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Quand la culture de l’assurance fait défaut

Publié le 21/07/2017, par dans Non classé.

Comme chaque été, les incendies sont déclenchés dans pratiquement les mêmes zones. Cette année encore, des pertes considérables sont enregistrées. Les indemnisations sont, encore une fois, puisées du Trésor public. A quand une vraie culture de l’assurance ?
Lundi : décision du président Bouteflika d’indemniser toutes les victimes des incendies déclenchés dans 17 wilayas. Mardi : décision du ministre de l’Agriculture de compenser les pertes du secteur agricole. Les ministres se sont succédé pour rendre publiques de « bonnes nouvelles» aux habitants, particulièrement ceux de Tizi Ouzou où les dégâts étaient plus importants que les autres régions, mais surtout où la population a dénoncé l’absence de l’Etat au moment des faits.

Même si les pouvoirs publics n’ont fait que leur mission et assumer leurs responsabilités, n’est-il pas temps aujourd’hui de se pencher sérieusement sur le volet assurances agricole, élevage et habitation ? Même si tous les risques ne sont pas assurables, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit de la meilleure manière de réduire l’assistanat de l’Etat et de ne plus puiser dans le Trésor public, sauf en cas de catastrophe.

Aucune compagnie d’assurance n’a contredit cet état de fait, mais surtout elles se défendent. La culture de l’assurance ne s’instaure pas du jour au lendemain, c’est d’ailleurs l’avis de M. Benbouabdellah du Conseil national des assurances (CNA), qui explique que celle-ci se « cultive».

Un long processus, certes, mais le CNA se défend : la culture de l’assurance n’est pas inexistante, heureusement, elle a encore des marges importantes d’ancrage. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche l’a d’ailleurs relevé à Tizi Ouzou : « La culture de l’assurance ne devrait pas être négligée par nos concitoyens afin qu’ils puissent être indemnisés par des sociétés d’assurances et que cette démarche devrait être au cœur de l’activité agricole et de son développement.» Des paroles qui ne sont pas forcément jointes d’actes.

Chiffre d’affaires

Statistiquement, le CNA a signé 467 contrats pour des assurances incendie et multirisques agricoles au 1er trimestre 2017. Mais c’est surtout les assurances des productions végétales et animales qui intéressent le plus les agriculteurs avec 2482 et 1717 contrats chacune. Pour l’année 2016, l’assurance contre les incendies et les multirisques agricoles représentait 3771 contrats. Au total, 449 800 contrats ont été signés entre les différentes compagnies d’assurance et les agriculteurs toutes catégories confondues, toujours selon les données du CNA. Au 31 décembre 2016, la production du secteur des assurances agricoles de dommages était de 3,2% du chiffre d’affaires global.

On note moins de 10,3% par rapport à 2015, selon les statistiques de Conseil national des assurances. La production végétale était de moins de 17,7% et animale de moins de 9,6%. Pour cette année, le taux d’indemnisation des sinistres de la part de la CNMA (Caisse nationale des mutuelles agricoles) s’élève à 7 milliards de dinars, dont le plus grand pourcentage pour les sinistres agricoles : principalement dus aux intempéries, risques climatiques, grêle, vents.

Pour la même compagnie, le taux de pénétration des assurances agricoles est de l’ordre de 18% durant le 1er semestre 2016, en nette évolution par rapport aux exercices antérieurs qui n’ont évolué que de 8%. Il faut aussi signaler que la SAA, par exemple, précise que dans l’agriculture de montagne la seule couverture disponible est contre la grêle.

Les risques d’incendies des arabes fruitiers et forestiers ne sont pas couverts pas les assurances, explique Djabarra Djame Eddine, chef de la division grands risques à la SAA. Autrement dit, contrairement à la récolte céréale couverte par les assurances, pour les arabes de montagne, comme l’olivier par exemple, il n’existe pas de produit d’assurance. Techniquement, même si certaines compagnies d’assurance réfléchissent à une option d’offrir cette possibilité aux agriculteurs, toutes les conditions doivent être réunies.

C’est-à-dire, on ne peut pas, selon Djebara, assurer un champ d’oliviers s’il n’y a pas de sources d’eau, des couloirs et que le défrichage n’est pas effectué. Plus simplement, il faut que les circonstances aggravantes soient supprimées, et il s’agit d’un principe d’assureur. Ce qui s’est passé dans les 17 wilayas est l’équivalant d’une « catastrophe», et même si les biens étaient assurés, les pouvoirs publics seraient dans l’obligation de compenser certains dégâts, explique encore Djebara.

Cheptel

La SAA affirme aussi que concernant ces derniers incendies, les personnes ayant assuré leur cheptel ne se sont pas manifestées. Ce qui peut signifier que les victimes ne seraient pas assurées, puisque généralement il s’agit d’un petit élevage familial. Car, il est à savoir que pour bénéficier d’une assurance élevage, il faut avoir un agrément sanitaire pour cette activité, or ce n’est pas toujours le cas dans certains localités de la Kabylie. La Saa en est consciente, mais… « c’est tout le problème de l’activité de l’élevage familial, les personnes refusent de s’assurer», se désole Djebarra.

Pour sa part, la CNMA lance un pack assurance qui englobe plusieurs garanties. Un nouveau produit d’assurance destiné aux petits agriculteurs, éleveurs et femmes rurales : le pack assurance confiance « Taamine El Thika». Il couvre les petits agriculteurs et les petits éleveurs contre les risques liés à leur vie sociale, tant dans le milieu professionnel que domestique (décès, invalidité, retraite et responsabilité civile), contre les risques liés aux moyens de production (bâtiments d’exploitation…) et contre ceux liés à des phénomènes climatiques et sanitaires qui peuvent affecter leur production agricole.

A travers cette couverture d’assurance, la CNMA se propose d’offrir une protection appropriée et à moindre coût aux petits agriculteurs à travers un produit d’assurance sous forme de package englobant plusieurs garanties et qui couvrirait l’agriculteur dans son exploitation, dans son habitation ainsi qu’au sein de sa famille.

Un produit qui répondrait aux besoins d’une population souvent mise en marge, du fait qu’elle ne puisse accéder à un système classique de couverture assurantielle. Le chef de la division grands risques à la SAA essaye de convaincre en expliquant que l’assurance est chère avant la survenue d’un sinistre. Exemple : pour assurer une vache d’une valeur de 300 000 DA, l’assurance à payer varie entre 8000 à 15 000 Da.

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