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Point de vue : Pour un nouvel ordre national

Publié le 02/11/2017, par dans Non classé.

Hélas, l’on ne peut que constater le fait que la situation de notre pays ne cesse de se dégrader ! La crise que vit le pays est globale.
Cette crise est, d’abord, politique. Plus de cinquante-cinq ans après son indépendance, l’Algérie n’arrive toujours pas à se faire gouverner par des autorités plus ou moins légitimes et performantes et qui rendent compte à la population. Notre pays continue d’être régenté par un pouvoir de fait, avec camouflage démocratique. Nos mœurs politiques sont devenues exécrables, si exécrables que figurer sur une liste électorale se monnaie en millions de dinars aujourd’hui.

Outre la longue maladie du chef de l’Etat qui bloque toute perspective politique, malgré ces annonces qui se suivent et se ressemblent et ces mises en scène télévisuelles pathétiques auxquelles les citoyens ont droit de temps à autre. Ce n’est que du temps, trop précieux, perdu pour le pays. L’on est même en droit de se demander si ceux qui entourent le président Abdelaziz Bouteflika ne sont pas en train d’utiliser la longue maladie de celui-ci pour se servir à souhait.

En tous les cas, ils sont bien en train de le rendre responsable, pour la postérité, de tous leurs méfaits actuels. Pour preuve, ces appels effrontés pour un impossible cinquième mandat ! Enfin, probablement peu de gens réalisent que la longue maladie d’un chef d’Etat – notamment dans un système de gouvernance comme le nôtre – finit par instiller une dose d’anxiété, voire de déprime, parmi la population.

Elle (crise) est, ensuite, économique. La vie économique nationale se caractérise par une gabegie et une corruption généralisées, une économie informelle tentaculaire, des revenus extérieurs trop précaires parce que dépendant d’une mono exportation. Outre l’évasion fiscale à grande échelle, l’absence de l’éthique de l’effort et l’attrait du gain facile.

L’option de « moyens de financement non conventionnels» choisie par le gouvernement actuel – en plus du fait qu’elle soit une émission d’une fausse monnaie, officielle cette fois-ci – fait courir au pays le risque d’une inflation galopante qui ne manquera pas de se traduire par des drames humains aujourd’hui inimaginables, d’autant plus que le bâton va, sans doute, grossir au fur et à mesure que la carotte s’amenuise.

Ceci dit, n’importe quel Algérien aurait préconisé – avant de penser à la planche à billets – de commencer, d’abord, par la restitution des milliards de dollars volés, des économies dans le train de vie des responsables de l’Etat et la réduction des privilèges accordés indûment à ces responsables, lesquels privilèges ne peuvent que relever de la prédation.

Sans parler de l’évasion fiscale qui fait rage dans notre pays parce que tout se monnaie, frauduleusement, cash et sans facture.
Elle est, enfin, sociale. Livrée à elle-même et dépourvue d’une élite (politique et autres) la tirant vers le haut, notre société manifeste, depuis quelque temps, une nette tendance à l’anomie, créant son propre « normal» ; encouragée, notamment, par le relâchement progressif de la puissance publique, sauf quand il s’agit de contestation.

Ses individus sont devenus de plus en plus intolérants et irritables. A cause d’une perte d’espoir dans leur pays et se sentant incapables de se faire une vision d’avenir commune, beaucoup d’Algériens, notamment les jeunes, préfèrent l’exil, tandis que d’autres font mine de trouver la solution dans le retour au « vrai Islam» celui des essalaf essalih (les ancêtres vertueux) !

Une démarche à envisager

Bien sûr qu’il n’est pas facile de trouver le moyen idoine pour libérer l’Etat algérien en captivité d’autant plus que sa « captation» s’est fortement enracinée. Toutefois, un certain nombre de scénarios restent envisageables. Par souci de préserver la paix et agir dans d’ordre, l’auteur de cette contribution, écartant, d’emblée, le recours aux chefs militaires en politique, pense que l’on peut envisager le scénario suivant.

La dégradation continue de la situation du pays pourrait bien faire prendre conscience aux « forces du bien» au niveau de la Présidence de l’impossibilité de continuer à faire comme si de rien n’était. Aussi, il se pourrait que ceux-ci vont en tirer les conséquences qui s’imposent, notamment l’organisation de la démission du chef de l’Etat, A. Bouteflika, pour des raisons de santé et à la suspension de la Constitution. Suite à quoi, lesdites forces convoqueront une réunion d’urgence des directions des « institutions consultatives» mentionnées dans la Constitution 2016 (articles 195-204).

Cette réunion devra aboutir à la création d’un « Conseil national pour la refondation», lequel sera à caractère délibératif et se réunira de son propre chef ou à la demande de l’Instance présidentielle ci-dessous nommée. Bien entendu, d’aucuns ne manqueront pas de voir là une incohérence du fait de prévoir la suspension de la Constitution et de recourir, en même temps, à certains de ses articles ! Il y aura même des esprits qui vont considérer cette manière de voir les choses sinon comme un vœu pieux, une ineptie qui ferait revenir l’ancien régime par la grande porte.

En fait, ce recours semble le plus viable pour déclencher un processus de refondation avec le plus de chances de réussite du fait de son caractère pacifique et ordonné. Et s’il y aurait un risque quelconque, les forces politiques et sociales du pays devraient être là pour l’empêcher. Enfin, méfions-nous, surtout, du mythe de la table rase, il convient bien aux aventuriers et opportunistes.

Dès son installation, ledit Conseil devra procéder à la création d’une « Instance présidentielle transitoire», à caractère exécutif, dont les membres devront être sans liens politiques. Cette instance devra désigner un gouvernement restreint pour l’expédition des affaires courantes et se chargera de la gestion d’une période de transition qui ne devrait pas durer plus d’une année et demie. Durant cette période, il s’agira de doter le pays d’une nouvelle Constitution. Cette tâche sera confiée à une commission ad hoc d’horizons divers et consistera à élaborer un texte concis.

Celui-ci ne devra contenir aucun engagement de pure forme et aucune référence surannée servant d’assise au pouvoir politique. Il devra s’en tenir à l’essentiel, notamment les mécanismes d’une gouvernance efficiente, les droits humains fondamentaux, les mesures de protection des citoyens contre les injustices et les fragilités sociales. En même temps, un engagement sociétal ferme devrait y Lire la suite

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