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Un village historique

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

En 1956, le village Ath Ahmed a été évacué par l’armée française, selon des témoignages recueillis sur les lieux. Boussaâd, le neveu du défunt, nous fait visiter une planque souterraine creusée dans la maison de Hocine Aït Ahmed.
« Il se cachait ici en compagnie d’autres combattants. Elle a été aménagée en 1880 par notre grand-père Cheikh Mohand Oul hocine, qui confia alors à ses proches, sur un ton prophétique : ‘‘Viendra le jour où une génération en aura besoin. » Des centaines de révolutionnaires ont transité par notre maison. Et malgré les fouilles des militaires français, ils ne l’ont jamais découverte.

C’est une casemate de 4 chambres pouvant abriter une quarantaine de moudjahidine. Il y avait un quartier pour les officiers et un autre pour les sous-off.’ Les entrées de la cache étaient dissimulées sous les pattes des vaches, des moutons et recouvertes foin, avec un véritable QG en dessous.

Des armes acheminées de Tunisie ont transité par cette grotte. On raconte que le moudjahid Mohamedi Saïd, connu pour avoir une forte corpulence, rentrait difficilement dans ce trou.» M. Bennadi, fils de chahid, témoigne sur le passé glorieux de ce village de résistants à l’occupant français. « L’ALN a déploré la mort de 11 officiers à Ath Ahmed. En 1992, on avait voulu ériger une stèle pour la mémoire et l’histoire.

Notre requête est tombée à l’eau. Les pouvoirs publics ne voulaient pas l’ériger ici», déplore notre interlocuteur, qui nous apprend que « Hocine Aït Ahmed a été le premier à intervenir à l’Assemblée nationale en 1962 pour demander l’attribution d’un salaire aux veuves de chouhada». A la mi-journée, les visiteurs continaiuent d’affluer. Cadres du FFS, élus d’autres partis politiques (RCD, FLN, RND et PT), ainsi que des centaines de citoyens venant présenter leurs condoléances aux membres de la famille du leader charismatique du FFS.

Pour Rachid Debiane, du village Azouza, « Aït Ahmed est un grand homme de la Révolution qui s’est sacrifié corps et âme à la cause nationale». Hami Rachid, maire RCD d’Abi Youcef, nous déclarera : « Dda El Hocine est un pilier de la démocratie. Militant politique à 16 ans, il était parmi ceux qui ont toujours cru que la France ne sortira de l’Algérie que par les armes. Il n’a jamais retourné sa veste. Il était un Homme, et l’est resté jusqu’à sa disparition.

Aït Ahmed est resté fidèle à son combat. Ce qu’il prônait en 1962 est toujours valable aujourd’hui.» Djillali Kettane, ex-membre du Conseil national du FFS, présentement élu à l’APC d’Ath Khelili, ajoutera : « Si El Hocine nous a appris à aimer la politique, nous a transmis l’amour du pays. A son retour en Algérie en 1989, je voyais en lui le sauveur de la patrie. C’était l’espoir qui renaissait chez nous, et je suis convaincu que c’est la même image que gardent de lui tous les citoyens. L’adhésion des Algériens à ses thèses politiques a été démontrée lors des différentes marches de citoyens et appels faits au peuple. La plus importante manifestation étant celle du 2 janvier 1992.

C’est lui qui a justement lancé le slogan ‘‘ni Etat policier, ni Etat intégriste ». C’est lui également qui avait formé tous les cadres politiques de l’Algérie indépendante, ceux de la démocratie, du Mouvement culturel berbère. C’était un militant tout court, qui avait toujours payé ses cotisations. Il n’y avait que la responsabilité qui le différenciait des autres militants du parti.» Le responsable de wilaya du FFS, Farid Bouaziz, ne tarit pas d’éloges, pour sa part, sur les qualités humaines et militantes du grand moudjahid Hocine Aït Ahmed. « C’était quelqu’un de très simple. J’ai eu l’occasion d’être présent à ses côtés lors des réunions. Il communiquait beaucoup par des anecdotes.

Celle qui m’avait marqué le plus concerne la réunion que tenait celui-ci avec des responsables de la Révolution, notamment Mohamed Boudiaf. Aït Ahmed nous disait que ‘‘Boudiaf, lorsqu’il parlait, aimait hausser le ton ». Et Dda El Hocine de lui rétorquer avec beaucoup de finesse : ‘‘Si Boudiaf, ce n’est pas parce que tu hausses le ton que tu as raison ». Aït Ahmed aimait transmettre ce genre de messages à ses militants. C’est une façon de nous apprendre à bien nous comporter et à être à l’écoute des douleurs des citoyens. Si El Hocine, en plus d’aimer son pays, aimait beaucoup son peuple. D’ailleurs, il disait que ‘‘le Maghreb est un seul peuple ».» Lire la suite

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Un grand stratège du Mouvement national

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

Avec la disparition de Hocine Aït Ahmed, c’est à la fois un acteur et un stratège militaire et diplomatique du Mouvement de libération nationale algérien qui vient de nous quitter.
On reviendra certainement sur plusieurs aspects de ses contributions. Sans minimiser son action opiniâtre en faveur d’un système politique démocratique après l’indépendance du pays, ni tout ce qu’il a enduré pour faire prévaloir son idéal, je ne soulignerai ici que ses contributions au Mouvement national sur les plans militaire et diplomatique.

Né en 1926, militant du Parti du peuple algérien (PPA) alors qu’il était élève au lycée de Ben Aknoun (Alger), il devient rapidement membre du comité central puis membre du bureau politique de ce parti. En 1947, à 21 ans, il est l’auteur du fameux rapport adressé aux instances dirigeantes du Mouvement national pour préconiser les principes, la stratégie et les modalités de la lutte armée afin d’organiser le combat contre l’occupation coloniale.

Nommé chef d’état-major de l’ Organisation spéciale (OS, organisation paramilitaire créée par le PPA) après le décès de Mohamed Belouizdad dont il était au départ l’adjoint, il est à ce titre le premier inspirateur et organisateur sur le terrain des premiers groupes et sections militaires dans différentes régions du pays, préparant la lutte armée qui sera conduite ensuite par le FLN à partir du 1er Novembre 1954. L’apport de Hocine Aït Ahmed à la définition de la stratégie et de l’action diplomatique du Front de libération nationale est encore plus connu.

Ce n’est pas un de ses moindres mérites, cet ancien responsable militaire du Mouvement national a plaidé pour la nécessité d’une action diplomatique forte, indispensable pour compléter la lutte armée. Il en a défini la stratégie et les premiers principes tout en cherchant à les appliquer sur le terrain, par exemple en impulsant l’ouverture de plusieurs représentations diplomatiques du FLN, notamment celle de New York afin de faire connaître et conforter la lutte de Libération nationale sur le plan international, particulièrement auprès des Nations unies et de nombreux pays.

Il a été un inspirateur réfléchi et un acteur déterminé de l’action diplomatique du FLN, notamment à la Conférence internationale de Bandung où il a représenté le FLN. On le sait moins, il a même préconisé, dans un long rapport adressé au Comité de coordination et d’action (CCA), la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). C’est un immense acteur et un grand stratège du Mouvement national qui vient de nous quitter.
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Recueillement dans la sobriété et l’intimité à Lausanne

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

La cérémonie de recueillement sera ouverte aux membres de la communauté algérienne en Europe et aux amis suisses du défunt.
Aït Ahmed quittera définitivement, jeudi prochain, son exil suisse qui n’a que trop duré pour celui qui fait partie des pères fondateurs de la nation algérienne. Depuis l’annonce de son décès mercredi matin, les membres de sa famille les plus proches se recueillent, restreints par une intimité totale, dans une chapelle du centre mortuaire Montoie de Lausanne. Ils profitent du « calme» helvétique pour faire dignement leurs adieux à un parent si valeureux.

Néanmoins, d’après nos informations, la famille organisera une veillée funèbre publique mardi. La cérémonie de recueillement sera ouverte aux membres de la communauté algérienne en Europe et aux amis suisses du défunt. Sa veuve et ses enfants ont ainsi fait le choix de la sobriété et de la décence — valeurs non étrangères au zaïm éternel du Front des forces socialistes (FFS) — dans leur manière de lui rendre un ultime hommage avant le rapatriement de sa dépouille, baignée dans les honneurs, vers l’Algérie, seul « vrai» chez-lui. Il y recevra manifestement un vibrant hommage populaire, d’abord au siège national du FFS à Alger, le 31 décembre, et ensuite dans son village natal à Aïn El Hammam (Tizi Ouzou), le 1er janvier lors de son enterrement.

En attendant, le « fief» helvétique du zaïm n’a pas échappé, en toute logique, à la fièvre de prosternation devant l’immensité de ses services glorieux rendus à la nation depuis 1945. En effet, quelques journalistes et plusieurs concitoyens guettaient, depuis jeudi après-midi, la moindre information sur la possibilité de se recueillir une dernière fois sur la dépouille de feu Dda L’Hocine, puisqu’ils ne pourront pas le faire au pays.

La plupart ont fait le déplacement à Lausanne depuis Genève, Paris ou encore Bruxelles. Souvent, ses concitoyens se sont rendus au centre hospitalier universitaire Vaudois (CHUV) où s’est éteint Si L’Hocine à l’âge de 89 ans. Faire le deuil en était certainement l’unique quête. Pour cause des fêtes de Noël, réduit était le personnel de ce grand hôpital lausannois. Mais les quelques infirmiers approchés ont exprimé leur « regret d’apprendre la disparition d’un homme sage et dévoué».

Emue, une infirmière avoue connaître « Monsieur Aït Ahmed» depuis une trentaine d’années. Fatigué et affaibli par une longue maladie, aggravée par l’accident vasculaire cérébral (AVC) qu’il a subi en janvier 2015, l’artisan de Bandung a rejoint l’Au-Delà « paisiblement, sans souffrance», selon sa famille. Son cœur de fils de la Toussaint a fini par céder à un arrêt cardiaque après une hospitalisation très brève cette fois-ci. Le plus sage des neuf historiques algériens est parti sagement, sans faire de bruit. Paradoxalement, de sa mort paisible a retenti un vacarme tumultueux.

Celui d’une mobilisation populaire sans précédent autour de l’héritage de sa mémoire et de ses combats. Le deuil national historique décrété par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a pris effet hier et durera encore sept jours. Les avis sont unanimes. « J’ai appris la triste nouvelle à la télé suisse romande. Ma première réaction était de me demander : qu’a-t-il fait de mal pour mourir en exil ? Je me suis dit que l’Algérie a toujours su donner des grands hommes que le régime a exclus», a regretté Mohamed Chetouane, un ostéopathe algéro-suisse de Fribourg, à 60 km de Lausanne.

Il espère, vu l’ampleur de l’hommage national unanime rendu à feu Aït Ahmed, « en tirer de bonnes leçons. En tout cas, j’espère que son combat ne sera pas enterré avec lui. C’était un combat d’un patriote pour l’amour de son pays». Dans le même sillage, notre ancien confrère Madjid Talbi, établi à Genève depuis 2011, a réaffirmé qu' »il s’agit d’une grande perte pour une Algérie qui cherche encore son chemin de liberté. C’est une lumière qui s’est éteinte pour notre génération assoiffée de démocratie».

Pour lui, l’héritage de l’ancien patron de l’Organisation Spéciale est celui d' »un homme qui a toujours défendu son pays avec une conviction ferme, tout en rêvant d’un idéal que les obscurantistes opportunistes ont jusque-là toujours détruit». Quant à Belkacem Amarouche, l’un des premiers arrivés à Lausanne au lendemain de l’annonce du décès de Si L’Hocine, il pense que « sa mémoire peut métamorphoser nos actions politiques et citoyennes pour un avenir meilleur et radieux de notre pays».

