formats

Quand l’état s’en mêle à Béjaïa

Publié le 20/04/2016, par dans Non classé.

20 Avril officiel versus 20 Avril citoyen. C’est ainsi qu’on peut décrire l’ambiance qui rythme la commémoration du 36e anniversaire du Printemps berbère d’Avril 1980 à Béjaïa.
De part et d’autre, de riches programmes sont concoctés, sauf que les objectifs ne sont pas les mêmes. Du côté officiel, l’implication de l’Etat dans la célébration de cette date est placée sous le signe de « l’unité nationale». C’est dans cette optique que le ministre de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould Ali, en visite de deux jours dans la wilaya, a donné, hier place Saïd Mekbel, le coup de starter du Festival de la chanson patriotique amazighe. Sur place, le ministre s’est recueilli à la mémoire des victimes du Printemps noir, qualifiant les événements de 2001 comme faisant partie de « l’histoire douloureuse du pays».

Affirmant que de « tels événements ne doivent plus se reproduire», le ministre a déclaré dans la foulée : « Les jeunes doivent défendre leur pays contre ce que nos voisins endurent aujourd’hui», avant d’appeler les autorités locales à « œuvrer pour aider les jeunes à s’émanciper et la région à se développer». El Hadi Ould Ali s’est ensuite rendu au complexe sportif de l’Unité maghrébine (OPOW) pour procéder à l’inauguration de la réplique du stade de Béjaïa, où il devait suivre plus tard le match MOB-Zamalek.

Le Festival du chant patriotique amazigh étrenné en fanfare est une manifestation qui touche les 52 communes de la wilaya de Béjaïa, a indiqué un responsable de la DJS. Pendant deux jours, le 19 et le 20, du chant, rien que du chant et point de référence à l’historique des événements ayant été à l’origine du 20 Avril 1980. Pas une seule conférence est au programme. C’est le cas aussi de la Maison de la culture et des comités des fêtes, où le folklore est mis au-devant de la scène des activités concoctées.

Du côté de la société civile, les programmes commémoratifs ne dérogent pas à la tradition et se veulent conformes à l’esprit du 20 Avril en même temps qu’une riposte à la célébration officielle. Marches, galas, expositions, chronologies, témoignages, conférences sont au menu. Le RCD a appelé à une marche citoyenne, aujourd’hui, qui s’ébranlera à 10h30 de l’esplanade de la maison de la culture Taos Amrouche en direction de la place Saïd Mekbel.

Cette marche aura comme slogans : « Pour l’officialisation effective de tamazight», « Pour la levée des interdictions sur toutes les libertés démocratiques», « Pour le maintien des projets socioéconomiques programmés». Le chef du bureau de Béjaïa du RCD, Mouloud Deboub, a déclaré à travers un communiqué : « Nous refusons que le pouvoir accapare les espaces d’expression chèrement acquis par le sacrifice des différentes générations.» Le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) a choisi le campus de Targa Ouzemmour comme point de départ de la marche à laquelle il a appelé pour « L’indépendance de la Kabylie» et « Pour une Kabylie laïque».

A l’université, plusieurs conférences sont prévues, tandis que d’autres ont déjà eu lieu malgré leur interdiction par l’administration. A la résidence universitaire Aamriw, une table ronde est programmée sur la thématique du Printemps berbère avec des acteurs politiques de différentes obédiences. Le 24 avril, l’ex-président du RCD, Saïd Sadi, est attendu au campus Targa Ouzemmour pour donner une conférence. D’après un étudiant, organisateur de cette activité, le docteur Sadi a déjà répondu favorablement à cette invitation. A cela, il faut ajouter les programmes commémoratifs prévus dans plusieurs communes de la wilaya de Béjaïa. Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé Quand l’état s’en mêle à Béjaïa
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair