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Procès de l’affaire Sonatrach 1 : L’ex-PDG du CPA nie les faits et accuse le DRS de lui avoir fait subir le «pire»

Publié le 05/01/2016, par dans Non classé.

Dimanche tard dans la soirée, Hachemi Meghaoui, ancien PDG du CPA et conseiller financier d’Al Smaïl, poursuivi pour le crime « participation à organisation d’association de malfaiteurs», « délit de complicité dans la passation de marché public dans le but d’octroyer à autrui d’indus avantages», « complicité dans dilapidation des deniers publics», « blanchiment d’argent», « corruption et trafic d’influence», est appelé à la barre.
Il nie tous les faits reprochés. « J’ai travaillé avec la société allemande et mes revenus ont été virés dans une banque très regardante sur les questions de corruption. Quand j’ai vendu mes actions, on m’a donné un chèque que j’ai viré sur mon compte. Comment peuvent-ils m’accuser de blanchiment d’argent ?» Il évoque des « pressions exercées» par les agents du DRS, « y compris sur le juge». « Les agents allaient et venaient dans le bureau du juge. C’est sous leur pression qu’il m’a placé sous mandat de dépôt. Il était question que je sois mis sous contrôle judiciaire. Je ne suis pas un délinquant. On m’a fait subir le pire.» Sur sa relation avec Al Smaïl, il explique l’avoir rencontré en 2007, étant donné qu’il était une connaissance de son fils Yazid.

Il lui parlait de ses problèmes, mais aussi de ses ambitions « d’agrandir» sa société, en lui proposant d’être son conseiller financier. « J’ai été recruté par Contel Algérie pour m’occuper de l’organisation, des budgets, de la procédure comptable, etc. Vers la fin de 2007, il m’a parlé de son vœu de créer un groupe avec des secteurs prioritaires pour l’Etat, comme l’agriculture, les mines et la construction. Il m’a proposé le poste de président du CA du holding Contel qui était la seule forme permise par la loi», explique l’accusé. Le commissaire aux compte, ajoute-t-il, lui a dit que ce poste revient à un actionnaire. « C’est là qu’il m’a proposé d’être actionnaire à hauteur de 12%.

Les autres associés sont Al Smaïl, Mohamed Réda Meziane, mon fils, Ourabah, Benthabet Dorbani et Fertas. A Contel, j’étais conseiller. Les actionnaires, dont Meziane, je ne les connaissais pas.» Meghaoui insiste sur « les conditions de terreur» créées par le DRS, pour lui faire signer les PV. Il ne cesse de répéter qu’il n’a aucun lien avec les marchés, étant donné qu’ils ont été attribués avant son recrutement à Contel. Le juge appelle Al Smaïl. « Avait-il un avis sur les contrats avec Sonatrach ?» L’accusé dément. « Il n’a aucun lien avec ces marchés», dit-il.

Lui aussi croit « improbable» son voyage avec son fils et Al Smaïl en Allemagne pour signer des contrats de consulting en 2007. Il dit s’être déplacé seul au mois de mai 2007. Quant aux autres contrats, souligne-t-il, il les ignorait totalement. Selon lui, il percevait un salaire mensuel de 10 000 euros (300 000 d’euros en tout) qu’il qualifie de « minable» comparativement aux « prestations assurées», dit-il. Lui aussi acculé par le juge finit par contredire Al Smaïl, en disant qu’il a eu à traiter les dossiers de commerce extérieur, y compris les contrats avec l’étranger. Il déclare être au courant du contrat de consulting de son fils, mais pas d’Al Smaïl.

Le juge : « Pourquoi c’est uniquement vous et votre fils qui avaient obtenu ces contrats ?» L’accusé : « Ils n’ont rien à voir avec le holding. Les Allemands avaient besoin de moi, d’Al Smaïl et de mon fils, chacun dans son activité…» L’accusé reconnaît certains propos devant le juge et en dément d’autres sous prétexte qu’il ne maîtrisait pas la langue arabe. « Je n’ai jamais dit qu’Al Smaïl a bénéficié d’un contrat de consulting avec les Allemands grâce à lui, au même titre que son fils. Le juge a fait une mauvaise interprétation de mes propos…» Le juge : « Qu’en est-il des 50 000 euros versés par la société allemande sur le compte de votre fils ?»

L’accusé ignore ce versement, mais pour ce qui est des biens qu’il a acquis dès 2007, des comptes en devises en France et plusieurs autres dérivés qu’il dit avoir déclarés au juge d’instruction. L’origine de ces fonds est liée aux jetons de présence 1990-2005 en tant que cadre dirigeant d’établissements bancaires. Le juge lui demande pourquoi les Allemands transfèrent en France, alors que toutes les activités se trouvent en Algérie. « J’ai signé avec une société se trouvant en Allemagne. J’avais un compte que j’ai ouvert en 1994, avec l’idée de fuir le pays. Mais je ne l’ai pas fait et le compte est resté. Je recevais mes frais dans ce compte pour éviter le change parallèle du square Port Saïd», dit-il.

Le juge : « Le montant total des virements a atteint 300 000 euros.» L’accusé : « Je ne l’ai pas caché.» Le magistrat exhibe le rapport d’une inspection de la Banque d’Algérie à BNP Paribas, qui fait état de nombreux virements suspects de Contel. « D’abord, je n’ai jamais reçu de virement de Contel, mais plutôt du holding. Les 32 millions de dinars sont mes dividendes. Ils étaient dans mon compte courant, avant d’être transférés au compte-épargne pour avoir droit aux intérêts.» Il s’attaque avec virulence aux inspecteurs de la Banque d’Algérie qui, selon lui, ne connaissent pas la réglementation. Le magistrat le rappelle à l’ordre et lève l’audience qui a été chahutée par la présence d’un témoin qui n’avait pas à être dans la salle. Il s’agit de Benthabet Dorbani, qui a fini par quitter les lieux. Lire la suite

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