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P/APC de Boumerdès : Une suspension et des interrogations

Publié le 09/01/2016, par dans Non classé.

L’affaire de la suspension du président de l’APC (FFS) de Boumerdès, M. Aït Si Larbi, et les réactions qu’elle a suscitées, révèlent tout le mal et les luttes d’intérêt qui rongent l’APC depuis son élection en 2012.
Cette décision, prise suite aux poursuites judiciaires enclenchées contre le maire, n’a pas été du goût des militants et cadres locaux du FFS. Hier, un sit-in a été organisé par ces derniers devant le siège de l’APC pour dénoncer « la destitution de leur camarade de lutte». M. Aït Si Larbi est poursuivi pour « non-dénonciation d’un délit commis en août dernier, pendant son congé, par un agent de la commune». Il a été relevé de son poste conformément à l’article 43 qui stipule que « l’élu faisant l’objet de poursuites judiciaires pour crime ou délit en rapport avec les deniers publics (…) est suspendu par arrêté du wali, jusqu’à intervention de la décision définitive de la juridiction compétente». L’élu devant assurer l’intérim a été installé hier vers 17h par l’Assemblée.

Il s’agit de Djamel Baouali, un fonctionnaire de la commune d’obédience RND. Il est à rappeler que pas moins de 12 présidents d’APC ont été suspendus de leur poste ces quatre dernières années en raison de plaintes déposées à leur encontre pour des affaires liées, notamment, au non-respect de la réglementation en vigueur dans l’octroi des marchés publics. Certains considèrent ces suspensions comme un abus d’autorité et une violation du principe de présomption d’innocence, alors que d’autres les voient comme une solution contre les maires qui piétinent les lois de la République dans l’exercice de leur fonction. Lire la suite

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On vous le dit

Publié le 09/01/2016, par dans Non classé.

Un policier condamné pour vol dans une mosquée de Tiaret

Le tribunal pénal relevant de la cour de justice de Tiaret a condamné, mercredi dernier, H. A., 45 ans, policier de son état, à une année de prison ferme pour « vol en flagrant délit» dans la mosquée Chadli Hebib, située à la cité Mohamed Bouhenni sur les hauteurs de la ville. Le représentant du ministère public avait requis, une semaine auparavant, une peine maximale de cinq années, mais le prévenu a bénéficié de circonstances atténuantes. Ce policier pickpocket, qui écumait les effets vestimentaires des fidèles de la mosquée, a été identifié grâce à une caméra de surveillance installée dans les vestiaires. Trois des victimes de vols ont été remboursées.

Un homme tué par sa femme à Draâ Ben Khedda

Les services d’investigation de la sûreté de daïra de Draâ Ben Khedda, dans la wilaya de Tizi Ouzou, ont élucidé l’affaire de l’assassinant d’un homme de 55 ans, survenu le 2 janvier à la cité des 400 Logements. L’enquête a établi que l’auteur du crime n’était autre que l’épouse de la victime. Les éléments de la police ont alors procédé à l’arrestation de cette femme âgée de 57 ans, apprend-on de la cellule de communication de la sûreté de wilaya de Tizi Ouzou. Un dossier judiciaire a été instruit à son encontre pour « homicide volontaire avec préméditation» et à l’encontre de ses deux filles, âgées de 20 et 23 ans, pour « non-dénonciation de crime», indique-t-on de même source, ajoutant que le mobile du meurtre serait un différend familial qui aurait dégénéré. Présentée mardi dernier devant le parquet de Tizi Ouzou, la mise en cause a été mise en détention préventive pour « homicide volontaire avec préméditation» et les deux jeunes filles ont été placées sous contrôle judiciaire pour « non-dénonciation de crime», conclut le communiqué de la sûreté de wilaya.

