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« Entre Orient et Occident », un concert de musique symphonique présenté à Alger

Publié le 22/04/2018, par dans Non classé.

ALGER – « Entre Orient et Occident », un concert de musique à deux volets, présenté samedi soir à Alger par l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, dirigé par le maestro Amine Kouider, devant un public nombreux, venu apprécier le rapprochement les deux cultures.

Accueilli à l’Opéra d’Alger Boualem-BessaIh, le spectacle a embarqué, une heure et demie durant, le nombreux public présent, dans un voyage à deux stations, explorant l’univers classique des musiques, andalouse à travers des extraits de la Nouba « Raml » interprétés par Noureddine Saoudi, et symphonique par l’exécution des quatre mouvements de la 9e Symphonie de Ludwig Van Beethoven(1770-1827).

Noureddine Saoudi, prenant congé de son titre de directeur de l’Opéra d’Alger le temps d’une prestation, a ouvert la soirée, interprétant avec une voix étoffée, empreinte d’un remarquable vibrato, la partie andalouse dans la richesse de ses variations modales et la diversité de ses mouvements, adaptée à la musique classique universelle par le regretté Rachid Saouli, disparu en 2017.

Très applaudi par le public, le musicologue et chercheur dans le patrimoine andalou a notamment sublimé la beauté de cette musique savante, à travers les pièces, « Ya reqbet el bellar » (m’çadar), « Mata ya gharib el haI » (istikhbar) et « Ya mouqabil » (Kh’lass).

Des passerelles culturelles ont été ensuite établies par quatre étudiants de l’Institut national supérieur de musique (Insm), Foued Terki et Mohamed Meameri aux percussions, Riad Boualem au luth et Hassane Belkacem Benalioua au qanun, proposant au public une version orientale des thèmes principaux de la 9e Symphonie de L.V.Beethoven.

Dans un tout autre registre musical, Amine Kouider et la cinquantaine d’instrumentistes composant l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, ont restitué à l’assistance la 9e symphonie de Ludwig Van Beethoven dans son intégralité.


ALGER – « Entre Orient et Occident », un concert de musique à deux volets, présenté samedi soir à Alger par l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, dirigé par le maestro Amine Kouider, devant un public nombreux, venu apprécier le rapprochement les deux cultures.

Accueilli à l’Opéra d’Alger Boualem-BessaIh, le spectacle a embarqué, une heure et demie durant, le nombreux public présent, dans un voyage à deux stations, explorant l’univers classique des musiques, andalouse à travers des extraits de la Nouba « Raml » interprétés par Noureddine Saoudi, et symphonique par l’exécution des quatre mouvements de la 9e Symphonie de Ludwig Van Beethoven(1770-1827).

Noureddine Saoudi, prenant congé de son titre de directeur de l’Opéra d’Alger le temps d’une prestation, a ouvert la soirée, interprétant avec une voix étoffée, empreinte d’un remarquable vibrato, la partie andalouse dans la richesse de ses variations modales et la diversité de ses mouvements, adaptée à la musique classique universelle par le regretté Rachid Saouli, disparu en 2017.

Très applaudi par le public, le musicologue et chercheur dans le patrimoine andalou a notamment sublimé la beauté de cette musique savante, à travers les pièces, « Ya reqbet el bellar » (m’çadar), « Mata ya gharib el haI » (istikhbar) et « Ya mouqabil » (Kh’lass).

Des passerelles culturelles ont été ensuite établies par quatre étudiants de l’Institut national supérieur de musique (Insm), Foued Terki et Mohamed Meameri aux percussions, Riad Boualem au luth et Hassane Belkacem Benalioua au qanun, proposant au public une version orientale des thèmes principaux de la 9e Symphonie de L.V.Beethoven.

Dans un tout autre registre musical, Amine Kouider et la cinquantaine d’instrumentistes composant l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, ont restitué à l’assistance la 9e symphonie de Ludwig Van Beethoven dans son intégralité.


