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«Personne ne connaît les causes du crash»

Publié le 14/04/2018, par dans Non classé.

Les cortèges funèbres des 257 passagers de l’avion des forces armées, qui s’est écrasé à moins de 300 mètres de la piste de l’aéroport de Boufarik, d’où il venait de prendre son envol, n’ont pas arrêté durant ces trois jours. Et la question des circonstances de l’accident reste au centre des débats. Le président du Syndicat autonome des pilotes de ligne affirme : « Celui qui prétend connaître les causes du crash ne peut être qu’un charlatan…»
Soixante-douze heures après le crash de l’avion des forces armées à Boufarik, avec à son bord 257 passagers, dont des membres des familles de militaires, les plus folles hypothèses sont avancées sur les circonstances de cet accident, le plus meurtrier que l’Algérie ait connu. Certaines reposent sur des enregistrements vidéo de crash d’avion, diffusés sur les réseaux sociaux et dont la fiabilité est fortement contestée, d’autres sur l’état de l’appareil ou son origine, qui pourtant n’ont à aucun moment connu de problèmes techniques.

Contacté, Karim Seghouane, commandant de bord, instructeur examinateur à Air Algérie et président du Spla (Syndicat autonome des pilotes de ligne algériens), se dit « consterné» par les propos de « certaines personnes présentées comme des experts de l’aviation» qui « expliquaient les causes de l’accident».

M. Seghouane estime qu' »une enquête sur les circonstances d’un crash aérien est sérieuse. Elle ne se fait pas à distance et elle relève des compétences des experts qui, dans certains cas, mettent jusqu’à 5 ans pour donner leurs résultats, et il y a des cas où le dossier se ferme après des années, parce qu’on ne trouve pas d’explication.

Celui qui dit connaître les causes d’un tel accident est un charlatan». Pour notre interlocuteur, dans tous les crashs, « il y a ce qu’on appelle un protocole, une procédure ou un processus par lequel les experts passent inévitablement dans une première étape. Puis il faudra retrouver les deux boîtes noires, l’une contenant les paramètres techniques et l’autre l’enregistrement des conversations du pilote avec la tour de contrôle.

Les militaires adoptent les mêmes procédures, mais ont leur spécificité et, de ce fait, il peut y avoir quelques différences dans la forme et non le fond. Personne, à part les experts, ne peut se prononcer sur les circonstances de l’accident. Il faut savoir que même le constructeur russe va être présent lors de l’enquête, parce que les accidents permettent souvent de corriger et d’améliorer la technique de l’aviation.

Ce qui est à relever, c’est que déjà il peut y avoir un rapport préliminaire, élaboré sur la base du constat de l’appareil, des dégâts et du contenu des deux boîtes noires. Il sera complété par des investigations». Le président du Spla s’étonne que certains s’attardent sur l’origine ou l’âge de l’appareil.

« En aviation, il n’y a pas de risque zéro. Nul n’est à l’abri. Même l’américain Dream Liner, pourtant de la dernière génération de Boeing, a connu de sérieux problèmes. Nous avons évité le pire, il y a quelques mois, lorsqu’une partie du fuselage s’est complètement désintégrée en vol. Fort heureusement, l’avion, qui transportait plus de 200 passagers, est revenu pour être réparé.

La compagnie jordanienne de transport aérien a eu le même problème, et personne n’en a parlé. Airbus aussi a connu de multiples accidents, mais on ne les a pas pointés du doigt. Il faut savoir qu’Iliouchine est un avion sûr et bien connu des Algériens. Il n’a jamais connu de problème.

L’âge importe peu, lorsque l’entretien est bien assuré.» Revenant sur l’accident, M. Seghouane se refuse d’émettre une hypothèse, mais explique que l’étape la plus dangereuse pour un avion est celle du décollage. « Pour voler, il faut que les moteurs fonctionnent à plein gaz jusqu’à atteindre les 1500 miles d’altitude, en augmentant graduellement la vitesse. S’il y a un problème durant cette phase, le meilleur des pilotes au monde ne peut éviter le crash.

Il suffit de quelques oiseaux qui pénètrent dans les réacteurs, ou de vents violents, de fuites d’huile ou de carburant non captées pour que la catastrophe arrive. Les défaillances sont plus gérables lorsqu’on atteint l’altitude nécessaire au vol, mais pas durant la phase de décollage. Alors arrêtons d’accabler le pilote et laissons les experts trouver la faille…» Lire la suite

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