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Rentree scolaire : Austérité, exigences et protestation

Publié le 08/09/2017, par dans Non classé.

Il y a eu du nouveau en cette rentrée scolaire, comme pour les livres, mais aussi des problèmes récurrents que le ministère peine à éradiquer : surcharge des classes, écoles fermées, déficit dans l’encadrement, absence de transport et des élèves sans cantines.
Pour couronner le tout, de nouveaux recrutés au Sud ont observé un mouvement de protestation hier. Ils demandent des logements. Le point de nos régions. Une rentrée considérée comme « réussie», comparativement aux précédentes même si quelques insuffisances ont été relevées. Dans toutes les wilayas, ce sont particulièrement les nouveaux livres qui ne sont pas tous disponibles.

Même si le ministère de l’Education a insisté dans une note remise aux directeurs d’éducation de ne pas augmenter le prix des manuels, des librairies privées se sont amusées à fixer les prix à leur guise. « En principe, ces libraires qui n’ont pas respecté les prix unifiés doivent être interdits de vente de livres scolaires», suggère Kamel Nouari, directeur d’un établissement.

Autre problème soulevé : la surcharge. Et c’est un phénomène qui persistera tant que les nouvelles cités et les nouvelles opérations de relogement ne sont jamais accompagnées d’infrastructures, dont les écoles. Il s’agit là d’une mauvaise gestion. Sans compter aussi que vu l’austérité, le budget des établissements scolaires a connu une baisse de 60% !

D’ailleurs, dans plusieurs écoles, il y a eu coupure d’électricité et d’eau. Les cantines seront, pour la première fois, gérées par les APC, ce qui pourrait retarder un peu l’ouverture. Cette année, et pour la troisième année consécutive, le coup d’envoi de la rentrée scolaire a été donné depuis le Sud, à Ouargla. Une manière de rassurer un peu la corporation qui ne cesse de demander de repousser la date de la rentrée des classes.

Benghabrit et le sud, c’est aussi une météo inhabituellement clémente aussi, gratifiant les élèves d’une baisse des températures à la suite de deux nuits de fortes pluies, comme pour réduire au silence la revendication principale des parents d’élèves et des syndicats d’enseignants à la fois, à savoir la révision du calendrier scolaire par une rentrée repoussée à fin septembre pour les villes du sud.

Même Maâmeri Ammar, président de la fédération des parents d’élèves de la wilaya de Ouargla, ne cache plus son amertume et en appelle à un recadrage du ministère pour permettre l’adoption des changements des rythmes scolaires et d’amélioration des conditions pédagogiques dans les zones reculées du grand Sud. Jugez-en : « Sur les 11 wilayas conviées l’année dernière à se réunir à Touggourt pour préparer la rentrée en proposant notamment la réduction des vacances d’hiver et de printemps pour reporter la rentrée au 20 septembre, seules les wilayas de Biskra, El Oued, Ouargla et Adrar ont répondu présent.

Le quorum n’a pu être atteint», constate-t-il amèrement au moment où la ministre exige un consensus local et des expérimentations à petite échelle. Réponse de Beghabrit : « Il faut que tous les acteurs de l’opération pédagogique s’entendent sur un consensus et déterminent les horaires les mieux adaptés. Ne comptez pas sur moi pour prendre une décision administrative à partir d’Alger.»

Pour M. Maâmeri, « la rentrée des classes s’est bien déroulée mercredi dernier sous les yeux des caméras, mais nos enquêtes ont prouvé que les établissements scolaires des zones sahariennes fonctionnent à 50% jusqu’en octobre depuis plusieurs années à cause de la chaleur, causant de fortes absences les après-midis et un retard dans le programme scolaire qui est irrattrapable.»

Ce constat, la fédération l’a bien consigné et suivi d’un rapport conjointement élaboré avec les syndicats d’enseignants transmis à la direction de l’éducation l’année dernière, mais « l’exigence d’une rentrée nationale semble être un impératif pour le ministère».

Une décision politique dûment assumée par Benghabrit qui persiste et signe en faisant le choix de lancer la rentrée scolaire à partir d’une wilaya du Sud pour la troisième année consécutive, et en septembre avec, successivement, Naâma, Ghardaïa et Ouargla cette année, comme pour dire que la question était tranchée.

Dialogue de sourds

Les partenaires sociaux du secteur dénombrent la pénalisation des écoles primaires de la wilaya ayant certes bénéficié d’un important programme de rénovation et de réhabilitation pour une enveloppe de plus d’un milliard de dinars sur le budget de la wilaya, mais un démarrage tardif de celui-ci. Ainsi, sur les 306 établissements où les travaux ont démarré depuis le mois de mai 2017, seuls 128 ont pu finaliser les travaux.

Les écoles connaissent des améliorations drastiques des classes de cours, des blocs sanitaires, des cours de récréation et des façades qui pour la plupart n’ont jamais été touchées depuis leur création, un véritable coup de jeune. Le seul bémol, des travaux qui empiètent sur la rentrée fortement perturbée par les chantiers ouverts, et ça, la fédération des parents d’élèves n’a pas pu le dire à la ministre qui a écourté sa visite à Ouargla à cause du Conseil interministériel tenu mercredi.

La fédération relève également le déficit de 150 surveillants généraux dans les établissements scolaires de Ouargla, 20 000 primes scolaires manquant au quota de Ouargla qui stagne à 60 000 et la centralisation du marché d’acquisition des équipements de climatisation qui ne prend pas en compte les normes du Sud, selon le rapport transmis à la ministre. A cela, Benghabrit brandit la fulgurante ascension de la wilaya de Ouargla qui a hissé ses résultats du baccalauréat de 38,10% en 2015 à 41,94% en 2016 pour atteindre les 50,53% en 2017.

Ceci, malgré la contre-performance de la daïra frontalière et pétrolière d’El Borma qui a brillé cette année par l’absence de candidats reçus au bac alors qu’elle venait d’acquérir sa première annexe de lycée depuis l’indépendance et se faire livrer les sujets du bac par avion spécial chaque jour.

Ecoles fermées

A El Tarf, et malgré les chiffres officiels, (7856 travailleurs dont 5181 enseignants, 253 écoles, 70 collèges et 31 lycées), la surcharge des classes reste très présente dans les agglomérations, où elles atteignent 50 élèves par classe. Elle est compensée par le système des doubles vacations ou des classes tournantes. La moyenne de 28-30 élèves par classe vient du fait qu’à l’opposé on trouve des classes de moins Lire la suite

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