Lire aussi: Musique symphonique: la valse viennoise s’invite à Alger


Dans la solennité du moment marquant le quatrième mouvement, les jeunes voix soprano de Anissa Hadjersi et Ibtissem Amrane, ainsi que celles du ténor Aissa Hadj Amara et du baryton Mesbah Fadli, soutenues par le Choeur de l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger, représenté par 21 voix masculines et 18 voix féminines, ont donné au concert des allures de grands soirs.

Les spectateurs ont hautement apprécié le rapprochement culturel réussi entre l’Orient et l’Occident, à travers la mise en valeur des patrimoines historiques et culturels de ces deux régions du monde, savamment établi par la fusion des sonorités et le langage universel de la musique.

« Beethoven aurait certainement apprécié entendre sa symphonie interprétée avec des rythmes et des sonorités orientales » a lancé une spectatrice.

Organisé par l’Opéra d’Alger Boualem BessaIh sous l’égide du ministère de la Culture, le concert « Entre Orient et Occident » a été programmé pour une représentation unique.

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«L’autoritarisme rentier est à l’origine du mal-développement»

Publié le 21/04/2018, par dans Non classé.

En ouverture de ce 36e numéro de la revue Naqd, une contribution de Smaïl Goumeziane, « La résurrection des rentiers», balise habilement le sujet en opérant une judicieuse mise en perspective historique.
L’ancien ministre du Commerce sous Hamrouche (1989-1991) fait d’emblée ce constat : « La rente, sous ses diverses formes, modèle à sa guise le monde contemporain.

Elle gangrène l’activité économique et politique et, au-delà, tout le corps social. Sur fond de mondialisation triomphante, elle est à la fois le symbole de la toute-puissance des rentes financières et du recul démocratique dans les pays capitalistes, et celui du mal-développement et de la toute-puissance du système rentier dans les pays à régimes autoritaires.» Pour Smaïl Goumeziane, « le système rentier est ‘‘congénitalement » autoritaire, de sorte qu’on pourrait aussi l’appeler ‘‘l’autoritarisme rentier »». Il explique : « L’autoritarisme rentier suppose la mise en place et la détention de monopoles, voire d’oligopoles, politiques et économiques (ou même religieux) pour le contrôle de la création et de la distribution des rentes, à travers des organisations et des institutions formelles et officielles, notamment en termes d’autorité, mais aussi informelles.

Pour assurer ce contrôle, il utilise principalement des règles et procédures administratives bureaucratiques et contraignantes, des réseaux informels et des pratiques corruptrices multiformes.» M. Goumeziane a consacré une bonne partie de son étude à l’examen clinique du cas algérien. « Couplé à un régime autoritaire plus ou moins homogène, écrit-il, ce système rentier, qui s’est développé depuis les premières années de l’indépendance, a réussi à contrecarrer et à dévoyer les deux grandes stratégies de développement d’une économie nationale productive et diversifiée, formellement affichées par les tendances ‘‘productivistes et non rentières » du régime autoritaire : celle des industries industrialisantes des années 1970 et celle de la fin des années 1980 dite des ‘‘réformes démocratiques ».

Et à en phagocyter, progressivement, les fruits au bénéfice de la tendance rentière et de ses clientèles, tout en aggravant les inégalités économiques et les injustices sociales.»

« Le règne de la chkara»

L’auteur de Le Pouvoir des rentiers (EDIF2000, Alger, 2003) énumère le triste palmarès de l’Algérie au titre de divers classements peu glorieux : « Pour ces raisons, après plus de 50 ans d’indépendance, l’Algérie est toujours en situation de mal-développement comme le montrent ses différents classements internationaux dans de nombreux domaines : 93e place pour le développement humain (mais dernière place des pays pétroliers !) ; 153e position pour le climat des affaires ; 110e place pour la compétitivité ; 136e place pour la liberté d’entreprise ; 141e place pour la liberté de la presse ; 105e place pour la corruption ; 117e place pour l’égalité des sexes…

