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Quand l’austérité touche l’école

Publié le 06/09/2017, par dans Non classé.

La réunion organisée lundi par la ministre de l’Education nationale avec les partenaires sociaux a été l’occasion de reparler des problèmes qui attendent le secteur pour la rentrée, surtout dans un contexte marqué par l’austérité budgétaire.
Parmi les problèmes récurrents auxquels seront confrontés cette année encore les établissements scolaires figure la surcharge des classes. Il y aurait ainsi un taux de surcharge de 5,73%, avec en tête les wilayas d’Oran, Boumerdès, et Alger (direction Alger-Est). « Le problème de la surcharge des classes s’accentuera dans l’avenir, vu le taux de natalité qui explose. S’il n’y a pas de solution, ce sera l’asphyxie», met en garde le président du Snapest, Meziane Meriane.

Pour Boualem Amoura, président du Satef, cette situation s’explique par l’absence de planification de l’Etat. « Des écoles ne sont pas livrées depuis 10 ans, alors que des directions de wilaya sont construites en un temps record. Il y a aussi ces cités d’habitation qui sont livrées sans infrastructure scolaire», s’étonne-t-il. Mettant en garde contre l’immobilisme de l’Exécutif, surtout dans un contexte de crise marqué par l’austérité due à la chute des prix du pétrole, M.

Meriane assure que la solution est dans le recrutement des enseignants. « Il n’y a pas suffisamment d’enseignants actuellement et les élèves se retrouvent à 50 par classe avec un seul enseignant, alors qu’ils auraient pu être répartis dans plusieurs classes. Il y a un manque, sans exagérer, de plus de 15 000 postes tous paliers confondus», signale le président du Snapest qui plaide pour l’ouverture de nouveaux postes budgétaires. Les partenaires de Mme Benghabrit sont revenus sur la question des départs massifs à la retraite provoqués par l’annonce de l’abrogation de l’ordonnance 97-13 instituant le départ à la retraite sans condition d’âge. La tutelle refuserait les demandes de désistement.

« Le secrétaire général du ministère, chargé par la ministre du dossier, a assuré qu’il n’y aura pas de possibilité de désistement. Il y a les travailleurs dont le Caisse nationale des retraites (CNR) a accepté les dossiers, mais il y a aussi ceux qui ont déposé leurs dossiers et passé avec succès leurs concours pour les promotions internes. Ces cas ne pourront plus revenir faute de postes budgétaires», rapporte le président de l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE), Khaled Ahmed.

Autre problème : l’indisponibilité des livres scolaires. La responsabilité en est imputée, entre autres, aux directeurs de l’éducation (DE). « Il est intolérable qu’un tel problème se pose à chaque rentrée. Il faudra sanctionner les responsables. Certaines académies sont devenues des propriétés privées. Des enseignants sont sanctionnés sans raison valable et des logements sont distribués selon des critères clientélistes», enrage M. Meriane, qui affirme que la ministre, interpellée, « a pris note».

Pour M. Amoura, ces mêmes DE transmettent des « rapports biaisés» à leur tutelle. « De fausses informations remontent à la ministre sur, par exemple, la carte scolaire et la disponibilité des enseignants. A chaque début d’année, des écoles ne sont pas pourvues d’enseignants. C’est une honte», s’indigne le président du Satef. Pour le porte-parole du CELA, Idir Achour, des mesures annoncées par le ministère ne sont pas appliquées par les DE. « Nous avons dénoncé la gestion locale du secteur. Des mesures prises au niveau central ne sont pas appliquées», s’offusque-t-il. La ministre de l’Education a annoncé des réunions bilatérales avec chaque syndicat. « Il y en aura probablement une ce trimestre», signale M. Amoura.

Des dérogations et des promotions au profit du personnel

La ministre de l’Education nationale a annoncé, lundi, la régularisation de la situation de 668 enseignants et la promotion de 2507 employés dans le secteur de l’éducation à des postes supérieurs. Il s’agit de « la régularisation de la situation de certains grades de l’éducation en suspens, qui touchent 668 enseignants, et la régularisation de la question de la médecine du travail en application de la circulaire interministérielle de 2015 permettant aux médecins d’occuper des postes renforçant la médecine du travail au secteur de l’éducation, outre la promotion de 2507 employés, tels que les chauffeurs et les gardiens (corps communs, ndlr)», a annoncé Mme Benghabrit dans une allocution lors d’une rencontre avec les partenaires sociaux.

La ministre a indiqué que « la dérogation octroyée par la Fonction publique aux employés administratifs et pédagogues, permettant l’exploitation des listes de réserve, a été obtenue en coordination avec le Premier ministre». Idir Achour, porte-parole du CELA, réclame d’autres dérogations, puisque « ces opérations, en faveur des corps communs et autres, sont utiles mais restent insuffisantes».
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