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Procès Sonatrach 1: «Le contrat avec Saipem aurait pu être annulé sans risque financier»

Publié le 18/01/2016, par dans Non classé.

Le procès Sonatrach 1 s’est pousrsuivi hier avec l’audition d’une quarantaine de témoins, dont une vingtaine n’ont pas de lien direct avec les faits. L’ancien vice-président Hocine Chekired renvoie la balle à son successeur Benamar Zenasni qui, selon lui, avait la possibilité d’annuler le contrat avec Saipem sans risque financier…
Le procès Sonatrach 1 a repris, hier au tribunal criminel d’Alger, avec l’audition de la directrice juridique de l’activité transport par canalisation, Fadhila Laamoudi, membre de la commission d’ouverture des plis du projet GK3. Le juge : « En présence de deux soumissionnaires seulement, que faites-vous en général ?» « Normalement on annule, mais l’urgence du projet a fait que l’on a continué, mais après dérogation du PDG. C’est vrai que les prix de l’offre commerciale étaient un peu élevés.

Mais comme c’était une région nouvelle pour Sonatrach, avec des reliefs un peu difficiles, on s’est que dit, peut-être c’est le montant. D’ailleurs nous n’avons pas informé Saipem dans les 48 heures, comme cela est de mise. Nous avons écrit une lettre à la hiérarchie pour lui faire état de nos remarques. Nous ne voulions pas assumer cette responsabilité», répond Mme Laamoudi, avant de céder sa place à Hocine Chekired, vice-président du transport par canalisation, auquel a succédé Bennamar Zenasni.

M. Chekired commence par une longue présentation de l’organigramme de Sonatrach et un bref aperçu du GK3, « troisème gazoduc qui renforce les deux premiers». Le juge s’intéresse au budget de Sonatrach et le témoin est formel : « Le groupe Sonatrach est financé par ses propres fonds, il est autonome.» Il affirme que le GK3 a démarré à l’époque où il était vice-président : « Le projet était important et urgent. Nous avons lancé un avis d’appel d’offres ouvert, auquel 23 sociétés ont soumissionné mais seules 11 ont été retenues pour les lots 1 et 2 ; 6 l’ont été pour le lot 3. Toutes devaient retirer les offres, mais sur les six, trois seulement l’ont fait et deux les ont déposées.» Et d’ajouter : « La R15 est une procédure interne réglementaire.

Elle a été signée par le PDG, seul garant de son respect et de son contrôle…» Le juge : « Pourquoi déroger à cette procédure ?» Le témoin : « Lorsqu’il fait une dérogation d’urgence, il sort de la procédure. Cela arrive très rarement. Mais le PDG détient ce pouvoir…» Le juge revient au contrat. « La R15 est muette quand nous sommes devant deux offres techniques seulement. Nous avons demandé au PDG, par écrit, de nous permettre de continuer avec deux. Il a accepté. Mais à ce moment-là, j’ai été nommé PDG de Tassili Airlines. Mon successeur a repris le dossier», répond Chekired. Le juge : « Est-ce qu’il pouvait faire marche arrière ?»

Le témoin : « L’article 15 dit que durant la période technique, la société peut annuler le projet sans contrepartie financière. Il avait donc la possibilité technique de l’annuler. Mais lorsqu’on est responsable et qu’on voit l’importance de ce projet…» Le juge : « Zenasni dit avoir pris le train en marche…» Le témoin : « Il pouvait agir…» A propos de la non-publication du projet sur le Bulletin des appels d’offres du secteur de l’énergie et des mines (Baosem), Chekired affirme : « La R15 est claire sur le sujet. Le marché et ses attributaires doivent être publiés au Baosem.» Le juge : « Pourquoi, selon vous, les mêmes marchés de télésurveillance, qui sont urgents, ont été publiés par l’Aval et non pas par l’Amont ?» Le témoin n’a pas de réponse.
Un des avocats l’interroge sur la nature des fonds de Sonatrach, Chekired répond qu’il s’agit de ses propres fonds générés par ses activités, précisant que Sonatrach appartient néanmoins à l’Etat. Le juge lui rappelle les propos de Yahia Messaoud, selon lesquels les prix de Saipem étaient plus élevés de 118% par rapport au budget. Le témoin : « Le coût prévisionnel est élaboré par un groupe de travail composé d’ingénieurs et de techniciens. Peut-être que le budget a été établi bien avant.

En fait, l’évaluation simplifiée donne un coût moyen de 1,2 million de dollars le kilomètre linéaire de pipe en 2007 et 2008. Mais une autre étude comparative, à laquelle a pris part Yahia Messaoud, a estimé la hausse à 60%. Moi, je l’aurais annulé. Pour évaluer le prix, une expertise était nécessaire. Il faut reconnaître cependant qu’il est très difficile d’assumer cette responsabilité. Je m’explique : si le prends l’offre sous l’angle financier, je suis perdant, donc j’annule. Si je la vois sous l’angle stratégique, je suis également perdant. La décision n’est vraiment pas facile à prendre…»

A propos du recours aux sociétés nationales, Chekired est formel : « Elles n’ont pas les capacités de réaliser ce genre de projet. De plus, la majorité des projets confiés aux sociétés algériennes accusent de grands retards.» Il revient sur le contenu de la R15 et, avant elle, de la R14. « Ces procédures internes sont indispensables. Sonatrach fait des transactions par milliards de dollars chaque année. Elles ont des points forts et des points faibles qui sont à chaque fois revus et corrigés. Il y va de l’image de marque de la compagnie. Les contrats de gré à gré sont faits dans la transparence. Le plus important est de ne pas rompre la chaîne des valeurs.»

A une question sur l’étape située entre l’offre technique à laquelle il a assisté et celle, commerciale, prise en charge par son successeur, le juge préfère confronter le témoin à Benamar Zenasni. Il commence par ce dernier, qui déclare : « Entre les deux étapes, il y a eu la commission d’évaluation des offres techniques qui a fait un rapport à la commission commerciale.» Le juge : « Chekired dit que vous auriez pu annuler…» Zenasni : « Pourquoi ne l’a-t-il pas fait lui-même ?» Le juge se tourne vers Chekired, qui souligne : « Le PDG m’a donné son accord le 19 octobre ; le 26 octobre, il y a eu l’ouverture des plis ; le 29, je suis parti. La R15 dit que l’annulation peut se faire après l’évaluation technique, période où Zenasni était en poste. Il aurait pu le Lire la suite

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