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Premiers effets de la LF 2016

Publié le 03/01/2016, par dans Non classé.

Avec les prix à la hausse, un dinar qui baisse, un prix du carburant qui augmente, de nombreux Algériens vont renoncer, ou du moins reporter à plus tard la perspective d’acheter une voiture.
De longues files d’attente d’automobilistes se sont constituées jeudi dans les stations d’essence de la capitale. Mais aussi dans plusieurs villes de l’intérieur du pays où les files de véhicules ont débordé, créant parfois des embouteillages ou un ralentissement de la circulation routière. Des scènes qu’on avait l’habitude de voir à la veille des fêtes religieuses ou nationales ou lorsqu’il y avait des rumeurs de pénurie.
Ce rush est intervenu à quelques heures de l’entrée en vigueur de l’augmentation des prix des carburants.

Cette dernière a été d’ailleurs plus importante que prévue. Le gasoil est passé de 13,70 DA à 18,76 DA (+5,06 DA), le super de 23 DA à 31,42 DA (+8,42 DA) et le sans-plomb de 22,60 DA à 31,02 DA (+8,42 DA). Selon des témoignages recueillis dans les stations-service, « cette hausse est significative et va avoir de lourdes conséquences sur le plan social». La pilule passe mal et c’est avec un dépit ostensible que certains expriment leur colère.

Ce sont surtout les transporteurs qui craignent un manque à gagner et n’auront d’autre choix que d’augmenter les prix à leur tour. Ainsi, les Algériens découvrent les premiers effets de la crise. « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? On est mis devant le fait accompli. 2016 s’annonce une année difficile», confie un père de famille dans une station-service d’El Biar.

L’austérité, annoncée par le gouvernement, est aujourd’hui une réalité. Dans le budget « voiture», les carburants représentent une part importante. Les Algériens, très dépendants de l’utilisation de leur véhicule, sont très fortement impactés. Cette dépendance est accentuée par trois facteurs essentiels : l’urbanisation, l’étalement urbain (multiplication des cités AADL) et les dysfonctionnements des transports collectifs malgré des efforts pour aller vers le transport multimodal (métro, tramway, bus).

Il est possible de décomposer les dépenses des ménages occasionnées par l’usage de véhicules personnels en trois sous-postes budgétaires : carburants et lubrifiants ; entretien, réparation et services divers ; achat de pièces détachées. De leur côté, les pouvoirs publics justifient cette hausse par la lutte contre le gaspillage, le commerce illégal et la contrebande frontalière. Selon une déclaration officielle, 25% de la production nationale de carburant sont exportés illégalement vers les pays voisins.

Sur un autre plan, il faut souligner que ces hausses auront des incidences sur le marché des véhicules neufs. Avec les prix à la hausse, un dinar qui baisse, un prix du carburant qui augmente, de nombreux Algériens vont renoncer ou du moins reporter à plus tard la perspective d’acheter une voiture. « Avoir une voiture sera un véritable luxe surtout que même la vignette va augmenter», souligne un réparateur automobile du réseau de l’enseigne Motrio.

Pour sa part, Hamid Aït Enceur, président de l’Union nationale des investisseurs et propriétaires de relais et stations-services (Uniprest), a divulgué la tenue d’un congrès national de l’Union dans les prochains jours pour définir une réponse aux tergiversations du gouvernement concernant l’augmentation de la marge de gain suivant la hausse des prix du carburant qui, selon lui, va accentuer la crise dont souffrent les gérants de station-service ces dernières années, qui risque de mettre au chômage les travailleurs ou de cesser toute activité. Lire la suite

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