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Pharmacie : Pas de reprise des cours dimanche

Publié le 10/02/2017, par dans Non classé.

« Il est porté à la connaissance des étudiants de pharmacie que suite à la réunion qui s’est tenue le 7 février à la faculté de médecine d’Oran, le conseil de direction appelle les étudiants à reprendre les cours au plus tard dimanche 12 février 2017.
Faute de quoi, l’année universitaire courante sera compromise.» Depuis hier, cette note est affichée dans tous les départements de pharmacie sur ordre de Tahar Hadjar, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les étudiants, eux, ne comptent pas prendre cette note en considération. Ces affiches ont été barrées avec mention « Pas de pas en arrière». « On ne va pas se laisser faire. On reste solidaires. L’affichage de cette note ne change rien pour nous. On compte poursuivre notre mouvement de grève jusqu’à obtenir gain de cause», soutient Nassim, étudiant en pharmacie.

Ces futurs pharmaciens comptent bien poursuivre leur mouvement de protestation. « La grève est maintenue jusqu’à ce que nous ayons une réunion avec le ministre de la Santé», confie Aladin Boutaleb, représentant des étudiants de Sidi Bel Abbès et membre de la Coordination nationale. Après 3 mois de grève, les étudiants ne semblent pas prêts à faire machine arrière, et ce, malgré la promesse du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, de prendre immédiatement en charge certaines de leurs revendications, notamment celle relative à la classification de leur branche.

Le Premier ministre avait promis la classification à la catégorie 14 de l’échelle de la Fonction publique aux docteurs en pharmacie et en médecine dentaire. Mais, le reclassement à la catégorie ne concerne que les étudiants ayant cumulé sept ans d’études. Ce que les représentants des étudiants ont refusé. Plus encore, même après la menace du ministère de l’Enseignement supérieur de décréter une année blanche, les étudiants ne plient pas. « Qu’elle soit blanche ou d’une autre couleur, on s’en moque.

Tant que nos revendications ne sont pas prises en considération, notre grève sera maintenue.» Ces derniers ne semblent effectivement pas inquiets. « Le spectre de l’année blanche ? ça ne nous fait pas peur. On préfère avoir une année blanche, qu’un cursus noir», affirme Nesrine. De son côté, Feriel se désole : « Pour menacer, ils sont de loin les plus forts, mais pour nous rencontrer, il n’y a plus personne.» Ou encore : « Il vaut mieux perdre une année que de perdre tout un avenir.»

D’autres, comme Nazim, vont plus loin dans la provocation : « Si vous avez le courage de le faire Monsieur le ministre, faites le !» Mais pourquoi ces étudiants n’ont pas peur de l’année blanche qui risque d’allonger encore leur cursus universitaire de cinq à six ans ? Zina, une étudiante, livre une explication « logique». Selon elle, environ 3000 bacheliers sont admis au département de pharmacie de la faculté de médecine chaque année à l’échelle nationale.

Année blanche !

« Si on décrète une année blanche, tout le monde refait l’année. C’est-à-dire qu’à la rentrée prochaine, il y aura 6000 étudiants en première année. Dans une situation normale (en moyenne 300 étudiants par département, divisés sur deux sections), l’enseignement est assuré par deux groupes de docteurs. Sachant que dans des conditions normales, des problèmes de disponibilité des professeurs sont fréquents en raison du volume horaire super chargé et du manque de docteurs, comment peuvent-ils décréter une année blanche ?

Où vont-ils placer tous les nouveaux bacheliers ?» L’étudiante poursuite son raisonnement et assure que les docteurs ne vont jamais accepter de travailler avec un volume horaire deux fois plus important que le précédant. Lors d’une année universitaire normale, le volume horaire est de 570 heures dans lequel sont compris les cours, les TD et les TP. « Comment vont-ils combler le manque de réactifs qui constitue un des problèmes majeurs qui paralyse notre formation ? Ils parlent d’année blanche, mais vu la phase d’austérité que le pays traverse, l’Etat est-il capable de payer deux fois les frais des pharmaciens ?

Car il faut savoir que tout sera multiplié par deux : le transport universitaire, les bourses, les restaurants universitaires.» Cette dernière précise que tous ces éléments sont à multiplier par le nombre de niveaux, soit par cinq. Selon elle, en plus de la surcharge, il n’y aura pas de résidents dans les services, ce qui constitue un réel problème. Ainsi, les étudiants sont décidés à maintenir leur grève jusqu’à obtenir une entrevue avec le ministre de la Santé.

A cet effet, Nacer Grime, chargé des relations avec les partenaires sociaux du ministère de la Santé explique : « Le ministère de la Santé est disposé à discuter avec tous ceux qui sont concernés par son ministère. Nous sommes l’un des rares ministères à avoir traduit le dialogue avec un ancrage réglementé via la circulaire 1 du 19 juillet 2016. Le ministre de la Santé est ouvert à tout dialogue qui amène son secteur à la sérénité. Il faut juste que les demandes soient introduites dans un cadre organisé.

Qu’il soit patient, médecin, pharmacien, dentiste ou simple citoyen, sa requête sera traitée. Nous n’avons aucun problème avec qui que ce soit. Nous sommes disposés à trouver des solutions à tous les problèmes qui secouent notre secteur, et ce, conformément à nos prérogatives. Notre priorité est la santé des malades, et on fait notre possible pour améliorer le service public.» Reste maintenant à savoir quand le ministère recevra les étudiants afin de discuter de tous les problèmes et essayer de trouver des solutions « concrètes», sinon la grève continuera.

Toutefois, si l’ensemble des étudiants est décidé à poursuivre le mouvement, les anciens les mettent en garde, à l’image de Meriem, qui prévient : « On a fait la même chose en 2011. Ce n’est pas pour décourager les étudiants, mais pour nous, ça n’a pas marché. Nous avons été les seuls perdants. Plus de 30% de notre promotion a refait l’année. Nous n’avons pas eu droit aux vacances d’été. En plus, la charge des cours et des examens de deux trimestres à la fois n’était pas facile à gérer. Espérons que cela ne sera pas le cas pour ces étudiants.» Lire la suite

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