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Perpétuité pour les trois principaux accusés

Publié le 03/02/2018, par dans Non classé.

Le procès, qui a défrayé la chronique dans la ville, s’est déroulé dans une atmosphère assez particulière.
Après un procès qui a duré toute la journée et une partie de la nuit de jeudi dernier, le tribunal criminel de Constantine a rendu à 22h30 son verdict dans la fameuse affaire de l’enlèvement du bébé Leïth Kaoua, perpétré en mai 2014 à la nurserie de la maternité du CHU de Constantine. Une affaire qui a tenu en haleine durant quatre ans toute la population de Constantine, après celle vécue au mois de juillet 2013 lors du procès des tueurs des enfants Haroun et Ibrahim.

Les trois principaux accusés dans cette affaire ont été condamnés à la perpétuité par le tribunal criminel près la cour de Constantine, qui a retenu leur culpabilité pour les faits d' »enlèvement de mineur», « association de malfaiteurs» et « faux et usage de faux». Il s’agit de Saïd N., 62 ans, l’homme chez qui a été retrouvé le bébé à Tamalous, dans la wilaya de Skikda, Mounir B., 48 ans, qui a servi d’intermédiaire, et enfin Mohamed G., 47 ans, plus connu par Aziz, agent de sécurité au CHU de Constantine. Le grand absent à ce procès a été Zina B., épouse du premier condamné, décédée durant son incarcération au début de l’année écoulée.

Le procès a connu l’acquittement des deux sages-femmes de la maternité du CHU de Constantine, Naouel S. et Amel L, âgées de 34 et de 30 ans, accusées d’avoir délivré un faux certificat d’accouchement permettant de faire sortir le bébé. Ces dernières ont bénéficié d’un large mouvement de solidarité de leurs collègues à Constantine et à l’échelle nationale.

Le procès, qui a défrayé la chronique dans la ville, s’est déroulé dans une atmosphère assez particulière, avec des mesures de sécurité exceptionnelles devant le siège de la cour de Constantine. Il a été surtout marqué par la présence de plus 100 personnes parmi les employés du CHU de Constantine, appelées à apporter leur témoignage devant le tribunal criminel.

Durant le procès, la défense de Saïd N. a tenté d’incomber l’entière responsabilité à Mohamed G., l’agent de sécurité, qui aurait tout planifié pour l’enlèvement contre une somme de 90 millions de centimes, arguant que Saïd N. ignorait qu’il s’agissait d’un enlèvement et il n’avait fait que payer 68 millions pour ramener un bébé à sa femme et l’élever et lui épargner de connaître la misère de la rue. On lui aurait fait croire qu’il allait recevoir un enfant « illégitime», que la mère voulait céder. Mais l’agent de sécurité a tout nié devant le tribunal, affirmant qu’il n’avait jamais connu les deux autres accusés.

Le procureur général a requis 20 ans de prison ferme pour les principaux accusés. Après délibération, le tribunal criminel surprendra l’assistance en prononçant la perpétuité. « Je suis très satisfait de ce verdict, la justice a été rendue pour notre famille. Ce sera une mesure de dissuasion pour tous ceux qui tenteront de commettre un tel crime à l’avenir. Nous sommes soulagés», a déclaré Farid Kaoua, le père de Leïth, qui bouclera ses quatre ans dans trois mois.

La maman, qui était également présente au procès, a jugé que ce verdict est exemplaire, affirmant qu’elle essaye de se reconstruire et à soigner les traumatismes et séquelles de cette dure épreuve, et ce, jusqu’à nos jours. Si la fin de ce procès a été marquée par des moments de joie et des youyous pour les familles des sages-femmes, elle sera très dure pour l’épouse de l’agent de sécurité qui n’a pas manqué de blâmer son mari. Le plus marquant dans ce procès a été la déclaration de Saïd N. appelé à la barre pour s’exprimer avant la prononciation du verdict. Il dira : « Monsieur le président, je ne demande pas l’acquittement, mais je demande pardon aux parents du bébé.»

Pour rappel, le bébé Leïth Kaoua avait été enlevé tôt dans la matinée du 27 mai 2014 de la nurserie de la maternité du CHU de Constantine. Il sera retrouvé par les services de sécurité 15 jours plus tard à Tamalous, dans la wilaya de Skikda, chez le couple Saïd N. et Zina B., ancienne employée à l’OPGI de Tamalous. Plusieurs autres personnes avaient été arrêtées pour « enlèvement», « faux et usage de faux» et « complicité». Lire la suite

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