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Quand des associations religieuses encadrent la petite enfance

Publié le 10/01/2016, par dans Non classé.

Des enfants en bas âge sont en danger. Les structures d’accueil de la petite enfance ne répondent pas aux normes minimum.
Des inspections menées par les services de sécurité ont permis de découvrir le pot-aux-roses : sous couvert d’activités religieuses, des associations ont transformé leurs locaux en garderies. Ne disposant pas de l’agrément des services de la DAS, ces associations n’offrent pas les conditions d’accueil permettant l’épanouissement des enfants.

Une antenne de l’Association des oulémas musulmans algériens (AOMA) d’une commune de la périphérie de la capitale (Bouzaréah) accueillait des enfants dans des conditions déplorables : absence d’hygiène, espaces exigus, mobilier presque inexistant. « Les enfants dormaient serrés à plusieurs dans des locaux exigus. Les sanitaires sont inexistants», déplore une source sécuritaire qui affirme avoir été étonnée de découvrir l’étendue du phénomène favorisé par le « piston».

A Blida, des salles d’associations, devant servir pour des activités ludiques ou partisanes, font office de garderies. « Il y a à peine une dizaine de crèches qui accueillent correctement les enfants. Alors, des associations religieuses rattachées à des partis politiques offrent leurs services en ouvrant des locaux sans exiger de fortes sommes, comme le feraient des crèches réglementées.

C’est devenu la règle dans la wilaya et les garderies réglementaires, donc soumises au contrôle, sont l’exception. Les autorités sont permissives. Elles ne voudraient pas paraître contre la religion», déplore Khaled Litam, père de deux enfants en bas âge (2 et 4 ans). Selon ce cadre d’une entreprise privée, son fils aîné s’est fait violemment frapper par son  » maître», dans cette garderie, en fait tout juste un garage aménagé par une association dans la banlieue proche de la ville des Roses.

Un décret pour le premier trimestre ?

Dépassées, les autorités, quand elles découvrent ce genre d’infractions, sévissent, mais sans pouvoir enrayer cette tendance d’ouverture de crèches clandestines. Des centaines de garderies fonctionnent au noir. Raison de cette poussée : le déficit énorme en crèche. Selon des données du ministère de la Solidarité, un recensement établi à fin 2014 fait état de l’existence de 1600 crèches agréées. Entre 2014 et 2015, plus de 100 garderies ont été fermées.

« A raison de 80 enfants par crèche, on estime ce manque à 55 000 établissements», a indiqué Habiba Keddar, directrice de la protection et de la promotion de l’enfance et de l’adolescence et des programmes de solidarité envers les jeunes au ministère de la Solidarité nationale, lors d’une rencontre de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem).

Les autorités comptent réviser le décret n°80-287 du 17 septembre 2008 qui fixe les conditions de création, d’organisation, de fonctionnement et de contrôle des établissements et centres d’accueil de la petite enfance que le ministère s’attelle à réviser. « Le décret est en cours de révision. Il sera éventuellement prêt durant le 1er trimestre 2016.

Ce texte prendra en charge plusieurs aspects, tels que les conditions d’ouverture, les diplômes exigés et la formation que devront acquérir les éducatrices. Celle-ci pourrait être prise en charge, par exemple, par des CFPA. L’ouverture des espaces d’accueil de la petite enfance est très stricte. Nous étudions l’éventualité de permettre à certaines catégories de pouvoir exercer la profession sans porter atteinte à l’intégrité physique et mentale de la petite enfance», a indiqué la DAS de la wilaya d’Alger, Mme Maiouche, qui signale la fermeture d’une dizaine de crèches après des inspections menées en décembre dernier. Lire la suite

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