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Quand un courant idéologique fait du chantage à l’Etat

Publié le 20/06/2016, par dans Non classé.

Les attaques des milieux conservateurs contre la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, qui incarne un peu cette volonté de redonner à l’école algérienne ses lettres de noblesse, sont symptomatiques d’une guerre d’usure livrée par un courant de pensée bien installé dans les rouages du système scolaire depuis des décennies.
L’examen partiel du baccalauréat se déroule depuis hier sous un embargo draconien sur les nouvelles technologies de la communication, notamment les réseaux sociaux. La mesure a certainement perturbé le fonctionnement des administrations publiques, le secteur économique et financier, mais il faut dire que le gouvernement n’avait pas d’autre choix pour sécuriser un examen dont les épreuves avaient fait l’objet de fuites massives. Le baccalauréat est devenu une affaire d’Etat.

Et une éventuelle récidive aurait des incidences incalculables sur la crédibilité de l’examen lui-même et sur celle d’un pays incapable de sécuriser le déroulement d’un examen aussi important que le bac. Mais s’il faut revoir certaines questions d’ordre technique pour éviter, dans les prochaines années, la fuite des sujets, les problèmes que vient de connaître la session 2015-2016 du baccalauréat ont fait remonter à la surface un problème beaucoup plus compliqué, vieux comme la naissance de l’Etat algérien.

La fraude et les irrégularités qu’a connues l’examen du bac sont loin d’être une simple, indigne et vulgaire tricherie, mais bien plus : un plan, une stratégie et un vrai sabotage visant à maintenir l’école algérienne dans la médiocrité et l’archaïsme. L’éducation de nos enfants est un enjeu qui dérange au plus haut point les tenants du baâthisme et de l’islamisme, au point de livrer une guerre sans merci contre la ministre du secteur, Nouria Benghebrit, et les réformes qu’elle entend introduire dans le système éducatif pour remédier à une école qui ne cesse de produire de l’échec.

Regardons un peu les résultats du BEM qui a enregistré, cette année, un taux d’échec assez important, même s’il y a une légère amélioration du score par rapport à l’an dernier avec 54% de réussite. Excellents en éducation religieuse, en langue arabe et en éducation civique, les lauréats ont majoritairement été médiocres dans les matières scientifiques, les mathématiques, la physique et les langues étrangères. L’échec est là. Et les effets néfastes de l’archaïsme seront encore difficiles à surmonter avec un courant qui semble étendre ses tentacules dans le système éducatif jusqu’à menacer la sécurité de l’Etat.

Empêchant toute réforme de l’école, les forces qui tirent le pays vers le bas et vers la régression ont fini par gagner le pari de la médiocrité en réussissant la destruction de l’école algérienne, l’école des Algériens, car pour leurs enfants, les tenants de l’archaïsme en ont choisi une autre, celle qui dispense un bon enseignement, ouverte sur l’universalité et qui prépare pour les métiers du futur et le monde de demain.

Ce sont les représentants les mieux nantis et les plus zélés de l’islamo-baâthisme qui se bousculent au Lycée français ou dans les établissements privés pour y scolariser leurs enfants avant de les envoyer poursuivre leur cursus universitaire dans les facultés françaises, britanniques belges, etc. Ce sont eux qu’on retrouve au premier rang des défenseurs acharnés de l’arabisme d’une école renfermée sur elle-même, irrationnelle et à la traîne du progrès humain.

Les attaques des milieux conservateurs contre Mme Benghebrit, qui incarne cette volonté de redonner à l’école algérienne ses lettres de noblesse, sont symptomatiques d’une guerre d’usure livrée par un courant de pensée bien installé dans les rouages du système scolaire depuis des décennies. Mais plus qu’une bataille idéologique, le système éducatif algérien semble toujours avoir été au centre d’une bataille de pouvoir : une école moderne et performante pour la progéniture d’une nomenklatura rétrograde et archaïque et une école délabrée pour les enfants de la plèbe.

Au Maroc, après plus de 30 ans d’arabisation, la langue française reviendra dans les filières scientifiques (sciences naturelles, physique et mathématiques) à partir de la prochaine année scolaire 2016-2017. Plus qu’un frein pour le développement du pays, les forces islamo-baâthiste représentent un véritable danger pour la pérennité de la nation. Elles sont en guerre contre les réformes et veulent à tout prix la tête de celle qui les mène, la ministre de l’Education nationale.
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