formats

On vous le dit

Publié le 22/12/2015, par dans Non classé.

Dzaïr TV : professionnalisme, dites-vous ?

La chaîne Dzaïr TV, qui appartient à Ali Haddad, président du FCE, s’est de nouveau distinguée par son « professionnalisme». Vendredi matin, lors de l’émission consacrée à la revue de la presse nationale et internationale, la présentatrice chargée de la lecture des titres et articles s’est adonnée à un exercice de style digne du journalisme made in Corée du Nord. Jugez-en. Elle a choisi trois sujets traités par les titres parus vendredi qui traitaient des binationaux, de vaccin et du départ en retraite de hauts cadres de l’Etat. La présentatrice a réussi « l’exploit» de ne citer aucun titre d’où elle a puisé sa lecture. Elle les a remplacé par « la presse nationale qui a dit». Lorsqu’elle a ouvert le chapitre presse internationale, elle a égrené allégrement les noms des journaux et revues étrangères. C’est peut-être cela, le professionnalisme que prône et professe le ministre de la Communication.

Hadjar annonce la création d’un centre d’études en astronomie

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, a annoncé,hier à Alger, la création prochaine d’un centre national de recherches et d’études en astronomie. « La création de ce centre intervient sur instruction du président de la République, à l’occasion d’un Conseil des ministres», a déclaré M. Hadjar à la presse en marge du colloque international sur « La lumière et l’astronomie» coïncidant avec la fin de l’Année internationale de la lumière. « Ce centre aura à développer les recherches et études en collaboration avec les autres structures concernées», a-t-il fait savoir, précisant qu’il verra le jour dans les prochaines semaines, après présentation du décret constitutif en Conseil du gouvernement. Cette instance constitue « un nouveau jalon dans le processus d’édification des institutions scientifiques nationales qui joueront un rôle important dans le développement des sciences de l’astronomie», a précisé le ministre dans une allocution, à l’ouverture du colloque international sur « La lumière et l’astronomie».

Saisie de 3,39 quintaux de kif traité en provenance du Maroc

Le service régional de lutte contre le trafic de drogue relevant de la sûreté de wilaya de Tlemcen a opéré, dimanche, la saisie de 3,39 quintaux de kif traité provenant du Maroc, selon la cellule de communication de ce corps de sécurité. Agissant sur informations faisant état d’un réseau de trafiquants de drogue qui attendaient un arrivage important aux environs du village frontalier de Ouled Kaddour, dans la daïra de Maghnia, les policiers ont surveillé les mouvements des narcotrafiquants jusqu’à l’introduction de la marchandise prohibée à l’intérieur de la maison du nommé C. A. K. (46 ans), un repris de justice. La perquisition a permis de mettre la main sur la drogue, conditionnée en 13 colis, ainsi que la saisie d’un véhicule utilisé dans le trafic et de deux motos de grosse cylindrée. Le trafiquant a réussi à prendre la fuite et est activement recherché,selon la même source.

Des contrebandiers arrêtés dans le sud du pays

Seize contrebandiers ont été arrêtés, dimanche, par des détachements de l’Armée nationale populaire (ANP) relevant des secteurs opérationnels de Djanet, Tamanrasset et In Guezzam, a indiqué hier un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN). « Dans le cadre de la sécurisation des frontières et de la lutte contre la criminalité organisée, un détachement relevant du secteur opérationnel de Djanet (4e Région militaire) a arrêté, le 20 décembre 2015, 11 contrebandiers de différentes nationalités et saisi un véhicule tout-terrain, 12 détecteurs de métaux, un groupe électrogène et des téléphones portables», précise même source. De même, des détachements relevant des secteurs opérationnels de Tamanrasset et d’In Guezzam (6e Région militaire) « ont arrêté cinq contrebandiers et saisi un groupe électrogène et un marteau piqueur», ajoute le communiqué. Par ailleurs, des éléments des garde-frontières ont déjoué, à Tlemcen (2e Région militaire), « une tentative de contrebande de 13 060 litres de carburant», poursuit-on.
Lire la suite

formats

L’Algérie sur tous les fronts

Publié le 22/12/2015, par dans Non classé.

