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«J’invite ses détracteurs à un minimum de retenue»

Publié le 13/12/2015, par dans Non classé.

Mokrane Aït Larbi, avocat du général Hassan, sort de sa réserve pour défendre son client, au lendemain de graves accusations parues dans la presse. Il faut dire que depuis la condamnation à 5 ans de prison du général Hassan par le tribunal militaire d’Oran, une féroce bataille médiatique oppose les clans du pouvoir.

Les soutiens exprimés par l’ancien ministre de la Défense nationale, Khaled Nezzar, qui estimait que la condamnation de l’ex-patron de la cellule antiterroriste au sein du DRS était « criminelle» et celle de l’ancien patron du DRS, le général Mediène dit Toufik, qui disculpait son ancien collaborateur des charges retenues contre lui, avaient été suivis par une réponse en forme de « point de vue» dans laquelle le général Hassan était taillé en pièces par une série de « révélations» sur son parcours et son accession au plus haut sommet de la hiérarchie des services secrets algériens.

Dans sa déclaration « Le général Hassan réclame justice», Me Aït Larbi condamne « la campagne de dénigrement et de fuites organisées» contre son client. « Ce n’est pas à moi de faire une mise au point sur des questions qui sortent du dossier, mais j’invite ses détracteurs à un minimum de retenue», précise-t-il. Ainsi, l’avocat rappelle que les charges retenues contre le général Hassan ne portaient pas sur la « détention illégale d’armes» ou la « création d’une organisation criminelle» ou « l’attaque terroriste de Tiguentourine», mais sur la « destruction de documents» et une « infraction aux consignes».

Des faits prévus et punis par les articles 289 et 324 du code de justice militaire. Concernant la première inculpation, l’avocat du général Hassan précise qu' »il s’agit de notes personnelles et le service ne s’est jamais plaint de la disparition de documents». D’ailleurs, « la loi ne peut pas prévoir 5 ans de prison pour avoir déchiré un papier, quelle que soit sa nature», ajoute Me Aït Larbi. « Concernant l’infraction aux consignes, il s’agit de la gestion administrative et sécuritaire d’un dossier top secret» que l’avocat se refuse d’aborder.

Pour lui, ces deux chefs d’accusation appellent deux remarques : la première, « les consignes générales données à la troupe sont-elles applicables aux services spéciaux et à cette affaire ?» ; la deuxième : « Le général Hassan a-t-il agi dans la gestion de ce dossier conformément aux consignes de sa hiérarchie ?»

Et d’ajouter que ses interrogations ont « fait de ma part l’objet d’une analyse écrite au juge d’instruction pour asseoir ma demande de mise en liberté et d’une plaidoirie devant le tribunal». Mais pour Me Mokrane Aït Larbi, la réponse à ces deux questions est toute trouvée. Elle émane de Khaled Nezzar et Mohammed Mediène dit Toufik, respectivement ancien ministre de la Défense nationale et ancien chef du DRS.

Pour Khaled Nezzar, les consignes générales données aux troupes ne s’appliquent pas aux services secrets. « Il est curieux d’exiger d’un chef des services de renseignement de respecter des consignes générales, alors que ses missions imposent que l’on s’affranchisse parfois de la contrainte imposée par les règles et la transparence», juge l’avocat. Alors que pour l’ancien patron du DRS, « en ce qui concerne l’opération qui lui a valu l’accusation d’‘‘infraction aux consignes générales », j’affirme qu’il a traité ce dossier dans le respect des normes et en rendant compte au moment opportun».

Enfin, le défenseur du général Hassan justifie sa démarche en estimant que son « devoir est de défendre avec professionnalisme un homme réduit au silence qui réclame justice, sans entrer dans d’autres considérations qui sortent du domaine professionnel et des droits de la défense». Lire la suite

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«Il faut dépasser les injustices dans les textes juridiques et religieux»

Publié le 13/12/2015, par dans Non classé.

Rencontré lors de l’université d’automne des projets DémAR et Monde selon les femmes, organisée la semaine dernière par des associations féministes et des organisations de défense des droits humains, Youssef Seddik, philosophe et anthropologue tunisien spécialiste de la Grèce antique et de l’anthropologie du Coran, livre sa vision sur la condition des femmes dans les pays du Maghreb.

Pour lui, la période de l’Antiquité chez les Maghrébins est plus moderne que leur actualité. Il préconise, pour l’émancipation de la femme, l’implication de l’homme à ses côtés dans son combat et des mécanismes de dépassement d’une partie de la révélation divine qui correspond à une époque révolue.

Le Sénégal, pays musulman, a adopté la parité en politique : 50% des élus doivent être des femmes. Pourquoi les pays du Maghreb ont du mal à adopter la même mesure ?

Ce n’est pas la seule particularité de ce pays béni qui s’appelle le Sénégal. Ce pays est un cas unique dans le monde musulman. Il renferme 90% de musulmans qui ont accepté pendant douze ans un président chrétien, très catholique : Léopold Sédar Senghor. C’est quelque chose d’inimaginable chez nous, au Maghreb.

Demain, si nous avions un homme compétent en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou en Mauritanie qui soit chrétien et qui se présente dans une quelconque élection, ne serait-ce pour gérer un petit village, il n’aurait aucune chance. Léopold Sédar Senghor a présidé aux destinées d’un grand pays et personne ne lui a reproché sa confession parce qu’il était aimé, compétent, a milité pour l’indépendance du Sénégal et a eu du mérite. Puis il est sorti dignement, laissant la place à un musulman, Abdou Diouf. Cela doit être une leçon.

Pour la question de la femme, c’est exactement la même chose. Un pays qui est énormément populacier dans sa conception de l’islam, comme le Pakistan, a permis à ce que le pouvoir suprême soit donné à une femme, en l’occurrence Benazir Bhutto. Quand une femme arrive au poste de chef de l’Exécutif, cela veut dire que dans les services, les cabinets, les grandes administrations du pays, le Parlement, la femme a déjà toute sa place. Donc, je crois que c’est lié aux pays arabes et non pas, tout à fait, aux pays islamiques. En Indonésie, au Bangladesh, il y a une certaine démythification de la femme.

Qu’en est-il dans les pays du Maghreb ?

Au Maghreb, il y a quelque chose de l’ordre du tabou beaucoup plus ancien que l’islam. Un tabou qui date de l’Antiquité. L’une des déesses du Maghreb s’appelle Tanit, elle était Amazighe et Phénicienne. Ce nom, dans la langue ancienne entre le sémitique et le chamitique auxquels appartiennent les Amazighs, signifie féminité.

De ce point de vue, notre Antiquité est plus moderne que notre actualité. L’actualité islamique, qui nous est parvenue il y a quatorze siècles, a installé durement le patriarcal comme un service de police et non pas comme une dynamique sociale.

Alors que tout le monde sait que c’est la femme qui supporte 70% de la peine de vivre, depuis la grossesse et l’enfantement jusqu’au ménage, la veille de l’économie domestique et l’éducation. Au Maghreb, lorsqu’on regarde la femme, c’est le modèle abstrait de notre maman, de notre sœur et de notre fille. Dès que nous voyons une femme qui n’est pas l’une de ces trois personnes, nous sommes dans l’adversité et donc, elle devient candidate à la victimité et à la répression.

On n’a pas compris que le texte fondateur de l’islam, qui est le Coran, ne peut pas lier l’humanité à une loi ponctuelle jusqu’à la fin des temps. Quand on lit dans le Coran ce qui est dit sur les femmes, au pluriel, nous avons l’impression que c’est Dieu qui dit que cela ne changera pas.

Or, il y a des traces de lois dans le Coran, écrites noir sur blanc, qui concernent quelque chose qu’on a dépassé, à l’exemple de l’esclavage.

Il y a des textes qui gèrent l’esclavage dans le Coran, pourtant, aujourd’hui, l’esclavage est aboli et cette ère est révolue. Donc, qu’est-ce qui empêche que les textes qui gèrent la condition de la femme à cette époque soient dépassés ? Il faut que les textes qui gèrent les rapports commerciaux, l’héritage… soient également dépassés, puisque ce sont des choses qui ont été édictées à une époque bien déterminée. Si les versets étaient aussi modernes que les exigences actuelles de liberté, personne ne serait devenu musulman.

