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Procès Sonatrach 1 : Des avocats demandent à Chakib Khelil de sortir de son silence

Publié le 26/01/2016, par dans Non classé.

Plusieurs avocats se sont offusqués, hier, de « l’orientation» de l’affaire Sonatrach par les officiers du DRS, accusés d’avoir évité d’entendre sur procès-verbal le fils du commandant du service de la police judiciaire.
Les plaioiries de la défense se sont poursuivies hier au tribunal criminel d’Alger, où se tient depuis un mois le procès Sonatrach 1. Ce sont les avocats d’El Hachemi Meghaoui et de son fils Yazid, Mes Mourad Zeguir, Mokrane Aït Larbi et Khaled Bergheul qui ont ouvert l’audience. D’abord, c’est Me Zeghir qui commence en revenant au début de l’affaire, le 13 janvier 2010, lorsque ses deux mandants ont été présentés, puis mis en détention à ce jour. « Lorsque j’entends un cadre comme

Belkacem Boumedienne parler de la terreur qu’il a subie dans les locaux du DRS, j’ai le droit de m’interroger sur les conditions dans lesquelles l’enquête préliminaire a été menée. J’ai entendu Ali Dorbani affirmer avoir été entendu par la police judiciaire, mais je n’ai aucun procès-verbal sur son audition. Pourquoi ? La réponse m’a été donnée par mes confrères.

Dorbani est le fils d’un commandant du DRS qui dirigeait le service de la police judiciaire. Pourquoi laisser planer le doute sur cette enquête en laissant des failles aussi flagrantes», révèle Me Zeguir, avant de revenir aux propos de Fawzi Meziane, selon lesquels « il y a eu une anarchie dans le bureau du juge», mais aussi à ceux de Mohamed Réda Djaafer Al Smaïl, selon lesquels il avait été placé sous mandat de dépôt pour avoir « reconnu dans le bureau du juge Belkacem Boumedienne».

Des déclarations, souligne l’avocat, qui permettent de mettre en exergue les conditions dans lesquelles cette affaire a été instruite. « Le plus grave, c’est que les décisions du juge ont été ordonnées par la police judiciaire. Même le gel des comptes des Maghaoui s’est fait sur demande écrite du DRS», note l’avocat qui dit ne pas ignorer que « l’arrêt de la chambre d’accusation couvre toutes les violations», et de ce fait il exhorte le tribunal à ne pas rester l’otage de ce document.

Pour lui, cette affaire a inversé les situations. « Nous sommes dans l’obligation de ramener la preuve de l’innocence des accusés, alors que c’est au parquet de présenter les preuves de leur accusation.» Me Zeguir réfute l’accusation d’association de malfaiteurs, en disant qu’El Hachemi Meghaoui a rejoint le groupement Contel en 2005, au moment où ce dernier avait déjà obtenu les contrats avec Sonatrach. « Meghaoui était encore en poste au CPA lorsque Al Smaïl faisait sa présentation à Sonatrach. Il ne peut être accusé d’association de malfaiteurs», indique Me Zeguir.

« Les accusations contre les Meghaoui sont inacceptables»

Il explique que le trafic d’influence, la corruption et la complicité de dilapidation de deniers publics retenus contre ses deux mandants sont des délits « inacceptables», parce qu’il n’y a « rien dans le dossier qui les prouve». Pour l’avocat, les faits « de complicité dans la passation de contrat en violation de la loi sur les marchés publics» reposent sur les contrats de consulting d’El Hachemi Meghaoui et son fils avec Funkwerk.

« Pourquoi ne pas avoir ramené ici tous les autres actionnaires, dont Ali Dorbani, qui avaient les mêmes contrats ?» lance l’avocat, en disant que les services de consulting ne sont pas fictifs, citant au passage de nombreux cas de ce type de contrats que Funkwerk a signés avec des Allemands, et dont les rémunérations vont de 1000 euros par jour à 120 000 euros par an.

Me Bergheul abonde dans le même sens, précisant toutefois qu’il n’y a pas de Sonatrach 1 et 2, mais une seule affaire qui a eu des ramifications à la suite des informations auxquelles sont arrivées les commissions rogatoires. Il s’étale sur la corruption dans le monde et son traitement par la justice, faisant le parallèle avec la corruption en Algérie, citant les affaires Khalifa et l’autoroute Est-Ouest, où les ministres mis en cause entrent au tribunal comme témoins et en sortent comme témoins. « Ailleurs, les responsables démissionnent et présentent leurs excuses à leur peuple.

En Algérie, les responsable ne quittent pas leurs postes et utilisent ces dossiers de corruption comme moyen de chantage. Nous avons bien vu un ministre menacer l’Etat avec des dossiers de corruption qu’il dit détenir. Lorsqu’un ministre de la Justice déclare qu’un responsable politique l’a contacté et qu’il a fait pression sur lui pour enlever le nom d’une personnalité du dossier, à quoi peut-on s’attendre ?

Qui a le droit d’enlever des noms de personnes citées dans un dossier judiciaire ? S’il n’y avait pas l’intervention des hommes politiques dans cette affaire, nous aurions peut-être cru en la justice. Peut-on ignorer les décisions de cette juridiction et qui ont touché y compris des juges qui devraient d’ailleurs, être le souci du Syndicat des magistrats ? Lorsqu’un haut responsable qui nous promet un Etat civil déclare que ce dossier est vide, que c’est une fabrication, et que tout ce qu’il y a aujourd’hui est une manipulation, que reste t-il de l’affaire ?»

« Ça suffit ! Sept ans barakat !»

L’avocat poursuit ses interrogations : « Nous sommes tous des victimes ici. ça suffit ! Sept ans barakat ! Doit-on se taire devant ces graves dérives ? Jamais !» Me Bergheul va plus loin. Il fait le lien avec les déclarations d’anciens hauts responsables de l’Etat qui s’échangent actuellement de graves accusations et qui prouvent, dit-il, que l’Algérie « était gérée par des clans et que le Président ne savait rien de ce qui se passait.» Me Bergheul espère qu’à travers ce procès il y aura « une rupture» avec ces pratiques « honteuses».

Il revient aux faits reprochés à ses deux mandants, en les rejetant en bloc. Lui aussi s’attaque au DRS. « lls ont qualifié les faits. Savez vous pourquoi ? Parce que les rapports sur leur actes n’arrivent jamais à leurs supérieurs. Ils agissaient en toute liberté. Les accusations étaient cousues de fil blanc. Si les six accusés poursuivis pour crime font partie d’une association de malfaiteurs, qui sont alors les bienfaiteurs ?

Les ministres ? J’aurais aimé que l’ancien ministre dont le Lire la suite

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