Tout cela est largement connu et explique les larges mobilisations populaires récurrentes de ces dernières années pour l’emploi, pour le logement, pour la santé ou l’éducation.» Considérant l’évolution du revenu moyen par habitant, l’économiste dresse une comparaison saisissante avec la Corée du Sud et révèle : « Après 50 ans d’indépendance, est-il normal, pour un pays pétrolier comme l’Algérie, de disposer d’un revenu moyen annuel par habitant de quelque 7200 dollars, quand un pays comme la Corée du Sud – ayant aussi connu un régime autoritaire –, ne disposant d’aucune ressource pétrolière et aussi pauvre que l’Algérie en 1962, caracole aujourd’hui avec un revenu moyen annuel par habitant de l’ordre de 27 000 dollars ?» Smaïl Goumeziane souligne que « les rentes dominent largement les profits et les salaires ; les revenus informels dominent les revenus réels ; la fraude et l’évasion fiscales s’étendent chaque jour davantage… Le bon sens populaire appelle cela le règne de la ‘‘chkara »».

Et de marteler : « Comment pourrait-il en être autrement quand le territoire national est dominé par un quadruple marché combinant de façon plus ou moins anarchique marché public administré, marché oligopolistique privé, marché concurrentiel plus ou moins administré et marché informel ?

Ce dernier imposant de plus en plus son mode de fonctionnement et de régulation aux trois autres.» « Comment pourrait-il en être autrement dans une société où 50% de la masse monétaire circulent hors des banques et où trois instruments essentiels d’une économie moderne continuent d’être superbement ignorés : la facture, le chèque et le bilan ?»

« Libérer les Algériens après avoir libéré le pays»

L’auteur de La tiers mondialisation (Charles Corlet, Paris, 2005) regrette également le sort fait aux cadres algériens et la mauvaise utilisation des compétences nationales : « Que sont devenues les générations de cadres et de travailleurs qui s’étaient engagées avec conviction et dévouement dans la ‘‘bataille du développement » des années 1970 ?

Que sont devenues celles des années 1980 qui ont bousculé le système rentier et secoué le régime autoritaire, exigeant à la fois davantage de libertés individuelles et collectives – particulièrement dans les domaines politique et culturel – et une véritable autonomie dans la gestion des entreprises, au point de les contraindre, dans la douleur d’Octobre 1988, à des réformes démocratiques vite étouffées ?» M. Goumeziane le dit avec conviction : « Sans cette logique rentière infernale, les immenses ressources du pays auraient largement permis de rembourser la dette externe sans se mettre sous les fourches caudines du FMI et des banques internationales, d’investir dans la production agricole et industrielle hors hydrocarbures, dans l’éducation et la recherche, de diversifier la production nationale et les exportations du pays, de mobiliser à nouveau toutes les potentialités humaines, naturelles, organisationnelles, techniques et financières du pays afin d’améliorer sensiblement et durablement le niveau et la qualité de vie des populations.

En un mot : de libérer les Algériens après avoir libéré le pays.» Il préconise de « modifier en profondeur les choses et d’envisager des alternatives politiques et économiques, de façon pacifique et démocratique, afin de passer d’un ‘‘autoritarisme rentier » à un ‘‘système productif démocratique ».

Et pour cela, mobiliser, au-delà des sempiternelles échéances électorales, et où qu’elles se trouvent (…), toutes les forces vives de la nation soucieuses de réhabiliter l’économie productive nationale dans le respect des libertés de chacun et de tous». Lire la suite

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«Les subventions profitent plus aux riches qu’aux nécessiteux»

Publié le 21/04/2018, par dans Non classé.

Sous le titre : « Etat développementiste VS Etat rentier : qu’en est-il en Algérie ?», l’économiste Youcef Benabdallah, professeur à l’Ecole nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSSEA), livre une étude très fouillée pour ce 36e numéro de la revue Naqd dans laquelle il s’évertue à « montrer comment l’Etat algérien a perdu progressivement les quelques velléités développementistes affichées durant les années 1970 pour s’affirmer comme un Etat rentier clientéliste». Analysant les caractéristiques de l’Etat providence à l’algérienne, l’auteur parle d’un « modèle social insoutenable». « Entre 2000 et 2015, l’orientation sociale du budget est nettement visible.

Le taux de croissance annuel moyen des transferts sociaux explicites a été de 14,8%, bien supérieur au taux de croissance des dépenses budgétaires. Ils sont passés crescendo de 6,5% du PIB à la fin des années 1990 à plus de 15% en 2015», détaille-t-il. Et de préciser : « Cependant, ce système de subventions et de soutiens n’a jamais été, jusqu’à récemment, évalué en termes d’efficacité, d’équité sociale et de soutenabilité de son financement.» « Il est injuste car il entretient un égalitarisme à l’envers, puisqu’il profite plus aux riches qu’aux nécessiteux. Le soutien des prix des denrées alimentaires, des carburants et d’autres équipements va sans discrimination à toutes les couches sociales», argue-t-il.

Une société « sous-fiscalisée»

Le professeur Benabdallah estime qu’avec la baisse des recettes pétrolières, et pour continuer à financer ce modèle social, l’Etat est forcé de reculer sur le front de l’investissement public. « Sachant le caractère incompressible des dépenses de fonctionnement (salaires, autres traitements, transferts sociaux et maintien des fonctions régaliennes), les difficultés de l’Etat à les ajuster sont évidentes en période de contraction des recettes. Il s’exposerait à l’impopularité.

L’Etat est contraint de réduire son investissement (renonciation à des projets et arrêt d’autres) et de pénaliser de fait la croissance économique qui en dépend fortement car l’investissement public y contribue directement (à hauteur de) 40 à 50%», dissèque-t-il. L’auteur a pris le soin de convoquer quelques réflexions que l’on doit à des théoriciens comme Hossein Mahdavy, Hazem Beblawi et autre Giacomo Luciani, qui se sont intéressés à la structure et au métabolisme des Etats rentiers.

« Pour ces théoriciens, l’autonomie fiscale de l’Etat (rentier) lui confère (…) un pouvoir qui lui permet de contourner la contrainte démocratique de reddition des comptes (accountability). L’Etat rentier gagne sa ‘‘légitimité » grâce à la distribution de la rente plutôt que par l’impôt et la représentation. Sous-fiscalisée, la société est peu désireuse de s’organiser pour réclamer plus de transparence», rapporte Youcef Benabdallah, avant d’ajouter : « La rente pétrolière rend l’exercice du pouvoir facile et attractif. Elle garantit immunité et longévité. N’étant pas contraint par la rareté des ressources, l’Etat peut acheter la paix sociale, corrompre la classe politique et faire taire les récalcitrants en développant un appareil coercitif. L’Etat rentier est à la fois généreux, répressif et clientéliste.»

Dans le cas de l’Algérie, l’expert relève : « Dopé par la rente pétrolière et l’élargissement corrélatif de sa solvabilité extérieure, l’Etat réagit aux problèmes économiques et sociaux par la dépense et non par l’efficacité. La rente pétrolière permet de faire face aux surcoûts, d’ignorer les retards et d’effacer toutes les ardoises.» Il note, par ailleurs : « Le soutien généralisé des prix, la distribution gratuite de logements, l’emploi pléthorique, la médecine gratuite, etc. ont été autant d’instruments pour distribuer la rente qui, de fait, va prolonger la légitimité révolutionnaire de l’Etat issu de la Guerre de libération tout en lui conférant un pouvoir étendu sur l’économie et la société.» Il en déduit que « la rente pétrolière a joué comme un rapport social consensuel ayant permis d’éviter les collisions entre l’économique et le social».

« La tripartite est une instance de repartage de la rente»

L’auteur n’a pas manqué de mentionner dans sa contribution les fortunes qui ont prospéré ces dernières années avec la complicité de l’appareil d’Etat : « Les nouveaux riches algériens, devenus oligarques, ont accumulé des fortunes colossales sans avoir à passer par le marché au sens classique du terme, mais seulement en utilisant et en servant leurs réseaux.» Il ajoute : « Les nouveaux riches sont très visibles économiquement, socialement et politiquement.»

Et de faire remarquer dans la foulée : « La tripartite, organe de concertation qui réunit le gouvernement, les syndicats des travailleurs et des patrons, est une instance de partage et de repartage de la rente, et non des fruits de la croissance. L’Etat en est tout simplement l’administrateur.» Youcef Benabdallah observe le recours décomplexé au gré à gré comme modalité banalisée de redistribution de la rente : « Jamais période n’a été aussi propice à la corruption et au détournement des deniers publics que celle couverte par les différents programmes présidentiels. Le gré à gré, disposition exceptionnelle du code des marchés publics, est devenu la règle.

Elle permet à l’administration d’élargir légalement ses pouvoirs discrétionnaires et de choisir sa clientèle.» Le professeur Benabdallah prévient que ce mode de gouvernance ne permet pas à tous les coups d’acheter la paix sociale : « Il est illusoire de construire ‘‘un pacte économique et social » sur la base d’un modèle distributif rentier.

La paix sociale, obtenue sans effort, évite les conflits durant la période présente mais les accroît pour la période suivante.» « L’Etat semble avoir abandonné son rôle de ‘‘rentier actif » des années 1970 qui consistait en une tentative de transformation de la manne pétrolière en système productif tout en organisant consciemment le dépérissement de la rente. On peut interpréter ainsi le slogan ‘‘semer le pétrole pour récolter le développement » de l’époque.

On continue à semer le pétrole pour payer une facture d’importation de plus en plus lourde et non solvable.» Youcef Benabdallah avertit : « Il sera difficile pour l’Algérie de recourir, à l’exemple des pays du miracle asiatique, au dumping monétaire et à la modération salariale pour reconquérir des parts sur le marché intérieur et diversifier les exportations sans heurter violemment le front social.»

Et de conclure : « Après une expérience de développement de plus de cinquante années, la problématique d’un régime de croissance libéré de la valorisation internationale des hydrocarbures reste entière. La transition d’un ‘‘consensus rentier » à un‘‘consensus de croissance » est une question qui attend le Lire la suite

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«La rente foncière est générée par les instruments d’urbanisme»

Publié le 21/04/2018, par dans Non classé.

Le secteur du bâtiment est probablement de ceux qui génèrent le plus de situations de rente, et ce 36e numéro de Naqd, consacré à l’économie rentière, ne pouvait l’occulter.
Aussi, une analyse de fond y est consacrée sous la plume d’un spécialiste du domaine : Rachid Sidi Boumedine.

Dans une étude intitulée « La rente dans l’urbanisme et l’immobilier», le sociologue urbaniste s’est justement attaché à démonter les mécanismes sournois de la rente liée au foncier et les usages et autres procédés douteux de « l’Etat néopatrimonial». « Dire que la rente foncière ou immobilière est ‘‘générée » par les instruments d’urbanisme revient à partir de l’idée que c’est l’Etat qui, avec ses outils et ses procédures, est à la source de la création et de la distribution de la rente en milieu urbain», écrit le sociologue. Nous avons affaire, d’après lui, à des « groupes qui dominent l’Etat et le gèrent comme un patrimoine privé».

Ces groupes et leurs « servants» ont souvent recours, observe l’auteur, à la transgression des lois et de la réglementation qui organisent l’espace urbain, pour s’adjuger des positions de rente. Rachid Sidi Boumedine souligne à ce propos qu' »en matière d’urbanisme, le premier instrument créateur de la rente est le Plan d’urbanisme (PDAU) assorti des POS (Plans d’occupation des sols)».

A titre d’illustration, il montre comment ces instruments « transmutent des terres agricoles à faible valeur vénale en parcelles de valeur différenciée selon leur situation (hauteur ou fond de vallée, près des centres de services ou en lointaine périphérie), leur niveau et qualité de viabilisation, leur environnement (naturel ou bâti)».

