formats

Hocine Aït AHmed : L’hommage de la Nation

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

Pour l’ancien président Liamine Zeroual, Hocine Aït Ahmed était « un symbole, un grand patriote et l’un des derniers pères de la nation» qui disparaît.
La mort mercredi dernier de Hocine Aït Ahmed a suscité de nombreuses réactions de la classe politique, personnalités nationales et internationales, organisations de masse et ONG qui étaient unanimes à lui rendre hommage pour son parcours exemplaire du début de la Révolution jusqu’à sa mort en « exil». Les qualités de l’homme et du militant ont été saluées par toute la classe politique, sans exception aucune. L’ancien président de la République, Liamine Zeroual, l’a qualifié de l’un des derniers pères de la nation et de grand patriote. « L’Algérie vient de perdre aujourd’hui un symbole et un grand patriote.

C’est l’un des derniers pères de la nation qui disparaît. Il était symbole d’abnégation, de rigueur, de ténacité et, surtout, de morale. Sa vie s’est toujours confondue avec son pays présent à tous les instants dans son cœur. Puisse-t-il inspirer la jeunesse algérienne ! Et à cette occasion, je présente à sa famille, à ses proches ainsi qu’à tous les militants du FFS mes condoléances les plus sincères», écrit Liamine Zeroual.

« Une Algérie républicaine»

Un grand hommage à Aït Ahmed est venu d’une autre figure historique, à savoir Rédha Malek, l’un des négociateurs des Accords d’Evian. « Aït Ahmed est une grande figure de la Révolution qui vient de s’éteindre. Tous ceux qui l’ont connu, dont moi-même, doivent reconnaître son attachement à l’idéal de cette Révolution qu’il a incarné avant le déclenchement du 1er Novembre 1954 et qu’il a continué à incarner jusqu’à son dernier souffle.

Même en exil, Hocine Aït Ahmed a continué à défendre de façon exemplaire cette idée qu’il avait et qu’il voulait voir s’appliquer et devenir effective. L’idée d’une Algérie républicaine, démocratique et de progrès. Tout cela faisait partie de sa personnalité. On lui a reproché parfois sa trop grande fierté personnelle.

En réalité, c’est une fierté qu’il avait pour l’Algérie elle-même», a souligné Rédha Malek. Des témoignages comme celui-ci, il y en a eu beaucoup. Edgar Morin, sociologue et philosophe français, a, de son côté, rendu hommage à cette grande figure politique et historique. « Je salue la mémoire d’Aït Ahmed, cofondateur du CRUA, grande et noble figure algérienne, qui sut demeurer révolutionnaire et démocrate», a-t-il twitté.

« Cohérent avec lui-même»

Nouredine Boukrouh, ancien ministre, a insisté dans son hommage sur la constance des positions de Hocine Aït Ahmed qui demeure un opposant intraitable, même à sa mort. « Aït Ahmed aura été original même dans sa mort. Opposant intraitable au ‘système’ de son vivant, il est parti en lui infligeant un dernier camouflet : être l’unique ‘historique’ à refuser d’être enterré au cimetière officiel El Alia pour s’en démarquer jusqu’à la fin des temps.

Cohérent avec lui-même, seigneurial et humble à la fois, il a préféré à cet ‘honneur’ douteux car souillé par le crime (assassinat de Abane, Krim, Khider, etc.) et l’imposture (faux moudjahidine qui y reposent), le voisinage pur des gens du peuple de Aïn El Hammam. Dors en paix brave homme !», écrit-il sur son mur facebook.

La Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) a également rendu hommage à ce grand défenseur des droits humains. « L’Algérie vient de perdre un de ses meilleurs enfants, un homme dont la vie s’est confondue avec l’histoire de son pays, écrit la LADDH de Noureddine Benissad. Le Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) se dit « attristé et très peiné par le décès de Hocine Aït Ahmed, figure emblématique du Mouvement national pour l’indépendance de l’Algérie, militant engagé, déterminé et infatigable».