L’Allemagne réédite Mein Kampf malgré les réticences

Pour la première fois depuis 1945, une réédition de Mein Kampf a été publiée vendredi en Allemagne, à des fins pédagogiques, malgré les réticences que suscite le regain de visibilité accordé au pamphlet d’Adolf Hitler. Cette édition critique de 1948 pages, agrémentée de 3500 notes historiques explicatives, a pour objectif d’être « une réplique au livre d’Hitler», a déclaré lors d’une conférence de presse Christian Hartmann, qui a dirigé le projet éditorial au sein de l’Institut d’histoire contemporaine (IFZ) de Munich. L’ouvrage, en deux tomes et 1948 pages, sera vendu 59 euros. Le texte fondateur du nazisme et du projet d’extermination des Juifs doit être compris comme « le centre intellectuel d’une idéologie meurtrière» qui s’est « achevée dans la plus grande catastrophe», a insisté l’historien. L’équipe de l’IFZ s’est lancée en 2009 dans cette entreprise aussi titanesque que controversée. Il aurait été impossible en effet de publier un tel ouvrage sans commentaire ni lui opposer les références « critiques» à même de remettre « le texte et l’auteur à leur place», a insisté M. Wirsching, qui parle d’une entreprise de « démystification» du brûlot. Lire la suite

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L’ombre de Réda Hemch…

Publié le 09/01/2016, par dans Non classé.

Le procès Sonatrach 1 s’est poursuivi jeudi dernier, au tribunal criminel d’Alger, avec l’audition de plusieurs accusés, poursuivis dans le cadre du dossier de réfection et de réalisation du bâtiment de Ghermoul à Alger.
Celle de Nouria Meliani, patronne du bureau d’études privé CAD, a le plus retenu l’attention de l’audience. Poursuivie pour les délits de « passation de contrat en violation de la réglementation pour bénéficier d’un pouvoir et d’une influence sur les agents de l’entreprise dans le but d’augmenter les prix», « complicité dans la dilapidation des deniers publics», « blanchiment d’argent» et « trafic d’influence», elle commence par « corriger» certains propos d’accusés relatifs au montant du contrat lié à l’étude de réfection du bâtiment de Ghermoul : « Des chiffres erronés ont été rapportés par la presse.

Nous utilisons des barêmes définis par un arrêté interministériel. Le montant du contrat est de 45 millions de dinars et non pas de milliards de dinars.» Le magistrat lui fait savoir que « la presse est libre d’écrire», avant de la faire revenir aux modes de soumission.

Elle explique qu’elle a obtenu de nombreux marchés, notamment auprès de BRC, une filiale de Sonatrach, avec de « petits» montant allant de 3 à 6 millions de dinars. « Ce n’est pas à moi de vérifier ou de remettre en cause un marché que m’attribue Sonatrach.» Le juge lui demande comment elle a obtenu le gré à gré. « Lorsque j’ai appris par mes confrères architectes que Sonatrach lançait un avis d’appel d’offres, j’ai été retiré le cahier des charges. Il comportait des vides et des articles contradictoires. J’ai soumissioné au nom de CAD. C’est la commission d’ouverture des plis qui a commis l’erreur de mentionner le nom de Promed.

Je me réfère toujours au code des marchés publics», explique-t-elle avant que son avocat, Me Miloud Brahimi l’interrompe : « C’est ma cliente, mais je dois lui dire que Sonatrach n’obeit pas au code des marchés publics.» Le président demande à l’accusé de poursuivre. Elle revient sur la procédure des soumissions. « Nous avions déposé les offres techniques et commerciales en même temps.

Ce qui prouve notre honnêteté. Il y avait plusieurs soumissionnaires, dont des étrangers, alors que l’article 8 stipule qu’il faut être agréé auprès de l’ordre des architechtes», poursuit Mme Meliani. Elle affirme avoir recu, par la suite, un fax de Abdelaziz Abdelwahab, l’informant qu’elle était attributaire du projet.

Ce fax, dit-elle, constitue pour elle un bon de commande qui lui permet d’entamer la première étape de l’étude qui est la réalisation d’une esquisse. Le juge lui fait savoir que le marché lui a été attribué de gré à gré. L’accusé : « Je l’ignore.» Réponse qui fait bondir le magistrat : « C’est mentionné dans le contrat…» L’accusée reprend le contrat. Elle lit la mention « gré à gré». Le juge : « N’avez-vous pas lu ce contrat avant de le signer ? » L’accusée se tait.

Elle semble destabilisée mais se reprend : « Ce n’est pas moi qui l’ai signé. J’étais absente ce jour-là, pour des raisons de santé. Un de mes ingénieurs l’a signé à ma place.» Le juge l’accule. Elle déclare : « Pour moi, j’étais avec une grande entreprise. Si c’était une société privée j’aurais tout vérifié.» Le juge : « Qui a signé avec vous ?» L’accusée :  » M. Senhadji. L’estimation du montant a été faite sur la base de ce qui se fait sur le marché. La liste des plans déposée en octobre 2008 était conforme au contrat.

Les ingénieurs ont émis des réserves formelles. J’ai vu Abdelaziz Abdelwahab, directeur chargé de la gestion du siège Ghermoul, auquel j’ai posé le problème, mais je n’ai pas eu de réponse.» Le juge lui fait savoir que certains cadres ont jugé son bureau d’études non qualifié pour le projet. L’accusée : « J’ai respecté toutes les clauses du cahier des charges. Aït El Hocine a saisi mon bureau par mail, nous demandant d’analyser l’offre de la société allemande Imtech pour la réalisation de Ghermoul. La conclusion lui a été transmise. Elle disait que les prix d’Imtech étaient très élevés.»

Le juge appelle Abdelaziz Abdelwahab qui dit ignorer totalement cette étude. Puis c’est au tour de Mouloud Aït El Hocine, président de la commission technique de la direction des activités commerciales, d’être confronté aux propos de Meliani. Il confirme avoir sollicité par mail deux bureaux ACT et CAD, pour leur demander une analyse des prix d’Imtech : « Leurs réponses disent que le montant paraît un peu fort.» Le juge lui précise : « La conclusion ne dit pas que les prix sont acceptable.» Il appelle Chawki Rahal, ex-vice-président des activités commerciales, qui confirme avoir reçu cette analyse.

Le juge revient à Nouria Meliani et lui précise qu’elle est « la seule à avoir cité ce document». Il rappelle à la barre les autres accusés. Abdelaziz Abdelwahab, persiste à affirmer que Mme Meliani « avait été informée officiellement» du gré à gré, Mouloud Aït El Hocine dit « ne pas être au courant», alors que Chawki Rahal indique qu’il ne pouvait le savoir, puisque le dossier était déjà transféré à la direction des activités centrales. Mme Meliani : « Nous avons reçu la lettre rattachée à un PV de réunion, un mois après la désignation de mon bureau. Ils évoquent tout sauf le mode de passation.»

Abdelaziz Abdelwahab : « La reunion s’est tenue au siège de la commission des marchés de l’activité commercialisation et non pas à celui des activités centrales. Mme Meliani était au courant à partir du moment où elle a présenté l’esquisse, et qu’il y a eu des modifications.»
Le juge passe aux contrats de gré à gré obtenus par l’accusée et le bureau CAD avec BRC et Sonatrach. Nouria Meliani tire de son cartable une liste qu’elle présente comme étant la plus conforme. Il s’agit de la villa d’hôte de Djanet 1, d’un montant de 2,5 millions de dinars, de la villa d’hôte d’Oran pour 21 millions de dinars, mais dont elle dit n’avoir perçu que 7 millions de dinars.

Le contrat de la villa d’hôte de Djanet 2, passé avec Sonatrach, d’un montant de 3,9 millions de dinars, signé avec Mohamed Senhadji, le contrat du Village Lire la suite

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Louisa Hanoune : «Grave dérive»

Publié le 09/01/2016, par dans Non classé.

Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), est consternée par le contenu de l’avant-projet de révision de la Constitution.
Une nouvelle loi qu’elle qualifie de « mascarade» et de « dérives graves». Cet avant- projet renferme, selon elle, des amendements superficiels et non des réformes profondes. C’est, pour Mme Hanoune, « un non-sens» et « une honte» pour l’Algérie. « Que vont dire les étrangers ou les ambassadeurs lorsqu’ils auront pris connaissance du contenu de ce projet. Ils vont rire», lâche Mme Hanoune.

Scandalisée, la première dame du PT voit dans cet avant-projet de loi des « titres et des slogans», « des aberrations», « des contradictions» et « quelques avancées contrariées». Hier, à l’ouverture des travaux du comité central de son parti à Alger, Mme Hanoune est revenue dans le détail sur les principaux articles introduits dans l’avant-projet de révision de la Constitution.

D’emblée, elle critique la nature du système qui, de son avis, ne consacre pas la séparation effective entre les pouvoirs. « Dans ce projet, il n’y a aucun changement par rapport à la nature du régime qui demeure présidentialiste. Notre système n’est ni présidentiel ni parlementaire. Et cela n’est pas fait pour arranger les choses», souligne la conférencière.

Outrée, Mme Hanoune ne comprend pas pourquoi le projet parle du renforcement du pouvoir de l’opposition au lieu du pouvoir législatif. « Nous avons revendiqué le renforcement du pouvoir parlementaire. Au lieu de cela, le Président renforce le pouvoir de l’opposition. Ce n’est pas normal, car l’opposition relève d’un autre aspect qui est le multipartisme !», tonne-t-elle. Plus loin, la leader du PT fustige la réintroduction de la limitation des mandats. « En 2008, le président Bouteflika enlève ce verrou et en 2016, ce même Président le remet.

C’est grave ! Il est dit que cette démarche fait partie des constantes nationales pour que les gens puissent y croire. Moi, je ne peux pas y croire.

J’aurais cru si l’on avait introduit le droit du peuple à la révocabilité. C’est le peuple qui doit décider», lance la conférencière. S’agissant de la disposition portant sur l’officialisation de tamazight, elle estime que la joie des citoyens reste incomplète. « On a précisé que l’arabe est la langue officielle de l’Etat. Mais pour tamazight, rien.

Le tamazight est langue officielle, mais de qui ? Du peuple seulement ? Des voisins ?», ironise Louisa Hanoune avant de revenir sur la promotion des dialectes du tamazight prévue dans la Constitution. « Donc, pourquoi ne pas promouvoir aussi les dialectes de l’arabe ? On ouvrira des portes qu’on ne pourra plus refermer», appréhende la SG du PT qui s’interroge, en outre, sur la neutralité de l’institution militaire lors des élections. « Le texte ne fait aucunement référence à ce point, comme il ne parle pas de l’Etat civil.

Où est cet Etat civil promis par le président Bouteflika ?» s’interroge Mme Hanoune avant de lancer : « J’ai honte, c’est un bled Mickey (un pays de Mickey).» Dans le nouveau projet, il est fait référence à l’amélioration du climat des affaires : Mme Hanoune est persuadée que cet article sert les oligarques. Pour elle, la constitutionnalisation de la lutte contre la corruption reste un simple slogan. D’ailleurs, dans ce sillage, elle cite le procès Sonatrach et s’interroge : « Est-ce qu’on va ramener ou pas le traître (Chakib Khelil) ?» Enfin, la patronne du PT est convaincue qu’un référendum s’impose pour l’adoption de la révision constitutionnelle.

« Si elle passe par les deux Chambres du Parlement, cela voudrait dire que le Président revient en arrière (par rapport aux promesses qu’il avait faites notamment en 2011). C’est le peuple qui doit trancher», assure-t-elle. Lire la suite

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La vie d’une Constitution et les caprices d’un homme

Publié le 09/01/2016, par dans Non classé.

Le président Abdelaziz Bouteflika est à sa troisième révision constitutionnelle en 16 ans de règne. Le projet qui vient d’être rendu public, adopté lors d’un Conseil ministériel restreint, et qui sera certainement adopté par voie parlementaire, sans se référer à la consultation populaire, porte déjà en lui les germes de son extinction. Beaucoup parlent, dans un débat biaisé à l’avance, d’une Constitution durable, parce que le chef de l’Etat a verrouillé certaines de ses dispositions. Pour les tenants du pouvoir, la révision est historique, en cela que le projet de Loi fondamentale consacre certains principes démocratiques.

Trop d’éloges en fait pour un texte qui n’apporte pas beaucoup de nouveautés, mais qu’on veut faire passer pour une réalisation politique majeure. A bien y regarder, les quelques avancées que comprend le texte ne sont qu’un saupoudrage d’un produit politique qui n’a aucun effet sur la vie des institutions et de la gouvernance du pays. Il fait accéder tamazight au statut de langue officielle, tout en prenant soin de la minorer par rapport à la langue arabe, et il consacre la liberté de la presse, tout en l’entourant de garde-fous moralisateurs. Dans le fond, la mouture de la nouvelle Loi fondamentale n’a touché à aucune prérogative du chef de l’Etat. Elle a maintenu ses pouvoirs excessifs à travers un présidentialisme, très prononcé, voire omnipotent. Qu’à cela ne tienne.

La Constitution n’est pas un texte qu’on modifie et triture à loisir. La Constitution américaine est vieille de deux siècles, la Constitution française n’a été amendée de manière significative qu’à deux reprises pour renforcer la démocratie, la Grundgesetz (la Loi fondamentale allemande) ne l’a été que rarement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont des textes courts consacrant le bon fonctionnement de la démocratie dans ces pays. Les spécialistes du droit pensent que la Constitution américaine tient « sa longévité du fait qu’elle est peu détaillée et qu’elle laisse place à des modifications et à l’interprétation que la Cour suprême peut développer».

« Elle a été assez souple et assez rigide pour passer le cap des différents conflits et changements économiques», selon eux. Pas seulement. La longévité des Constitutions dans ces pays-là est aussi le produit d’une construction consensuelle, d’un contrat social et d’une maturation née souvent d’un long processus historique. La révision de la Constitution ne peut pas obéir aux désirs d’un seul homme, mais à l’ambition que veut se donner une nation toute entière. Telle qu’elle se décline, celle que veut imposer le locataire du palais d’El Mouradia, qui s’est permis de l’amender à trois reprises pour satisfaire ses ambitions de pouvoir, intervient dans un contexte délétère au plan politique. Tombé entre les mains d’une oligarchie prédatrice, le pouvoir n’a jamais été aussi largement contesté, notamment depuis la reconduction du chef de l’Etat, dans des conditions très controversées, pour un quatrième mandat à la Présidence.

A quoi peut servir une Loi fondamentale rejetée par de larges pans de l’opposition qui pensent que le régime n’a ni la légitimité ni la crédibilité pour procéder à la révision constitutionnelle ? Une Constitution, modifiée intempestivement, souffrira incontestablement d’un grave déficit en matière de consensus. La durabilité d’une Loi fondamentale n’est pas dans les verrous qu’on lui confère ni dans les blocages. La Constitution ne peut être immunisée d’une éventuelle remise en cause que si elle est la traduction d’un contrat social et d’un consensus. Ce qui n’est pas le cas de l’avant-projet de révision constitutionnelle voulu par le président Bouteflika. Lire la suite

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Florilège d’accusations

Publié le 09/01/2016, par dans Non classé.

Dès l’ouverture de l’audience de jeudi dernier, le juge rappelle à la barre Chawki Rahal, vice- président de l’activité comercialisation. Il commence par les offres commerciales de la consultation restreinte pour la construction du bâtiment de Ghermoul, à Alger.
Les offres sont celles des sociétés américaine Berry et allemande Imtech. « J’ai eu l’autorisation écrite du ministre et du PDG, pour l’ouverture des plis relatifs aux offres commerciales. La commission a déclaré Imtech attributaire de ce marché, parce qu’elle était la moins-disante», dit-il.

Selon lui, le montant était important, 73 millions d’euros, soit près de 7 milliards de dinars, raison pour laquelle il a demandé une estimation du projet avant de signer le contrat. Le maître d’ouvrage a fait des observations, mais, souligne-t-il, il voulait approfondir l’évaluation : « Nous avons pris attache avec la société espagnole OHL, qui réalisait le Centre de conférences d’Oran, pour nous faire une première estimation.

Elle a avancé un montant d’une différence de 3 millions d’euros par rapport au prix de Imtech. Lorsqu’elle a été présentée au comité exécutif, nous avons remarqué que le canevas utilisé ne pouvait pas donner des résultats fiables. Le ministre a été saisi par courrier comportant tous les détails de la comparaison. Il répond en nous disant : Imtech a été attributaire du marché, il ne vous reste qu’à négocier 12% de rabais. Le PDG a recu une lettre officielle d’OHL, qui disait qu’elle a utilisé des informations d’un immeuble réalisé à Madrid. Ce qui confirme la différence de prix. Il nous restait une semaine avant le délai de la signature. Nous avons entamé les négociations avec Imtech.»

Interrogé sur les dispositions de la R15, l’accusé est formel : cette procédure, explique-t-il, interdit la négociation, dans ce cas de figure, ajoutant plus loin avoir réduit le prix à 64 millions d’euros. « Nous avions obtenu l’accord pour signer le contrat. Mais comme le montant dépasse le seuil de ma signature, le ministre m’a donné une délégation.» Le juge : « Ne trouvez-vous pas le prix un peu exagéré ?»

L’accusé : « Le cahier des charges avait prévu des produits haut de gamme. Raison pour laquelle, nous avions trouvé l’estimation très crédible. J’ai signé le 28 juillet 2009, dès que la délégation de signature m’a été accordée…» L’accusé revient sur cette journée du 28 juillet 2009. « J’étais PDG par intérim. Il y a eu un grave incendie à Arzew, dans un institut de formation de Sonatrach, qui a fait des morts. Je me suis déplacé sur les lieux. Le directeur de la sécurité interne m’appelle par téléphone. Il m’annonce que des agents de la sécurité veulent me rencontrer.

J’ai expliqué que je ne pouvais rentrer sur Alger vu la gravité de l’incident et de prévoir un rendez-vous dans mon bureau dans deux jours. C’était un samedi. Ils sont venus. Ils m’ont demandé de les suivre jusqu’au siège de la police judiciaire où ils m’ont posé des questions sur le projet de Ghermoul.» Le juge : « Ils ne vous ont pas dicté des choses ?» L’accusé : « Je ne peux dire ni oui ni non à cause de la langue. Je parlais en français et eux écrivaient en arabe. J’ai lu le PV, mais je ne sais pas s’ils ont bien interprété mes propos.» Le juge lui fait savoir que les déclarations contenues dans les PV sont identiques à celles qu’il vient de faire à l’audience. « Vous dites que le contrat est légal, pourqoi l’avoir suspendu dès que la police judiciaire vous a convoqué ? » demande le magistrat.

L’accusé : « En fait dès que j’ai été entendu par le DRS, le PDG m’a saisi par écrit, le jour même, pour me demander la suspension du contrat, sans me donner les raisons. C’est à lui, qu’il faut poser la question.» Le juge : « Et l’ODS qu’est-il advenu ? » L’accusé : « J’ai appelé Mouloud Aït El Hocine qui était toujours l’intérimaire de Benabbes, le président de la commission technique, pour lui dire de le suspendre. Les agents du DRS m’ont convoqué quatre fois pour le même projet. Ils m’ont demandé brutalement, lors de la deuxième audition, s’il y a eu résiliation ou non du contrat. Je leur ai expliqué qu’après les offres commerciales, la loi n’autorise pas la résiliation. J’ai précisé que cette demande est exceptionnelle.

C’était trop pour moi. J’ai saisi par mail le PDG et le ministre les informant de la situation et en leur disant que je ne voulais plus de ce siège et qu’il fallalit trouver une solution. Je subissais trop de pression et je n’avais aucune réponse. J’ai écrit une lettre officielle au ministre lui demandant d’annuler le contrat. C’était au mois de novembre 2009. Il m’a envoyé son accord, qui m’a permis de faire un courrier à Imtech, avec l’aide du service juridique et du maître de l’ouvrage, pour lui annoncer la décision. Imtech a accepté le fait sans problème.»
Le juge appelle à la barre Mohamed Senhadji, ex-vice-président des activités centrales, poursuivi pour le délit de « participation à passation de contrat en violation avec la réglementation pour octroyer d’indus avantages à autrui». Il explique qu’en décembre 2007, alors qu’il était directeur des activités centrales, le ministre de l’Energie le contacte pour l’informer qu’un ministère voulait prendre le siège de Ghermoul. Il lui a demandé d’occuper les lieux et de vite entamer les travaux de réféction. Pour lui, tout a été fait au niveau de la base, qui lui a proposé deux bureaux d’études CAD et CTC, précisant n’avoir jamais entendu parler de l’appel d’offres. « Vous êtes le responsable de cette base…», lui lance le juge. L’accusé : « Leur responsable c’est le directeur de la gestion du siège, Abdelaziz Abdelwahab. J’ai juste signé le contrat…»

« Le siège devait être à la hauteur du rang de Sonatrach»

L’accusé est formel. « C’est la direction du siège qui a arrêté le montant», dit-il en insistant sur le fait que le ministère des Transports voulait accaparer le siège, et une lettre dans ce sens a été transmise au ministre de l’Energie, par le Premier ministre. Sur la question de « l’urgence » qui a Lire la suite

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