On doit comprendre qu’il y a une partie de la révélation divine qui correspond à une époque et qui doit être dépassée. Il y a même les mécanismes de dépassement dans le texte, des ouvertures qui nous disent que tel ou tel aspect changera. Il y a évidemment une partie qui ne peut pas changer. Quand quelque chose ouvre sur un horizon meilleur, il n’y a pas de contrainte dans la religion. Et faire la différence entre ces deux registres de la Révélation sera peut-être le début de la libération du Monde arabe et du monde musulman.

Dans le Monde arabe, seule l’Algérie a adopté la politique des quotas en politique. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas d’accord. Même en Tunisie, ils ont instauré un système qui fait que les femmes sont maintenues minoritaires. Les gens boudent quand il y a une liste de femmes et préfèrent une tête de liste masculine. Ce qui donne à chaque fois un très petit nombre de femmes dans les assemblées. C’est à peu près la même chose en Algérie, avec ce système de quotas.

A mon avis, il faut préconiser une parité complète. Rien que dans l’Exécutif, on ne perdrait rien à le faire et il se trouve que la femme a des compétences. Elle est moins sensible à la tentation de corruption.

Dans la proportion qu’on voit à l’œil nu, la femme est plus proche de l’honnêteté et de la véracité que l’homme. Elle sait que l’enfant qu’elle a mis au monde doit être heureux et éloigné de la corruption.
Je pense que l’Exécutif, car c’est plus facile à ce niveau des institutions, doit préconiser la Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 13/12/2015, par dans Non classé.

Les camionneurs en colère à Médéa

Le nouveau wali de Médéa a pris récemment des mesures restrictives réglementant la circulation des poids lourds de plus de 2,5 t. Leur accès en ville est interdit durant la journée de 7h à 19h. Cette mesure a provoqué récemment la colère des camionneurs, qui ont organisé des sit-in devant le siège de la wilaya et également fermé la RN1, avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

Un local transformé en lieu de débauche à Tizi Ouzou

Dans le cadre de la lutte contre les lieux de débauche et de prostitution et le commerce illicite de boissons alcoolisées, les forces de police de la brigade de recherche et d’investigation de la sûreté de wilaya ont effectué, dans la nuit du 7 décembre, une opération visant un local transformé en lieu de débauche, abritant également un débit de boissons alcoolisées illicite, improvisé à la zone industrielle de Tala Athmane. C’est ce qu’a annoncé la cellule de communication de la police dans un communiqué transmis hier à notre rédaction. Selon la même source, il a été procédé sur les lieux à l’interpellation de 14 personnes, dont 8 femmes, et à la saisie d’une grande quantité de boissons alcoolisées. Présentés au parquet de Tizi Ouzou le 10 décembre, cinq femmes et trois hommes, dont le gérant, ont été mis en détention préventive, les autres sont cités à comparaître.

Un braquage rapide et discret

Un homme a réussi à se faire remettre un million d’euros de bijoux, sans violence, avant-hier, selon des informations d’Europe 1. Le malfaiteur a réussi à prendre la fuite. L’insolite dans l’histoire est que la boutique se situe rue du Faubourg Saint-Honoré, à 40 m à peine de la grille d’entrée du palais de l’Elysée, dans un quartier quadrillé par les forces de l’ordre ! Et encore plus surprenant, le voleur est reparti à pied, comme il était venu. A l’extérieur, les nombreux policiers qui sécurisent ce secteur ultra-sensible n’ont aucun moyen de savoir qu’une attaque à main armée vient d’être commise. Une patrouille arrive rapidement sur place, mais le braqueur a déjà disparu. Lire la suite

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L’euro flambe et se raréfie

Publié le 13/12/2015, par dans Non classé.

La dépréciation de la monnaie nationale éveille les ardeurs des Algériens pour les devises.
Méfiants, ces derniers se ruent sur les marchés informels des devises pour échanger leurs dinars contre des euros et des dollars, plutôt que de s’orienter vers l’épargne, faute d’une politique bancaire attractive en la matière.

A deux semaines des fêtes du Nouvel an et quatre mois après l’entrée en vigueur du dispositif d’amnistie fiscale mis en place par l’Exécutif au profit des fortunes qui prospèrent dans les circuits informels de l’économie, la demande en monnaies étrangères n’a jamais été aussi importante.

Sur le marché informel des devises — illégal mais qui s’impose en offre classique en l’absence d’un marché de change officiel — les cours des principales devises flambent contre un dinar qui perd et qui inquiète. Jeudi dernier, un euro s’échangeait contre 177 DA à l’achat et 175 à la vente, tandis qu’un dollar valait 162 DA à l’achat et 160 à la vente sur la « place» du square Port Saïd.

Sur le marché interbancaire des changes, un dollar s’échangeait contre près de 107 DA, alors qu’un euro valait un peu plus de 117 DA. Il y a bien un écart, et non des moindres, entre les températures de la « place» square Port Saïd et l’agence de la Banque de développement local (BDL), dont la façade donne sur ladite place.

Malgré quelques à-coups conjoncturels, la hausse des cours des principales devises contre le dinar est continue depuis maintenant plus d’une année.

L’argent de la surfacturation se tarit

Dans le même temps, la monnaie nationale a perdu environ 30% de sa valeur officielle depuis juin 2014, passant de 78,87 DA pour un dollar fin juin à 87,95 DA fin décembre et à 107 DA pour un dollar aujourd’hui. Si sur le marché officiel de change, le cours du dinar est la résultante d’un calcul administratif impliquant l’évolution de 14 monnaies, sur le marché parallèle, son prix obéit plutôt au principe de l’offre et la demande ainsi qu’à l’action psychologique de certains acteurs du marché. L’évolution du cours du dinar, ces derniers mois, contre l’euro et le dollar, correspond à une demande qui carbure à toute allure.

Il y a un retournement de tendance tant chez les offrants que chez les demandeurs. Du côté de l’offre, s’il est vrai que les revenus de l’immigration continuent à approvisionner le marché local en principale origine des devises, la source délictuelle semble se rétrécir comme peau de chagrin sous l’effet d’un contrôle renaissant du commerce extérieur.

Depuis plusieurs années, l’argent de la surfacturation des biens d’équipement et de consommation constituait une part de la masse des devises tournant dans le circuit parallèle. Désormais, la source délictuelle existe toujours, bien qu’elle soit repositionnée par l’origine traditionnelle des devises qui, elle, s’affaiblit face au poids de la demande.

Des acteurs de la Bourse informelle des devises lèvent le voile sur de nouvelles tendances peu connues jusqu’ici du marché : la destination des fonds s’est beaucoup diversifiée et enrichie.

Il y a au moins trois nouvelles catégories de demandeurs de devises qui font monter d’un cran la demande sur le marché informel. L’effet psychologique de la crise ainsi que la dépréciation de la monnaie nationale ont conduit à l’affermissement des pratiques de thésaurisation. Des détenteurs de fonds en dinars parmi les ménages et les marchands de la sphère informelle en recherche de valeurs-refuges se sont, en partie, reportés sur les devises.

Thésaurisation en devises

C’est bien parce qu’il y a de plus en plus un défaut de confiance en la monnaie nationale que la tendance vers la thésaurisation en dollar et en euro s’est développée. Pis encore, nous apprenons que des transactions se font en devises parmi les acteurs de la sphère marchande de l’économie informelle.

Il faut dire que le risque est double, tant pour le dinar dont la valeur ne fait que faiblir, que pour l’économie puisque les circuits informels représentent décidément un vrai problème de sécurité. Si cette clientèle a particulièrement fait grimper la demande en devises plutôt que de se laisser charmer par les propositions d’amnistie fiscale, le marché valse au rythme d’autres tendances, non moins déterminantes à la fois pour les cours et l’offre.

A l’heure actuelle, un besoin pressant se fait sentir sur le marché : celui de la mise en sécurité des fonds en dinars d’origine injustifiable aux yeux de la législation et du fisc.

Depuis le lancement du dispositif de mise en conformité fiscale volontaire, certains acteurs de la sphère marchande de l’économie informelle convertissent leurs fortunes dans une monnaie autre que le dinar. Alors que cette catégorie semble méfiante à la fois à l’égard de la valeur du dinar et de la politique de la main tendue du gouvernement, d’autres clients viennent depuis peu garnir le plat des cambistes.

Travailleurs chinois et subsahariens, mendiants syriens et autres étrangers légalement ou clandestinement établis en Algérie s’approvisionnent auprès des marchés informels des monnaies pour, ensuite, transférer les devises vers leurs pays d’origine. Ainsi, la demande a explosé ces derniers mois, atteignant des records inégalés, à en provoquer des raréfactions et des tensions. Le marché s’est beaucoup sophistiqué aussi, à en croire quelques cambistes, de sorte que certaines transactions n’enfreignent pas la législation en matière de change.

C’est ainsi que des produits sont proposés aux gros détenteurs de capitaux en dinars, dont, entre autres, les virements externes sans passage aux frontières, moyennant un cours légèrement supérieur à celui pratiqué pour le change local. Ce mécanisme permet aux fortunes libellées en dinar d’échapper à toute traçabilité en s’approvisionnant en devises à l’étranger en contrepartie d’un simple règlement de la contrevaleur en dinars à un intermédiaire local.

En somme, le marché, comme lorsqu’il s’agit d’une place de valeurs légale, obéit parfaitement au principe de l’offre et de la demande. L’offre s’est rétrécie sous l’effet des contrôles a priori et aposteriori des importations détaxées ou sous taxées, alors que la demande ne s’est jamais aussi bien portée, revigorée essentiellement par la dépréciation du dinar, l’arrivée de nouvelles catégories de demandeurs sur le marché ainsi que par les craintes sur le devenir économique et politique du pays. Lire la suite

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Les habitants de Bordj Menaïel crient leur ras-le-bol

Publié le 13/12/2015, par dans Non classé.

Durement touchés par le blocage des projets de développement inscrits au profit de leur localité, des centaines d’habitants de Bordj Menaïel, à 25 km à l’est de Boumerdès,

sont sortis hier dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol et leur colère contre « le laxisme et la mauvaise gestion des autorités locales». Les protestataires ont organisé une marche au centre-ville en arborant des pancartes revendiquant « la dissolution de l’APC» et « le départ du maire», élu sur la liste FLN en 2012.

La procession s’est ébranlée du rond-point jouxtant l’agence CNEP en arpentant le boulevard Amirouche avant de se disperser devant le siège de l’APC. Cette manifestation, qui s’est déroulée dans le calme, a suscité une grande adhésion parmi les commerçants, lesquels ont baissé rideau durant la matinée en signe de soutien aux marcheurs. Erigée en chef-lieu de daïra en 1984, Bordj Menaïel se débat dans des problèmes insurmontables.

De la crise du logement à l’absence d’espace de divertissement en passant par la détérioration des routes et l’anarchie régnant au centre-ville, la population locale estime que l’Etat n’a pas fait grand-chose pour améliorer son quotidien. Connue sous le nom de ville des Coquelicots, Bordj Menaïel est devenue symbole de la décadence et de la défaillance à tous les niveaux.

« Cela fait quatre ans qu’on parle d’une somme de 340 millions de dinars dégagée au profit de notre commune dans le cadre du programme d’amélioration urbaine. Le marché a été octroyé à un seul entrepreneur, mais les quelques mètres de route et les trottoirs qu’il a refaits jusque-là n’ont pas tenu un mois», dénonce un membre de l’association El Besma, l’un des organisateurs de la marche. Malgré la mauvaise qualité des travaux entrepris et la résiliation du marché avec l’entrepreneur, notre interlocuteur souligne qu’aucune procédure n’a été engagée par l’Etat pour sanctionner le responsable de ce bricolage.

« C’est une opération de dilapidation de deniers publics, pas un projet», s’écrie un autre citoyen, qui dénonce la détérioration des ruelles menant vers les cités Tahrir, Bousbaâ, Lahsida, El Ghicha, village Omar et Bastos.

Les manifestants s’élèvent également contre les retards enregistrés dans la réalisation des programmes de logement inscrits pour l’éradication des 1500 chalets et 300 taudis de la localité. « Notre commune compte 4162 logements qui ont connu un retard dans la réalisation : 2452 LPL, 630 LPA, 280 LSP, 800 AADL», déplorent-ils. Certains parlent aussi « du blocage de nombreux projets d’équipement pour absence de budget», citant le stade de 10 000 places, la salle omnisports, la crèche communale, etc.
D’autres habitants évoquent le trafic qui entoure la gestion du foncier industriel au niveau de la zone d’activité, soulignant que de nombreuses parcelles qui devaient abriter des usines ont été détournées de leur vocation avec la complicité des responsables locaux. « Notre zone industrielle est devenue une zone de salles des fêtes», lance un quadragénaire.

En l’absence du maire dont la gestion est décriée au niveau local, c’est le nouveau chef de daïra qui s’est adressé aux marcheurs devant le siège de l’APC, les assurant de faire de son mieux pour répondre à leurs doléances. Une promesse qui n’a pas convaincu les manifestants qui, eux, menacent de revenir à la charge dans les jours à venir si rien n’est fait pour améliorer leur vécu.
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Le pétrole au plus bas depuis 2009

Publié le 13/12/2015, par dans Non classé.

Les cours du pétrole ont fini la semaine à des niveaux historiquement bas, jamais atteints depuis la crise de 2009, plombés par la persistance de l’excès d’offre de brut sur le marché.

Sur l’ensemble de la semaine dernière, le baril de brent a ainsi perdu plus de 11% de sa valeur, clôturant à 37,93 dollars vendredi sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,80 dollar par rapport à la clôture de la veille.

A New York, le cours du light sweet crude (WTI) pour livraison en janvier a également conclu la semaine avec une baisse record, jamais vue depuis sept ans, cédant 1,14 dollar par rapport à la veille pour finir à 35,62 dollars le baril. Outre le facteur, désormais structurel, de l’abondance de l’offre, les cours pétroliers ont été particulièrement malmenés cette semaine par les répercussions de la dernière décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de ne pas revoir ses niveaux de production. Un facteur de déprime auquel est venu s’ajouter, avant-hier, le rapport pessimiste de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui table sur une moindre croissance de la demande pétrolière mondiale en 2016.

Malgré l’excès d’offre qui continue à tirer les cours de plus en plus vers le bas, l’OPEP, rappelle-t-on, a choisi, sous l’influence des pétromonarchies du Golfe, de ne plus se fixer d’objectif chiffré quant à ses niveaux de production. Une décision qui n’a pas manqué de plomber encore plus lourdement les marchés, décourageant davantage les investisseurs. « Le marché continue de chercher un plancher», analyse en ce sens Gene Mc Gillian, de Tradition Energy, cité avant-hier par l’AFP.

Selon lui, « les prix restent ainsi plombés par la décision de l’OPEP de ne rien changer à sa politique et de continuer à produire autant de pétrole qu’elle le peut, malgré un profond déséquilibre entre l’offre et la demande». Aujourd’hui, note le même analyste, « l’AIE dit s’attendre à ce que les cours restent déprimés en 2016 à cause de la politique de l’OPEP, ce qui a poussé de nouveaux investisseurs à passer à la vente».

Dans son dernier rapport mensuel, faut-il rappeler, l’AIE, qui défend les intérêt des pays consommateurs, a maintenu ses mêmes prévisions qui indiquent que la production de l’OPEP augmenterait encore de 1,2 million de barils par jour en 2016. La même agence a estimé par ailleurs que s’agissant de la relance de la demande, les effets positifs de la baisse des prix, qui a pris effet en 2014, commençaient désormais à s’atténuer, avec un ralentissement déjà important de la consommation mondiale en cette fin d’année.

Dans un tel contexte et alors qu’une offre supplémentaire de brut provenant d’Iran est attendue pour bientôt, le marché ne semble même plus prendre en compte les récentes annonces de baisse du nombre de puits en activité aux Etats-Unis. Lire la suite

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