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Pouvoir d’achat : Chère chère Algérie

Publié le 11/05/2018, par dans Non classé.

De nouvelles taxes seront encore une fois imposées au Algériens, même si, pour le moment, la copie de la Loi de finances complémentaire (LFC 2018) sera revue. Les Algériens payent tout de plus en plus cher, même à l’administration. El Watan Week-end énumère tout ce que nous ne pourrons pas faire gratuitement.
Onze mille milliards de dinars. C’est le montant des impôts impayés. Un chiffre annoncé par le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, il y a quelques jours, devant les députés de l’Assemblée populaire nationale. Le premier responsable du secteur a d’ailleurs appelé le gouvernement à ne plus compter ce montant parmi les ressources financières de l’Etat, étant donné qu’il est impossible de procéder au recouvrement de cette somme.

La raison : « Il s’agit d’un montant non recouvrable hérité des décennies précédentes. Les entreprises concernées ont disparu et d’autres ont été déclarées en faillite», a-t-il expliqué. N’empêche, le ministre des Finances a assuré qu' »il ne faut pas croire que les services des impôts n’ont rien fait pour chercher cet argent».

Cependant, il faut croire que cela n’est pas suffisant. « Les entreprises dont il parle ne payent pas leurs impôts, et on se rabat sur le salaire du pauvre citoyen qui a du mal à joindre les deux bouts», se désole Mourad, enseignant. Un avis largement partagé par Nacéra, cadre dans une banque : « Tout est devenu payant.

Même pour aller au parc afin de se vider l’esprit, il faut payer le prix fort. Malheureusement, la qualité de service n’est pas au rendez-vous. De plus, avec l’arrivée imminente du Ramadhan, on s’attend à des prix encore plus élevés, ce qui n’arrange pas les choses.». Car les frais supplémentaires, il y en aura encore.

Chevaux

En effet, l’avant-projet de loi de finances complémentaires, examiné par le Conseil du gouvernement, a été validé par ce dernier. Ce projet de loi de finances complémentaire proposait des nouvelles taxes et des hausses conséquentes. Il était question d’un timbre du permis de conduire passant de 500 à 5000 DA.

Soit une hausse de 1000%. Concernant le timbre de la carte grise, il devait également être revu à la hausse. Pour certaines catégories de véhicules, les augmentations ont été multipliées par 20. Pour les véhicules de tourisme, camionnettes, camions et véhicules de transport en commun d’une puissance de 2 à 4 chevaux, le montant de la taxe est porté à 10 000 DA contre 500 DA auparavant.

Pour les véhicules d’une puissance de 5 à 9 chevaux, le montant de la taxe passe de 800 à 16 000 DA. Concernant les véhicules d’une puissance supérieure à 10 chevaux, la taxe est fixée à 20 000 DA. Elle est de 30 000 DA. Finalement, ce projet a été rejeté par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Le chef d’Etat a jugé qu’il n’était pas normal d’infliger au citoyen autant de taxes et de hausses en une seule année.

Pour l’économiste Abdelhak Lamiri, le contenu de la loi de finances complémentaire serait revu pour deux raisons essentielles. « La première a trait au fait que les différentes taxes qui y seraient incluses sont incompatibles avec le contexte, c’est-à-dire à quelques mois de l’élection présidentielle. En second lieu, les décideurs espèrent que la remontée des prix pétroliers durera plusieurs mois et permettra d’éviter le recours à des taux d’imposition plus élevés», explique-t-il.

Elections

De son côté, l’expert financier Souhil Meddah estime que « cet acte de réajustement peut être interprété de deux façons. La première étant que le coût supporté par le dernier consommateur devient additionnellement élevé à son pouvoir d’achat. Et la deuxième interprétation peut se justifier par le niveau des transactions multiples ou non prévu pour chaque individu, notamment dans les attributions des documents ou des achats de véhicules sur le marché du neuf ou celui de l’occasion».

Cependant, la décision du Président n’exclut pas la possibilité d’adopter ces lois dans la prochaine loi de finances, en 2019. « Il faudrait plutôt tabler sur la loi de finances 2020, car celle de 2019 sera votée en décembre 2018. Il serait étonnant de la voir contenir de fortes hausses.

La loi de finances complémentaire visait à se rapprocher de l’équilibre budgétaire et surtout faire des gestes en direction de l’Union européenne après les dernières critiques de celle-ci. Mais le contenu n’est pas conforme au contexte : une embellie des prix pétroliers et l’élection présidentielle qui se rapproche», confie Abdelhak Lamiri. Finalement, beaucoup expriment leur soulagement quant à la non-adoption de cet avant-projet de loi de finances complémentaire.

Rêve

« Cela aurait été la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase. On n’en peut plus des mauvaises surprises qui coûtent très cher et on ne sait plus comment exprimer notre ras-le-bol. Le pire est que nous ne pouvons même pas boycotter certains services étant donné que nous n’avons pas cette culture malheureusement.

Depuis des années, on ne fait qu’accepter tout ce qu’on nous inflige ; y en a marre», dénonce Mustapha, informaticien dans une société étatique. De son côté, Souhila, une mère de famille de 37, ans énumère : « Nous avons l’impression que le niveau de vie en Algérie est très élevé si on se réfère aux sommes faramineuses qu’on dépense pour chaque service. A titre d’exemple, j’ai voulu passer mon permis.

Je me suis rendu compte qu’il coûte 20% plus cher que les années précédentes. Les automobilistes ne peuvent pas garer leur véhicule dans un endroit sans se faire racketter. Et quand il s’agit d’un parking réglementé, les prix sont excessivement chers. Idem durant la période estivale.

Alors que les autorités avaient annoncé que l’accès aux plages été gratuit, rien de tout cela n’est vrai. Si on ne paye pas, on se retrouve derrière à ne plus pouvoir surveiller nos enfants. Si on veut voyager, les tarifs d’Air Algérie figurent parmi les plus élevés. Les émigrés ont de plus en plus de mal à venir rendre visite à leurs proches vu le prix des billets pour la destination Algérie. Se payer un appartement relève du rêve. Tiens, heureusement que le rêve est gratuit, sinon on mourrait».

Education

Autre secteur qui revient relativement cher aux familles : l’éducation. Même si celle-ci Lire la suite

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