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Quand l’argent du pétrole profite à la nomenklatura

Publié le 27/07/2016, par dans Non classé.

Après l’américain New York Times, le journal français Le Monde s’empare du dossier Farid Bedjaoui et Chakib Khelil.
Sous le titre : « Comment l’élite algérienne a détourné l’argent du pétrole», l’édition d’hier du Monde reprend les détails des révélations du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les Panama Papers ou les fuites de documents du cabinet panaméen Mossack Fonseca spécialisé dans la création de sociétés offshore.

« Le rôle d’intermédiaire joué par Farid Bedjaoui dans le schéma corruptif (…) aurait été imposé à Saipem par le ministre Khelil (…). Les magistrats algériens ont identifié des versements qui ont profité à Najat Arafat, épouse de Chakib Khelil», souligne Le Monde en citant une notification du Tribunal pénal fédéral suisse datant du 14 janvier 2015.

« En 2013, ‘‘Docteur Khelil », comme aiment l’appeler ses collaborateurs au ministère de l’Energie et à Sonatrach, a été brièvement placé par Interpol sur la liste des personnes recherchées avant que le mandat d’arrêt émis à son encontre par le parquet d’Alger ne soit frappé de nullité. Réfugié aux Etats-Unis, il est revenu triomphalement en Algérie en 2016. Joint par téléphone, Chakib Khelil a indiqué qu’il n’avait pas le temps de parler de ce sujet», indique le journal français.

Une myriade de sociétés offshore créées pour servir de lessiveuses à l’argent du pétrole détourné et dont sa femme et son fils ont été directement bénéficiaires. Omar Habour, l’homme d’affaires franco-algérien, et dont le nom a déjà figuré dans les précédentes livraisons des Panama Papers comme principal gestionnaire des compagnies offshore liées à Najat Arafat, l’épouse de Chakib Khelil, représente avec Farid Bedjaoui l’axe des opérations de blanchiment d’argent.

« Il disposait de mandats sur six compagnies offshore créées par Mossack Fonseca à travers Ludovic Guignet, dont certaines ont changé de main entre-temps pour bénéficier notamment à l’épouse de Chakib Khelil, Najat Arafat, à la fille de Abdelmalek Sellal, Rym», souligne l’article en notant que cette dernière est l’ayant droit de la société Teampart Capital Holdings Limited (TCH) créée par Omar Habour. Najat Arafat disposait, quant à elle, de deux sociétés offshore servant de paravent à des comptes bancaires en Suisse.

C’est ce même Omar Habour, qui sera à l’origine de la rencontre de Farid Bedjaoui, travaillant alors dans le négoce alimentaire, avec le ministre Chakib Khelil qui le considérera plus tard « comme un fils», selon un témoin dans l’affaire Saipem. Habour et Bedjaoui recourent au même agent fiduciaire basé en Suisse, Ludovic Guignet, qui leur permettra le tissage de la toile de sociétés offshore domiciliées dans les îles Vierges britanniques et ailleurs.

« Des montages financiers qui permettent une redistribution des actifs à près d’une dizaine de membres de la famille de Bedjaoui, d’amis et associés de ce réseau offshore : son épouse libanaise Rania Dalloul, son beau-frère Ziad Dalloul, l’épouse du ministre de l’Energie Chakib Khelil, Najat Arafat, et son fils Khaldoun, la fille de l’actuel Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal, Rym, l’homme d’affaires franco-algérien Omar Habour, et le directeur des opérations de Saipem, l’Italien Pietro Varone, ainsi que son épouse», précise l’ICIJ.

C’est la société-écran Collingdale Consultant Inc. qui gérait un patrimoine de 15 millions de dollars qui a bénéficié au fils cadet de Khelil, Khaldoun, et à Régina Picano, épouse de Pietro Varone, ancien directeur des opérations à Saipem. Avec l’argent du pétrole algérien détourné, les Bedjaoui et leurs associés mènent une vie de pachas. « Désormais, Farid Bedjaoui et son mode de vie princier sont devenus emblématiques d’une élite algérienne corrompue et cela alors que l’Algérie, qui souffre aujourd’hui de la chute des cours du pétrole, aurait perdu chaque année entre 2004 et 2013, selon l’ONG Global Financial Integrity, près de 1,5 milliard de dollars de recettes en raison de l’évasion fiscale, de la corruption et du vol de ressources publiques», note Le Monde.

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