formats

Saïd Chitour déféré devant le tribunal criminel

Publié le 16/11/2017, par dans Non classé.

La chambre d’accusation près la cour d’Alger a rendu cette semaine sa décision concernant l’affaire du journaliste-fixeur Saïd Chitour.
Elle a tout simplement confirmé l’accusation retenue contre ce dernier, en lui faisant appliquer l’article 65 du code pénal, qui prévoit la réclusion perpétuelle contre « quiconque qui, dans l’intention de les livrer à une puissance étrangère, rassemble des renseignements, objets, documents ou procédés dont la réunion et l’exploitation sont de nature à nuire à la défense nationale ou à l’économie nationale». De ce fait, elle a renvoyé l’affaire devant le tribunal criminel pour son jugement.

Chitour avait été arrêté le 6 juin dernier, à l’aéroport d’Alger, après son retour d’Espagne, par les services de la sécurité militaire, puis déféré devant le tribunal de Dar El Beïda, qui l’a placé sous mandat de dépôt. Incarcéré à la prison d’El Harrach, à Alger, son état de santé s’est sérieusement détérioré ces dernières semaines, sa famille ne cesse de clamer son innocence, alors qu’une pétition pour sa libération, signée par des centaines de personnes, entre journalistes, intellectuels, avait été lancée par Reporters sans frontières, et un appel du CPJ (Comité de protection des journalistes) exhortant les autorités à abandonner la poursuite judiciaire.
Pour leur part, ses avocats, Mes Khaled Bourayou et Miloud Brahimi, n’ont de cesse de dénoncer que l’accusation portée contre le journaliste « n’est pas justifiée». Durant toute l’instruction, ils ont tenté de casser l’argumentation présentée en affirmant que le journaliste « n’avait ni le statut ni la possibilité de détenir des informations de nature à porter atteinte à la défense ou à l’économie nationales».

Pour l’instant et en attendant la notification de la décision de la chambre d’accusation au journaliste, les deux avocats n’ont pas encore tranché sur la question de se pourvoir en cassation contre le renvoi de l’affaire devant le tribunal criminel. Ils sont devant le risque de prolonger la détention avec une cassation qui prendra du temps et celui d’aller devant le tribunal criminel et de finir avec une lourde condamnation. « Nous allons bien expliquer à l’accusé la situation et c’est à lui de prendre la décision…», déclare Me Brahimi, qui ne manque pas de comparer la justice aux deux faces de la statue de Janus. « L’une avec ses textes de loi de modernité et d’équité et l’autre avec une pratique douloureuse de ces lois», dit-il.
Lire la suite

formats

Sadek Hadjeres : Une leçon d’humilité d’un militant au long cours

Publié le 16/11/2017, par dans Non classé.

Il est des hommes dont le parcours se confond et de manière indélébile avec celui de leur époque et l’histoire de leur pays. Sadek Hadjeres est incontestablement une de ces figures emblématiques qui ont marqué le parcours du mouvement nationaliste et indépendantiste algérien, puis du combat politique et social post-indépendance. Avec ses compagnons de lutte, il est la part vivante et intelligente de notre histoire contemporaine.

Du PPA-MTLD, qu’il quitte en 1949 en raison de divergences stratégiques, au Parti communiste algérien, en lutte pour l’indépendance nationale, jusqu’au Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS), qu’il fonde avec ses camarades en 1966 et qui le propulse dans la lutte clandestine pendant près de trente ans, Sadek Hadjeres a traversé debout la moitié du XXe siècle en arborant l’étendard de la résistance. L’insupportable répression sous le parti unique et sa redoutable Sécurité militaire n’ont pas eu raison de ses longs et multiples engagements.

C’est un militant au long cours. A 90 ans, il garde ardentes ses convictions, d’une extraordinaire lucidité et surtout d’un espoir vif. S’il jette un regard critique sur les différentes étapes de la marche algérienne depuis le mouvement national, le plus connu des communistes algériens n’est guère gagné par le fatalisme ambiant.

Pour l’enfant des deux Larbaâ (Nath Irathen et de la Mitidja), tout n’est pas perdu. Il y a des raisons d’espérer, point de fatalité, il n’y a que des combats à mener. Il ne désespère pas non plus des Algériens, malgré les vicissitudes de l’histoire, les échecs recommencés et les horizons bouchés.

C’est dans son village natal de Taddart Bwadda (Ath Oumalou) qu’il retrouve les siens, ceux de la vie réelle dont il est le plus proche. C’est là-bas qu’il touche du doigt ce désir du changement, cette aspiration à une société juste où les hommes et les femmes s’émancipent de toutes les pesanteurs sociales et politiques.

Larbaâ Nath Irathen a choisi la date historique du 1er novembre pour célébrer l’homme et son combat. Il est accueilli en héros national par la deuxième génération de militants. C’est au pied de la stèle de Abane Ramdane, autre monument de la Révolution, que les Said Khelil, Hend Sadi, Mokrane Ait Larbi, Wahab Ait Menguellet, Tahar Khouas et d’autres ont été témoigner leur reconnaissance au géant Sadek Hadjeres. Un hommage rendu par des militants qui ont inscrit leur combat dans la lignée de la lutte de Libération nationale.

Le moment était celui de la communion et surtout de transmission entre deux époques, deux combats et deux générations liées par la même soif de liberté et le désir de démocratie. Cette halte chargée de symboles était aussi une occasion de faire une introspection sur les combats d’hier. Les débats animés par Daho Djerbal, Ali Guenoun et Hend Sadi ont permis de mieux comprendre la complexité et les insuffisances de l’histoire du mouvement national et la guerre de libération.

Cela a aidé surtout à situer le rôle, les positions et le parcours de Sadek Hadjeres à chaque moment de cette époque. De la première école militante qui était le scoutisme, au mouvement étudiant qui l’a tout naturellement conduit au PPA-MLTD qu’il quitte à la faveur de la crise dite berbériste en 1949. Pour Sadek Hadjeres, il s’était posé la question démocratique et le refus d’application de ses principes au sein du mouvement indépendantiste.

Et c’est au Parti communiste algérien qu’il rejoint en 1951 qu’il se forge une âme militante qui prend en charge toutes les dimensions de la Révolution. Pour lui et ses compagnons Amar Ouzegane, Bachir Hadj Ali et bien d’autres, la guerre de libération ne doit pas se contenter d’un recouvrement formel de la souveraineté nationale.

Si elle ne libère pas l’homme de sa condition d’opprimé, elle reste inachevée. C’est cet esprit qui anime par la suite leur engagement au sein du PAGS. Si l’histoire officielle a minoré pour ne pas dire ignoré l’apport considérable des communistes algériens au mouvement libérateur, Sadek Hadjeres reste l’acteur vivant de ce combat à l’égard duquel l’Algérie officielle fait montre d’une insupportable ingratitude.

Elle persiste dans un déni inacceptable. Sinon comment un militant de la trempe de Sadek Hadjeres ne jouit pas de ses droits d’ancien combattant. Les autorités refusent jusqu’à présent de lui reconnaître le statut de moudjahid. Il est une victime permanente et symbolique d’un ostracisme officiel d’une Algérie qui refuse d’assumer une séquence pourtant glorieuse de son histoire. Son dossier comme celui de son compagnon de toujours Bachir Hadj Ali sont « perdus» dans les placards poussiéreux du ministère des Moudjahidine depuis 1989.

Le dirigeant historique du PAGS n’est pas à la recherche des privilèges ou d’un statut matériel, encore moins à être sous les feux des projecteurs. Avec constance et humilité, Sadek Hadjeres et avec lui beaucoup d’Algériens refusent que soit bannie l’histoire des communistes algériens. L’Etat algérien gagnerait – ce mois de novembre – à rendre justice à ces vaillants militants qui dans la douleur ont forgé la conscience nationale et sociale pendant les différentes étapes de l’histoire du pays. Lire la suite

formats

Révision des coefficients des matières essentielles dans le cycle moyen

Publié le 16/11/2017, par dans Non classé.

Le document reçu par les chefs d’établissement du moyen, dont nous détenons une copie, fait référence à la correspondance 1547 du 21 septembre du ministère de l’Education nationale adressée aux directions de l’éducation.
Les établissements de l’enseignement moyen ont été destinataires d’une correspondance des différentes directions de l’éducation portant sur la révision des coefficients d’une partie des matières essentielles dispensées dans ce palier. Le document reçu par le chef des CEM, dont nous détenons une copie, fait référence à la correspondance 1547 du 21 septembre 2017 du ministère de l’Education nationale adressées aux directions de l’éducation. Plusieurs matières ont ainsi connu une baisse de leurs coefficients.

La langue arabe, qui était à coefficient 5, est désormais à coefficient 2 pour la 1re année moyenne et 3 pour les 2e et 3e années moyennes.
De même pour les mathématiques qui étaient une matière essentielle avec un coefficient 4, qui a été réduit à 2 pour les 1re et 2e années moyennes et 3 pour la 3e année.

Le français était auparavant à coefficient 3, est à coefficient 1 en 1re année, et de 2 pour les 2e et 3e années du même palier. L’anglais est à 1 coefficient pour les trois années, alors que la matière était à coefficient 2, auparavant. La matière des sciences naturelles a également vu son coefficient baisser à 1, alors qu’elle était à 2. La mesure est identique pour la physique. L’histoire-géographie, qui était à coefficient 3, est désormais à coefficient 1 pour l’histoire et 1 pour la géographie, considérées désormais comme deux matières séparées.

L’éducation islamique passe également à coefficient 1 alors qu’elle était à 2. Le document ne précise pas les modifications apportées concernant la 4e année moyenne et l’examen du brevet d’enseignement moyen. Le ministère de l’Education n’a pas encore communiqué concernant les motivations justifiant cette mesure. Les enseignants de sciences naturelles et physique, qui se sont exprimés hier sur les réseaux sociaux, dénoncent une « volonté de marginaliser ces matières, au moment où le discours officiel encourage l’orientation vers les filières scientifiques».

Cette mesure, qui n’a été communiquée qu’à partir d’hier aux directeurs des établissements du moyen, intervient après la conférence d’évaluation de l’enseignement moyen durant laquelle les pédagogues ont plaidé pour la révision des coefficients de plusieurs matières. Les résultats « médiocres» obtenus par les élèves aux différents examens de ce palier, dans les matières concernées par le changement et qui sont considérées comme matières à échec, justifient certainement la révision de ces coefficients.
Lire la suite

formats

On vous le dit

Publié le 16/11/2017, par dans Non classé.

Du « mardoud» pour attirer les électeurs à Laghouat

Des candidats de différents partis politiques aux élections locales dans la wilaya de Laghouat n’ont pas trouvé mieux pour emballer la population que de lui offrir du « mardoud» à volonté. Un plat qui « réchauffe l’estomac» en ces temps de froid. En effet, plusieurs « gasâa» (genre de grande assiette en bois, où les personnes peuvent manger en commun) sont servies chaque vendredi par des candidats de différentes couleurs politiques, notamment dans les quartiers populaires. Ce genre de pratique fait même désormais partie intégrante des « mœurs» politiques de la région. Pour ceux qui prétendent à un siège à l’APC ou à l’APW, il s’agit d' »un moyen à part entière pour faire sa campagne électorale et attirer un maximum d’électeurs».

Arrestation d’un pharmacien pour trafic de psychotropes

Dans le cadre de la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes, en particulier le phénomène du trafic de stupéfiants et de psychotropes, les éléments de la police anti-drogue de Blida viennent d’arrêter une personne à Ouled Yaïch qui transportait dans son véhicule 2160 comprimés de psychotropes, conditionnés dans 36 boîtes, et une somme d’argent d’un montant de 45 millions de centimes. L’accusé, qui était en déplacement en compagnie de sa femme et de ses enfants, pour éviter d’attirer l’attention des policiers, n’a pas échappé aux soupçons des policiers. L’enquête a permis aussi l’arrestation d’un pharmacien dans une wilaya limitrophe, qui serait le pourvoyeur de ces substances puissantes et toxiques. Les deux acolytes ont été présentés devant le procureur de Blida, qui les a placés sous mandat de dépôt.

93 personnes décédées par asphyxie et 1816 secourues

Au total, 93 personnes sont mortes asphyxiées et 1816 ont été sauvées entre janvier et septembre de l’année en cours, a indiqué, hier, un responsable de la Direction générale de la Protection civile, à l’occasion du coup d’envoi de la campagne de sensibilisation sur le danger de l’asphyxie et sur les comportements à adopter pour préserver les vies humaines. « Sur un total de 1 211 interventions liées à l’asphyxie, 93 personnes sont décédées et 1816 autres ont été sauvées entre janvier et septembre 2017. Par rapport à l’année 2016, nous pouvons dire que le nombre d’interventions a augmenté de 53,37%, ainsi que le nombre de décès (+17,72%) et des personnes secourues (+70,51%)», a déclaré le sous-directeur des statistiques et de l’information, le colonel Farouk Achour, dans une conférence de presse. M. Achour a souligné que les interventions ont concerné 42 fois des asphyxies par confinement d’air (dans les puits), 188 par gaz naturel et gaz butane, 141 fois par obturation des voies respiratoires et 722 fois par gaz naturel et gaz carbonique.

Lire la suite

formats

L’étrange entêtement de Abdelmalek Amellou

Publié le 16/11/2017, par dans Non classé.

Des partisans de Abdelmalek Amellou, le candidat du parti pour l’APC d’Aït Rzine, dont le dossier a été rejeté pour le scrutin du 23 novembre, ont protesté, avec cris, banderoles et affiches, contre les instances du RND qu’ils accusent de les avoir lâchés dans l’affaire du rejet de leur liste.
Seddik Chihab, le porte-parole du RND, a clôturé, hier en fin d’après-midi, son meeting de campagne, à la Maison de la culture de Béjaïa, dans un climat de vive tension. Des partisans de Abdelmalek Amellou, le candidat du parti pour l’APC d’Aït Rzine, dont le dossier a été rejeté pour le scrutin du 23 novembre, ont protesté, avec cris, banderoles et affiches, contre les instances du RND qu’ils accusent de les avoir lâchés dans l’affaire du rejet de leur liste.

Dans la foulée, la menace d’occuper la rue et d’empêcher le vote dans la localité d’Aït Rzine est lancée par des jeunes très remontés. Pour l’éloigner de la pression des protestataires et des risques de dérapage, Seddik Chihab a été évacué par une porte de secours sous la protection de cadres du parti.

Tout a commencé lorsque, à la fin de l’intervention du représentant d’Ahmed Ouyahia, un des partisans de Amellou, Aguercif Madjid, un enfant de chahid, est monté sur scène pour réclamer son droit à la parole. Il a littéralement été assailli par les organisateurs, dont le député et secrétaire de wilaya du RND, Kamel Bouchoucha.

« Je déplore le non-soutien du parti», a réussi à lancer Aguercif, vite évacué de la scène, sous les cris d’indignation de ses nombreux compagnons. Au même moment, deux banderoles portant le sigle du RND sont brandies au fond de la salle occupée par une trentaine de personnes entourant Abdelmalek Amellou. Seddik Chihab est escorté vers une pièce attenante à la salle de spectacle. Les esprits s’échauffent.

On réclame des explications. Le ton monte. Seddik Chihab sort difficilement de la pièce dans laquelle il s’est « réfugié». Au moment où la foule en colère se dirigeait pour reprendre sa place dans la salle du meeting pour une rencontre d’explications avec le responsable du RND, celui-ci est « exfiltré» par une porte dérobée. Le RND ne dira pas à ses militants d’Aït Rzine pourquoi il n’a pas été jusqu’au bout avec eux dans l’affaire de Amellou.

Tout comme il ne s’est pas expliqué sur le choix de cette candidature controversée depuis que le FFS l’a dénoncée publiquement par la voix de son chef du groupe parlementaire, Chafaâ Bouiche. « Il faut aller plutôt protester devant Bouiche», a demandé un des militants du RND. « C’est qui ce Bouiche ?» lui a rétorqué un des pro-Abdelmalek Amellou.

Dans le hall de la Maison de la culture, le désormais ex-candidat Amellou discute avec des personnes qui l’apostrophent. « Sachez que ma liste est validée au niveau de la commune et de la daïra depuis le 11 (octobre, ndlr)», leur affirme-t-il. « Elle a été rejetée», lui rétorque l’un des présents. « Qu’on me dise pour quel motif», répond-il. A aucun moment, l’accusation de l’assassinat de Ali Mécili n’est évoquée. En demandant le motif du rejet de sa candidature, Abdelmalek Amellou, tout comme ses partisans, et pour n’avoir pas été condamné, se montre confiant parce qu’il n’y a pas de trace de cette accusation dans son casier judiciaire.

Et c’est ce qui alimente la fougue et l’espoir d’un repêchage au sein de ses adeptes. Dans la confusion qui a régné après l’intervention de Seddik Chihab, la liste des candidats que mène Amellou est brandie à travers plusieurs affiches confectionnées pour les besoins de la campagne électorale par ses jeunes adeptes qui se font menaçants. « Il n’y aura pas d’élections à Aït Rzine !», a crié l’un d’eux. « Nous bloquerons tout.

Nous allons fermer l’autoroute et l’eau du barrage de Tichy Haf. Rien ne passera !» renchérit un autre particulièrement décidé. Ils ne réclament rien de moins que la validation officielle de leur liste, encouragés en cela par les affirmations de leur candidat qui soutient qu' »aujourd’hui, je n’ai reçu aucune notification du rejet».
« Je suis victime de spoliation», a déclaré Abdelmalek Amellou.

La revendication bruyante de ses partisans intervient à huit jours du vote. Mais cela n’empêche pas qu’ils gardent singulièrement espoir d’un repêchage à moins d’une semaine de la fin de la campagne électorale. « Nous n’avons pas besoin de campagne, elle est déjà faite», répond à un confrère Amellou, calmement, entouré des siens.

A Aït Rzine, le 23 novembre sera spécial, du fait de cette liste particulière. Depuis le rejet du dossier de Abdelmalek Amellou, on n’a pas jugé utile de le remplacer. La liste RND n’existe qu’avec lui. De ce fait, officiellement, il n’y a pas de liste RND à Aït Rzine. Le parti, qui a compté 50 listes de candidats dans la wilaya, n’en assume désormais que 49.
Lire la suite

formats

La difficile relance du textile

Publié le 16/11/2017, par dans Non classé.

Les professionnels du secteur du textile et de l’habillement, fortement dépendant des approvisionnements extérieurs,
se plaignent d’une série d’écueils qui empêchent une véritable relance de leur filière.
Aujourd’hui, 96% des vêtements écoulés sur le marché algérien sont importés, selon des chiffres fournis par le ministère de l’Industrie. Un marché juteux pour la Chine et la Turquie qui ont, à elles seules, accaparé 60% du marché des importations en produits textiles et vêtements.

L’industrie du textile et de l’habillement, qui traîne encore comme un boulet les profondes séquelles de sa déstructuration durant les années 1990, éprouve toutes les peines du monde à renaître de ses cendres. « Il y a une reprise timide de la production, alimentée essentiellement par la commande publique (corps constitués, police et Protection civile). Mais cela reste en deçà des espérances du gouvernement», résume Amar Takdjout, secrétaire général de la Fédération textiles et cuirs à l’UGTA.

Les professionnels du secteur du textile et de l’habillement, fortement dépendant des approvisionnements extérieurs, se plaignent d’une série d’écueils qui empêchent une véritable relance de leur filière. En tête des préoccupations, la féroce concurrence, notamment du textile chinois et turc. Aujourd’hui, 96% des vêtements sur le marché algérien sont importés, d’après de récents chiffres du ministère de l’Industrie.

Un rendement juteux pour la Chine et la Turquie qui ont, toutes deux, accaparé 60% du marché des importations en produits textiles et vêtements entre 2010-2015, selon des statistiques publiées par les Douanes. Ces importations massives ont mis sérieusement à rude épreuve les performances des entreprises de la filière, également confrontées à la concurrence déloyale du commerce informel et de la contrefaçon.

En outre, les lenteurs des formalités d’obtention de crédits bancaires nécessaires à l’importation de la matière première donnent des maux de tête aux dirigeants de ces entreprises. Cette situation induit parfois des retards dans l’approvisionnement en matière première et des difficultés de trésorerie pour les entreprises.

« Quand vous perdez deux à trois mois, ce n’est pas bon pour l’entreprise. Si vous ne respectez pas vos engagements vis-à-vis de votre client, si vous lui remettez la commande avec deux à trois mois de retard, il mettra fin à la relation commerciale», déplore le syndicaliste. A cette contrainte s’ajoute une autre relative au régime fiscal jugé défavorable. Les producteurs algériens de textiles sont contraints de s’acquitter d’une taxe douanière de 30% pour le tissu importé destiné à la transformation, au même titre que les importateurs.

« On oblige les producteurs à payer 30% de taxe de douane, parce que c’est considéré comme un produit fini. Or, ce produit importé est appelé à être transformé en chemise. Sur le plan du marché, on n’est pas compétitif. La taxe douanière de 30% pour le transformateur génère aussi des répercussions sur le prix de revient», poursuit notre interlocuteur. Découragés par une taxe qu’ils trouvent injuste, des opérateurs algériens produisent à titre d’exemple de la chemise en Turquie avant de la revendre en Algérie.

Chute libre

Aujourd’hui, le textile algérien couvre seulement 4% des besoins locaux et ne représente au que 0,15% du PIB national. Pourtant, il était l’un des fleurons de l’économie avec 150 millions de mètres linéaires fabriqués, tous types de tissus confondus (habillement et ameublement). Il représentait 5000 entreprises publiques ou privées, 200 000 salariés, dont 55 000 dans le public.

La production nationale représentait 75% du marché. Pour Amar Takdjout, la filière du textile et de l’habillement paye aujourd’hui le prix d’une politique de désertification, entamée à partir des années 1990, au profit de l’import-import. « Il y a eu beaucoup d’erreurs. On a opéré une ouverture brutale du marché.

Les trois quarts des professionnels s’étaient reconvertis en importateurs. On a carrément substitué l’importation à la production», se souvient-il. En effet, le passage de l’Algérie à une économie de marché et les effets du plan d’ajustement structurel ont marqué le début de la disparition des entreprises de textile, qui ont perdu environ la majorité de leurs effectifs employés et la chute de leur production.

Près de trente ans plus tard, seule une poignée de sociétés continuent de subsister.  » Maintenant, inciter les gens à reprendre l’activité et produire est quelque chose de très compliqué. Quand vous détruisez votre économie pendant 20 ans (…), il n’est pas facile de relever le défi de la relance. Il faudrait 20-30 ans pour reconstruire» une filière déstructurée, analyse Amar Takdjout. Même au temps de l’aisance financière, l’industrie du textile stagnait, alors que les importations massives de textiles et de vêtements enregistraient des records.

Une relance qui tarde

Il a fallu attendre l’année 2011 pour que les pouvoirs publics daignent accorder une attention à cette filière à travers la mise en œuvre d’un plan de restructuration de 135 milliards de dinars (2 milliards de dollars). Dans le détail, ce plan dont l’objectif était de réanimer la production textile algérienne, consacrait 3,9 milliards de dinars pour prendre en charge la dette fiscale, 54,4 milliards de dinars pour le rachat du découvert bancaire enregistré auprès de la Banque d’Algérie, 9,7 milliards de dinars pour le rachat de la dette d’investissement et 1,3 milliard de dinars pour le paiement des dettes envers le liquidateur, le reste de la manne était consacré à l’investissement et au développement de l’outil de production.

Plus de six ans après le déploiement de ce plan dit de sauvetage, la machine demeure grippée et la relance tant attendue n’est toujours pas au rendez-vous. « La production n’a pas encore démarré dans certaines entreprises qui ont engagé de lourds investissements. Il a fallu 1 à 2 ans pour acheter du matériel et des équipements parce qu’il fallait passer par diverses procédures dont les appels d’offres.

Certaines entreprises ont finalisé leur investissement il y a encore six mois, d’autres sont en voie de finalisation, alors que l’échéance du remboursement des crédits est tombée», souligne le secrétaire général de la Fédération textiles et cuirs à l’UGTA. Face à cette situation, sa fédération a proposé à l’ancien ministre de l’Industrie de différer le remboursement des crédits d’investissement de deux à trois années supplémentaires pour permettre aux entreprises de faire tourner leurs machines dans des conditions optimales.

« Il a trouvé notre Lire la suite

Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair