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Procès Belkacem Khencha : une amende de 500 000 DA requise par le parquet de Laghouat

Publié le 10/02/2016, par dans Non classé.

Le parquet de Laghouat a requis, aujourd’hui mercredi, une amende de 500 000 da à l’encontre du militant de la cause des chômeurs Belkacem Khencha. Pour rappel, cet infatigable activiste est poursuivi pour une interview accordée à El Watan Week-end dans son édition du 11 septembre 2015 dans laquelle Khencha est revenu sur les conditions de détention dans cette ville du sud.
Un témoignage courageux donné quelques semaines seulement après sa libération. Khencha et six autres membres de son mouvement ont été condamnés à six mois de prison ferme pour avoir organisé, fin janvier 2015, un rassemblement de soutien en solidarité avec un autre chômeur, Mohamed Reg, qui lui, encourt sa peine d’une année et demie.

Pour Me Farouk Slimani, l’un des trois avocats de Khencha qui ont fait le déplacement aujourd’hui à Laghouat, le procès s’est déroulé dans de « très bonnes conditions». Un avis partagé par Me Noureddine Ahmine qui affirme, selon lui, que la justice « a tout fait pour éviter de donner une autre dimension à l’affaire en lui épargnant la prison !». « Le juge qui considère que les déclarions de Khencha sont d’une extrême gravité a évoqué l’absence de preuves avérées», souligne-t-il.

Au final, Khencha est aujourd’hui dans le bon des accusés pour avoir déclaré ceci : « Les gardiens s’en prenaient à ceux qui se bagarraient ou réclamaient l’amélioration de leurs conditions de détention. Ils tiennent le prisonnier, la tête en bas, suspendu par les pieds avec une ceinture. Au moment où les uns le coincent des épaules, les autres le frappent sur le plat des pieds pour ne laisser aucune trace. C’était leur façon de punir. J’ai eu des témoignages de gens qui se sont fait menotter pour être giflés par les gardiens à tour de rôle.»
Dans une édition précédente, Me Ahmine a révélé que c’est « le ministère de la justice» qui a envoyé la copie de l’interview à la justice de Laghouat. Le but du ministère étant, selon l’avocat, de vérifier les propos de Khencha qui dénonce des pratiques interdites par la loi. Sauf que, seuls Khencha et ses ex-codétenus ont été entendus au côté d’autres prisonniers.

Me Abdelghani Badi, révèle que les autres détenus auditionnés ont tous témoigné positivement sur les conditions de détention dans cet établissement. « À part Khencha et ses amis, les autres ont tous dit en une seule copie : tout va bien !», affirme Me Badi. La justice n’a donc pas trouvé utile d’auditionner les responsables de l’établissement pénitentiaire, ce qui « n’est pas normal», selon Me Ahmine.
« L’enquête réalisé par la justice était superficielle, selon Me Badi. « Nous regrettons que l’Algérie n’ait pas encore signé l’accord international qui permet aux organisations non gouvernementales et aux ligue des droits de l’homme de faire des visites dans les différentes algériennes».

Me Ahmine affirme que l’amende requise est « exagérée». « La nature de l’accusation ne s’applique aucunement aux responsables et travailleurs de l’établissement qui ne sont pas considérés aux yeux de la loi comme corps constitué», assure-t-il. Le jugement final sera entendu le 17 février prochain.
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