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Procès Sonatrach 1 : Saipem, Funkwerk et Contel rejettent les accusations…

Publié le 12/01/2016, par dans Non classé.

Le représentant de Saipem affime que Tullio Orsi, ex-responsable du projet GK3, a quitté l’Algérie sans faire de passation de consignes. Celui de Funkwerk Plettac met l’accent sur l’importance de ses investissements en Algérie et le groupement Contel-Funkwerk se présente comme une administration qui ne fait pas de bénéfice, alors que le représentant de Contel fait perdre le fil au tribunal. Tous disent avoir agi dans la transparence et la légalité sans pour autant être convaincants.
Le procès Sonatrach 1 a repris, hier, avec l’audition des représentants des quatre sociétés, en tant que personnes morales, poursuivies toutes pour « surfacturation» et pour « corruption», à l’exception de Saipem. La première à passer à la barre est Saipem Contracting Algérie SPA, qui doit répondre du délit de « surfacturation en recourant au trafic d’influence». Son représentant, Massimo Gallipoli, commence par donner un aperçu sur la société Saipem, qui existe en Algérie depuis 1968 et appartient au groupe pétrolier italien ENI. Le juge l’interroge sur le recrutement du fils du PDG de Sonatrach par Saipem.

L’accusé explique qu’au moment des faits, c’est Tullio Orsi qui gérait le bureau domicilié à Alger. « Il a été désigné par le conseil d’administration de la société, qui est de droit algérien.» Le juge : « A-t-il démissionné ou quitté la société ?» L’accusé : « Il s’est retiré de la société en 2010.» Le juge : « Est-ce à cause de cette affaire ?» L’accusé : « Je sais qu’il a quitté la société et l’Algérie en même temps.» Le juge : « Il est déclaré qu’il est parti en raison de la campagne médiatique contre la société.» Le juge l’interroge sur le recrutement du fils au PDG de Sonatrach.

L’accusé : « Après l’audit que nous avions décidé, il s’est avéré que le salaire que Réda Meziane percevait était légal. Réda Meziane n’a jamais influencé pour l’obtention du marché.» Le juge : « Est-ce le fait que Réda Meziane ait intercédé auprès de son père pour les pénalités de retard de Saipem qui vous a poussé à le recruter ?» L’accusé : « J’ai entendu cela lors du procès. Cette dette a été payée et le problème réglé.» Le juge insiste : « Est-il normal que le fils du PDG travaille chez Saipem, au moment où celle-ci a obtenu un gros contrat ?» L’accusé : « Il n’y a aucun lien. Le marché a été obtenu de manière transparente. Le travail que faisait Réda Meziane était assuré par une autre personne bien avant qu’il vienne.»

Le juge : « Pourquoi percevait-il son salaire en espèces et non pas par voie bancaire ?» L’accusé : « Je connais pas les raisons. Je n’étais pas présent. Mais je sais que ces salaires sont mentionnés dans les archives de la société, laquelle payait toutes les charges et tous les impôts y afférents. Il y a la traçabilité comptable.» Le juge : « Le remplaçant de Tullio Orsi a déclaré au juge d’instruction n’avoir trouvé aucune trace de ces travaux. N’est-ce pas un salaire fictif ?» L’accusé : « Lorsque Tullio Orsi est parti, il a probablement pris les documents avec lui.» Le juge : « Ces documents devaient rester au niveau de la société, qui est de droit algérien.» L’accusé : « Tullio Orsi a quitté l’Algérie précipitamment sans faire de procès-verbal de passation de consignes, avec son successeur alors que le projet était en réalisation.» Ce qui pousse le juge à dire : « Visiblement, il y a des ressemblances avec ce qui se passe chez nous.»

Tullio Orsi a quitté l’Algérie sans faire de passation de consignes

Le magistrat interroge Massimo Gallipoli sur le montant de 4 millions de dinars perçu par Réda Meziane pour l’achat d’une voiture. L’accusé : « Je confirme qu’il n’y a aucune traçabilité de ce montant. C’est la conclusion à laquelle est arrivé l’audit. L’explication est que ce montant est un prêt entre Tullio et Réda Meziane.

Il n’a pas été versé par la société.» Sur le contrat du GK3, l’accusé persiste à affirmer que la société l’a obtenu en toute transparence et dans la légalité la plus absolue. Sur le fait que les prix soient trop élevés, l’accusé estime que l’offre ne reposait sur aucune étude fiable. « Nous avions préparé notre offre de manière précise et obtenu tous les détails techniques, sur la réalisation de ce projet et traité tous les problèmes liés à la sécurité, l’environnement et la nature du terrain, puisque 95% du pipe passait par des terres agricoles, sans compter que le tracé traverse les Hauts-Plateaux, les mares, les montagnes et les forêts.

Ce sont des conditions très difficiles qu’il fallait bien étudier, afin présenter la meilleure offre technique et commerciale. Toutes les opérations de comparaison des prix étaient fausses. Je confirme que, techniquement, les lots 1 et 2 ne peuvent être comparés au lot 3. Je vous parle en connaissance de cause. J’étais chef du projet LZ3E et je sais qu’il y a des paramètres qui ne peuvent être comparés. C’est comme si vous compariez une Clio avec une Mercedes.» Le juge le fait revenir à la soumission en lui précisant que la société s’est retrouvée dans une situation de gré à gré.

L’accusé affirme que la procédure était permise et légale : « Nous avions accepté de négocier les prix parce que pour l’Italie, le projet était important. Il permettait de recevoir le gaz à Sardaigne. Le prix est déterminé dès la fin de l’étape technique. A 95%, le prix est connu lors de l’offre technique. Nous avions proposé l’offre commerciale la moins-disante. Lorsque Sonatrach nous a demandé de réduire le prix, nous avions accepté. Le prix a été baissé en diminuant les frais liés au risque. Ce dernier concerne la sécurité, le passage par des terres agricole, les inondations, les grèves des travailleurs et l’expropriation.»

« On ne peut pas comparer une Clio à une Mercedes»

Le juge rappelle à Massimo Gallipoli les conclusions de la commission des marchés, faisant état d’une hausse des prix de 118% par rapport à ceux du marché, mais l’accusé dit ignorer cette étude. Il exhibe des photos du projet, qu’il montre au tribunal, en disant : « Regardez la différence des terrains.» Lire la suite

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