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Prtrait : «Je cherche du travail pour rembourser mon prêt»

Publié le 13/05/2017, par dans Non classé.

En 2009, après avoir occupé plusieurs fonctions dans une agence de publicité, Nora Feradji décide de se mettre à son compte. C’est le salaire peu motivant qui anime son envie de lancer sa propre affaire. « Je n’avais pas les moyens d’entreprendre par mes propres moyens, alors j’ai tenté l’Ansej», indique-t-elle.
En 2009, elle monte un dossier pour créer une boîte de communication dans la wilaya de Bouira. « J’ai dû emprunter pour payer une année de loyer, c’est dire à quel point je croyais en ce projet», confie-t-elle. Un peu plus d’une année plus tard, l’Ansej finance son projet à hauteur de 170 000 DA pour l’achat d’un véhicule et du mobilier. Motivée, elle s’installe dans son nouveau bureau et recrute deux personnes par le biais de l’ANEM. A peine quelques semaines d’activité ont suffi pour qu’elle se heurte à la difficulté de décrocher des marchés.

« C’était une catastrophe, j’ai subi beaucoup de pression en tant que femme…», lâche-t-elle, dépitée. « On me demandait sans cesse des faveurs, sans quoi je ne pouvais espérer décrocher le marché», poursuit-elle. Nora s’est très vite retrouvée en difficulté et a dû affronter la réalité : son business plan se heurte à une réalité qu’elle avait mal mesurée.

« J’ai eu en plus des soucis de santé», confie-t-elle encore. Dans un premier temps, la jeune trentenaire reste passive, espérant un déclic salvateur qui viendrait « de je ne sais où !». Mais en vain. « J’ai vivoté pendant deux longues années avant de recevoir en 2012 un premier courrier de l’Agence me sommant d’entamer le remboursement de mon crédit.» Nora se laisse tout de suite dépasser par la panique et prend peur.

Elle ne répond pas au courrier, espérant gagner du temps et pouvoir relancer son affaire. Elle décide de mettre fin aux contrats qui la lient à ses deux employés et ferme boutique. Trois années de déprime commencent. « J’ai mis du temps pour accepter cet échec.» Lorsqu’une microentreprise financée se retrouve en situation d’échec, le fonds de garantie indemnise la banque à hauteur de 70%, et ce, après constat de trois échéances semestrielles impayées.

Au 31 décembre 2016, 35 761 dossiers d’indemnisation ont été déposés au fonds de garantie. Nora n’en faisait pas partie. Et pour cause, elle ignorait totalement l’existence de ce fonds et encore moins les modalités d’inscription pour en bénéficier. Elle se demande pourquoi personne ne l’a informée de son existence, puis réplique : « De toutes façons, c’est trop tard, j’ai commencé à payer ! » Epuisée par les huissiers et les convocations, sa famille décide de s’impliquer. « Mon frère a payé 600 000 DA l’an dernier. Et il m’en reste autant à payer aujourd’hui.» Huit ans après l’obtention de son financement, Nora cherche du travail pour rembourser son prêt.
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