Toujours optimiste, le député FFS de la circonscription électorale Europe-Amérique, dont fait partie la Suisse, a martelé qu' »Aït Ahmed a toujours inspiré les choix du FFS et son idéal nous guidera sûrement à faire plus d’efforts pour l’édification d’un réel Etat de droit en Algérie», rappelant que le fondateur du FFS et son président pendant un demi-siècle a toujours porté le flambeau de la liberté et la démocratie. « Il a, dit-il, défendu dignement les intérêts de toutes les Algériennes et tous les Algériens, que ce soient ceux établis en Algérie ou ceux établis à l’étranger. Il leur souhaitait une citoyenneté ouverte sur l’universel.» Lire la suite

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Louisa Hanoune demande une enquête sur ses biens

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

« Je ne vais pas me taire. Soit l’oligarchie, soit la majorité du peuple qui, certainement, aura le dernier mot. Votre fin est imminente», a lancé la secrétaire générale du PT lors d’une rencontre organisée hier à Annaba.
La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a appelé, hier, le procureur général près la cour de justice de Annaba à ouvrir une enquête approfondie sur ses biens personnels et de sa famille. « Je vous appelle officiellement, M. le procureur général, d’instruire les services de sécurité, notamment les brigades économiques à l’effet d’ouvrir une enquête approfondie sur mes biens personnels ainsi que ceux de ma famille.

Et j’insiste à ce que les ministres du Travail et de l’Agriculture — Mohamed El Ghazi (ex-wali de Annaba), Sid-Ahmed Ferroukhi, ainsi que le wali d’El Tarf à apporter leurs témoignages s’ils ont attribué des biens à moi et à mes frères», a déclaré hier Louisa Hanoune lors d’un point de presse qu’elle a tenu à Annaba. Cette rencontre, qui s’est transformée en meeting politique, était l’occasion pour la patronne du PT d’exiger, parallèlement, l’ouverture d’une enquête sur la maffia locale du foncier que tout le monde connaît. « On a porté atteinte à ma vie privée et à celle de ma famille.

Je ne vais pas me taire. Soit l’oligarchie, soit la majorité du peuple qui, certainement, aura le dernier mot. Votre fin est imminente» a, d’un ton coléreux, menacé Mme Hanoune, sous les ovations et les youyous de l’assistance. « Nous avons déposé trois plaintes, moi, mes frères et le député Smaïl Kouadria, pour diffamation et faux et usage de faux. Même le gérant du projet de la coopérative immobilière à laquelle est associé mon beau-frère s’est joint à nous en recourant à la justice.

S’ils ne peuvent pas confirmer leurs accusations, les accusés sont passibles de prison», a-t-elle encore averti avant d’aborder le rejet par son parti de la loi de finances 2016. A ce propos, Mme Hanoune a étroitement lié un danger imminent au contenu des articles de la LF-2016. « Le danger de cette loi confectionnée par l’oligarchie est pire que le terrorisme de Daech. Si l’ANP nous rassure en protégeant nos frontières, l’austérité que générera cette LF-2016 constituera un danger interne qui risque de faire exploser le pays», a-t-elle estimé, non sans proposer des alternatives.

« La solution réside dans les 5 milliards de dollars que l’Algérie a prêtés au FMI, dans les 5000 néo-multimilliardaires, dans le démantèlement tarifaire et dans le recouvrement des milliards prêtés par nos banques à l’oligarchie et non remboursés jusqu’à aujourd’hui.» Très attendue par les journalistes, la question concernant la menace de révéler des noms des fils des ministres impliqués dans des affaires illicites à Annaba si une émission consacrée sur ses biens passe à Ennahar TV n’a pas eu de réponse. Mme Hanoune l’a tout simplement éludée. Lire la suite

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La «bourde» de la Présidence

