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Pr Zitouni : «L’objectif n’est pas d’acquérir de belles machines, mais de soigner les malades»

Publié le 16/12/2016, par dans Non classé.

La Journée internationale de la physique médicale a été célébrée hier à Oran par une rencontre co-organisée par l’USTO et le Centre anticancer, la thérapie liée à cette maladie étant l’une des innombrables applications de cette nouvelle spécialité.
La manifestation célébrant la naissance du scientifique Henry Becquerel (15 décembre 1852) s’est tenue à l’auditorium de cette université et est inscrite dans la lutte contre cette pathologie pour laquelle un plan national a été élaboré et soutenu par le président de la République. En tant que coordinateur, le professeur Zitouni est intervenu pour donner les grandes lignes, informer de l’état d’évolution des projets et proposer des orientations pour maitriser la situation. Sur un plan purement matériel, l’Algérie a fait un bond spectaculaire en se dotant de 10 centres spécialisés contre seulement cinq il y a 5 ans. Seulement, les équipements ne suffisent pas.

En effet, son constat est que les pays développés consacrent plus de moyens financiers aux ressources humaines (60% contre 30%) que les pays sous-développés, comme l’Algérie où la proportion est carrément inversée (80% contre seulement 20%). « C’est un paradoxe», s’insurge le Pr Zitouni en expliquant que « l’objectif n’est pas d’avoir de belles machines, mais de soigner les malades». Pour lui, la physique médicale doit sortir de la léthargie qui la caractérise aujourd’hui en s’intéressant à la formation. Le plan anticancer est, selon lui, une aubaine pour initier des chantiers de réflexion et de réformes.

Il faut former de vrais physiciens pour gérer les machines autant, par exemple dans le domaine de la radiothérapie que du radiodiagnostic, une spécialité nouvelle en plein essor. M. Zitouni compare d’ailleurs la courbe de progression de ces nouvelles technologies en rapport avec la médecine avec la courbe de Moore, qui caractérise le développement du secteur informatique. A ce propos, se basant sur les travaux de mémoires de quelques étudiants, le spécialiste estime même que « certains progrès informatiques peuvent nous aider à l’application du Plan anticancer».

La pluridisciplinarité — plus précisément l’introduction des autres sciences dans le domaine médical — est pour lui une condition nécessaire car les temps ont changé. « Nos hôpitaux sont encore trop médico-centrés» déplore M. Zitouni, en se basant sur le fait qu’actuellement, les plus grands progrès ne sont pas réalisés par des médecins mais par des physiciens, des chimistes, des informaticiens, etc. « Il est urgent de pallier cette insuffisance pour ne pas retomber dans une médecine purement clinique qui a fait son temps.»

Dans les années 1970, une réforme des études universitaires a été réfléchie et a eu pour conséquence d’introduire, à titre illustratif, la notion du « biomédical», mais avec le temps, cette propension à la veille a été délaissée ; le Pr Zitouni pense qu’il faut juste reprendre de manière globale ce type de réflexions pour mieux avancer. Cela pour le sujet d’ordre scientifique, mais il y a aussi un handicap d’ordre administratif car « les nouveaux métiers dictés par les besoins de la physique médicale ne sont pas reconnus, du moins pas encore, par la Fonction publique».

Là aussi, une réflexion politico-administrative est préconisée car, pour l’instant, les physiciens médicaux (qui sont aussi des pharmaco-oncologues) ne sont reconnus ni sur le plan académique ni par l’administration. D’une certaine manière, les équipements médicaux de pointe utilisant les concepts de la physique installés en Algérie peuvent éventuellement servir aux étudiants des universités technologiques, qui n’ont pas la possibilité de voir de près de telles machines (comme les accélérateurs). Ce qui a été préconisé c’est surtout de faire participer les compétences nationales au Plan anticancer.

Un des aspects concernant le lien entre la physique est la médecine a été développé par Hervé Jalmes de l’université de Rennes, qui a expliqué comment, partant de recherches et de travaux purement physiques (mécanique quantique notamment) sur la résonnance magnétique nucléaire (RMN), on est passé à des applications qui intéressent la médecine comme l’imagerie par résonnance magnétique (IRM). Ici le mot nucléaire ne se rapporte nullement à la radioactivité, mais juste au noyau de certains composés chimiques comme l’hydrogène et plus particulièrement le proton.

De la plus infime propriété comme le « spin» on passe aux champs magnétiques, puis aux fréquences et, le procédé étant complexe, les expériences ont démontré que les résultats obtenus sont très variables en fonction de l’environnement des protons (graisses, muscles, matière grise, etc.) qu’on a pu établir une jonction et développer une imagerie très utile à la médecine et surtout sans danger. Plusieurs autres communications proposent des angles d’attaque différents, mais qui entrent dans le cadre de la physique médicale. Lire la suite

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