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Praticiens de la santé publique : «Le médecin est un bouc émissaire»

Publié le 20/08/2017, par dans Non classé.

A la rentrée sociale, nous prévoyons une réunion générale avec les 17 autres syndicats du secteur de la santé ainsi que les trois Ordres des praticiens de la santé, à savoir celui des médecin, des chirurgiens-dentistes et des pharmaciens afin d’étudier tout ce qui s’est passé durant cet été, notamment l’affaire du décès de la parturiente à Djelfa suite à laquelle une consœur est sous les verrous.» C’est ce qu’a déclaré, hier, Noufel Chibane, secrétaire général du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) lors d’une conférence de presse.
A l’ordre du jour de cette réunion, selon le conférencier, figurent également la situation du secteur et les différents dépassements constatés dans les établissements sanitaires et, à plus grande échelle, le système de la santé en Algérie. « Malheureusement, les praticiens sont toujours le bouc émissaire de tout dysfonctionnement constaté dans nos établissements de santé.

Ce qui s’est passé à Djelfa avec notre consœur en est une preuve patente. Comment se fait-il qu’elle soit emprisonnée pour un arrêt de travail, alors que dans des cas pareils, il s’agit d’une faute administrative pour laquelle la pire des mesures est de la considérer comme un abandon de poste ? Comment se fait-il aussi qu’une pareille décision soit prise alors que l’enquête est encore en cours ?» s’interroge-t-il avant de lancer un appel à la magistrature ainsi qu’à toutes les parties concernées, dont le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, qui à sa grande surprise s’est constitué partie civile dans cette affaire, de libérer le Dr Ouali ainsi que les sages-femmes, surtout que l’une de ses dernières a un bébé.

« Nous ne sommes pas en train de défendre notre consœur seulement, mais toutes les personnes emprisonnées à cause de cette affaire dont l’enquête est encore en cours», riposte M. Chibane qui annonce que des décisions pourraient découler de cette réunion générale, dont une grève générale et des mouvements de protestation, si rien n’est fait d’ici là pour le système de la santé, du moins dans l’affaire de Djelfa. Pour lui, le fait de mettre un praticien en prison ne réglera pas la problématique de la santé en Algérie. « Nous sommes en 2017 mais continuons à gérer le système de la santé avec une loi sanitaire qui date de 1985 et celui des assurances sociales et médicales avec une loi encore plus obsolète qui date de 1983.

Est-ce normal ? Du tout !» ajoute-t-il avant d’afficher le satisfecit du SNPSP quant au retrait de la loi sanitaire pour concertation. Une concertation à laquelle ce syndicat ainsi que tous les autres syndicats de la santé souhaitent participer. Le conférencier s’est attardé sur la situation de la santé en Algérie qui accuse aujourd’hui un manque criant en personnel médical et paramédical. Depuis l’annulation de la retraite anticipée, le secteur, selon le Dr Chibane, connaît une véritable hémorragie dans le corps médical. Des médecins et le personnel paramédical auraient choisi de partir en retraite. « Pour les sages-femmes, le manque est important vu que la nouvelle version de formation a commencé en 2012, mettant fin à l’ancienne méthode de formation.

C’est une bonne chose, mais durant les 5 ans de formation, il n’y a pas eu de nouvelles promotions de sages-femmes et à cela s’ajoutent celles qui ont choisi la retraite, causant aujourd’hui un véritable déficit en ces praticiennes indispensables dans les services de maternité», ajoute le conférencier avant de rebondir sur le grand problème de la sécurité dans les établissements de santé publique, notamment de proximité. En plus de la plateforme de revendications du syndicat, il insiste sur la création d’un haut conseil de la santé rattaché à la Présidence ou au Premier ministère et non pas au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Ceci permettra à cette institution d’être plus autonome et plus puissante.
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