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Procès Sonatrach 1 : Abdelhamid Zerguine jette un pavé dans la mare

Publié le 19/01/2016, par dans Non classé.

Le procès Sonatrach 1 a repris hier au tribunal criminel d’Alger avec l’audition des derniers témoins, parmi lesquels trois anciens PDG et des directeurs centraux.

L’audition la plus fracassante a été celle de Abdelhamid Zerguine (ex-PDG 2011-2014), qui commence par corriger les informations données par Réda Meziane : « J’ai un seul garçon, recruté en 2008 par Shlumberger, alors que je n’avais aucune responsabilité au sein de Sonatrach.» Le juge le fait revenir au dossier GK3. « En 2005, quand j’ai quitté l’activité transport par canalsation, le prix du kilomètre linéaire était de moins de 350 000 dollars. J’ai insisté pour que les sociétés nationales participent aux consultations et elles ont réalisé des projets de ce genre. Après, je suis parti….»

Zerguine révèle avoir été nommé le 11 novembre 2011 et la lettre adressée au juge d’instruction, en tant que représentant de la partie civile, accompagnée d’un rapport sur le préjudice, a été faite en 2012. Un des avocats conteste : « Il a été entendu comme partie civile, il est préférable qu’il ne soit pas entendu comme témoin.» Le juge n’est pas d’accord. Zerguine poursuit et, à propos de l’étude comparative des prix de Saipem, il déclare : « Nous avons fait les pipes de 48 pouces pour moins de 950 000 dollars.

Le gazoduc de Reggane, réalisé par Cosider, l’ENAC et GCB, est en phase de réception. Que ce soit moi ou Cherouati, mon prédécesseur, nous avons toujours fait en sorte de faire participer les sociétés nationales. Le surcoût de Saipem est une réalité que je ne peux nier.» Le juge lui rappelle les déclarations des représentants de Saipem selon lesquels le relief par où passe le pipe est difficile. Le témoin : »Qui a fait le GK2 ? C’est l’ENAC et son prix est loin de celui de Saipem.»

Interrogé sur la possibilité d’annuler ou pas la consultation, l’ex-PDG répond : « La personne qui dit avoir écrit pour demander une dérogation afin de poursuivre avec deux propositions a-t-elle les arguments nécessaires ?» Le juge : « Le projet n’était-il pas urgent ?» Le témoin : « Jusqu’à aujourd’hui on ne sait pas s’il exporte du gaz parce que lorsqu’on construit ce genre de projet, il faut une décision finale d’investissement avec les partenaires. Or celle-ci n’existe pas…» Le juge : « Voulez-vous dire que le projet n’est pas fonctionnel ?» Le témoin : « Accessoirement il peut servir du gaz sur son chemin.

Mais le fait-il en dehors du pays ? Aujourd’hui, il est déclassé. Son but initial n’a pas été atteint.» Le juge : « Si vous aviez été à la place du vice-président, qu’auriez-vous fait ?» Le témoin : « Je ne veux accuser personne, mais j’aurais choisi les sociétés nationales.» Le juge : « Voulez-vous dire que le choix de Saipem n’était pas fortuit ?» Le témoin : « Je vous dis que GK3 a été réalisé pour exploitation, mais l’est-il aujourd’hui ? J’en doute.»

Le juge revient aux contrats. « Est-ce que la consultation aurait dû être annulée ?» Le témoin : « Il aurait peut-être fallu aligner les prix sur ceux du marché. Quand j’ai quitté le transport par canalisation en 2005, le prix du kilomètre linéaire était de 350 000 dollars. Même avec la négociation, Saipem est resté trop cher. La consultation aurait dû être annulée, il n’ y aurait pas eu d’incidence.» Le juge lui demande d’être explicite et d’éviter les non-dits. Zerguine : « Lorsqu’une société fait une offre trop élevée et une autre encore plus élevée, c’est qu’il y a anguille sous roche…» Cependant, il tempère ses propos en refusant de se mettre à la place de Zenasni « pour dire s’il a bien fait ou non de poursuivre la procédure», précisant toutefois que Zenasni était un cadre émérite.

Interrogé sur l’argument avancé pour justifier l’urgence, à savoir le fait d’avoir vendu du gaz avant la réalisation du GK3, il répond : « Lorsque nous avons réalisé Medgaz, nous avions signé à la fin une convention de partenariat et chacun des partenaires sait quelle quantité et quand il recevra le gaz. Or, pour le GK3, je n’ai trouvé aucun document de ce type. Son objectif principal était l’exportation. L’erreur ne vient pas de Sonatrach. Nous avons des problèmes avec les partenaires. Ils n’ont pu obtenir le permiting de l’Italie qu’en 2014. A ce jour, nous n’avons pas un consensus sur un gazoduc qui ne passe pas par la Tunisie.»

Un des avocats demande à Zerguine pourquoi n’avoir pas révélé ces informations au juge d’instruction. « Est-ce que ces informations sont une réponse à la citation de vos enfants par un des accusés ?» lance l’avocat. Le juge réagit : « Vous n’avez pas le droit de poser cette question.» Un autre avocat emboîte le pas à son confrère : « Comment peut-il parler de 350 000 dollars le kilomètre alors que Yahia Messaoud évoque 1,2 million de dollars ?» Le témoin : »Jusqu’en 2005, j’étais à la tête du transport par canalisation.

La moyenne était de 350 000 dollars et les contrats ont été donnés avec ce prix. Même s’il augmente, c’est minime. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’il coûte moins d’un million de dollars. Le contrat a été signé en 2013 à ce prix. Je le réaffirme : j’ai dit 2 millions de dollars, c’est trop.» L’avocat : « Est-ce que la crise économique peut influer sur le coût ?» Le témoin : « C’est un marché en dinars avec des sociétés algériennes. La crise n’a pas influé et le prix est calculé en prenant tous les paramètres liés au terrain et au relief.»

Pour ce qui est de Cosider, Zerguine affirme qu’elle a été atttributaire de ce genre de marchés et qu’elle les a réalisés. Il précise : « En 2012, nous avons consulté quatre sociétés auxquelles nous avons donné un projet à la suite d’une consultation restreinte. En fait, les choses ont changé après cette affaire. C’est Cherouati qui a commencé et j’ai pris la relève quand je l’ai remplacé. Tout se passait bien.» Pour lui, le fait que le fils de Meziane travaille à Saipem ne constitue pas une violation de la loi.

« Fawzi Meziane a été rétrogradé Lire la suite

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