Il ajoute : « En montrant à certains initiés quelles sont les zones d’enjeux les plus rentables, leur destination potentielle, en général à proximité des grandes agglomérations – ce qui accentue leur rentabilité –, ces outils publics auront réalisé l’essentiel : à la fois ce qu’il faut affecter pour créer une valeur ajoutée (on peut négocier ensuite ‘‘à qui l’affecter ») et les arbitrages possibles entre les réseaux…»
L’auteur de L’urbanisme en Algérie : échec des instruments ou instruments de l’échec (Ed. Alternatives urbaines, 2013) relève par ailleurs :

« En général, c’est dans le discours technique des circulaires, quand la porte a été ouverte par les décrets, que se font des lectures que ne laisse pas entrevoir la loi (ou l’ordonnance qui en fait office).» C’est le cas, indique-t-il, des textes régissant les réserves foncières communales : « La seule lecture de l’enchaînement, de l’objet, et de la succession des décrets d’application de l’ordonnance sur les réserves foncières communales, destinées au départ à permettre aux communes de disposer de terrains pour réaliser les équipements publics, surtout les écoles, montre comment le projet de départ a été dévoyé et tourné presque exclusivement vers la production et la vente de lots de terrain pour la construction, surtout individuelle.»

L’infructuosité présumée pour justifier le gré à gré

Le sociologue dévoile une pratique courante pour justifier le recours au gré à gré : c’est la présumée « infructuosité» de l’avis d’appel d’offres. « Il suffit de confier la publication à des journaux réputés ‘‘nationaux » mais à très faible diffusion, et donc de ne recevoir aucune offre, de refaire la même procédure deux fois, pour aller vers ‘‘l’infructuosité de l’appel d’offres » ce qui permet de passer des contrats au gré à gré. Parfois, le gré à gré est directement justifié par l’urgence, alors que le principe du projet est connu depuis longtemps (par exemple, des programmes de logements, équipements ou infrastructures).»

Rachid Sidi Boumedine insiste sur le fait que le principe, qui consiste à édicter une loi pour aussitôt la transgresser, n’est pas l’apanage des hommes de pouvoir.

Souvent, le système rentier est obligé de tolérer certaines transgressions de la part de la population pour avoir « la paix sociale» car « ne disposant pas de la légitimité des urnes». « Il parvient par ses concessions permanentes, par des renégociations et transactions sans fin à assurer la paix sociale.» Parmi ces transgressions, l’auteur de Bétonvilles contre bidonvilles (APIC, 2016) cite les baraques qui se sont imposées dans le paysage urbain : « C’est ainsi que le bidonville, illégal selon les discours officiels, est cependant toléré, raccordé au réseau électrique, à l’eau potable et parfois même à l’assainissement.»

Et de faire remarquer : « On voit bien dans ce cas que la rente n’est pas toujours un bien matériel direct mais un pouvoir (de transgression) qui ouvre ‘‘le champ du possible » en permettant à certains d’accéder à des interdits, imposés par ailleurs à d’autres.» Dans le même ordre d’idées, le sociologue évoque l’incapacité feinte de lutter contre certaines pratiques informelles.

Cette « inaction» ou « impuissance» « dissimule un gisement de rente», dit-il. « Les exemples sont à la fois multiples et divers : enlèvements illégaux de sable, extension de bidonvilles, empiétements et occupation des espaces publics (marchés dits informels, parkings sauvages, etc.)…» Les auteurs de ces transgressions, précise-t-il, « sont connus des autorités locales» et ils peuvent, le cas échéant, être mobilisés pour « contrecarrer des manifestations non désirées, troubler une réunion politique, voter et faire voter lors des élections…»

Rachid Sidi Boumedine résume : « C’est ainsi que les groupes qui dominent l’Etat sont astreints, à la fois pour sauvegarder leur pouvoir face aux actions possibles de groupes concurrents et pour assurer le régulation et l’équilibre de l’ensemble du système, à accorder aux uns et aux autres des rentes de situation et des marges de transgression des lois en vigueur, permettant aux servants et aux clientèles de prélever la part qui leur est autorisée (…).

La transgression peut être vue, à cet égard, à la fois comme un outil et un moment de la régulation sociale dans un tel système rentier.» Lire la suite

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Vers la généralisation de la distribution quotidienne en eau potable

Publié le 21/04/2018, par dans Non classé.

Les perturbations en eau potable vécues l’été dernier seront-elles évitées cette année ?
Le ministre des Ressources en eau qui s’est exprimé jeudi dernier, en marge d’une séance plénière à l’APN, promet un été sans perturbation, possible grâce à une « gestion confortable» de cette ressource.

Les conclusions de Hocine Necib sont tirées selon les paramètres positifs engendrés par les dernières précipitations et les investissements engagés récemment dans le secteur.

Le taux de remplissage des barrages a atteint, en effet, 66%, soit 4,5 milliards de mètres cubes jusqu’à avril 2018, a affirmé le ministre indiquant que ces quantités permettront au secteur une « gestion confortable sur plus d’une année».

Selon le même responsable, le secteur a enregistré une « remobilisation des nappes phréatiques au nord et au niveau des Hauts-Plateaux, estimée à plus de 200 nappes, grâce aux récentes précipitations, permettant de répondre aux besoins du pays en matière d’eau potable et d’irrigation». La gestion confortable de la ressource peut donc se concrétiser avec une nouvelle feuille de route avec une distribution quotidienne pour un plus grand nombre de communes.

Contrairement à l’année 2017, qui était « une année exceptionnelle en termes de température», marquée par l’instabilité en matière de distribution d’eau potable à travers 30 wilayas à des niveaux différents, M. Necib a annoncée l’établissement d’une nouvelle feuille de route dont l’objectif est la généralisation de la distribution quotidienne d’eau potable.

Cette feuille de route permettra la maîtrise de l’instabilité enregistrée par le passé dans 592 communes à travers 30 wilayas. Le renforcement du secteur par une enveloppe financière d’un montant de 31 milliards de dinars afin de subventionner le programme complémentaire d’investissement, qui a été établi en coordination avec le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales ainsi que les walis, et ce, depuis octobre dernier. Cela s’ajoute aux opérations d’investissement déjà lancées, a précisé le ministre. « Les procédures qui ont été prises visant l’amélioration du rendement dans le service public nous rendent optimistes par rapport à la saison estivale», lance également le ministre.

S’agissant de la situation de la gestion du secteur, le ministre a indiqué que 360 communes connaissant un déficit en matière d’alimentation en eau durant l’année dernière bénéficieront d’une distribution quotidienne durant le premier semestre en cours, alors que 220 communes jouiront de cette même opération durant le deuxième semestre de l’année en cours.

Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’objectif tracé visant l’amélioration de l’alimentation en eau potable au niveau de 30 wilayas pour laquelle l’Etat a consacré le budget nécessaire.

Il a assuré que le secteur veille à garantir une meilleure qualité de l’eau qui est considérée comme une « priorité extrême» puisqu’elle est liée directement à la santé du citoyen. « Il y a une organisation et un suivi permanent notamment en matière de prévention contre les maladies transmissibles via les eaux, puisqu’aucun cas n’a été enregistré et nous sommes très satisfaits de ces résultats», ajoute M. Necib. Lire la suite

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Terrorisme : Trois individus capturés à Jijel

Publié le 21/04/2018, par dans Non classé.

Trois terroristes ont été capturés, hier, par un détachement de l’Armée nationale populaire (ANP) à Jijel, indique, dans un communiqué, le ministère de la Défense nationale (MDN).
« Dans le cadre de la lutte antiterroriste et lors d’une opération de fouille et ratissage, un détachement de l’Armée nationale populaire a capturé, le 20 avril 2018 à Aïn Loubna/Ziama Mansouria – Jijel/5e RM, trois terroristes. Il s’agit du dangereux terroriste H. Abdelhakim, dit Abdelnassir Djamel, qui avait rallié les groupes terroristes en 1995, du terroriste M. Arezki, dit Ami Saïd, qui a rallié les groupes terroristes en 2002 et du terroriste A. Hichem, dit Mouaad, qui a rallié les groupes terroristes en 2017», précise la même source. Cette opération, toujours en cours, « a permis de récupérer trois pistolets-mitrailleurs de type kalachnikov, cinq chargeurs et 155 balles, une paire de jumelles et trois téléphones portables», ajoute le MDN. « Cette opération s’inscrit dans la dynamique des opérations menées par nos forces armées pour assainir notre pays du fléau du terrorisme, et asseoir la sécurité et la quiétude à travers l’ensemble du territoire national»,
conclut le communiqué.
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