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Protection de l’enfant : Le tableau noir du réseau Nada

Publié le 20/11/2016, par dans Non classé.

Le réseau Nada dresse un tableau « très négatif» de la situation de l’enfance en Algérie.
Invité au forum d’El Moudjahid, le président du réseau de protection et de défense des droits de l’enfant, Abderrahmane Arar, constate que « la violence touche toutes les catégories vulnérables, au sein de la famille, à l’intérieur ou dehors, et même à l’école». « Malgré les mesures prises, la situation concerne les enfants nés hors mariage ou insérés dans le cadre de la kafala. La violence a atteint des seuils intolérables», s’indigne l’invité du forum organisé à la veille de la Journée mondiale de défense et de promotion des droits de l’enfant, célébrée le 20 novembre de chaque année.

L’Algérie a ratifié plusieurs instruments internationaux et régionaux en lien avec les droits de l’enfant, à l’instar de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) (19 décembre 1992). Un Plan national d’action (PNA, 2008-2015) en faveur des enfants est présenté au Comité international des droits de l’enfant (CIDE) chargé du suivi de l’application du traité. En juillet 2015, un code de protection de l’enfant est mis en place et adopté, suivi par l’installation, en juin dernier par le chef du gouvernement, d’une déléguée nationale. Faisant siennes les réserves formulées par le CIDE en 2012 (94), M. Arar regrette le retard dans « l’application totale» de la loi sur la protection de l’enfant de 2015. « Il y a 13 décrets exécutifs de la loi qui ne sont pas adoptés aujourd’hui. Il y a des lourdeurs dans la machine. Il y a nécessité pour la chefferie du gouvernement d’accélérer l’adoption de ces textes pour faire face à la situation des enfants en danger moral, et ceux en conflit avec la loi», estime le conférencier.

Malgré l’adoption de plusieurs mécanismes juridiques de protection des enfants, le réseau Nada constate la persistance de la violence contre cette catégorie vulnérable de la société. De 11 000 à 13 000 enfants sont ainsi présentés devant le parquet chaque année pour différents délits. Quelque 500 000 enfants ne sont pas scolarisés en raison de conflits familiaux, pour absence d’enregistrement des enfants à l’état civil, par la persistance des mariages coutumiers. « Il y a le cas récent de cet enfant de 11 ans qui a subi des violences sexuelles de la part d’adolescents de 16 et 17 ans dans une forêt. Les agresseurs filmaient l’enfant qui a fini par reconnaître les sévices. Il y a aussi ce père qui violait sa fille qu’il a eu au noir ou ce père qui violentait sa fille après le divorce (khol’) avec sa femme», relève le président de Nada. M. Arar estime que l’Algérie accuse « un retard pour atteindre les standards internationaux».

« Il y a la gratuité des soins, mais la qualité ne suit pas. Il n’y a pas d’hôpital spécialisé dans les soins pour les enfants, qui continuent d’être soignés avec des adultes. Il y a un manque terrible de loisirs. Il y a de nouvelles cités sans équipements d’accompagnement. Si on veut régler le problème de la violence, il faut des structures de loisirs», estime le conférencier. Tout comme CIDE, le réseau Nada recommande des mesures spécifiques pour protéger les enfants nés hors mariage et leurs mères, le suivi rigoureux du mécanisme de la kafala par l’attribution du nom, le partage des responsabilités parentales et des conséquences du décès du gardien. Selon le réseau, l’Algérie a enregistré des progrès « remarquables» en matière de protection des enfants, mais il reste à noter des faiblesses, d’où la nécessité d’évaluer le Plan national d’action (PNA) en faveur des enfants et la mise en place d’un nouveau document pour la période 2016-2021, ainsi que d’une stratégie contre les violences, y compris sexuelles.

Le réseau exige la mise en place d’une loi sur le signalement et l’alerte pour son élargissement et d’une loi sur les demandeurs d’asile et les réfugiés.

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