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«Parler du 5e mandat est indécent»

Publié le 01/02/2018, par dans Non classé.

Le coordonnateur du Mouvement démocratique et social, Hamid Ferhi, affirme, dans cet entretien, que son parti subit de fortes pressions à l’approche de son congrès, prévu pour les 27 et 28 avril prochain. Il apporte des éclaircissements sur les poursuites judiciaires dont il fait l’objet et d’autres de ses camarades pour, notamment, « outrage à corps constitué» et « attroupement non armé».
Dénonçant l’instrumentalisation de la justice, Hamid Ferhi estime que le redéploiement du MDS et sa volonté d’être présent au rendez-vous de 2019 doivent gêner le pouvoir. Le Coordonnateur du MDS affirme que son parti œuvre à forger une alliance de toutes les forces du travail contre les forces de la fuite des capitaux et de la spéculation. Hamid Ferhi considère que seule la lutte paie, soulignant le besoin de l’Algérie d’un front intérieur solide pour reconquérir sa place dans le monde. Dans cet entretien, Hamid Ferhi revient sur la dualité FLN/RND qu’il lie à l’approche de la présidentielle de 2019.

– Vous allez comparaître mardi prochain devant le tribunal de Ghardaïa avec d’autres cadres du MDS et des militants des droits de l’homme, pour, entre autres, « outrage à corps constitué» et « attroupement non armé». Qu’en est-il exactement ?

Le 1er juillet 2016, nous avons été dépêchés, Fethi Ghares, porte-parole du MDS, et moi, pour exprimer notre soutien à Me Salah Dabbouz qui a été menacé d’une mise sous contrôle judiciaire. Alors que nous étions attablés dans un café, la police nous a interpellés.

– vous ont-ils signifié à l’époque des poursuites judiciaires ?

Non. En juillet 2017, nous avons écrit au divisionnaire de la DGSN de Ghardaïa pour nous rendre notre caméra qui a été réquisitionnée, mais nous n’avons pas reçu de suite. Et nous avons été surpris d’apprendre qu’un des membres du groupe a reçu une convocation le 17 décembre dernier.

Dans des déclarations à la presse, vous avez également parlé de menace de fermeture de votre siège national à Alger. Pour quelle raison ?
Effectivement, nous avons reçu encore une fois un courrier de l’Agence foncière de la wilaya d’Alger, qui exige que nous régularisons notre situation avant des poursuites judiciaires, alors que nous n’avons cessé de leur répondre que notre situation est régulière et que s’il y a un problème, qu’il soit porté à notre connaissance.

– Ces « affaires» surgissent au moment où le parti prépare la tenue de son congrès prévu les 27 et 28 avril prochain. Pensez-vous qu’il y a un lien entre les deux ?

Effectivement. Le lien est tout établi. Ce qui nous désole justement, c’est cette instrumentalisation de la justice que nous considérons comme des pressions à la veille de notre congrès, qui aura à désigner notre candidat à la présidentielle de 2019. L’affaire du siège aussi, nous pensons qu’elle est également liée au fait qu’il soit mis à la disposition de toutes les organisations qui luttent pour leurs droits, ce qui nous vaut ces pressions. Ce congrès est important pour nous, c’est le premier qui se tiendra publiquement depuis la disparition d’El Hachemi Cherif, son fondateur, il y a de cela 10 ans.

– Vous avez introduit tout récemment une demande pour la tenue de ce congrès. Avez-vous reçu une réponse ?

Cela fait 15 jours depuis le dépôt de la demande d’autorisation et aucune réponse n’a été donnée par la wilaya. Alors que de cette autorisation, dépendent les démarches liées à sa bonne préparation matérielle et politique et surtout envoyer des invitations à des partis amis et autres personnalités dans le monde. C’est le redéploiement du MDS et sa volonté d’être présent au rendez-vous de 2019 qui doivent gêner.

– Pensez-vous que le pouvoir cherche à empêcher la tenue de votre congrès ?

Non, c’est juste une façon de nous empêcher de le préparer dans les meilleures conditions possibles. Vous n’êtes pas sans savoir que la composante actuelle du MDS est très jeune, essentiellement des étudiant(e)s et que nous finançons tout de nos poches et l’apport de souscripteurs qui pensent que le MDS apporte un éclairage nécessaire dans la conjoncture actuelle.

– Vous dites que le MDS aura son candidat à la présidentielle de 2019. Votre participation à ce scrutin sera-t-elle maintenue, même si l’actuel Président rempile pour un autre mandat ?

Nous avons toujours dit que ce 4e mandat a desservi notre pays aussi bien à l’intérieur qu’à l’étranger. Et que parler d’un 5e mandat est indécent. Comme nous avons combattu ceux qui clivent sur cette question plutôt que sur les questions politiques arrivées à maturité faisant comme si sa non-participation à la prochaine présidentielle est la solution.

– Dans les documents préparatoires du congrès, vous livrez votre vision politique et vous proposez une rupture avec le système actuel en deux temps. Comment ?

Effectivement. Dans un premier temps, nous proposons aux forces du travail de se battre pour prendre le gouvernement et surtout de ne pas tomber dans le piège tendu par les forces de l’import/import qui veulent opposer le secteur privé au secteur public. Pour le MDS, il s’agit de forger une alliance de toutes les forces du travail (public et privé) contre les forces de la fuite des capitaux, de la spéculation…

– Est-il possible de concrétiser un tel projet dans la conjoncture actuelle, marquée par des déchirures et des divisions au sein des forces de l’opposition ?

Je crois qu’il faut regarder vers la société. Voyez comment l’opinion publique s’est mobilisée autour du limogeage de Tebboune qui voulait s’attaquer à l’argent sale, autour de l’injustice faite à Rebrab, à voir comment les médecins résidents se mobilisent et le soutien que leur apporte toute la société, les marches imposantes de notre jeunesse à Béjaïa et Tizi Ouzou ou la banderole de Aïn M’lila. Qui aurait parié que 2018 serait l’année de Yennayar chômé et payé. La lutte paie, et c’est ce que nous proposons aux Algériens, et nous rend optimistes.

– En plus des médecins résidents, les paramédicaux aussi observent un débrayage. Ces grèves touchent également l’éducation. Mais le premier responsable du FLN, Djamel Ould Abbès, accuse des forces de l’opposition d’être derrière ces mouvements de protestation. Qu’en pensez-vous ? Quelle appréciation faites-vous de Lire la suite

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