Le mandat du peuple, c’est (…) le mandat de la fidélité historique.

Les Français demandent à leur gouvernement de rester fidèle à l’histoire de la France. Encore faut-il s’entendre sur le sens que l’on donne à ces mots. Ces dernières années, l’histoire a été prise en otage par le débat politique. Nous avons vu fleurir l’histoire pro-coloniale et celle de la repentance, l’histoire identitaire et l’histoire multiculturelle, l’histoire fermée et l’histoire ouverte. Il n’appartient pas aux pouvoirs, exécutif ou législatif, de décréter le roman national, que l’on veuille lui donner une forme ‘‘réactionnaire » ou une forme ‘‘progressiste ».

Cela ne signifie pas que l’histoire de France n’existe pas. Qu’il ne faut pas en être fier tout en regardant lucidement ses coins d’ombre et ses bassesses. Mais pour nous, elle doit prendre la forme, non d’un commentaire, mais d’une action résolue en faveur du meilleur. Parce que c’est dans cette action que nous pouvons retrouver les grands exemples du passé, nous en nourrir et les prolonger.

Et à la fin, nous aussi, nous aurons fait l’histoire, sans nous être réclamés abusivement de ce qu’elle pourrait être, mais en gardant nos esprits et nos volontés tendus vers le meilleur. C’est ce que nous appelons le progressisme.» On peut difficilement être plus clair sur le fait que le jeune président français ne serait pas à l’aube de faire un pas de plus en ce domaine que lui-même a qualifié de « repentance».

Pourtant, précédemment, Emmanuel Macron, en visite à Alger durant la campagne électorale, était allé plus loin qu’aucun responsable politique français ne l’avait fait. Son expression sur la colonisation crime contre l’humanité, bien que corrigée ensuite, avait fait mouche.
Jeudi 6 juillet, dans son message d’installation dans ses fonctions dans la capitale algérienne, le nouvel ambassadeur en Algérie, Xavier Driencourt, a semblé suggérer une explication de texte, avec un signe de légère inflexion : « Emmanuel Macron (…) représente une France jeune, résolument tournée et engagée en Europe, mais également consciente du rôle du bassin méditerranéen, du rôle et de l’importance de l’Algérie et de l’importance des pays d’Afrique du Nord dans ce monde méditerranéen.

Nous sommes tous conscients, le président de la République et moi-même en tant qu’ambassadeur, que la relation algéro-française doit être et rester une relation exceptionnelle et ne peut, en aucun cas, être banale ou banalisée.» En langage diplomatique, cela veut certainement dire que le statu quo bougerait d’une manière ou d’une autre, sans savoir comment ni quand.

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