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Parti en Syrie combattre Daech

Publié le 17/11/2017, par dans Non classé.

L’Algérien Elhabib Lalili combat Daech et d’autres groupes armés en Syrie. Il risque des poursuites judiciaires pour « terrorisme» en Algérie. Ce qu’il ne comprend pas, compte tenu de la position officielle du pays vis-à-vis de la crise syrienne. Il a accepté de se « livrer» à El Watan Week-end et de partager le récit de son combat au pays du Levant.
« Je combats Daech en Syrie avant qu’il ne songe à envahir l’Algérie.» Elhabib Lalili, un Algérien engagé depuis 2015 au côté de l’armée de Bachar Al Assad en Syrie. Ancien membre du mouvement des chômeurs et l’un des manifestants contre l’actuel mandat de Bouteflika en 2014, Elhabib a complètement disparu des radars depuis octobre 2015.

Connu sur les réseaux sociaux pour ses positions anti-islamistes et son athéisme assumé, il n’a plus donné de signe de vie. Nos tentatives pour le joindre n’ont abouti qu’au début de l’année 2016. Tenu encore par l’obligation de réserve, il s’est contenté de dire qu’il est en Syrie où il combat « du bon côté».

Pour ceux qui le connaissent, le « bon côté» veut dire : « Tout sauf Daech et les islamistes.» Alors que les médias, notamment étrangers, ne cessent de parler de ces Algériens qui rejoignent Daech ou d’autres groupes armés islamistes en Syrie et ailleurs dans le monde, Elhabib, lui, nous réserve un tout autre scénario, des plus inattendus pour certains.

Engagé au côté de l’armée syrienne, il est l’Algérien qui a choisi de combattre les terroristes et non d’en faire partie. A 37 ans, après plus de deux ans de son départ pour la guerre, Elhabib Lalili, fils de Relizane, nous apprend qu’il fait partie de la Garde nationaliste arabe (GNA), affiliée à la 4e Brigade militaire que dirige le frère cadet du président syrien, Maher Al Assad.

Faisant partie des 14 forces armées qui se battent, depuis le début des austérités, aux côtés des Forces armées syriennes, la GNA, fondée en avril 2013, est un mouvement qui se revendique du nationalisme arabe et prend comme référence le Nassérisme. Connue pour être un mouvement antisioniste et anti-islamiste, la GNA est composée de volontaires de différentes nationalités arabes dont, principalement, des Syriens, des Irakiens, des Egyptiens et des Palestiniens, mais aussi des Libanais et des Algériens à l’image de Elhabib.

Ce n’est pas tout, car la GNA est aussi un mouvement laïque qui réfute tout extrémisme sectaire, racial et religieux. Dirigée par Dhou El Fiqar Al Amili, de son vrai nom Asaâd Hamoud, de nationalité libanaise, la GNA combat dans les gouvernorats du rif de Damas, Deraa, Homs et Alep, mais elle est surtout présente dans la région de Damas, fief de son leader, où elle a pour mission d’assurer, avec l’armée syrienne, la sécurité de la capitale.

La GNA compte quatre bataillons qui portent tous les noms d’anciens révolutionnaires et progressistes arabes, dont celui du père de Dhou El Fiqar, Haidar Al Amili, penseur et homme politique nationaliste arabe, qui n’est que l’ancien compagnon de lutte du défunt révolutionnaire, militant pour l’indépendance de l’Algérie puis pour celle de la Palestine, le journaliste et dramaturge algérien, Mohamed Boudia, assassiné par le Mossad à Paris en juin 1973. Elhabib Lalili est considéré comme l’homme le plus proche de Dhou El Fiqar. Il est aussi son bras droit, son homme de confiance, son conseiller politique et en communication et fait partie de sa garde rapprochée, avec d’autres éléments de la GNA.

Université

« Je suis de gauche. Je déteste les islamistes et leur idéologie religieuse. Pour les éliminer, je peux même les combattre sur la planète Mars, s’il le faut. Je ne suis pas contre que des peuples demandent le changement et la démocratie pour leur pays, je l’ai moi-même fait en Algérie, mais vouloir détruire l’Etat et la République c’est impardonnable !» affirme Elhabib. Il est costaud, brun et garde toujours le crâne rasé, Elhabib est né en août 1980 à Mediouna, au nord de la wilaya de Relizane. Il obtient son bac en 1998 et s’inscrit en droit à l’université d’Oran.

A la fac, il rencontre des militants de gauche, notamment du PAGS, puis découvre avec le mouvement des Archs en 2001, la dimension multiculturelle de l’Algérie et le combat pour les valeurs démocratiques. « J’ai surtout appris ce que c’étaient les valeurs de gauche, le combat pour la liberté mais surtout celle des peuples opprimés. J’ai aussi participé à plusieurs manifestations du mouvement des Archs», confie-t-il.

Elhabib décide de suspendre ses études à la dernière année de sa licence, pour entamer une vie professionnelle en débutant comme artisan dans les chantiers de construction. Il se spécialise dans le coffrage pendant quelques années, avant de tenter sa chance au Sud, puis à Sétif où il exerce différents métiers.

En 2014, il rejoint le mouvement Barakat et manifeste son opposition au 4e mandat de Bouteflika. Elhabib participe aussi à plusieurs autres initiatives politiques avant d’adhérer au mouvement des chômeurs où il milite jusqu’au jour de son départ pour la Syrie. Sur le plan réflexion, il dit qu’il est influencé par l’avocat et intellectuel franco-tunisien, Lafif Lakhdar, décédé à l’âge de 79 ans, en 2013, à Paris. « L’un de ses livres qui m’a vraiment ouvert l’esprit sur le monde est : Du Mohamed de la foi à Mohamed de l’histoire. Lafif Lakhdar est un intellectuel qui m’a sauvé du conservatisme et de l’extrémisme religieux», admet-il.

OTAN

Pour expliquer le pourquoi de sa décision, Elhabib revient sur les attaques chimiques dont ont été victimes les civils du sud et de l’est de Damas en 2013. A l’époque, Barack Obama, encore président des Etats-Unis, a accusé Bachar Al Assad d’être derrière ces massacres. Elhabib décide donc de manifester son soutien à l’Etat syrien et son président en participant à un sit-in organisé devant l’ambassade de Syrie à Alger.

« Barack Obama et d’autres chefs d’Etat occidentaux, dont nous savons qu’ils financent l’OTAN et le terrorisme en Syrie, ont directement accusé à charge Bachar Al Assad sans attendre les conclusions de l’enquête indépendante. C’était là une autre agression à l’égard de la République syrienne», se souvient-il.

A l’aide des réseaux sociaux, Elhabib entre en contact avec des Lire la suite

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