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Présidentielle 2019 : La bataille a-t-elle déjà commencé ?

Publié le 01/11/2017, par dans Non classé.

Le secrétaire général du FLN ne rate pas une occasion, ces derniers jours, pour affirmer que le parti a déjà son candidat pour la magistrature suprême de 2019. Dans ses déclarations, Ould Abbès laisse entendre que son frère ennemi du RND, Ahmed Ouyahia, n’a aucune chance d’être soutenu par le FLN.
Au-delà du scrutin des locales du 23 novembre, c’est la présidentielle de 2019 qui se joue», reconnaît un ancien ministre à El
Watan. Pour cet ancien haut responsable, la décision du Premier ministre et secrétaire général du RND d’animer des meetings électoraux, vendredi et samedi, n’est pas innocente. Elle marque sa volonté de jouer à « fond sa carte», d’autant que sa nomination à la tête du gouvernement peut être un atout dans sa course à la fonction suprême, et ce, même si la situation économique du pays est délicate.

« En décidant de recourir au financement non conventionnel, le Premier ministre s’offre une bouffée d’oxygène jusqu’en 2019», estime un proche d’Ouyahia, qui table sur une hausse du prix du baril de pétrole en 2019. « Si l’inflation ne s’envole pas et si le prix du pétrole reprend de la vigueur autour de 70 dollars, comme le prévoient certains analystes, M. Ouyahia aura réussi son pari de ‘‘limiter la casse » et apparaîtra aux yeux de la population comme le candidat naturel pour la présidentielle.»

Pour s’en convaincre, certains responsables du RND rappellent qu’après les émeutes d’Octobre 1988 et face à l’insistance de la population, le président Chadli avait été contraint de nommer Kasdi Merbah à la tête du gouvernement, car l’ancien patron de la Sécurité militaire et ministre de l’Industrie à l’époque était jugé comme le seul apte à gérer la situation de crise que traversait le pays. « Le parallèle n’est peut-être pas judicieux, reconnaît un ancien ministre, mais cet exemple montre que quand la vox populi se fait entendre, les cercles du pouvoir sont contraints d’être à l’écoute.»

Cette éventualité donne des sueurs froides aux thuriféraires qui entourent le frère du Président. Certains d’entre eux le poussent en coulisses à envisager sa candidature pour 2019. Lors de son interview à la chaîne El Bilad en juin 2017, le patron du FLN n’a pas manqué de militer en faveur de la candidature du conseiller du Président. « Si Saïd veut se présenter à la présidentielle de 2019, il en a le droit comme tout autre citoyen algérien.

A ce moment-là, le FLN se réunira pour prendre la décision qui s’impose», affirmait un Ould Abbès au comble de l’excitation pour qui la « grande popularité» et « l’amour que lui voue le peuple» sont autant d’atouts pour envisager son installation à la tête de l’Etat. « Saïd Bouteflika est un enseignant universitaire en informatique, un ancien syndicaliste rugueux, il a apporté beaucoup dans le domaine de l’informatique au niveau de la Présidence», expliquait l’octogénaire.

Même si depuis, la Présidence a recadré l’ancien ministre de la Solidarité, lui intimant l’ordre de ne plus aborder la prochaine présidentielle lors de ses interventions. « Il y a un groupe qui pousse pour la candidature du frère du Président en 2019, car ils ont trop à perdre si les Bouteflika quittaient le pouvoir», affirme un fin connaisseur des arcanes du pouvoir et pour qui M. Ould Abbès fait partie de ce groupe.

Lors du lancement de la campagne de son parti au Palais des nations à Alger le 29 octobre, le chef de la première force politique du pays a une nouvelle fois ouvert les hostilités contre le Premier ministre Ouyahia et rappelé que « ceux qui font des calculs pour 2019 se trompent. Ils ne devront pas compter sur le soutien du FLN».

En clair, les portes de la candidature pour 2019 sont d’ores et déjà verrouillées. L’empressement de certains à « tuer dans l’œuf» les ambitions du secrétaire général du RND s’explique par la perte d’influence du clan Bouteflika depuis la maladie du Président et la chute du prix du baril de pétrole. La manne financière a permis d’acheter la paix sociale et les quatre mandats successifs de Abdelaziz Bouteflika.

Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, « aucune option n’est à écarter pour le moment», estime un fin connaisseur du sérail. Et l’armée dans tout cela ? Le patron du FLN s’est dit convaincu que l’ANP s’est « dégagée de la politique» et n’est engagée que « dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelles». Des déclarations qui ne convainquent pas grand monde. « Si la situation économique demeure fragile en 2019, l’ANP imposera son choix», assure pour sa part notre source. Lire la suite

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