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Récits : Des parcours semés d’embûches

Publié le 03/11/2016, par dans Non classé.

– Saïda, employée de banque : Mère adoptive d’un petit garçon âgé de 26 mois, elle l’a recueilli alors qu’il n’avait que 3 mois et 9 jours. C’était le 21 octobre 2014. Trois années ont passé…

« J’ai toujours eu un désir de maternité très fort. Je me suis mariée quand j’étais jeune, mais suite à une fausse couche et des problèmes au sein du couple, nous avons divorcé. Les années sont passées très vite et je n’ai pas refait ma vie tout simplement parce que je n’ai pas rencontré d’homme convainquant et respectueux. Comme je refusais l’idée d’un mariage par dépit, mon célibat s’est étalé sur le temps. Arrivée à la quarantaine, j’ai commencé à comprendre que je ne serais peut-être jamais mère, horloge biologique oblige. L’idée d’adopter a alors germé dans ma tête. J’ai des capacités financières, un logement. Je remplis les conditions. Je me suis naturellement dit, pourquoi pas ? Issue d’une famille algéroise conservatrice, j’ai fais face à de la résistance en évoquant le sujet.

Notamment de la part de ma mère. Elle a mis du temps, mais elle a fini par comprendre mon désir et l’a accepté. J’ai introduit ma demande auprès de la DAS en 2011 et cela été un long parcours. J’ai été très insistante, mais en vain. Au bout d’un an et demi d’attente, j’ai commencé à fouiller dans mes relations à la recherche de personnes susceptibles de faire bouger les choses. On m’a demandé d’aller vers l’intérieur du pays. J’ai été orientée vers la pouponnière de Tizi Ouzou, où une personne qui y travaille m’a fait miroiter l’adoption d’une petite fille. J’avoue que j’ai été très généreuse avec elle, dans l’espoir de faire aboutir ma demande. Au bout de quelques mois, j’ai compris que je n’aurais rien.

Entre-temps, ma mère s’est éteinte. Elle est décédée en 2014. J’ai cessé toute intervention et j’ai même perdu espoir. Puis un collègue m’a demandé d’aller à Sétif, où il connaissait quelqu’un qui pourrait m’aider. J’avoue que j’y suis allée perdante. Finalement, au bout de quelques mois et plusieurs va-et-vient vers Sétif, un jour, je suis revenue avec Amine dans mes bras. Aujourd’hui, cet enfant est tout pour moi. Mes frères et sœurs l’adorent, toute la famille l’a adopté. Pour nous, il est une source de joie énorme.»

– Hakim et Amel, fonctionnaires : En attente d’une réponse de la DAS depuis plus de trois ans.

« Mon épouse et moi sommes mariés depuis 14 ans, mais nous n’arrivons pas à avoir d’enfant. Ce qui me met hors de moi depuis des mois, ce sont les échos que j’ai de la part de personnes qui ont déposé leurs dossiers bien après nous et qui ont déjà des enfants chez eux. Des bébés algériens ont même été adoptés en France alors que les procédures sont censées prendre plus de temps. Et nous n’avons toujours pas eu de réponse. Certains de ces couples ont fait intervenir des personnes influentes et d’autres ont avoué avoir payé des pots-de-vin.

On nous a proposé de graisser la patte de certains dans l’administration pour accélérer notre demande, mais mon épouse et moi refusons catégoriquement d’avoir un enfant par la corruption, nous voulons recueillir un enfant et non pas l’acheter. Tous les jours, des échos me parviennent des hôpitaux et pouponnières. Je me tiens au courant des adoptions, mais aussi des cas d’abandon de nouveau-nés. Il y a quelques jours j’ai été contacté par une connaissance à l’hôpital de Zéralda qui m’apprenait qu’une jeune fille enceinte ne tardera pas à accoucher. Nous sommes entrés en contact avec elle et elle a accepté de nous confier la garde de sa fille. Seulement, le destin en a voulu autrement : l’accouchement a laissé de graves séquelles, la petite fille n’a pas survécu plus d’une semaine.

On m’a suggéré de sortir d’Alger et de déposer un dossier dans une ville de l’intérieur. Je me suis installé à Djelfa l’année dernière, j’ai loué un appartement pour avoir une résidence et accroître mes chances d’adopter. J’ai fini par apprendre qu’une assistante sociale était passée à cet appartement sans prévenir, en mon absence, et qu’elle avait classé la demande parce qu’on n’était pas chez nous lors de son passage. J’ai appelé et demandé audience plusieurs fois pour comprendre pourquoi elle n’avait pas prévenu avant de passer, mais personne ne m’a répondu. Nous sommes dans l’incompréhension et la colère. Mais nous attendons désespérément un appel de la DAS.» Lire la suite

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