Les travaux du Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique se poursuivent à Oran par une série de huis clos pour traiter de l’ensemble des questions qui menacent la paix sur le continent.
Après des débats menés le premier jour autour du processus de paix et de réconciliation au Mali et la situation qui prévaut de manière générale au Sahel, des efforts qui visent à neutraliser les activités de la secte Boko Haram, les cas de la Libye, du Sahara occidental, de la Somalie, du Darfour et du Soudan, les participants se sont penchés hier sur la région des Grands Lacs et la situation dans certains pays qui ont vécu ou vivent encore des tensions, comme la République du Congo, le Burundi et la Centrafrique. Cette séance a été présidée par Lakhdar Brahimi, membre du comité des sages de l’Union africaine, qui a pour mandat de soutenir les efforts du conseil et du président de la commission de l’UA dans les questions relatives à la prévention des conflits.

Durant ces deux journées, les échanges de points de vue ont concerné également les mécanismes, les instances et les initiatives prises en Afrique pour améliorer sa contribution face à la communauté internationale. Si M. Brahimi n’a pas été disponible pour répondre aux questions des journalistes, d’autres participants ont exprimé leur avis, notamment Khadija Abba B. Ibrahim, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères du Nigeria, ainsi que Georges Chikoti, ministre des Relations extérieures de l’Angola, deux ministres avec lesquels Ramtane Lamamra a eu des entretiens en tête à tête en marge des travaux du séminaire.

« Nous avons beaucoup parlé avec le ministre algérien du problème de sécurité qui est une question brûlante pour le Nigeria et le conseil de renseignement tactique que nous avons obtenu de l’Algérie nous a été d’une grande utilité», a indiqué la représentante du Nigeria, rappelant que l’Algérie aide à former de nombreux Nigérians. « Nous avons beaucoup d’étudiants qui ont obtenu des bourses et suivent leur formation ici, en Algérie», a-t-elle ajouté. Concernant les relations bilatérales, la ministre nigériane dira : « Nous avons des accords bilatéraux qui doivent être renforcés et qui de temps à autre doivent aussi être révisés.

En fait, nous sommes très contents en tant que Nigérians d’être ici en Algérie. Si nous n’étions pas venus et si nous n’avions pas eu toutes ces relations qui existent, les Nigérians se demanderaient si les Algériens sont des Africains parce qu’ils sont blancs. Mais après avoir eu ces relations et après avoir tenu compte de relations antérieures, je transmettrais le message aux Nigérians et je leur dirai que les Algériens sont des Africains noirs mais à la peau blanche. Je dirais que ce sont nos sœurs et nos frères que nous avons rencontrés ici, en Algérie.»

La rencontre entre le ministre algérien des Affaires étrangères et son homologue angolais ont porté également sur les relations bilatérales. « Ce matin nous avons eu la possibilité de tenir une rencontre bilatérale avec M. Lamamra pour parler des relations entre l’Angola et l’Algérie. Ce sont des pays qui entretiennent de très bons rapports.

Nous avons des accords de coopération bilatérale que nous entretenons depuis longtemps, mais je crois que nous nous sommes rendu compte que nous sommes un peu en retard», avoue le ministre angolais, qui compte revenir en Algérie l’année prochaine, « au premier trimestre 2016, peut-être au mois de mars, pour approfondir davantage les relations de coopération entre les deux pays», indique-t-il. « Les positions de l’Algérie et de l’Angola concordent sur les questions internationales de l’heure», confirme Ramtane Lamamra, estimant que l’économie de l’Angola est liée de manière essentielle aux hydrocarbures et que beaucoup de cadres angolais ont été formés en Algérie. Lire la suite

formats

Là où tout a commencé…

Publié le 22/12/2015, par dans Non classé.

