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Rencontres cinématographiques de Béjaïa: « Des figues en avril » de Dendoune en ouverture

Publié le 02/09/2018, par dans Non classé.
Rencontres cinématographiques de Béjaïa:

BEJAIA – Le long métrage « Des figues en avril » de Nadir Dendoune, projeté samedi soir à l’ouverture des 16èmes rencontres cinématographiques de Bejaia (RCB) a donné lieu à des hommages à répétition en faveur de la femme en général et de la mère en particulier, tant sa complainte a été prenante et bouleversante car abordant des douleurs et des déchirures vives mais en permanence vécues dans le silence.

En dressant le portrait de sa maman octogénaire, sa vie et son parcours, sans recourir au moindre artifice cinématographique pour la magnifier, Dendoune en a naturellement levé le voile, en livrant dans la pudeur mais avec beaucoup de malice, passion et détermination la force de ses congénères à transcender les difficultés, les mauvaises passes, voire les drames.

Ceci est surtout vrai pour les femmes rurales, durant la colonisation, qui, en plus des privations, de l’analphabétisme, du non-droit à la parole et de l’exil quasiment forcé car obligées de suivre leurs maris à l’étranger, ont dû endurer l’effort d’adaptation exigé par leur nouveau milieu d’accueil sans s’y être préparée, le moins du monde. Apprendre la langue, s’orienter, faire leur courses, accompagner les enfants à l’école, les habiller correctement, les éduquer, les pousser à réussir : des épreuves et des défis quotidiens qu’il a fallu relever et qui exigeaient plus qu’un investissement maternel, mais un sacrifice humain.


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En dressant le portrait de sa maman octogénaire, sa vie et son parcours, sans recourir au moindre artifice cinématographique pour la magnifier, Dendoune en a naturellement levé le voile, en livrant dans la pudeur mais avec beaucoup de malice, passion et détermination la force de ses congénères à transcender les difficultés, les mauvaises passes, voire les drames.

Ceci est surtout vrai pour les femmes rurales, durant la colonisation, qui, en plus des privations, de l’analphabétisme, du non-droit à la parole et de l’exil quasiment forcé car obligées de suivre leurs maris à l’étranger, ont dû endurer l’effort d’adaptation exigé par leur nouveau milieu d’accueil sans s’y être préparée, le moins du monde. Apprendre la langue, s’orienter, faire leur courses, accompagner les enfants à l’école, les habiller correctement, les éduquer, les pousser à réussir : des épreuves et des défis quotidiens qu’il a fallu relever et qui exigeaient plus qu’un investissement maternel, mais un sacrifice humain.


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« Na Messaouda » en était l’incarnation. Elle, la « kabyle des montagnes », qui a grandi avec les chèvres et qui, arrivée en France en 1968, à l’âge de 25 ans, n’en connaissait pas un traitre mot de Français, mais a réussi, avec son mari a s’intégrer du mieux qu’elle pouvait et surtout a élever, dans un milieu en banlieue parisienne presque hostile, convenablement ses neufs enfants dont l’œuvre reste sa grande fierté. Et malgré tout, elle n’en était pas heureuse, frustrée de ne pouvoir définitivement rentrer pays où, pourtant avec son mari, ils ont construit une belle maison, acheté des terres et fait pousser des vergers.

Son époux, malade atteint d’Alzheimer et admis dans une clinique adaptée, ses enfants partis faire chacun sa vie et la situation de crise du pays qui ne l’inspire pas ont fini par atteindre ses espoirs et à l’obliger à « l’exil forcé ». « Nous devons vivre sur la terre des Français. Que Dieu nous pardonne », se met-t-elle soudain à maugréer, visiblement bercée par la voix off de slimane Azem : « Algérie mon beau pays, je t’aimerai jusqu’à la mort ».

Déambulant dans un deux pièces à Saint-Denis, à huis-clos avec un naturel désarmant, elle narre sa vie avec philosophie, humour et lucidité. Elle n’en fait jamais trop se contentant de livrer les repères qui ont jalonné son parcours, ses épreuves et rêves déçus. Bon pied, bon œil, jolie, à 82 ans, elle crève l’écran, comme en témoigne l’enthousiasme du public à chacune de ses répartis. Son fils, Nadir, n’a pas fait beaucoup d’effort pour en faire le montage, comme il l’a avoué durant les débats, le film ayant été la résultante d’une compilation de photographies et vidéos, amorcé avec un appareil d’un portable. « Elle s’est confiée à moi comme elle l’aurait fait devant un psy », a-t-il soutenu.

Cette séance d’inauguration qui s’est étalée jusqu’à une heure tardive de la nuit a été ponctuée par la projection d’un court métrage de 20 minutes, produit en 2017 par Ahmed Nader. Sous le titre de Wanas (affabilité), l’auteur met en avant une tranche de vie d’un couple marié, soumis aux vicissitudes de fin de vie, notamment la vieillesse et la maladie. Une période difficile, en somme, mais qui paradoxalement est fortement combattue, grâce à l’ardeur de la flamme amoureuse qui anime le couple.


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L’auteur, qui dépeint une tranche de vie de ses parents et leur passion, aborde le sujet sur un ton différent de celui de la tradition, en affirmant que contrairement à l’idée préconçue, les parents cachent souvent leur amour mais le vivent pleinement en intimité.

Les débats ont tenté de réunir les deux espaces, filmés en huis clos, et qui font la part belle à la fragilité de l’intimité. Mais ce sont deux cinémas différents, dont le seul dénominateur commun reste la pudeur, l’intimité et surtout les silences qu’ils couvent.

Au total 25 films (courts et longs métrages) sont au programme des 16èmes rencontres cinématographiques de Bejaia. L’initiateur, l’association « Projecte heurt », promet la projection d’au moins une vingtaine d’œuvres inédites en Algérie, tout en maintenant ces cafés cinémas au lendemain de chaque film et ses traditionnels masters classes pour la formation de jeunes cinéastes.

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