L’esprit patriotique

« Dda l’Hocine, un homme à principes, de dialogue, de consensus et de paix, un homme qui a marqué l’histoire par son engagement très jeune pour l’indépendance de l’Algérie, un homme qui a consacré sa vie pour la lutte contre l’injustice, pour la liberté et la démocratie, pour le triomphe de la dignité des Algériennes et des Algériens.

L’Algérie est orpheline aujourd’hui de l’un de ses monuments», a souligné cette ONG dédiée à la jeunesse. L’Observatoire amazigh des droits de l’homme lui a rendu hommage en insistant sur « sa capacité de s’exprimer avec aisance et éloquence, mais aussi par la pertinence de ses propos et sa ferveur». Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qualifie, sur sa page facebook, Aït Ahmed de « grand militant historique». Le président de l’APN a lui aussi loué la qualité de l’homme connu pour « ses positions constantes».

Le PST considère que « c’est un pan de notre histoire qui s’en va. (…) Un pan du combat pour les libertés démocratiques, pour une Assemblée constituante, pour l’officialisation de tamazight, pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes, pour la séparation entre la religion et l’Etat et contre la dictature et l’oppression». Abderrazak Makri, président du MSP, a souligné le double combat d’Aït Ahmed, d’abord pour l’indépendance, ensuite pour la démocratie et les libertés.

Le secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, a souligné qu’Aït Ahmed était un « symbole du Mouvement national depuis qu’il était à la tête de l’Organisation Spéciale (OS)». M. Ouyahia a, dans un message de condoléances, ajouté qu’il était « un leader dans la lutte en faveur de la liberté et de la démocratie en Algérie indépendante», s’illustrant par son « esprit patriotique» en mettant « l’Algérie au-dessus de toute considération». Pour le Front de libération nationale (FLN), Hocine Aït Ahmed comptait parmi les « enfants vaillants» de l’Algérie, car il était un « modèle» à suivre en matière de démocratie, de tolérance et de réconciliation.

Dans un message de condoléances adressé à la famille du défunt, le FLN a souligné qu’Aït Ahmed était « convaincu que le patriotisme n’est pas subordonné à des postes de responsabilité, à des positions conjoncturelles ou à des réactions». Amar Saadani a reconnu que le système politique l’a malmené après l’indépendance. Pour le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), Saïd Abadou, il a été « un homme au riche et long parcours qui a adhéré, dès son jeune âge, au Mouvement national pour allumer les premières mèches de la Révolution algérienne».

« La noblesse Lire la suite

formats

Extrémisme religieux : Mohamed Aïssa met en garde contre la pensée takfiriste

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, a appelé, jeudi à Oran, à la valorisation de la « tradition sociale» du Prophète Mohamed en véhiculant des messages de paix et de compassion, tout en adoptant un comportement de pardon et de tolérance.
« La célébration du Mawlid Ennabaoui (naissance du Prophète) est une tradition sociale profondément ancrée dans notre société (…) et nous devons profiter de cet amour pour le Prophète Mohamed pour incarner les valeurs et vertus qu’il nous a léguées pour la paix, la stabilité et le pardon», a déclaré le ministre à l’ouverture des travaux d’une journée d’étude sur l’entraide et la solidarité sociale dans la vie du Prophète, organisée au pôle islamique de la mosquée Ibn Badis (quartier cité Djamel).

A cette occasion, le ministre a souligné la coïncidence, cette année, de la célébration de la naissance des deux prophètes, Mohamed et Aïssa. « Nous célébrons la fête de tous les Messagers à travers Mohamed», a-t-il dit en rendant hommage à la communauté chrétienne vivant en Algérie qui fête avec nous El Mawlid.

« Honorés et ravis par la présence de nos frères chrétiens, c’est dans une ambiance chargée de grande spiritualité et de fraternité que nous avons célébré El Mawlid mercredi soir à la mosquée Mouad Ibn Djabel, à Sidi Bel Abbès, un lieu modeste, mais où l’émotion et la fraternité étaient au rendez-vous», a-t-il ajouté.

Le ministre n’a pas manqué de mettre en garde contre la menace de la pensée takfiriste, extrémiste et étrangère à notre tradition et sa plus horrible expression qu’est le terrorisme. « Ce sont des cercles dont on ignore l’origine mais dont on connaît les desseins qui se sont liés à des gens qui n’ont reçu aucun enseignement dans nos écoles coraniques, nos halaqate de dhikr et nos zaouïas, donc n’ayant rien de notre islam.

Ils ont constitué une étrange armée qui décapite, brûle et souille l’honneur des femmes et se proclamant Etat islamique. Son but est de nuire à l’image de notre religion, présentée, de par leurs comportements, comme ennemie de l’humanité, alors que notre Prophète nous a légué un autre enseignement», a déclaré Mohamed Aïssa. Lire la suite

formats

Des «funérailles populaires» pour Hocine Aït Ahmed

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

C’est ce qu’a indiqué Mohamed Nebbou, premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS). « La dépouille de Hocine Aït Ahmed sera rapatriée le jeudi 31 décembre et une veillée de recueillement aura lieu le même jour au siège national du parti, à Alger.
Il sera inhumé le lendemain, le vendredi 1er janvier, dans son village natal, dans la commune d’Aït Yahia, à Aïn El Hammam», a indiqué hier M. Nebbou face à la presse, déclaration reprise par l’APS.

Le premier secrétaire du FFS a précisé dans la foulée que les funérailles de Hocine Aït Ahmed seront « nationales et populaires». Il a également souligné qu' »une cérémonie de recueillement aura lieu mardi prochain à Lausanne pour permettre à ses amis en Suisse de lui rendre un dernier hommage». L’affaire est donc tranchée : Si L’Hocine ne sera pas inhumé au carré des Martyrs d’El Alia comme il est de coutume pour les historiques de la guerre de Libération nationale. Force est de voir dans ce choix un ultime geste politique et symbolique de la part du fondateur du FFS.

Une manière de couper court à toute velléité de récupération et de mettre son nom à l’abri de toute manipulation officielle. Une façon aussi de dire la constance de ses convictions, se refusant à toute compromission, fut-ce au nom de Novembre. On comprend dès lors qu’il fut attaché à mettre les choses au clair de son vivant et ne rien laisser au hasard. Pourtant, les autorités n’ont pas manqué de saluer sa mémoire avec emphase en s’empressant de multiplier les signes de contrition. Le président Bouteflika décrétera huit jours de deuil national.

Le chef de l’Etat s’est fendu, par ailleurs, d’un hommage écrit, élogieux au possible. Pour lui, feu Hocine Aït Ahmed était « une sommité dont les valeurs humaines, la finesse et l’intelligence politique inégalées avaient éclairé un pan de l’histoire du militantisme algérien et marqué de leur empreinte l’histoire de tous les mouvements de libération de par le monde». Toujours sous la plume du président de la République, Aït Ahmed est décrit comme « l’un des grands hommes de l’Algérie, un éminent militant et un dirigeant historique hors pair».

Pour sa part, Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet de la Présidence et secrétaire général par intérim du RND, voit en Aït Ahmed « l’un des dirigeants de la guerre de Libération et un militant hors pair de la liberté et la démocratie» (APS). M. Ouyahia, qui s’est déplacé au siège du FFS pour présenter ses condoléances, a affirmé que les obsèques de Hocine Aït Ahmed « seront à la hauteur de la stature du défunt», en faisant remarquer que le deuil national décrété en sa mémoire est « un deuil digne d’un chef d’Etat».

A signaler qu’une minute de silence sera observée à la mémoire de M. Aït Ahmed dans tous les stades abritant les matchs des Ligues 1 et 2, ce week-end, a annoncé la LFP. De son côté, le 10e Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes, prévu jusqu’au 26 décembre, a dû écourter sa programmation en signe de deuil, « à l’instar de toutes les manifestations culturelles en cours», rapporte l’APS.

Chacun revendique sa part d’Aït Ahmed

Parmi la pléthore de réactions officielles ou exprimées par des proches du sérail, il y a lieu de relever celle, très émue, de Amar Saadani. « C’est un exemple de sacrifice. Un moudjahid qui a vécu pour l’Algérie. Malheureusement, il a été confronté à ce qu’aucun moudjahid ou militant n’a subi, c’est-à-dire l’injustice», déclarait M. Saadani (propos rapportés par TSA). Et le patron du FLN de renchérir : « Il faut que les Algériens libres lèvent cette injustice et le reconsidèrent. Il ne s’est pas opposé à l’Etat algérien, mais aux personnes qui ne voulaient pas d’Etat démocratique.»

Intervenant sur la chaîne Ennahar TV peu après l’annonce de la nouvelle, Amar Saadani semblait particulièrement affecté par cette lourde disparition et n’hésitait pas à charger ceux qui avaient « manqué d’égards» à ce « grand militant». Faisant son mea-culpa, ses mots sont à la limite de l’auto-flagellation : « Nous avons été ingrats envers Aït Ahmed. L’histoire lui a rendu justice mais nous avons été injustes envers lui», martèle-t-il.

« Ethiquement, nous avons manqué d’égards à Aït Ahmed.» Notons aussi les hommages du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, du président de l’APN, Mohamed Larbi Ould Khelifa, du patron de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, du président du FCE, Ali Haddad, pour ne citer que les réactions officielles ou « para-officielles». Et chacun de revendiquer « sa part d’Aït Ahmed». Les valeurs qu’il a incarnées. Son combat. Et c’est probablement pour anticiper sur ces homélies hagiographiques de circonstance que « Dda L’Ho», en fin connaisseur des fourberies du « système», a préféré Ath Yahia à El Alia.

Fidèle à ses principes, il n’aurait pour rien au monde bradé son idéal démocratique et social pour des honneurs factices. « Aït Ahmed aura été original même dans sa mort», écrit Noureddine Boukrouh sur sa page facebook. « Opposant intraitable au ‘système’ de son vivant, il est parti en lui infligeant un dernier camouflet : être l’unique ‘ historique’ à refuser d’être enterré au cimetière officiel El Alia pour s’en démarquer jusqu’à la fin des temps.

Cohérent avec lui-même, seigneurial et humble à la fois, il a préféré à cet ‘honneur’ douteux car souillé par le crime (assassinat de Abane, Krim, Khider, etc.) et l’imposture (faux moudjahidine qui y reposent), le voisinage pur des gens du peuple de Aïn El Hammam. Dors en paix brave homme !» Hocine Aït Ahmed fait partie de ces grands esprits que l’on ne peut enfermer dans un mausolée ou reléguer au musée tant son œuvre est vivante. Au demeurant, si nos dirigeants sont sincèrement attachés aux valeurs qui ont guidé Si L’Hocine sa vie durant, il n’est pas trop tard pour s’en inspirer… Lire la suite

formats

Da El Hocine raconté par les siens

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

C’est dans l’enceinte d’un monument édifié à la gloire de l’aède Cheikh Mohand Ou Lhocine que se trouve la demeure où Hocine Aït Ahmed est né et a grandi.
Il est 10h, en ce jeudi 24 décembre 2015. Nous sommes à Ath Ahmed, localité natale du désormais regretté fondateur du Front des forces socialistes (FFS), Hocine Aït Ahmed. Le village relève de la commune de Aït Yahia, daïra de Aïn El Hammam (ex-Michelet), distant de 50 km environ au sud-est du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou. Ici, jeudi est la journée de pèlerinage hebdomadaire au mausolée du saint Cheikh Mohand Ou Lhocine.

Les ruelles étroites du hameau grouillent de monde. Des grappes de femmes portant offrandes et bougies viennent prier et « solliciter» la baraka protectrice du saint homme et poète, décédé en 1901. C’est dans l’enceinte de ce monument édifié à la gloire de l’aède Cheikh Mohand Ou Lhocine que se trouve la demeure où Hocine Aït Ahmed est né et a grandi. Elle est adossée à celle où repose son vénéré aïeul. Deux hommes au parcours atypique, qui ont marqué, chacun dans son domaine, son époque, particulièrement par des auras populaires et d’engagement.

Une reconnaissance post mortem des plus émouvantes

Affalée sur un tabouret, à l’entrée d’un garage où est servie une « waâda» aux visiteurs venant présenter leurs condoléances à la famille Aït Ahmed, une vieille femme, éprouvée par le chagrin dira, les yeux noyés de larmes : « Dargaz Ammi, c’était un grand homme, adoré de tous depuis son jeune âge. Sa demeure était le refuge des maquisards pendant la guerre de libération.

Que Dieu ait son âme.» Sa jeune fille l’asperge de parfum pour qu’elle reprenne ses esprits. La foule grossit devant le domicile mortuaire des Aït Ahmed. Le portable collé à l’oreille, Boussaâd, le neveu du défunt chef historique, répond aux appelants qui demandaient des informations sur la date du rapatriement et sur le déroulement des funérailles. « Conformément à son vœu avant son décès, il sera enterré ici au village.

Je suis en contact permanent avec son fils Jugurtha, installé en Suisse. Une délégation du parti est déjà sur place (jeudi matin, ndlr). J’ai lu sur certains supports médiatiques qu’il sera enterré au Maroc. Ce ne sont que des bobards», dit Boussaâd. « Depuis mercredi soir, poursuivait-il, nous sommes assaillis par des contacts d’un peu partout, y compris de l’étranger, demandant… ‘‘Pourquoi le Maroc ? N’est-il pas… ? etc, etc. » Si El Hocine Aït Ahmed n’avait jamais émis de désir d’être enterré hors de chez lui…

C’est invraisemblable pour un homme qui avait toujours adoré son pays, milité et s’est sacrifié pour l’Algérie !». Boussaâd ajoute : « Mais cela ne nous étonne pas, puisque l’année dernière déjà une rumeur l’avait annoncé pour mort.» Donc, Dda El Hocine, comme on l’appelle affectueusement, reposera parmi les siens, au cimetière du village. « Nous nous organisons avec le parti, l’APC et les citoyens de la région pour encadrer les foules qui déferleront au village pour assister aux obsèques». Hocine Aït Ahmed, nous dira son neveu, laisse deux garçons et une fille. Il avait perdu sa mère en 1983, et comme il était en exil, il n’avait pas pu assister à son enterrement. En 2004, Mohand Amokrane, le jeune frère de Si El Hocine, rejoint l’au-delà, alors que leur père est décédé en 1959.

C’est également de son vivant que le chef du premier parti de l’opposition en Algérie a perdu successivement deux de ses quatre sœurs, Zhor et Fatima. Il ne reste de la fratrie que Nora et Leila (que Dieu leur prête longue vie). « Si El Hocine était quelqu’un d’extraordinaire. J’ai eu à travailler avec lui dans le service d’ordre au sein du FFS. Il était très sensible, pensait à tous les militants et se souciait de tout le monde. Il ne pouvait jamais dîner avant les autres. Il était toujours aux petits soins avec ses accompagnateurs et les policiers qui se bousculaient d’ailleurs pour être de l’équipe de garde.

Il ne s’énervait jamais, malgré la charge de travail. L’image qui m’a frappé en le côtoyant de près, c’est qu’il ne cessait jamais de remercier tout le monde, leur disant : ‘‘Ce que vous faites compte beaucoup pour moi »», témoigne encore Boussaâd, le neveu du regretté disparu, en rapportant cette anecdote : « Un jour, au village, à l’âge de 4 ans (Aït Ahmed) alors qu’il discutait avec Cheikh Saïd de Larbaâ Nath Irathen, un vieux ‘‘boudali » marabout (ce type d’aliénés mentaux mais sages, errants et souvent prédicateurs d’avenir, fréquents en Kabylie), lui lançait : ‘‘Si El Hocine, la fourrure de ta jaquette sent la politique ; tu es prédestiné à cela ! »» Boussaâd rapporte encore : « En rentrant en Algérie le 15 décembre 1989, Hocine Aït Ahmed a eu droit à un accueil triomphal. Un véritable raz-de-marée humain avait déferlé sur le village.

Sur son chemin, Si El Hocine s’est arrêté à Larbaâ Nath Irathen, Ath Hichem, Aïn El Hammam… Il faisait du porte-à-porte pour saluer les gens. Il disait : ‘‘Je comprends les gens avec lesquels j’étais pendant toutes ces années passées dans la région. Je suis agréablement surpris par l’engouement de ces jeunes qui ne m’ont même pas connu physiquement.

C’est un grand honneur pour moi »». Selon notre interlocuteur, Aït Ahmed aimait s’isoler sur les hauteurs du village, au lieudit Anar Oufella. Il aimait contempler la nature, lire les journaux et discuter avec des écoliers de passage. Autre anecdote : « Un jour, Dda El Hocine demandera à un élève en arabe : ‘‘Kam sana taqra ? » (tu es en quelle année dans ta scolarité ?) N’ayant rien compris, l’enfant s’est tu. Aït Ahmed revient à la charge en lui reposant la même question en français.

Et l’enfant lui répondit illico : ‘‘En 3e année primaire ! » Aït Ahmed dira alors : ‘‘L’élève a étudié trois ans en arabe et n’a rien compris, mais il a su répondre en français alors qu’il n’a pas encore commencé à étudier cette langue… », s’était-il étonné», ajoute Boussaâd en nous rappelant quelques hauts faits d’armes de son oncle. « Il était le seul Lire la suite

formats

Batna : 12 casemates aménagées détruites par l’ANP

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

Douze casemates aménagées et une bombe de confection artisanale ont été découvertes et détruites jeudi par un détachement de l’Armée nationale populaire (ANP) relevant du secteur opérationnel de Batna, indiquait, hier, un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).
« Dans le cadre de la lutte antiterroriste, un détachement de l’ANP relevant du secteur opérationnel de Batna (5e Région militaire) a découvert et détruit, le 24 décembre 2015, 12 casemates aménagées et une bombe de confection artisanale», relève la même source. D’autre part, des éléments de la Gendarmerie nationale et des garde-frontières de Tlemcen (2e Région militaire) « ont déjoué une tentative de colportage d’une grande quantité de kif traité s’élevant à dix (10) quintaux et quarante (40) kilogrammes».

Au niveau de la 5e Région militaire, des éléments des garde-frontières relevant respectivement des secteurs opérationnels de Souk Ahras, Tébessa et El-Taref « ont mis en échec des tentatives de contrebande d’importantes quantités de carburant s’élevant à 23 697 litres». De même, un détachement relevant du secteur opérationnel d’In Guezzam (6e Région militaire) « a appréhendé trois (3) contrebandiers et saisi 2350 litres de carburant».
Lire la suite

formats

Aït Ahmed ou l’art difficile de s’opposer au régime, pas à l’Etat

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

La disparition de Hocine Aït Ahmed renferme une charge symbolique tellement intense qu’on se demande si elle relève exclusivement du symbole ou s’il s’agit plus concrètement d’un glas qui sonne une fin. Mais la fin de quoi ?
Aït Ahmed le moudjahid n’est plus et avec lui sera enfouie l’une des plus belles pages de la guerre de Libération. Une page sur laquelle il était écrit que la guerre de Libération devait engendrer une révolution porteuse de développement politique, économique, social et culturel. Une révolution que seuls les peuples privés depuis trop longtemps de liberté peuvent rêver d’engendrer. Pourtant, cette page renferme aussi des paragraphes relatant à demi-mot des alliances mortifères contre-nature entre des jeunes trentenaires épris de liberté et d’autres de même génération obsédés par le pouvoir.

Les seconds ont gagné. Aït Ahmed le militant n’est plus et avec lui le projet de plusieurs générations d’Algériens s’éloigne un peu plus. Vécu finalement comme un rêve, ce projet n’avait pourtant rien d’utopique. Utopique, le fait de penser que l’Algérie indépendante devait être un pays libre, parce qu’uni dans le pluralisme et la pluralité ? Utopique, la conviction que l’Algérie, vainqueur de la puissance coloniale, devait devenir forte, parce que ne craignant pas les critiques et les contestations qu’engendrent les forces vives ?

Utopique, le projet de bâtir une Algérie qui ne craint pas d’être en même temps musulmane et moderne, amazighe et arabe, africaine et méditerranéenne ? Non ! Et pourtant les partisans de cette Algérie-là ont perdu et beaucoup d’entre eux meurent en exil. Aït Ahmed l’opposant n’est plus. Et c’est peut-être là que réside le plus grand motif de tristesse. Pendant des décennies, il a incarné une certaine idée de l’opposition. Son célèbre « ni Etat intégriste ni Etat policier» lui a valu des soutiens francs et des critiques acerbes. Mais en définitive, et malgré les vicissitudes du parti qu’il a fondé et dirigé, c’est finalement ce « ni…ni…» qui constitue le premier courant politique de ce pays.

Ce sont ces millions d’opposants silencieux, qui ne font confiance ni aux autorités en place ni aux partis politiques ; ni aux islamistes ni aux laïcs ; ni aux conservateurs nationalistes ni aux libéraux modernistes ; ni aux syndicats, ni aux patrons… Ces millions d’opposants silencieux qui ne votent ni aux élections législatives ni à la présidentielle, leur préférant un match de football en temps de pluie ou une balade sur la plage quand il fait soleil… Ces opposants-là sont-ils en train de perdre ? Eux aussi ? De l’aveu même de ses détracteurs, Aït Ahmed a toujours su faire la part des choses entre l’opposition au régime (aux personnes dont il conteste la gouvernance, disent-ils…) et sa loyauté envers l’Etat.

Pour celui qui a directement contribué à la naissance de cet Etat, qui en a imaginé les contours, fixé les objectifs et rêvé les ambitions, cette distinction coule de source. Pour celui qui a côtoyé Abane et Belouizdad, qui a vécu la Déclaration du 1er Novembre, Bandung et la Soummam, cette distinction est toute naturelle. C’est la distinction qu’il faisait entre intervention étrangère et médiation, entre élections pluralistes et élections transparentes, entre compromis et compromissions.

Ces détracteurs qui, aujourd’hui, louent le patriote et néanmoins opposant au régime, ont raison de faire cette distinction. Ils ont raison, parce qu’elle leur permet de récupérer politiquement un événement susceptible de compenser leur déficit de légitimité et parce qu’ils tentent une diversion bien utile en ces temps d’incertitude. Cette précision est utile, car cette capacité de reconnaître l’amour de la patrie dans l’opposition au régime et de distinguer entre l’opposition au régime et la contestation générale relèvent d’une qualité qui se raréfie.

En effet, lorsque des jeunes en colère coupent des routes, insultent des policiers ou détruisent des édifices publics, sont-ils dans une logique d’opposition au régime ou à l’Etat ? Les impôts non payés, la contrebande aux frontières et autres petits passe-droits monnayés reflètent-ils de l’incivisme caractérisé (rupture avec l’Etat) ou une réaction à la grande corruption institutionnalisée (rupture avec régime) ? Les violences verbales, routières, familiales, scolaires et politiques sont-elles la marque d’une société réfractaire à l’ordre (et donc à l’Etat) ou un système réfractaire à la justice (opposition au régime) ?

Les Algériens sont soumis à cette ambiguïté régime-Etat depuis tellement longtemps que la médaille n’a finalement plus deux, mais une seule facette. L’absence totale de comptabilité et d’alternance, additionnée au renversement invraisemblable de l’échelle des valeurs ont affaibli l’opposition, comme posture porteuse de projet d’avenir.

A la place, se sont imposés deux types de contestation : la première est dans la rue et contribue à détruire les liens sociaux fondateurs de l’Etat, l’autre est à l’intérieur du régime et collabore à détruire les institutions de l’Etat. Ce double mouvement de contestation produit des dommages directs et collatéraux de plus en plus meurtriers. Et si le pire dommage à craindre était que le slogan à venir ne soit plus « Ni Etat policier ni Etat intégriste», mais « Ni régime ni Etat» ?! Lire la suite

Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair