formats

Que cache la polémique ?

Publié le 13/01/2016, par dans Non classé.

La mort de Hocine Aït Ahmed semble avoir ouvert la boîte de Pandore. Les vieux démons des années 1990 refont surface sur fond de polémiques entre acteurs de l’époque.
Alors que des millions d’Algériens ont accompagné l’un des éminents dirigeants de la Révolution à sa dernière demeure, d’anciens responsables lancent des polémiques aux contours sombres. A commencer par les différentes sorties de l’ancien ministre de la Défense, Khaled Nezzar, qui a senti le besoin d' »apporter des précisions» sur des déclarations que feu Aït Ahmed avait faites de son vivant. Tel un sniper attendant une éventuelle cible, le général Nezzar sort sa grosse artillerie pour démentir des faits qui ont pourtant fait consensus jusque-là : jamais du vivant de Hocine Aït Ahmed, un ancien responsable a démenti le fait que le pouvoir ait proposé au fondateur du FFS de faire partie d’une direction (ou de la diriger) afin de sortir le pays de la crise.

Mais ce débat, qui s’est fait à sens unique puisque l’un des acteurs n’est plus de ce monde, a débordé sur la crise qui a secoué le pays durant les dernières années de la présence de Chadli Bendjedid à la tête de l’Etat. De la responsabilité de l’arrêt du processus électoral aux raisons qui ont poussé le défunt chef de l’Etat à remettre son tablier un soir de janvier 1992, en passant par les violences qui ont marqué le pays durant la période qui a précédé les élections législatives de décembre 1991, tout y passe.

Et si le général Khaled Nezzar, qui était ministre de la Défense au moment des faits, a l’habitude d’assumer ou d’expliquer une partie des faits, l’intrusion du général Mohamed Betchine, qui n’était pourtant pas acteur direct à ce moment-là, veut rajouter une couche à cette polémique qui n’en finit pas d’évoquer d’autres acteurs beaucoup moins loquaces. C’est le cas de Mouloud Hamrouche que le général Nezzar accuse d’être derrière les brutalités qui ont suivi la grève du Fis-dissous en 1991.

Dans ce capharnaüm que « les moins de 20 ans» ne comprennent pas forcément, des questions légitimes se posent. Il s’agit surtout de savoir ce qui motive tout ce beau monde à s’inviter aujourd’hui à une scène où il n’est pas dit qu’ils sont forcément des acteurs de premier plan. Leurs réputations étant faites depuis longtemps, les généraux Nezzar et Betchine ou encore Ali Haroun semblent des joueurs qui évoluent plutôt pour d’autres équipes qui tirent les ficelles derrière les rideaux. Car, personne n’ignore que dans les coulisses du pouvoir se jouent des duels ou des combats encore plus acharnés entre des acteurs qui se battent à couteaux tirés en vue d’acquérir une place dans la course à la succession qui se prépare.

Il est vrai que Abdelaziz Bouteflika, même diminué physiquement, reste présent au cœur du débat politique. Mais, sauf coup de théâtre, le projet de la révision constitutionnelle est le dernier projet politique que son régime est en mesure d’offrir actuellement. Ce qui pousse des cavaliers embusqués à monter sur leurs chevaux et attendre le signal pour la course finale. Et ironie de l’histoire, 24 ans après l’arrêt du processus électoral — synonyme du début officiel de la décennie noire et sanglante —, ce sont encore des militaires de cette époque qu’on croyait lointaine qui font le débat. Ce qui signifie que le pays n’est toujours pas guéri de ses anciennes blessures malgré l’inscription de la « réconciliation nationale» dans le projet de révision constitutionnelle. Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé Que cache la polémique ?
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair