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Le cas Ahmed Khenchouche

Publié le 17/12/2015, par dans Non classé.

Cloué à une chaise roulante usée, Ahmed Khenchouche, 48 ans, propose des lustres à 100 DA disposés à même le sol, sur l’une des allées de la cité des 3555 Logements, à Sidi Hamed.
C’est son unique moyen de subsistance. Paraplégique, Ahmed souffre d’une pathologie osseuse qui lui pourrit la vie. « Je suis né avec une malformation osseuse. Mes os sont infectés, le mal ronge inexorablement mon corps. Je ne sais pas combien de temps il me reste à vivre. J’ai traîné pendant 40 ans dans les hôpitaux, on a trituré mes jambes dans tous les sens, maintenant, il n’en reste plus rien», explique-t-il en brandissant sa carte de handicapé à 100%.

Ahmed nous invite à le suivre. Il se meut péniblement en faisant tourner les roues râpées de son fauteuil poussif qui, à l’image de ses os, s’effrite à vue d’œil. Il parcourt quelques mètres jusqu’à la cage d’escalier d’un petit immeuble. A l’abri des regards indiscrets, il baisse son pantalon jogging pour nous montrer le terrible mal qui le dévore. L’infection a entamé ses hanches, sa cuisse droite. « L’os a fini par transpercer la chair», gémit-il en exhibant une plaie béante. « Sawwar, sawwar (Prends-ça en photo)», répète-t-il à l’adresse de Samy, notre collègue, qui frémit.

Ce n’est pas beau à voir, c’est sûr. « J’ai dû faire une prothèse au niveau de la jambe droite, la prothèse tient dix ans. Après, ton corps ne la supporte plus, et ça provoque une infection. Une fois que ça attaque le corps, ça te tue à petit feu. Je dois refaire ma prothèse, mais pour cela il faut stopper l’infection. J’ai également besoin d’une prothèse pour ma jambe gauche», clame Ahmed. D’après lui, ces soins, très lourds, requièrent une hygiène de vie de chaque instant, avec une prise en charge soutenue à domicile.

« On n’a pas tenu compte de mon handicap»

En clair, Ahmed Khenchouche a besoin d’un logement individuel, lui qui a été relogé avec sa sœur et ses enfants. « Je suis un handicapé lourd, avec des besoins spécifiques. Pour ma toilette intime, pour mes soins, j’ai besoin d’un espace personnalisé. On n’a pas tenu compte de ma situation et on m’a mis avec ma sœur. Je suis marié, mais mon épouse ne veut pas venir dans ces conditions. Elle est retournée chez ses parents, à Kouba. Et sans le soutien de ma femme, je ne peux rien faire.

Depuis qu’on a emménagé ici, elle n’est venue qu’une seule fois. Cela fait plus d’un mois que je ne me suis pas lavé. J’ai aussi un ami qui venait m’aider quand j’habitais à Remli, maintenant il ne peut pas venir. Ma sœur est divorcée, elle a un garçon de 27 ans et une fille de 18 ans. Ce ne sont pas des gamins, ils ont eux aussi leur vie à faire. Ma sœur veut marier mon neveu, ce qui est légitime, et moi je ne sais pas ce que je vais devenir. Depuis qu’on est venus, on n’a pas défait nos cartons. Nos affaires sont entassées dans le salon.

Les autorités auraient dû tenir compte de mon cas et m’attribuer un logement individuel comme elles l’ont fait pour toutes les familles nombreuses. Qui plus est, j’ai un fils aussi. Je veux pouvoir réunir ma famille dans un logement décent de sorte qu’on puisse s’occuper de moi.» Ahmed a déposé un recours et attend. « Il y a 400 familles de Remli qui vont être relogées ici dans quelques jours. Leur recours a été validé. Mais moi, je n’ai rien reçu», affirme-t-il.

« Au moins, avant, j’avais mon intimité»

Revenant sur son douloureux parcours, il raconte : « Je suis né à Ruisseau en 1967. Mon père s’est remarié et il nous a jetés à la rue, ma mère, mes frères et sœurs et moi. C’est comme ça qu’on s’est retrouvés à Remli. J’y ai passé 20 ans. Et quand je pensais voir enfin la lumière, voilà qu’on me prive d’un logement conforme à ma situation, surtout quand on voit que des gens qui sont arrivés sur le tard à Remli ont bénéficié d’un logement. Certains ont même obtenu plusieurs logements injustement.» Ainsi, comme beaucoup de relogés, on ne peut pas dire qu’Ahmed a sauté de joie en recevant les clés de son nouveau logis. « Je ne me suis pas du tout réjoui du relogement. A la limite, je préfère la baraque où j’étais. Au moins j’étais chez moi, j’avais mon espace privé, mon intimité.

J’avais mon épouse qui prenait soin de moi, j’avais mes amis qui venaient m’aider. Ici, je ne peux recevoir personne», martèle-t-il. En attendant le verdict de la commission de recours, Ahmed a besoin en urgence d’un fauteuil roulant pour améliorer sa mobilité. « Je n’ai pas les moyens de m’offrir une chaise roulante neuve. Je ne touche même pas l’allocation pour handicapés. Si au moins on pouvait m’aider à acquérir un nouveau fauteuil», implore-t-il. Puisse son appel être entendu… Lire la suite

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La guerre du pétrole monte d’un cran

Publié le 17/12/2015, par dans Non classé.

Le Congrès américain devrait lever complètement, d’ici quelques jours, l’interdiction d’exportation du pétrole américain
qui prévaut depuis 40 ans.
Au plus bas depuis quelques jours, les cours du brut risquent de s’enfoncer un peu plus au cours des prochaines semaines. L’excédent d’offre qui persiste et qui mine le marché depuis près de deux ans risque de s’aggraver avec l’arrivée de nouveaux fournisseurs et de quantités supplémentaires alimentant ainsi la surabondance d’or noir. En effet, les Etats-Unis pourraient très prochainement mettre leur pétrole sur le marché international.

Le Congrès américain devrait lever complètement, d’ici quelques jours, l’interdiction d’exportation du pétrole américain qui prévaut depuis 40 ans. Républicains et démocrates sont arrivés à un accord et ont annoncé, dans la nuit de mardi à hier, un projet de budget 2016 incluant une levée totale de l’interdiction des exportations. Le projet de budget doit être voté aujourd’hui. Il permettra aux majors pétrolières américaines, qui pâtissent de la crise actuelle ayant des suppressions d’emplois dans le secteur, de trouver de nouveaux débouchés.

Cependant, les enjeux de cette levée vont bien au-delà des questions liées au financement du budget et à la création d’emplois, mais vise des objectifs hautement stratégiques. Les congressistes ne s’en cachent pas. Pour les républicains, cette décision peut « aider les alliés est-européens des Etats-Unis, qui aujourd’hui dépendent de la Russie pour leur approvisionnement en énergie». Preuve encore que derrière cette guerre que se livrent les gros producteurs de pétrole, il y a bien plus d’une compétition pour les parts de marché, mais des visées politiques bien distinctes.

Une décision qui peut également être interprétée comme un refus des Etats-Unis de céder face à la guerre des prix menée par les producteurs OPEP depuis plus d’une année et qu’ils comptent aussi aller à la conquête de parts de marché. En effet, le projet a été adopté par la Chambre des représentants au mois d’octobre en attendant son examen au Sénat. L’annonce de l’accord intervient à quelques jours de la décision de l’OPEP de reconduire ses quotas, lesquels sont d’ailleurs dépassés d’au moins 1,5 million de barils/jour (b/j) en termes de production.

L’annonce est aussi simultanée à la décision, mardi, de l’Agence internationale de l’énergie atomique de clore le dossier du nucléaire iranien. Une étape prévue par la feuille de route adoptée en juillet dans le cadre de négociations pour solder le dossier. Celle-ci ouvre la voie à la levée des sanctions dès le printemps. Téhéran affirme déjà pouvoir mettre 500 000 b/j sur le marché dès la levée des sanctions et un million de b/j d’ici fin 2016.

Autant de facteurs qui font d’ores et déjà réagir les marchés. Hier, le baril de brut perdait du terrain après avoir tenté un léger rebond mardi. Cependant, les analystes estiment que la décision du Congrès américain ne changerait pas tellement la donne en ce qui concerne l’offre et la demande, en raison d’abord des travaux pour que les terminaux du golfe du Mexique, conçus pour l’importation, soient adaptés à l’exportation. Lire la suite

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La convergence des terroristes vers l’Afrique inquiète les experts

Publié le 17/12/2015, par dans Non classé.

Les chargés de la lutte antiterroriste de 34 pays africains s’attellent, depuis hier à Alger, à faire le point sur la situation sécuritaire inquiétante du continent, liée notamment à la recrudescence des attentats terroristes au nord du Mali, en Afrique de l’Ouest et de l’Est ainsi qu’en Afrique centrale. Smaïl Chergui, commissaire africain pour la paix et la sécurité, met en garde contre l’émergence de groupes terroristes dans le continent par l’arrivée de milliers d’Africains enrôlés dans les rangs du groupe Etat islamique qui fuient le Moyen-Orient. D’après M. Chergui, chaque année, Daech engrange 2 milliards de dollars résultant du trafic du pétrole, des armes, de la drogue, des œuvres d’art et du rançonnement.
Ouverte hier à Alger, la 9e réunion des points focaux du Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme (Caert) se déroule dans une conjoncture particulièrement inquiétante liée à la multiplication des attentats terroristes et à l’étendue de plus en plus importante des terrains de prédilection des groupes criminels — connus sous les appellations d’AQMI, Boko Haram, Al Murabitoune, Ançar Eddine, le Mouvement pour l’unité et le djihad et plus récemment Daech — qui s’expriment avec violence lors des attentats au Sinaï en Egypte, en Libye et en Tunisie. Comme l’a bien souligné Smaïl Chergui, commissaire africain pour la paix et la sécurité, aucun pays n’est à l’abri, y compris l’Algérie qui partage des milliers de kilomètres de frontières avec des pays en proie à une déferlante terroriste.

Dans sa déclaration devant le panel d’experts en lutte antiterroriste, M. Chergui rappelle l’élargissement de l’étendue de la violence depuis l’extrême-est de l’Afrique jusqu’à l’Ouest, en passant par l’Afrique centrale et le Sahel. « Avec la poursuite des activités du mouvement des shebab en Afrique de l’Ouest et l’apparition de ce qui est connu comme étant l’Etat islamique, la vulnérabilité de la situation sécuritaire s’est accentuée. Elle constitue le principal défit auquel est confronté le continent.

Selon une évaluation d’experts, ce mouvement perçoit une rente de 2 milliards de dollars annuellement induite par le trafic du pétrole, des œuvres d’art et du rançonnement. Malgré les efforts internationaux visant à l’affaiblir en Irak et en Syrie, il y a de grandes craintes sur la fuite de ses membres du Moyen-Orient vers l’Afrique et d’autres régions du monde. La crise yéménite complique davantage la situation après la tombée de plusieurs régions de ce pays sous le contrôle d’Al Qaîda et, à un degré moindre, de Daech.

Une situation qui doit nous pousser à renforcer les efforts de l’Afrique pour neutraliser les activités de ces groupes.», Le commissaire africain présente le phénomène des combattants étrangers comme une forme particulière du terrorisme international, devenu une source de préoccupation majeure puisqu’un nombre important d’Africains ont exprimé leur allégeance à l’Etat islamique ou rejoint ses rangs. Ce qui constitue une grande menace sur tous les pays africains et impose une coordination entre ces derniers en matière d’échange de renseignements allant dans le sens de l’affaiblissement des groupes terroristes.

M. Chergui évoque la situation au Moyen-Orient qui, selon lui, est devenue une source d’inspiration pour les terroristes en Afrique, qui ne cessent d’attirer de nombreux jeunes Africains pour les enrôler dans leurs rangs. « Face à ce danger», le commissaire rappelle « l’inquiétude» exprimée par la commission pour la paix et la sécurité de l’Union africaine, de la persistance des menaces terroristes en Afrique et la nécessité de multiplier les efforts pour mettre en exécution le cadre africain de lutte contre le terrorisme.

Tout comme il met en exergue les engagements des chefs des Etats africains à moderniser leur législation, à renforcer leurs capacités opérationnelles et coordonner entre les structures spécialisées en matière de lutte contre le terrorisme, tout en soulignant l’importance de la création d’Afripol, à Alger, qui permettra un meilleur partage du renseignement à même d’optimiser la riposte contre les terroristes. Pour M. Chergui, il n’existe pas une seule méthode de lutte mais plusieurs, appelées à se conjuguer pour combattre la radicalisation et le terrorisme, mais aussi pour tarir les sources de financement et le recrutement.

La peur des combattants étrangers

Pour sa part, le directeur adjoint par intérim du Caert, Idriss Mounir Lallali, présente cette rencontre comme « une occasion de renforcer» la coopération en matière de prévention et de lutte contre le terrorisme et « réunir» les conditions pour une action conjointe « plus forte, plus palpable et mieux coordonnée».

Selon lui, « les attaques terroristes qui ont eu lieu récemment, notamment dans le continent africain, ainsi que les activités des mouvements armés des forces négatives soulignent la pertinence et la nécessité de continuer à revoir et à renforcer nos méthodes de travail et à resserrer nos rangs dans notre quête de faire de l’Afrique un havre de paix et de sécurité». Il met en avant toutes les actions entreprises sous l’égide du Caert, en citant l’exemple du système d’alerte précoce du centre, l’Unité de fusion et de liaison (UFL), mais aussi les différentes actions allant dans le sens du renforcement de la coopération et de l’échange d’information et d’expertise.

Il met en garde contre cette menace qui continue de progresser. Ces groupes ne se contentent plus d’occuper des territoires, de les administrer et de soumettre les citoyens à leurs lois barbares, mais ont également démontré leur capacité de nuisance et de déstabilisation considérable. Le problème des combattants étrangers, ainsi que la multiplication des attaques terroristes perpétrées par les groupes affiliés à Al Qaîda et à l’Etat islamique seront aussi discutés.

En marge des travaux, le responsable nous explique que cette rencontre de trois jours « devra permettre aux représentants de 34 pays africains, de partager leurs notes d’information sur la situation sécuritaire ayant trait aux différents groupes terroristes qui activent, leurs connexions et tout ce qui concerne leur logistique pour nous permettre d’actualiser la cartographie de l’activité terroriste». C’est la 9e réunion du genre et elle se terminera demain avec des recommandations d’ordres politique et opérationnelle. Il sera question de se projeter dans les espaces et d’évaluer les moyens nécessaires pour optimiser les stratégies de lutte contre le terrorisme et ses connexions avec la criminalité transfrontalière.

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Finances publiques : Vers un déficit budgétaire intenable

Publié le 17/12/2015, par dans Non classé.

Les cours mondiaux du brut filent tout droit vers le seuil catastrophique des 30 dollars, selon plusieurs projections, le budget général de l’Etat, tel que prévu dans la loi de finances 2016 (LF), est basé, lui, sur un prix de référence de 37 dollars le baril.
Les finances de l’Algérie, dont surtout le budget de l’Etat pour l’année prochaine, devraient connaître des niveaux de déficit insoutenables, au vu de la nouvelle réalité des prix sur le marché pétrolier. De ce fait, alors que les cours mondiaux du brut filent tout droit vers le seuil catastrophique des 30 dollars, selon plusieurs projections, le budget général de l’Etat, tel que prévu dans la loi de finances 2016 (LF), est basé, lui, sur un prix de référence de 37 dollars le baril.

Désormais, au bout de son tumultueux parcours institutionnel, venant d’être officiellement adopté par les deux Chambres du Parlement, le projet de loi de finances 2016 aura ainsi été élaboré sur la base de cadrages économiques qui peuvent s’avérer d’emblée faussés par le nouveau contexte pétrolier. Prenant en compte un prix réel du marché du pétrole brut de 45 dollars et un taux de change de 98 DA pour un dollar américain, les projections qui ont présidé à l’élaboration du budget de l’Etat pour l’année prochaine semblent déjà remises en cause.

En effet, alors que le billet vert devrait se renchérir au-delà des 107 DA pour un dollar, avec le relèvement annoncé des taux d’intérêt américains, le cours du brent tourne, lui, autour de seulement 37 dollars le baril et risque de plonger davantage avec le retour attendu pour janvier du pétrole iranien. Or, le projet de loi de finances 2016 prévoit des dépenses globales de 7984,1 milliards de dinars pour un montant total de recettes prévisionnelles de l’ordre de 4747,43 milliards de dinars, sur la base d’un prix de référence du pétrole à 37 dollars le baril. Compte tenu de ces prévisions budgétaires, le texte autorise un niveau de déficit de l’ordre de 12%, qui, selon le ministre des Finances,

Abderrahmane Benkhalfa, devra être couvert par le fameux Fonds de régulation des recettes (FRR). Or, ce même fonds qui, soit dit en passant, est alimenté par le différentiel entre les recettes que prévoit officiellement la loi de finances sur la base d’un prix de 37 dollars le baril de pétrole et celles engrangées réellement sur la base des prix réels du marché, est actuellement en voie d’épuisement, du fait de la chute drastique des recettes de la fiscalité pétrolière.

Selon les prévisions de départ du projet de loi de finances 2016, le FRR ne conservera que 1797 milliards de dinars de réserves à la fin de l’exercice prochain. Encore faut-il que les cours du pétrole remontent à des niveaux proches des agrégats qui ont présidé à l’élaboration de cette même loi de finances. Autrement, il faudra s’attendre à ce que le gouvernement use, bien plus tôt que prévu, de l’article 71 de ce texte, dont il a d’ailleurs forcé le passage à l’APN. Cet article, très contesté par les partis de l’opposition, instaure, rappelle-t-on, un nouveau mécanisme d’arbitrage budgétaire, qui permet au ministre des Finances de geler des financements en cas de détérioration de la conjoncture pétrolière, sans être obligé de recourir à l’élaboration de nouvelles lois de finances.
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Débidonvillisation : Le calvaire des exclus Ni baraque, ni logement

Publié le 17/12/2015, par dans Non classé.

Pour 72 752 familles recensées, 84 766 logements. L’équation paraît facile sur le papier, et la bataille de la débidonvillisation gagnée d’avance. Il y aurait ainsi un toit pour tout le monde. Sur le terrain, c’est une autre affaire. Déterminée à éradiquer toutes les baraques, la wilaya d’Alger ne fait pas de quartier.
Résultat des courses : ceux qui ne sont pas dans la liste et qui ne sont pas repêchés après recours se retrouvent à la rue. Ils ne pourront même plus réoccuper leur ancien gourbi, les autorités étant décidées à raser les sites précaires, récupérer toutes les assiettes et y planter des projets d’utilité publique. Si bien que, dans tous les sites de recasement que nous avons visités, l’euphorie « post-rahla» a très vite cédé la place à une forme de déception, voire un mécontentement solidaire en dressant l’inventaire de ceux qui manquent à l’appel.

Les joies étaient contenues, pudiques, quand elles ne se transformaient pas carrément en mouvement de colère. C’est le cas à la cité des 160 Logements, à Souidania. A peine avons-nous mis les pieds dans cette nouvelle cité, une foule nous a entourés avec un seul nom à la bouche : Salaheddine. « Nous sommes tous Salaheddine», clamaient-ils presque dans un élan empathique. Référence à Salaheddine Larbah, un de leurs voisins à Haouch Kaïti, site d’habitat précaire situé à Staouéli.

On comprendra très vite que Salaheddine n’a pas eu sa place dans le « bateau» de la « rahla». Pour eux, c’est comme laisser un frère en mer, livré à la furie des flots quand tout le monde a pu embarquer. Pour faire court, Salaheddine Larbah, 22 ans, ouvrier en bâtiment, marié et père d’un enfant de 3 ans, n’a pas bénéficié d’un logement après la démolition de sa baraque à Kaïti.

Nous l’avons rencontré, et le moins que l’on puisse dire est que sa situation est des plus déplorables. Il en est réduit à végéter dans un local commercial désaffecté, un trou insalubre aux murs gris, couleur ciment, sans électricité, sans eau, sans toilettes, ni la moindre commodité, n’ayant pour tout confort qu’un lit de camp et une couverture élimée. Le local en question est niché dans l’un des bâtiments de la cité des 160 Logements. Pour y accéder, on traverse un vestibule nauséabond puant l’urine. En face, un local vacant est transformé en décharge clandestine. Bref, des conditions de vie inhumaines.

« Je ne vais quand même pas habiter dans la cuisine»

Le calvaire de Salaheddine a commencé le jour de l’évacuation des baraques de Haï Kaïti en octobre 2014. « Ce jour-là, les forces de l’ordre ont envahi le site avec hargne. Ils étaient décidés à chasser tout le monde. J’ai été tabassé à mort, mais j’ai résisté et ma baraque a été épargnée. Trois mois plus tard, à 8h du matin, ils sont revenus à la charge et m’ont chassé avec sauvagerie. Ma baraque a été rasée. Maintenant, il reste juste une petite tente là-bas où j’ai accroché un drapeau. J’y ai laissé toutes mes affaires», raconte Salaheddine.

A l’appui, le jeune homme nous montre des cicatrices tatouées sur son corps frêle : une bosse sur le front, une entaille profonde sur le bras gauche, mal suturée, séquelles d’une bastonnade féroce. « Ma femme a fait deux fausses couches suite à ces violences», affirme Salaheddine. Malgré cela, il ne compte pas baisser les bras. Sa revendication ? Un logement individuel où il pourrait retrouver sa petite famille déchirée. « Depuis l’évacuation du bidonville, je suis coupé de ma famille. Ma femme est chez ses parents à Chéraga avec mon fils. Mon enfant me manque terriblement.

Je ne le vois qu’occasionnellement. Je ne peux pas les ramener vivre avec moi dans ces conditions.» Selon Salaheddine, il ne fait aucun doute que son nom figurait sur la liste des relogés : « Je suis marié depuis 2011, j’ai un enfant, j’avais une baraque indépendante. Il n’y a pas de raison à ce que je ne bénéficie pas d’un logement séparé comme tout le monde. Je suis convaincu que mon logement a été détourné !» martèle-t-il.

Dans la logique des autorités, Salaheddine devait emménager dans l’appartement qui a été affecté au nom de sa mère, elle-même ex-pensionnaire du bidonville Kaïti. Sauf que le logement en question, un petit F3, ne pouvait suffire pour contenir la nombreuse fratrie des Larbah. « J’ai un frère marié, avec femme et enfants, qui occupe une pièce ; ma mère occupe l’autre pièce avec ma sœur. Reste le salon que se partagent mon autre frère qui a 24 ans et ma sœur de 29 ans. Déjà qu’un garçon dorme avec sa sœur, ça ne se fait pas, îb. Ne reste finalement que la cuisine. Je ne vais quand même pas habiter dans la cuisine avec ma femme et mon fils !» proteste Salaheddine.

« On n’a jamais demandé à partir»

Lakhdar, un de ses voisins, n’y va pas par quatre chemins : « Salahedine a 22 ans, ils ont vu qu’il était jeune, alors hagrouh. Ils ont détourné le logement qui lui était destiné. On sait de source sûre qu’il était sur la liste, et son logement a été détourné purement et simplement. Karitha !» Et de faire remarquer : « Salaheddine vivait avec sa femme et son fils dans sa propre baraque. Pourquoi le mettre avec sa mère sachant que c’est un ménage à part ?» Lakhdar renchérit : « A la limite, il est plus prioritaire que moi.

Moi, je suis originaire d’El Attaf (wilaya de Aïn Defla, ndlr). Nous sommes tous des Algériens, mais je vous le dis honnêtement, je suis un nouveau débarqué à Kaïti et j’ai bénéficié d’un logement. Lui, il est né à El Harrach, il a droit à un logement plus que nous tous, ne serait-ce que pour son fils. Ça fait des mois qu’il ne l’a pas vu. Il ne fait que regarder ses photos sur son téléphone portable et pleurer.» Image saisissante : du local où crèche Salaheddine, il y a un vasistas qui donne sur le bâtiment d’en face. Salaheddine s’exclame : « Vous voyez cette fenêtre ? C’est là-bas qu’habite ma mère. Lire la suite

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Des passeports biométriques d’une année pour les urgences

Publié le 17/12/2015, par dans Non classé.

Des passeports biométriques d’urgence, valables seulement une année, seraient sur le point d’être établis pour les ressortissants algériens établis à l’étranger nécessitant un retour rapide au pays.
C’est ce qu’auraient décidé les ministères des Affaires étrangères et de l’Intérieur et des Collectivités locales pour mettre fin à l’inquiétude des Algériens établis à l’étranger qui ne sont pas encore en possession d’un passeport biométrique.

Alors qu’ils étaient habitués à voyager avec leur passeport français (ceux détenteurs de la double nationalité, ndlr) et à rentrer en Algérie avec une simple carte d’identité, ils devront désormais avoir un passeport biométrique algérien pour entrer en Algérie.

Or, l’établissement des passeports biométriques outre-mer accuse un sérieux retard faute d’une capacité d’accueil permettant un traitement rapide.

Pour éviter les dérives, les autorités auraient décidé d’établir des passeports d’urgence. C’est le député FLN Noureddine Belmeddah qui en a fait l’annonce, hier, suite à une rencontre avec le ministre de l’Intérieur.

« J’ai exposé la situation des Algériens établis à l’étranger n’ayant pas de cartes de résidence et j’ai expliqué au ministre de l’Intérieur que ces personnes ont besoin de leur passeport pour régulariser leur situation.

Celui-ci a assuré que nos consulats établiront des passeports biométriques d’urgence en 24 heures pour ces personnes, mais aussi pour celles qui doivent regagner le pays de toute urgence pour un décès ou une quelconque autre raison justifiée», souligne le député dans son communiqué. Cette décision devrait prendre effet avant même la fin de l’année.

Plus d’un million d’Algériens sans passeport biométrique en France

Djamel Bouras, député FLN de l’émigration, a pour sa part fait savoir, dans une récente déclaration à la presse, qu’il y a au moins 1,2 million d’Algériens en France qui n’ont toujours pas de passeport biométrique. « Dernièrement, nous avons rencontré le Premier ministre qui a reçu les députés et une délégation d’associations qui représentent la communauté algérienne à l’étranger.

Cette rencontre a eu lieu le 31 octobre en présence des ministres des Finances et des Affaires étrangères notamment. Mais aujourd’hui ça n’avance pas, car les consulats n’ont toujours pas les moyens humains et financiers nécessaires. Les conditions d’accueil aussi doivent être améliorées», a-t-il indiqué.

Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui s’est récemment rendu dans divers consulats en France, a promis des mesures pour l’amélioration du traitement des demandes. Ces dernières semaines, de nombreuses plaintes (retards, mauvais accueil, abus, etc.) ont été exprimées par des Algériens établis en France…
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