Le verdict est tombé. Les deux puissants « magnats» du football mondial et européen, le Suisse Joseph Sepp Blatter, patron démissionnaire de la puissante FIFA, et le Français Michel Platini, sont suspendus pour huit ans.
Une sanction lourde de conséquences puisqu’elle touche les patrons de deux institutions influentes du football mondial et s’inscrit dans la chronologie de cette grave crise et cette succession de scandales qui frappent de plein fouet, depuis plusieurs mois, l’instance suprême du football mondial, avec une série d’arrestations au sein de sa composante jusqu’à la démission de Blatter, quatre jours seulement après sa réélection pour un cinquième mandat. Une FIFA dont les déboires avec la justice n’en finissent pas depuis la fameuse arrestation de neuf de ses membres et partenaires, en Suisse, à la veille du congrès électif de l’instance, fin mai dernier.

Fruit d’une enquête menée conjointement par les justices américaine et suisse avant d’en arriver à ces premières interpellations, elles ont été suivies d’autres, ces six derniers mois.Pour comprendre tout cela, il faut remonter cinq ans en arrière, plus précisément au 2 décembre 2010, date où le comité exécutif de la FIFA réuni à Zurich vote l’attribution des Mondiaux 2018 et 2022 respectivement à la Russie et au Qatar. Un choix qui fait polémique dès son annonce et surtout des mécontents parmi les candidats potentiels, particulièrement l’Angleterre et les USA, estimant à l’époque avoir présenté de « solides» dossiers qui les plaçaient comme favoris.

Anglais et Américains font pression

Loin d’accepter le choix du comité exécutif de la FIFA, Américains et Anglais mettent la pression et instaurent un climat de suspicion autour de ces attributions avant même le vote. La suspension de deux membres de ce même comité exécutif pour tentative de corruption — voulant monnayer leur voix dans l’attribution de ces deux Mondiaux — moins d’un mois avant le vote, suite aux révélation du Sunday Times, sera d’ailleurs l’un des arguments majeurs des Anglais et des Américains pour lancer leur compagne « anti-FIFA».

C’est le prélude d’une série d’enquêtes et de révélations faites par les médias anglo-saxons, notamment de la part de la BBC, la mythique chaîne de télévision britannique, visant à démontrer que l’attribution des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar était le fruit d’une corruption à grande échelle au sommet de la FIFA.

La justice s’en mêle, les langues se délient et les accusations fusent. Même les anciens Mondiaux ne sont pas épargnés. Afrique du Sud (2010), Allemagne (2006) et même France (1998) sont entachés d’irrégularités avec de sérieux soupçons de corruption qui pèsent sur leur attribution. Les justices américaine et suisse ne lâchent rien, enquêtent et interpellent dans les milieux de la FIFA, de sa base et jusqu’au sommet. C’est le début de la fin pour la FIFA sous la très controversée ère Blatter… Lire la suite

formats

La passivité de la justice européenne

Publié le 22/12/2015, par dans Non classé.

Le scandale de la FIFA, au-delà des arrestations et des suspensions qui ont touché plusieurs membres du comité exécutif de l’instance, a surtout mis en lumière le silence complice de la justice européenne et des banques du vieux continent informées, depuis longtemps, des pratiques maffieuses au sein de la FIFA, et qui sont restées sourdes aux signaux d’alerte émis par des hommes et des organes qui dénonçaient la corruption à grande échelle mise en place par Joao Havelange (1974-1978) et couverte par son successeur Joseph Sepp Blatter (1978-2015).
La palme dans le démantèlement de RICO (association de racketteurs), c’est le terme qu’utilise la justice américaine pour qualifier la FIFA, revient à la justice américaine. C’est elle qui a donné les premiers coups de semonce. Pourquoi elle et pas la justice européenne ? Pourtant, c’est sur le sol européen que tout se tramait.

Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour dénoncer l’inertie de la justice et de la police européennes. D’aucuns n’ont pas peur de parler de complicité. Les faits leur donnent raison. Tout a commencé lorsque des confrères européens et sud-américains ont découvert l’ampleur de la corruption au sein de la FIFA. Rapidement, un réseau de journalistes s’est constitué à l’effet de traquer tous les dépassements, détournements et autres versements de pots-de-vin effectués à ciel ouvert.

La justice européenne tout comme la police ont été sollicitées pour apporter leur secours à l’œuvre de nettoyage de la FIFA. Elles n’ont pas bougé le petit doigt. Pourtant, ce ne sont pas les scandales et les affaires qui manquaient, à commencer par le scandale et la faillite d’ISL, la désignation de l’Allemagne pour organiser la Coupe du monde 2006 au détriment de l’Afrique du Sud, avec la complicité de Sepp Blatter.

Il a fallu attendre le 2 décembre 2010 et le choix de la Russie et du Qatar pour l’organisation des Coupes du monde 2018 et 2022 pour que les lignes commencent à bouger par l’entremise de l’Oncle Sam, qui s’est senti humilié par la FIFA. Les Américains ont alors pris la résolution de raser la FIFA version Blatter et Platini. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les dessous du FIFAGate, ils ont sollicité l’aide des journalistes qui traquaient les scandales de la FIFA depuis des années.

Les enquêteurs américains ont pris langue avec des journalistes d’investigations qui avaient des choses à dire et des preuves à dévoiler sur ce qui se passait à la FIFA. La suite, tout le monde la connaît. La justice américaine, forte des preuves qu’elle a rassemblées, a fendu sur des dignitaires de la FIFA réunis au Baur au Lac (Suisse) pour procéder aux premières arrestations sur le territoire helvétique, avec l’accord de la justice suisse. L’intervention musclée de la justice américaine en Suisse a été un camouflet pour son homologue européenne qui a préféré rester dans ses starting-blocks au lieu de prendre les devants.

Par la suite, la justice américaine a avancé très vite parce que les prévenus ont commencé à cracher le morceau pour bénéficier de remises de peines. D’aucuns se sont interrogés pourquoi les arrestations n’ont concerné que des non-Européens et plus particulièrement des individus originaires de la Concacaf (Amérique centrale et Caraïbes) et de la Conmebol (Amérique du Sud). La réponse est simple. L’argent de la corruption a transité par des comptes, banques et paradis fiscaux situés dans ces deux régions du monde et où les Etats-Unis disposent d’un droit de regard presque absolu dans tout ce qui touche au secteur des banques.

La justice européenne et la police vont devoir s’impliquer davantage dans la lutte contre la corruption et la remise de pots-de-vin. Comme l’a souligné un ancien membre du comité d’éthique de la FIFA : « Il n’est jamais tard pour traquer les voyous, surtout que le délit de corruption est imprescriptible.» Les instances judiciaires européennes disposent d’un vaste arsenal en la matière pour traquer tous ceux qui ont perçu, de manière irrégulière, de l’argent de la part de la FIFA et de ses responsables. Si elles veulent, elles peuvent remonter très loin, c’est-à-dire jusqu’à la période où est apparue la corruption à grande échelle dans le football et le sport.

Les observateurs la situent à l’époque où Horst Dassler était le patron de la firme Adidas. Il suffit tout simplement de procéder à la réouverture du dossier ISL et de jeter un coup d’œil sur le dossier de l’affaire qu’a traitée le juge Handelband. C’est à cause de lui que Joao Havelange a démissionné du Comité olympique international (CIO) en 2011, pour échapper à une radiation et à des poursuites pénales. La justice et la police européennes prendront- elles, très prochainement, le relais de leurs homologues américaines pour en finir avec RICO ? Lire la suite

formats

FiFA : La fin de l’impunité ?

Publié le 22/12/2015, par dans Non classé.

La suspension pour huit ans de Joseph Blatter et Michel Platini de toute activité liée au football, de par son caractère inédit à ce niveau de l’instance suprême du sport-roi, annonce des réformes profondes au sein de l’empire FIFA.
Le verdict tant attendu dans l’affaire visant les deux hommes forts de la planète foot, Joseph Sepp Blatter (président de la FIFA) et Michel Platini (président de l’UEFA), est tombé tel un couperet, hier. Les deux hommes, impliqués dans le versement de 1,8 million d’euros, ont été suspendus 8 ans de toute activité liée au football par le tribunal interne de la FIFA. Platini et Blatter sont jugés en outre coupables d' »abus de position», de « conflit d’intérêt» et de « gestion déloyale».

Platini avait reconnu avoir perçu en 2011 ladite somme pour sa collaboration en tant de conseiller de Blatter jusqu’en 2002, sans aucun contrat écrit, mais sur engagement oral. Le Suisse est également mis en cause dans l’affaire de l’attribution des droits TV, jugés défavorables et en deçà des prix du marché.

Juste à l’annonce du verdict, Blatter, qui a intégré la FIFA en 1975 et est devenu son président en 1998, s’est senti « trahi» par la justice interne de la Fédération internationale, l’instance qui l’a fait grandir durant son mandat. Il a toutefois défendu son « poulain» dans une conférence de presse en affirmant qu’il est « un homme honnête et intègre». Mais cela ne changera en rien le verdict de la FIFA, qui a également interdit à l’ancien meneur de jeu des Bleus d’assister à titre officiel à l’Euro 2016 qui aura lieu dans son pays du 10 juin au 10 juillet prochains.

En plus de cette lourde sanction, commentée différemment par les observateurs, Platini a écopé d’une amende de 80 000 francs suisses (74 000 euros), alors que Blatter s’est vu infliger une amende de 50 000 francs suisses (46 295 euros). Les deux hommes ont décidé de faire appel devant la chambre des recours de la FIFA et le Tribunal arbitral du sport (TAS), alors que d’autres mesures pourraient être prises à leur encontre par le tribunal civil.

La porte-parole du procureur général suisse, Nathalie Guth, a indiqué que « cette décision de la FIFA n’a pas d’influence sur les procédures pénales» qui sont en cours. Platini, qui a toujours clamé sa bonne foi, a répliqué : « Je suis déjà jugé, déjà condamné.» Et de dénoncer une manœuvre pour l’empêcher de se présenter à la présidence de la FIFA.

Cette sanction aura donc des conséquences directes sur le devenir de l’ancien champion d’Europe en 1984 et triple Ballon d’or, lui qui aspirait à succéder à Blatter à la tête de la puissante FIFA. Suspendu préalablement pour 90 jours, soit jusqu’au 5 janvier 2016, le Français (60 ans) n’aura certainement pas le temps de faire recours pour postuler à la présidence de la FIFA.

Tandis que le Suisse (79 ans), qui avait démissionné au lendemain de sa réélection pour un cinquième mandat, n’attendait que le déroulement des prochaines élections, le 26 février 2016, pour se retirer définitivement. La sanction des deux hommes est donc un autre épisode dans le long processus d’événements qui a frappé cette année la FIFA, bouleversée par des scandales de corruption depuis mai dernier.
Lire la suite

formats

Djamaâ Lihoud, le califat des pétards !

Publié le 22/12/2015, par dans Non classé.

Daech, El Bouq, El Basla. Une odeur d’ambre, de poudre et de plastique brûlé empeste toute cette partie de la Basse-Casbah.
La rue Ali Amar est occupée de part et d’autre par les nombreux revendeurs de produits pyrotechniques. Une quarantaine de tables encombrent cette étroite rue, d’habitude occupée par le commerce de détail d’habillement et chaussures. Des fumigènes, des fusées, des pétards à grattoir sont aisément écoulés à deux jours de la fête. De 10 DA la bougie ou le pétard à mèche, les puissants et dangereux bouq, des « hard-migènes» bourrés d’une forte charge, sont vendus à 5000 DA l’unité.

Ces derniers jours, les revendeurs et leurs nombreux clients ont redoublé d’ingéniosité en donnant des noms plus actuels à des produits importés d’Extrême-Orient ou d’Inde pour l’ambre. « Daech» a ainsi remplacé le traditionnel « bombe» ou l’inoffensif « basla» (oignon), les jeunes voulant surtout coller à l’actualité chaude et faire du marketing à la petite semaine. Les marchands, très méfiants, parlent ici de mévente. « Ya kho, quoi vous dire ? Le pouvoir d’achat et la dévaluation du dinar ont fait fuir nos clients.

Des gens venaient de Tipasa, de Chlef, de Béjaïa et même de plus loin encore. Il n’y a plus de vrais clients, mais des enfants, leurs parents ou des revendeurs des quartiers de Belcourt ou de Bab Ezzouar, qui achètent des pétards à 10 DA et, pour les plus dépensiers, des fumigènes de 500 DA», signale Dahmane, casquette hip-hop vissée sur la tête et une écharpe aux couleurs de son club fétiche, le Mouloudia, autour du cou.

Cet avis n’est pas partagé par ses voisins, qui ont remarqué que le commerce, qui a résisté à une descente de la police vendredi dernier, est « prospère». « Une nouala (fumigène) nommée Daech s’écoule à un million de centimes. Il paraît qu’elle est introuvable. Un gars m’a demandé où il pouvait en trouver. Si des gens déboursent une telle somme c’est que la crise dont on nous parle est loin encore», estime Slimane, un septuagénaire de la rue du Lézard, à quelques pâtés d’immeubles de cet antre du produit pyrotechnique. Adossé au mur du café d’Orient, l’homme que nous avons rencontré en a vu de toutes les couleurs et craint pour son quartier.

« Ici, à La Casbah, il y a plein d’entrepôts fermés. C’est là que sont cachés ces produits sortis par conteneurs du port ou acheminés le soir à partir des frontières. Le danger est plus grand pour les résidants. Un accident peut vite arriver. En février 2011, un incendie a failli provoquer un drame. La police judiciaire de la rue de la Lyre (Bouzerina) est restée étrangement sans réaction», s’étonne-t-il, assurant que l’incendie de 2011 a été provoqué « exprès» par des jeunes, qui ont réalisé de gros profits.

Légaliser un commerce de 20 milliards de dinars !

Durant les jours précédant le Mawlid, cette partie du vieux quartier est transformée. Des magasins de prêt-à-porter ferment et leurs propriétaires proposent sur des étals de fortune des produits interdits d’importation et de commercialisation par une loi de 1963. Les saisies des services de sécurité n’ont pas asséché les réseaux. Selon El Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA, en cours de constitution), le commerce des produits pyrotechniques génère un profit colossal : 20 milliards de dinars.

« Notre estimation de l’année dernière fait ressortir que le profit généré par ce commerce est de 20 milliards. Un commerçant m’a assuré que les profits importants font que les gens continuent à prendre des risques. La marge bénéficiaire est de plus de 60%», précise Boulenouar. Le président de l’ANCAA dénonce l’absence de contrôle aux frontières et avance une proposition : légaliser ce commerce : « Il y a absence de contrôle aux ports et aux frontières.

Les dangers sont réels sur les clients. Nous avons proposé la légalisation du commerce à une condition : désigner une liste de produits susceptibles d’être commercialisés.» En attendant un écho des services du commerce, Boulenouar appelle au renforcement du contrôle et à la sensibilisation des consommateurs. Une page facebook est lancée : Pour un Mawlid sans pétard. Quelque 300 « amis» sont regroupés par la page nouvellement
créée. L’adhésion n’est pas assurée… Lire la suite

Facebook Twitter Gplus RSS
© Radio Dzair