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Quand Bouteflika a le beau rôle

Publié le 21/05/2018, par dans Non classé.

Le chef de l’Etat semble compenser son absence sur la scène publique par la multiplication de directives et de décisions d’annulation de mesures prises par le gouvernement dans tel ou tel secteur.
Depuis quelques mois, on entend beaucoup parler des interventions du président Bouteflika pour « recadrer» l’action du gouvernement, y apporter des correctifs, répondre à une demande de la rue, annuler des mesures ou en prendre d’autres. En décembre dernier, le président Bouteflika avait pris à contre-pied tout le monde, y compris son gouvernement, en consacrant Yennayer fête nationale.

Le chef de l’Etat a d’ailleurs précisé dans le communiqué du Conseil des ministres du 27 décembre, qu’il avait pris cette décision en se référant « à l’expression, ces derniers jours, dans certaines wilayas du pays, de revendications sur l’enseignement de tamazight». Le chef de l’Etat a donc tenu à assurer qu’il avait répondu à une revendication portée par les manifestants en Kabylie en faveur de la généralisation de l’enseignement de tamazight.

On se souvient aussi de l’effet qu’a produit la directive que le président Bouteflika avait adressée, en janvier dernier, au Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et à tous les membres du gouvernement, relative à la charte pour le partenariat public-privé. Après une polémique et une opposition à cette charte, vivement exprimées notamment par le secrétaire général du FLN, le chef de l’Etat est intervenu pour, dit-on, corriger la trajectoire réformiste du gouvernement en soumettant toute opération d’ouverture de capital des EPE à son accord préalable.

Par cette directive, à travers laquelle il envoie un message à l’opinion publique, selon lequel il est, malgré sa maladie, le « garant» des intérêts de la nation ou le vigile qui guette le moindre débordement du gouvernement, le chef de l’Etat assène un coup dur à son Premier ministre, qui entamait avec assurance les réformes économiques, telles que contenues dans le plan d’action voté par le Parlement.

Aussi, tout récemment, des rumeurs répercutées par des supports médiatiques faisaient état de la « colère» du chef de l’Etat contre son Premier ministre, en raison des « taxes élevées» prévues dans le projet de loi de finances complémentaire. On fait circuler le bruit que c’est le chef de l’Etat qui a annulé, lors du dernier conseil du gouvernement, tenu par le Premier ministre, l’article autorisant les investisseurs étrangers à bénéficier de concessions agricoles.

Par un « jeu» médiatique, on fait jouer au président Bouteflika le beau rôle en mettant sur le dos de son Premier ministre toutes les décisions impopulaires ou controversées. Ainsi donc, le président Bouteflika est présenté comme le protecteur de l’économie et des richesses du pays. Cela tout en diabolisant son gouvernement, particulièrement son Premier ministre.

Le chef de l’Etat semble ainsi compenser son absence sur la scène publique par la multiplication de directives et de décisions d’annulation de mesures prises par le gouvernement dans tel ou tel domaine. Une façon de faire qui donne le sentiment d’un pays instable, fragile et sans véritable gouvernail. Lire la suite

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