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

Encore une nouvelle erreur dans un message du président Bouteflika ! La bourde concerne, cette fois-ci, le parcours de l’un des chefs historiques de la Révolution, Hocine Aït Ahmed, décédé mercredi dernier à Lausanne, en Suisse.
En effet, dans son message de condoléances adressé, jeudi dernier à la famille du défunt, le chef de l’Etat évoque « l’évasion d’Aït Ahmed des geôles du colonisateur». « Je n’oublierai point son courage ni sa bravoure et son charisme qui ont marqué les différents événements liés à l’histoire de l’Algérie, depuis l’Organisation Spéciale (OS) qu’il a présidée à une période des plus sombres, jusqu’à ses positions courageuses et ses avis judicieux qui éclairaient les nombreuses rencontres et conférences internationales, en passant par son évasion des geôles du colonisateur (…)», lit-on dans le texte du Président, diffusé par l’agence APS.

Ce passage intrigue et révèle une imprécision de taille sur le parcours révolutionnaire du « zaïm» qui ne s’est jamais évadé de la prison durant la période coloniale. L’ancien responsable de l’OS n’a été emprisonné qu’une seule fois. Ce fut à l’occasion du détournement de l’avion des cinq chefs historiques de la Révolution, le 22 octobre 1956. Ces derniers ont été alors maintenus en prison, en France, jusqu’à la signature des Accords d’Evian, le 19 mars 1962.

Les services de la Présidence ont-ils confondu le parcours d’Aït Ahmed avec celui de l’ancien président, Ahmed Ben Bella, qui s’est évadé de la prison de Blida en 1952 ? Très probablement. Hocine Aït Ahmed, pour rappel, s’est évadé certes de la prison. Mais pas de celle du colonisateur. Il s’est échappé des geôles du régime auquel il s’est opposé dès l’indépendance. C’était en 1966, après de longues années passées dans la prison de l’Algérie indépendante. Lire la suite

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Hocine Aït Ahmed : Une vie pour le pays

Publié le 26/12/2015, par dans Non classé.

Le ciel d’Alger s’est habillé de deuil avant que la Présidence se décide à le décréter pour huit jours. Le ciel d’Algérie a jeté son voile de tristesse sur le pays avant que la dépouille de son digne fils ne touche son sol. La terre d’Algérie qui s’apprête à accueillir en son sein son enfant qui a toute sa vie durant défendu sa patrie et la démocratie, pleure de le voir partir avant que son idéal ne se soit réalisé.
Le meilleur de ses fils, le plus grand de ses hommes est allé rejoindre le panthéon des géants de l’histoire. Celui qui a marqué d’une glorieuse empreinte dont seuls en sont capables les immenses personnages de l’histoire, à la fois le Mouvement national et la lutte pour la démocratie, tire sa révérence en laissant orpheline sa patrie qui n’a pas su lui rendre l’hommage qu’il méritait de son vivant.

Hocine Aït Ahmed, dont la simple évocation du nom force le respect et l’admiration de ses amis et de ses adversaires, n’est plus de ce monde, il s’en est allé trouver le repos éternel après avoir sacrifié sa vie à son pays. Il n’abdiqua point devant le colonialisme ni devant le totalitarisme, en 70 ans de lutte et de militantisme, il est resté fidèle à ses convictions. Père de la Révolution ; repère pour des générations de militants, la lumière Hocine Aït Ahmed s’est éteinte mais résonnent encore ses discours. Des hommes de sa trempe se reposent mais ne meurent pas.

Depuis l’annonce du décès de Hocine Aït Ahmed mercredi passé, le siège du Front des forces socialistes ne désempli pas. Il semble même trop exigu pour contenir les nombreuses personnes connues et anonymes venues exprimer leur condoléances. « Des condoléances que nous nous faisons à nous tous, car c’est une perte pour tous les Algériens et pas seulement pour le FFS», nous dit une des nombreuses personnes anonymes arrivant au siège. Un voile de tristesse habille l’enceinte de ce dernier. Le portrait du héros national accroché au mur à côté de l’emblème national résume à lui seul le parcours de ce grand homme qui s’est confondu avec l’histoire de son pays.
Une vie pour son pays.

Ce siège qu’Aït Ahmed voulait comme un carrefour pour les militants sincères, comme un bastion pour les luttes démocratiques, est aussi le lieu de rencontre de sa grande famille, celle qui se retrouve orpheline aujourd’hui mais déterminée à ne pas déserter le terrain de la lutte pour la démocratie. « Il est parti, mais nous sommes toujours là et le FFS est là», nous dit-on. Des rencontres avec des hommes de sa stature marquent toute une vie. Ses compagnons et les militants qui l’ont côtoyé évoquent fièrement des anecdotes et des souvenirs avec le défunt.

On rappelle son sens de l’humour, ses répliques les plus caustiques et celles pleines de finesse. On parle aussi de son côté affable et ouvert, mais surtout de sa modestie. « Il était humble comme le sont tous les grands, il discutait avec tout le monde», disent les militants. En vraie école de formation politique, Hocine Aït Ahmed n’hésitait pas à donner de son savoir, à transmettre et montrer la voie. Celui qui batailla pour la réhabilitation du politique mit un point d’honneur à éclairer des générations de militants.

Aux bataillons servant l’autoritarisme, Aït Ahmed répliqua en formant des générations de militants pour la démocratie. A la violence, Aït Ahmed opposa le dialogue pacifique. Aux divisions, Aït Ahmed opposa l’union pour sauver l’Algérie. Du défilé des compatissants et des sympathisants, la reconnaissance de la grandeur de l’homme est unanime. Tous s’accordent à dire qu’Aït Ahmed a été à la hauteur du combat pour une Algérie libre, prospère et démocratique, mais c’est l’Algérie qui a raté son rendez-vous avec Aït Ahmed.

Au vue des personnalités de tout bord et de tous les courants politiques visitant le siège du FFS depuis mercredi soir, le constat est celui de voir partir l’homme du consensus. « Nous avons raté beaucoup de rendez-vous avec Hocine Aït Ahmed ; l’Algérie aurait pu avoir une autre destinée, mais nous ne l’avons pas compris à temps», nous dit un des visiteurs. Jeudi dans l’après-midi, des mères de disparus ont tenu à marquer leur respect, en ce jour de deuil, à celui qui a fait de leur douleur la sienne.

Brandissant des photos de leurs enfants disparus, les mamans n’ont pu contenir leur colère devant le défilé des officiels et certains représentants de partis notamment Makri du MSP. Elles avaient raté de peu le chef de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouyahia, et le secrétaire général du FLN, Amar Saadani. « Hocine Aït Ahmed est le seul qui nous a toujours soutenues, il est parti propre, intègre et son parcours est irréprochable et vous, que comptez-vous laisser après votre départ ?», scandaient-elles de toutes leurs voix.

Hier encore, la même procession de personnes affligées par le décès du dernier des historiques continuait. Maître Mokrane Aït Larbi, Mustapha Bouhadef et d’autres ont retrouvé les chemins de l’école du FFS en ces jours d’hommage et de respect au maître de la politique Hocine Aït Ahmed. Le premier secrétaire du FFS, Mohamed Nebbou, est pris par l’émotion en lisant le dernier communiqué de la famille du défunt annonçant le rapatriement de sa dépouille le jeudi 31 décembre et son enterrement le lendemain, 1er janvier, dans son village natal Aït Yahia, dans la daïra de Aïn El Hammam.

« Même mort, il inflige au pouvoir une leçon», commentent les présents. Qu’il est lourd aujourd’hui de conjuguer au passé le parcours d’un homme d’exception. Qu’il est difficile d’accepter cette sentence de l’histoire et de la vie mettant fin au ruissellement d’une rivière en ces temps de disette politique. Hocine Aït Ahmed ira jeudi prochain rejoindre la source qui l’a vu naître, celle de laquelle son grand-père cheikh Mohand Ou Lhocine puisa sa baraka.

Devant une source faisant jaillir de l’or, le cheikh Mohand fit cette prière : « A rabi fkiyid amen ouama dounith delfani», ce qui veut dire : « Dieu offre-moi de l’eau, je n’ai que faire de cette richesse Lire la suite

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