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Rapatriement des dépouilles des victimes

Publié le 05/02/2017, par dans Non classé.

Temps couvert et froid sur le tarmac de l’aéroport Houari Boumediène. Les dépouilles des deux victimes algériennes, décédées dimanche dernier dans l’attentat terroriste perpétré au Centre culturel islamique de Québec (Canada), sont arrivées hier matin en Algérie, en présence de leurs familles et proches.
Des sapeurs-pompiers étaient chargés de déposer les deux cercueils couverts de l’emblème national sur les tréteaux installés à quelques pas de l’entrée du salon d’honneur de l’ancienne aérogare où la Fatiha a été lue à la mémoire des défunts. Les yeux cachés par des lunettes noires, la femme de Abdelkrim Hassane n’a pas souhaité répondre aux sollicitations des journalistes regroupés dans le salon d’honneur.

Parti au Canada en 2009, le défunt a laissé une très bonne impression à ses proches et amis de son quartier algérois de Staouéli (Alger). Les traits tirés, le frère aîné de la victime affirme avoir appris la nouvelle de l’attentat terroriste à la télévision. « L’info, on l’a eue à la télévision. On est très attristés. C’est un acte abominable que nous condamnons tous. Abdelkrim était un homme simple et pieux.

C’était un intellectuel qui a toujours appliqué un islam de tolérance, un islam de concorde et de paix», signale le frère aîné, resté très digne malgré la douleur. Issu d’une famille originaire d’Assif El Hammam, dans la commune de Adekkar (Béjaia), où il a effectué sa petite scolarité avant de se déplacer à Alger, l’informaticien, âgé de 41 ans et père de trois enfants, avait gardé des liens forts avec son pays. « Il avait un très bon poste au Canada, où il avait été recruté par le gouvernement québécois.

Il avait gardé des contacts avec les siens. Il était là il y a trois mois. Il avait d’ailleurs déjà réservé son billet pour assister au mariage de son neveu prévu pour août prochain», témoigne avec fierté Si Ahmed Mohand, son jeune cousin, qui rappelle la « modestie» de la victime qui avait travaillé dans l’usine d’un groupe pharmaceutique à Aïn Benian.

Professeur de génie alimentaire à la faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation de l’université Laval, l’autre victime, Khaled Belkacemi, a laissé une famille éplorée. Sa femme, enseignante-chercheur comme lui, se rappelle de cette soirée funeste où elle a entendu des détonations provenant du Centre culturel islamique, proche du domicile familial. « Il était 20h, après la prière du Icha. J’ai entendu des rafales», balbutie d’une voix éteinte Safia Hamoudi, avant de se retirer avec sa famille.

Elève du département de génie chimique de l’Ecole polytechnique d’Alger, le défunt, originaire de Tazayart à Ighil Ali (Béjaïa), avait terminé son cursus en 1983. Bénéficiant d’une bourse, le chercheur ne se résoudra à partir au Québec qu’en 1988 pour rentrer au pays en 1992.

Formé en génie chimique à l’Ecole polytechnique d’El Harrach, spécialité génie alimentaire, Belkacemi dispensera des cours à l’université de Bab Ezzouar, quand, un mardi funeste de mai 1994, il sera témoin de l’attentat mortel contre Salah Djebaïli, footballeur professionnel et scientifique, et son garde du corps. Il décida alors de s’exiler, mais gardera des contacts avec le pays, en engageant un partenariat avec des instituts de l’Algérie. Belkacemi finira par succomber comme son collègue de l’USTHB qui mourra sous ses yeux (El Watan, n°8011, reportages Djamel Alilat).

La présence des officiels était très timide sur le tarmac de l’aéroport d’Alger. Seul le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Hassan Rabehi, était là pour l’accueil des dépouilles. Le secrétaire général a rappelé dans une rapide déclaration que « les autorités algériennes ont pris toutes les dispositions pour le rapatriement des dépouilles, et ce, en coordination avec notre représentation diplomatique ainsi qu’avec les autorités canadiennes».

Appelant la communauté algérienne établie à l’étranger à « davantage de vigilance et à un surcroît de solidarité», M. Rabehi a estimé que la « solidarité sincère» exprimée par celle-ci « renforce la place de notre communauté vivant loin du pays et consolide ses liens et son attachement avec l’Algérie». Tout en exprimant la « condamnation forte du terrorisme», le secrétaire général du ministère a appelé la communauté internationale « à plus de solidarité dans la lutte contre le phénomène du terrorisme, contre l’islamophobie et à réunir les conditions d’une coexistence entre les peuples et les civilisations pour le bien de toute l’humanité». Les cercueils des deux victimes ont été ensuite transportés vers leurs domiciles mortuaires respectifs. L’enterrement de Abdelkrim Hassane devait avoir lieu après la prière du dhor à Sidi Fredj, et celui de Khaled Belkacemi à El Harrach. Lire la suite

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