formats

Projet de loi de finances 2017 : Absence de débat à l’APN

Publié le 16/11/2016, par dans Non classé.

Les députés, ceux de la majorité en particulier, ont boudé les débats ouverts depuis deux jours à l’APN, sur le projet de loi de finances 2017.
C’est dans un hémicycle quasiment vide que se sont poursuivis, hier, au deuxième jour, les débats autour du projet de loi de finances 2017. Plus de la moitié des membres de l’APN n’ont pas jugé utile d’assister au débat autour du plus important texte de loi du pays. Mieux, sur les 220 députés FLN (sur les 462 que compte l’APN), il n’y avait qu’une dizaine présents à cette plénière. Tout porte à croire que la situation financière du pays constitue le dernier souci de la grande majorité des députés. Le phénomène de l’absentéisme n’est certes pas à son début, mais vu la crise de légitimité et de crédibilité qui frappe cette assemblée, les députés devaient en cette fin de mandat et à l’approche les prochaines élections se rattraper auprès de leurs électeurs.

Ce ne fut pas le cas. Pourtant la nouvelle Constitution, votée à l’unanimité ou presque par les formations politiques détentrices de la grande majorité parlementaire, interdit l’absentéisme… Où est, dans ce cas, la responsabilité des partis politiques. Jamais un projet de loi de finances n’a connu un tel désintérêt. Le ton d’ailleurs a été donné lors de son traitement par la commission finances. A en croire la députée FFS Hayat Tayati Meziani, membre de la commission finances, le projet a été traité avec une légèreté inégalée.

Selon elle, seuls trois ministres ont été auditionnés par la commission finances alors que par le passé la majorité du gouvernement défilait devant la commission pour débattre du projet de loi de finances. « Seulement trois ministres, ceux de l’Education nationale, de l’Agriculture et des TIC ont été entendus par la commission dans le cadre du débat autour de la loi de finances. Est-ce que vous trouvez cette situation normale», s’est interrogée Mme Tayati, qui qualifie ce projet de replâtrage conjoncturel qui pourrait provoquer des crises politique et sociale.

Un projet suicidaire

« Nous revendiquons des réformes structurelles avec un minimum de consensus politique et une économie sociale du marché. En s’attaquant au contenu du projet de loi 2017», a ajouté Mme Tayati en critiquant les avantages offerts au patronat d’un côté et l’augmentation de la TVA qui va toucher tous les produits de consommation. « Les nouvelles taxes introduites sur le passeport, les constructions, la location, le domaine énergétique et le carburant constituent une atteinte aux acquis sociaux.

C’est carrément un suicide», observe-t-elle. De leur côté, les députés PT et de l’Alliance de l’Algérie verte (AAV) ont sévèrement critiqué l’indifférence des députés et aussi le contenu du projet, notamment le recours aux « solutions de facilité» dans la gestion de la crise financière et économique, à travers les taxes supplémentaires prévues dans le projet de loi de finances 2017, appelant à la libération de l’économie des entraves bureaucratiques et de la corruption.

Djelloul Djoudi estime que ce projet de loi constitue un danger pour la cohésion du pays, puisqu’il touche de plein fouet les couches sociales. « Au lieu d’aller vers des mesures de facilité, il faut des solutions exceptionnelles pour des mesures exceptionnelles», plaide-t-il. Du même parti, Nadia Chouitem trouve scandaleux les mesures prises par le gouvernement et pense que ce texte de loi est « inhumain», faisant référence à l’augmentation de la TVA et autres taxes. La députée s’insurge contre la « multitude de taxes» prévues par le texte de loi concomitamment avec l’arrêt de plus de 5000 projets et le gel du recrutement et des augmentations de salaires. Selon elle, le projet ne favorise nullement la croissance espérée.

Pour le parti de Louisa Hanoune, si l’Assemblée accepte que le gouvernement lui fasse adopter des mesures d’une extrême brutalité, c’est que cette APN ne peut pas être l’émanation du peuple. « Une assemblée qui se respecte doit avoir un minimum de respect envers la population. L’Exécutif est dans son rôle et le Parlement doit aussi jouer son rôle et accomplir sa mission. Malheureusement, nous ne sommes pas dans cette logique», regrette Taazibt, du PT. Notons que les débats se poursuivront aujourd’hui avec l’intervention des présidents des groupes parlementaires et la réponse du premier argentier du pays.

Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Home Non classé Projet de loi de finances 2017 : Absence de débat à l’APN
Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair