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L’affaire Sendid relancée

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

Dans un entretien accordé hier à TSA, la pasionaria du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a affirmé que Baha Eddine Tliba, vice-président de l’APN, avait un lien indirect avec la mort de l’ex-wali de Annaba, Mohamed Mounib Sendid, décédé d’un malaise cardiaque en décembre 2014. « Cette personne (Tliba) fait partie de ceux qui ont vandalisé et pillé la ville de Annaba et qui étaient indirectement responsables de la mort de l’ancien wali, M. Sendid», a déclaré Louisa Hanoune, donnant ainsi du crédit à tout ce qui se racontait sur les conditions de la mort de ce wali. La justice va-t-elle ouvrir une enquête ou une information judiciaire suite à ces déclarations d’une responsable politique ?
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L’UDS prisonnière d’un absurde marchandage politique

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

La création d’un parti politique en Algérie est un parcours du combattant. Plusieurs demandes de création de parti sont mises sous le coude.
Les réformes et les promesses de rouvrir le champ politique faites par le président Bouteflika en avril 2011, dans le contexte insurrectionnel vécu par les pays arabes, ne sont en fait que du vent. Plusieurs dossiers de demande de création de parti sont mis sous le coude. Les responsables politiques ont plusieurs fois été interpellés, mais aucune réponse n’a été donnée. Pourtant, des dossiers complets ont été déposés au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales.

L’interdiction qui frappe la création de nouvelles formations politiques ne dit pas son nom. Bien qu’elle ne soit pas exprimée clairement par les pouvoirs publics, elle reflète exactement la volonté du régime de fermer les espaces de liberté et de droit, pourtant garantis par la Constitution, et renseigne surtout sur la tentation totalitaire en cours dans le pays. Le dossier de l’Union démocratique et sociale (UDS) dont le fondateur n’est autre que l’ancien premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), Karim Tabbou, est toujours bloqué au ministère de l’Intérieur. Lancée en 2012, l’UDS, selon son initiateur contacté hier, a rempli tous les critères exigés par la loi organique 12/04 portant création de partis politiques et dépassant parfois les exigences de la loi.

Karim Tabbou s’est vu délivrer une décision lui permettant de passer à la deuxième étape, qui consiste en la tenue, dans un délai d’une année, du congrès constitutif de son parti. Il a tenu une conférence de presse à Alger et programmé les premières assemblées générales pour mettre en place l’UDS. Contre toute attente, l’administration a refusé de lui attribuer l’autorisation d’organiser les réunions. D’abord à Béjaïa, puis à Annaba, où les responsables de wilaya lui ont signifié, sans aucun motif, le refus catégorique de tenir les assises locales de son parti.

A Ouadhias, dans la wilaya de Tizi Ouzou, le chef de daïra a signé l’autorisation, avant de lui demander gentiment de restituer le document pour la simple raison que le responsable de l’administration locale n’avait pas demandé l’avis de sa hiérarchie. Karim Tabbou y a répondu favorablement, conscient que ce n’est pas le commis de l’Etat à ce niveau de responsabilité qui a pris la décision d’annuler la réunion du parti.

Devant une telle cascade de refus, l’initiateur de l’UDS a demandé audience au directeur des libertés publiques du ministère de l’Intérieur. « Nous avons parlé pendant deux heures sans aucun résultat», raconte M. Tabbou. Mais le jour où il a vu le Premier ministre Abdelmalek Sellal, il a compris que « le blocage est politique». Pourquoi ne pas tenter alors une action commune avec d’autres initiateurs de projets de création de partis politiques ? Il y a en effet plusieurs dossiers en souffrance au ministère de l’Intérieur.

Une réunion a alors eu lieu, mais la démarche n’a pu abouti. La raison ? Certains préfèrent faire le dos rond, ne pas aller vers la critique de l’administration qui ne fera qu’aggraver leur situation. Selon Karim Tabbou, qui a interpellé l’ancien ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz, en manifestant au sein de l’APN où il est député de Tizi Ouzou, le pouvoir n’a pas l’intention de réformer. S’il y avait une volonté réelle d’ouvrir le champ politique, le premier geste serait de restituer le droit d’organisation inscrit dans la Constitution algérienne. Pourquoi refuse-t-on de laisser Karim Tabbou constituer son parti ?

L’ouverture promise par le chef de l’Etat en 2011 obéit à « la logique de la gestion des contextes politiques des révoltes arabes», estime le fondateur de l’UDS. Le refus, selon lui, répond aussi à la volonté et l’intention d’intégrer le FFS. Le pouvoir, indique Karim Tabou, est dans cette logique de marchandage politique. Seulement, lui refuse de s’y inscrire : « L’UDS ne peut servir de moyen de pression sur le FFS ni son interdiction de geste de bonne volonté envers celui-ci.» Lire la suite

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Louisa Hanoune SG du PT : «Da L’Hocine, notre patrimoine à tous»

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

Je voudrais saluer la mémoire du très grand militant qu’il a été durant toute sa vie. D’abord pour l’indépendance de notre pays avec tous les sacrifices qu’il a dû lui aussi consentir sans jamais fléchir.
Et je m’incline devant ce grand militant qui a considéré que le parachèvement de la Révolution exigeait l’avènement de la souveraineté du peuple et de la démocratie. Raison pour laquelle immédiatement après l’indépendance, il s’est engagé dans cette voie, bravant toutes les difficultés. Personnellement, je l’ai rencontré à Paris en 1986, il était en exil, qu’il a toujours porté comme on porte une croix, mais cela ne l’a jamais empêché de poursuivre le combat. Il avait toujours cette capacité de s’ouvrir aux autres.

Après les événements d’Octobre 1988, bien évidemment, j’ai été parmi les milliers de citoyens qui sont allés l’accueillir à son retour. Un retour qui avait marqué un tournant positif dans l’histoire de notre pays. Je suis allée à son meeting de la salle Harcha, et il avait demandé à ce que je monte pour prendre la parole. Immédiatement, nous avons engagé une plateforme commune sur des questions cruciales, à savoir l’Assemblée constituante, toutes les questions liées à la démocratie, la souveraineté nationale et notre position commune aux pillages étrangers par la dette extérieure.

Et ce n’était pas un hasard, quand notre pays a sombré dans la tragédie nationale, si nos combats se sont rejoints dans la lutte pour la paix et pour faire cesser l’effusion de sang afin que soient rétablies les conditions pour que le peuple algérien puisse exercer son libre arbitre à travers des élections libres et démocratiques. Nous nous sommes revus plusieurs fois à Genève et à Paris pour avoir des échanges su la situation.

Et lorsqu’il est rentré au pays en 1999, pour la présidentielle, nous avions repris langue et nous nous sommes rencontrés plusieurs fois sur le terrain des luttes pour de vraies élections, alors que déjà nous poursuivions la coordination dans la lutte pour la paix à l’intérieur du pays au sein de l’Assemblée.

Je garde de lui l’image d’un homme très affable qui, quelles que soient les circonstances, gardait espoir et toute sa combativité. Le président de la République doit prendre la responsabilité pour son rapatriement en reconnaissance de tout ce qu’il a donné pour le pays. Il faudra un deuil national, c’est grand personnage qui a marqué l’histoire de notre Révolution et même avant. Il a été de tous les combats. Je présente mes condoléances à sa famille, aux militants du FFS et aussi à tout le peuple algérien. Da L’Hocine est notre patrimoine à nous tous.» Lire la suite

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Les entreprises affichent leurs inquiétudes

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

Dévaluation du dinar, nouvelles taxes, hausse des prix des produits énergétiques… Les entreprises algériennes s’inquiètent de ces nouvelles contraintes qui portent un coup dur à leur outil de travail et menacent leur pérennité.
C’est le cas notamment de la marque Ifruit du groupe Ifri, implantée dans la wilaya de Béjaïa. « La loi de finances prévoit une taxe pour la filière des boissons. Nous sommes touchés, à l’instar de l’ensemble des acteurs de la filière», se plaint Djaffar Sadou, chef du département marketing de cette entreprise, rencontré hier à la Foire de la production nationale qui se déroule à la Safex d’Alger.

L’Association des producteurs algériens de boissons à laquelle adhère son entreprise a engagé des pourparlers avec les pouvoirs publics dans l’espoir d’exclure la catégorie des eaux de fabrication de boissons de l’article 51 qui prévoit une double imposition. Malgré la dépréciation du dinar, l’entreprise, l’une des plus florissantes du pays, a maintenu contre vents et marées ses prix inchangés en 2015, selon lui. Mais ce qui taraude davantage ce responsable, c’est l’augmentation en 2016 des prix des produits énergétiques. « Nous sommes les seuls à couvrir les 48 wilayas grâce à notre réseau de distribution constitué d’une grande flotte. Dans ces conditions, l’augmentation du prix du gasoil sera préjudiciable pour l’entreprise», explique notre interlocuteur.

Par conséquence, la société, à l’instar des opérateurs économiques de la filière boisson, l’une des filières les plus dynamiques du pays, n’a pas d’autre choix que d’augmenter les prix de ses produits. Djaffar Sadou trouve surtout « contradictoire» le discours officiel appelant à la promotion la production nationale, alors que des entreprises du secteur privé font face à de nombreuses difficultés. « On devrait normalement aider les entreprises qui créent de la richesse et de l’emploi», commente-t-il. Même inquiétudes exprimées par M. Dabli, responsable commercial de la laiterie Soummam, leader dans la production des laitages et des yaourts en Algérie. La société, note-t-il, évolue dans un climat contraignant en citant notamment la dévaluation de la monnaie nationale.

« La dévaluation du dinar a affecté l’ensemble des entreprises. C’est quelque chose de contraignant. On peut contrôler les facteurs internes à l’entreprise, mais nous n’avons pas une marge de manœuvre face à des facteurs exogènes», dira notre vis-à-vis. Ajoutez à cela la hausse des prix de l’électricité et de l’essence, prévue dans le cadre de la loi de finances 2016.

Pour amortir ces nouvelles hausses sur le coût de revient, les entreprises seront obligées de les répercuter au final sur les prix des produits, ajoute-il, précisant que l’activité des entreprises sera en berne en raison de la baisse de la consommation des ménages.
Pour Azzedine Harbi, directeur commercial de la filiale Brandt-Algérie du groupe algérien Cevital, la dévaluation du dinar n’a épargné aucune entreprise.

Cette contrainte supplémentaire, couplée à la détérioration du pouvoir d’achat des consommateurs, pousse déjà la société, spécialisée dans l’électroménager, à s’adapter en mettant l’accent sur une nouvelle stratégie de marketing, orientée principalement sur la qualité des produits et le service après-vente. Lire la suite

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La première résistance à la dictature

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

15 mois après la proclamation de l’indépendance, Hocine Aït Ahmed crée le FFS et organise la résistance pour dire non à la dictature imposée par l’armée des frontières.
La lutte pour la prise du pouvoir qui a commencé vers la fin des années 1950 allait connaître des épisodes dramatiques au lendemain de l’indépendance de l’Algérie. L’entrée en lice de l’armée des frontières dépossède le pays de ses perspectives démocratiques et le plonge dans des combats fratricides, quinze mois après la proclamation de l’indépendance.

La Kabylie qui a offert à la Révolution neuf colonels et des dirigeants politiques, tels que Hocine Aït Ahmed et Belkacem Krim, s’oppose à la démarche de la prise du pouvoir. Aït Ahmed démissionne du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et part s’installer dans sa région natale, Aïn El Hammam, où il naquit le 20 août 1926.

En septembre 1963, il fonde le Front des forces socialistes (FFS) qui réclame le pluralisme face au verrouillage de la vie politique imposé par le système du parti unique. Il entraîne par la suite la Kabylie dans un mouvement insurrectionnel armé. En 1962, il était déjà aguerri aux insurrections. A l’âge de 22 ans, il était le plus jeune membre du comité central auquel il présente, en 1948, un rapport sur les formes et la stratégie de la lutte armée pour l’indépendance et dirigea l’Organisation spéciale (OS) chargée de la formation des cadres militaires et de la mise en place d’un dispositif clandestin pour amorcer et développer la lutte armée.

Homme charismatique, Aït Ahmed séduit la population et la création du FFS a drainé une adhésion massive dans les villages de Kabylie, comme à Aït Zmenzer, près de Tizi Ouzou. Moh Ouali Maâcha, dit Djingo, avait 20 ans en 1963. Il se rappelle : « Dans mon village, Akendjour, même les cailloux ont fait la guerre de libération. Sur la poignée d’habitants, le village a sacrifié 42 martyrs. On a gagné la guerre contre le colonialisme, on ne peut donc pas accepter une autre forme de domination.

On a rejoint le FFS avec armes et bagages et on s’est installés dans la SAS d’Alma, libérée par l’armée d’occupation. On est restés là-bas quatre mois. On attendait les instructions.» L’appel à cette mobilisation a été lancé le dimanche 29 septembre 1963 à Tizi Ouzou lors d’un meeting populaire « sécurisé» par des soldats, sous le commandement du colonel Mohand Oulhadj. Toutefois, les relations tendues entre l’Algérie et le Maroc allaient changer la donne. Le divorce entre Aït Ahmed et Mohand Oulhadj est consommé.

La guerre frontalière algéro-marocaine éclate au moment où les deux gouvernements sont confrontés à une contestation sociale et politique. Elle est instrumentalisée par les deux protagonistes pour détourner leur opinion intérieure vers un supposé danger extérieur. Pour l’Algérie, ce qui menace directement le gouvernement, c’est la dissidence de Hocine Aït Ahmed et de ses partisans à Tizi Ouzou. Premier à exploiter cette nouvelle conjoncture, le président Ahmed Ben Bella déclare que « la concentration de l’armée chérifienne à la frontière et les agissements du FFS prouvent qu’il s’agit d’une action concertée.

Tout a été tramé dans l’ombre, à l’étranger». La pression des événements a sans doute précipité et accentué les divisions au sein de la direction de la rébellion. Les troupes mobilisées sont restée fidèles au commandement. Moh Ouali poursuit son témoignage : « A la SAS, notre point de regroupent, on a reçu l’ordre du colonel Mohand Oulhadj de nous regrouper à Oued Aïssi en tenue militaire. Comme armes, on avait des Mats 49 et des Mas 36 et 51 et pas assez de munitions.

On nous a dit qu’on devait défendre le pays. On a passé 4 mois dans notre base à Fort Lotfi. Comme on tournait en rond, on s’est enfuis, marchant pendant 3 jours et 3 nuits pendant le mois de Ramadhan. On a été arrêtés puis emprisonnés à Béchar. A notre libération, on retrouve les rangs du FFS alors qu’une folle ambiance de suspicion s’est installée. A la délation s’ajoutait la trahison. Le 21 avril 1964, 5 morts et 7 blessés ont été dénombrés dans mon village.

J’ai moi-même été blessé à la jambe et après 3 mois d’hospitalisation, on a été transférés à la prison de Lambèse pour être libérés enfin le 9 juillet 1965. Aujourd’hui, je ne regrette rien, même si l’Etat refuse de reconnaître et d’indemniser les 400 morts.» Aujourd’hui, la revendication d’un statut de martyrs pour les « maquisards du FFS» attend toujours. Pour de nombreux militants du parti, la disparition de la figure emblématique du mouvement insurrectionnel risque d’entraîner la clôture définitive du dossier. Lire la suite

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Aït Ahmed, pionnier de l’opposition au pouvoir

Publié le 24/12/2015, par dans Non classé.

Les velléités autoritaires nées dès l’indépendance acquise ont poussé Hocine Aït Ahmed à choisir la voie de l’opposition politique
pour perpétuer l’idéal de Novembre.
C’est dans un contexte douloureux qu’est né le Front des forces socialistes, juste après l’indépendance du pays, le 5 Juillet 1962. Pour son leader, Hocine Aït Ahmed, et ses compagnons, ce ne fut certainement pas facile de basculer dans l’opposition, après l’usure de tant d’années de guerre contre le colonialisme.

Mais il y avait vraiment de quoi, après le putsch de l’armée des frontières contre le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) et la crise de l’été 1962. Alors député de Sétif, Hocine Aït Ahmed décide de reprendre le combat. Le 10 juillet 1963, il annonce une décision historique de mener la guerre contre le pouvoir : « J’ai décidé de mener une lutte politique ouverte contre le régime socialo-mystificateur (…). C’est le seul moyen de désamorcer la situation rendue explosive (…) et par l’incapacité de l’Assemblée nationale constituante de bloquer le totalitarisme du régime.»

Hocine Aït Ahmed, qui n’était pas encore dans la logique de la lutte armée contre le pouvoir central, lance, deux mois plus tard, le 29 septembre, le FFS pour opérer, comme il est écrit dans le texte sa proclamation, « le redressement de la Révolution algérienne, d’en assurer la continuité en instaurant un socialisme fondé sur l’adhésion populaire, seule garante de justice sociale et de liberté». Celui qui a été parmi les fondateurs de l’Organisation secrète (OS) du Parti du peuple algérien (PPA) en 1947 dont il a été le chef, est accusé de « séparatiste» par Ahmed Ben Bella, qui plonge la Kabylie dans un cycle de violence inouïe. Il constituait un véritable obstacle au processus de fascisation enclenché avec l’arrivée de Ben Bella au pouvoir sur les chars de l’armée des frontières.

« L’adoption du projet de Constitution dans une salle de cinéma, Le Majestic (actuelle salle Atlas de Bab El Oued) était une volonté délibérée d’humilier l’Assemblée nationale constituante.» « Au sein de cette dernière, en plus de la violation du règlement intérieur, toute critique du gouvernement fut perçue comme une véritable défiance à l’autorité de l’Etat. Peu à peu, l’Assemblée perdit ses attributions et prérogatives pour devenir une chambre d’enregistrement», souligne-t-on dans l’aperçu historique du FFS dans une contribution de Si Larbi Hanafi. Le 14 août 1963, les événements se précipitent et donnent raison à Aït Ahmed avec l’accentuation de la crise.

Le président de l’Assemblée nationale, Ferhat Abbas démissionne de son poste pour protester contre la fascisation du pouvoir. Il n’en fallait pas plus pour que Aït Ahmed, qui avait déjà claqué la porte, convaincu que l’institution en question n’était pas capable de freiner « la totalitarisation du régime». Dans une interview accordée à la télévision française (sources Ina.fr) lors de son passage à Paris, Hocine Aït Ahmed annonce sa démission de tous les organismes directeurs de la Révolution.

« Décision irrévocable», disait-il, qui « répond au consensus populaire, au désir du peuple qui rend responsable tous les dirigeants, sans exception, et qui voudrait les voir tous s’en aller». « Ma démission n’est pas un abandon du combat, car je reste militant, c’est un acte politique, une option de confiance dans ses couches effervescentes qui ont conduit la guerre de Libération nationale», a soutenu Aït Ahmed qui, quelques semaines plus tard, a choisi la voie des armes.

De la résistance armée à l’exil

« Ou c’est la fascisation morale, la mort pour notre peuple, ou bien la résurrection de notre Révolution.» « S’il y avait la moindre chance de dialogue, nous ne l’aurions pas ratée. L’expérience a montré, dans le FLN, dans l’ANP et les institutions, que toutes les issues étaient bouchées», confiait-il au journaliste de la télévision française en reportage sur les maquis de Kabylie. Aït Ahmed parlait de « la détermination des militants à détruire le régime». C’est la phase de la résistance armée de Hocine Aït Ahmed et du FFS. Un lourd tribut sera payé par ses partisans, après la défection du colonel et responsable de la Wilaya III, Mohand Oulhadj. « La solidité de la résistance conduisit le pouvoir à pratiquer les méthodes les plus barbares : jugements expéditifs, exécutions sommaires, emploi massif de la torture.

Ainsi, plus de 3000 militants du FFS séjournèrent dans les locaux de la Sécurité militaire à Dar Nakhla, au quartier chinois, avant d’être emprisonnés à El Harrach, Berrouaghia, Constantine, Lambèse et Oran», rapporte-t-on dans les annales du parti. La résistance armée paya un lourd tribut. « Des centaines de combattants, dans leur quasi-totalité d’anciens maquisards, tombèrent héroïquement pour leur idéal démocratique.» Après la défection de ce qui est appelé « premier état-major», en novembre 1963, Hocine Aït Ahmed est arrêté en octobre 1964.

A la fin de son procès, le 9 avril 1965, devant la cour criminelle révolutionnaire d’Alger, il déclare : « Le recours au peuple doit transcender les petits calculs tactiques. Il doit exprimer un tournant décisif. Nous pensons qu’il peut s’effectuer en permettant au FFS, à l’opposition en général, d’avoir une activité légale et publique, d’avoir sa presse et ses publications et de tenir au grand jour son congrès constitutif.» Ce fut, en fait, son objectif à l’issue des négociations avec le pouvoir de Ben Bella avant, bien sûr, que le coup d’Etat du 19 juin 1965 ne remette tout en cause.

Le 26 mai 1966, Aït Ahmed s’évade de la prison d’El Harrach et quitte le pays pour l’exil. « A l’occasion du Printemps berbère (1980), il joue avec le FFS un rôle modérateur d’encadrement politique des militants afin d’empêcher l’irruption de la violence et d’inscrire la revendication linguistique et culturelle dans l’exigence du pluralisme politique, à l’intérieur de la nation algérienne», souligne Hanafi Si Larbi, ancien membre du conseil national du parti dans sa contribution reprise sur le site du FFS.

Le 16 décembre 1985, il lance avec Ahmed Ben Bella, depuis Londres, l' »Appel au peuple algérien pour l’instauration de la démocratie et le respect des droits de l’homme». Le rapprochement a été vu comme une menace par le pouvoir en place. Il coûtera la vie à son initiateur, Ali Mécili, ami et bras droit d’Aït Ahmed, avocat au Lire la suite

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