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Production de lait : Une filière dans l’impasse

Publié le 18/10/2016, par dans Non classé.

Les éleveurs ne possèdent plus l’effectif bovin qui était dans un passé récent assez important.
La filière lait n’arrive pas à décoller, et ce, en dépit d’une batterie de mesures incitatives élaborées par l’Etat. Le lait est un produit de base dans le modèle de consommation des Algériens. Décimé par l’apparition répétitive d’épidémies incontrôlées, le nombre important de vaches laitières existant auparavant au niveau des exploitations agricoles s’est réduit considérablement. Les exemples sont légion. Des éleveurs porteurs de projets ne savent plus à quel saint se vouer. La fièvre aphteuse qui s’était déclarée il y a deux ans avait fait des ravages dans des élevages, financés pour la plupart dans le cadre des dispositifs Ansej et Cnac.

Les éleveurs ne possèdent plus de grands effectifs de bovins comme ce fut le cas il y a quelques années. L’engagement pris par les pouvoirs publics de renouveler le cheptel tarde à être concrétisé. Ruinés par les maladies répétitives, échappant à tout contrôle des services sanitaires, les éleveurs sont tout bonnement dans le désarroi. La filière lait n’échappe pas à la crise générale dans laquelle se débat le secteur agricole qui, dans les années 2000, couvrait environ 30% des besoins du marché national, alors qu’actuellement il n’assure qu’à peine 20% des besoins nationaux en alimentation.

A en croire les spécialistes, cette production nationale est en réalité importée en partie, voire totalement à travers les intrants agricoles. « La problématique du lait n’échappe pas au fait que cette filière, comme toutes les autres, est entretenue, par la pression du consommateur, dans un sous-développement socioéconomique, aux dépens du Trésor public», analyse l’expert en développement Akli Moussouni, avec qui nous avons effectué une tournée à travers quelques exploitations agricoles dans la région sud de la wilaya de Bouira.

Un cheptel décimé

Les éleveurs, dans leur quasi-totalité, disposent de petits cheptels de vaches laitières qui se comptent sur les doigts d’une main, a-t-on constaté. Ce cercle infernal dans lequel s’est empêtrée cette filière est dû, en partie, à une succession de réformes « politiciennes» autour des anciennes fermes coloniales, affirme notre interlocuteur, en précisant qu’en raison du manque de rentabilité, cette filière s’est retrouvée dans l’impasse à défaut de pouvoir évoluer.

En conséquence, la vache en zone rurale tend à disparaître du paysage, tandis que les quelques cheptels plus importants continuent à résister grâce à deux éléments particuliers : l’autonomie par rapport au fourrage vert et la multiplication de la valeur ajoutée de chaque vache. Toutefois, la mise sur le marché du lait de vache frais devient de plus en plus difficile du fait de son prix exorbitant pour le consommateur et non compétitif pour les producteurs de dérivés.

« Par rapport à ces dérivés, en l’occurrence les yaourts et crèmes dessert, les fabricants se sont mis de la partie en s’impliquant à leur tour dans les dispositifs d’aides à l’emploi en important et fournissant aux agricultures des vaches pour récupérer le lait, faisant payer au consommateur l’archaïsme de la filière dans laquelle ils ont investi, au lieu de développer eux-mêmes des fermes d’élevage performantes qui auraient pu leur permettre de générer des produits trois fois moins cher, à la faveur du consommateur», analyse encore M. Moussouni. Ce dernier revient dans le détail et avec beaucoup de précision sur cette problématique et les rasions ayant contraint beaucoup d’éleveurs à abandonner leur activité.
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